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Posté par traverse le 14 décembre 2006

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L’échelle de Richter   

 Nouvelles   de  Daniel Simon

Paru aux éditions Luce Wilquin en septembre 2006. 

http://www.wilquin.com/nouveautes/

« Des histoires à propos du temps qui passe et me dépasse.  Des incidents, des secousses, des effondrements, des façons de faire renaître le tremblement,  petit ou grand qui me remue depuis le début…  L’échelle de Richter, c’est une sorte d’inventaires des périls d’un homme à tout venant, d’un lieu commun en quelque sorte… 

La mémoire ne survit pas, elle invente des raisons de se transformer en histoires pour mieux nous balader dans le dédale du monde. Écrire des histoires suppose, quelle qu’en soit la manière, que l’on soit doté d’une certaine dose d’humour… » 

Des tremblements, des fissures, des effondrements, des naufrages de toutes sortes, des mots dispersés sur des corps délabrés, ce pourrait être ça le monde…  L’échelle de Richter permet d’évaluer, tant soit peu, l’ampleur des désastres. 

Chez moi, chez vous, dans ce qui résiste à la corrosion générale. 

Ce premier recueil de nouvelles, dont beaucoup ont paru en Revues (Marginales, Archipel,…) doit beaucoup à la rapidité moderne, à cette façon dont le temps disparaît dans les décombres des événements, de plus en plus vite emportés par des ritournelles émotionnelles de toutes sortes. 

Ces nouvelles sont nées de regards, de voyages, de rencontres et d’une grande confiance dans la capacité d’illusion des hommes. 

L’échelle de Richter, c’est une sorte de cartographie des sentiments à la charnière des siècles. Une façon de s’y retrouver dans ce qu’on nomme de plus en plus difficilement, le réel.

Daniel Simon (Charleroi, 1952) vit et travaille entre Schaerbeek (Bruxelles) et Lisbonne. Il a surtout publié des poèmes (L’Arbre à paroles, Ambedui, Le Taillis Pré,…), du théâtre (Lansman, …) et des nouvelles et articles en revues (Marginales, Archipel, …). Il dirige par ailleurs la Revue et la Collection Je (éditions www.couleurlivres.be) consacrées aux Récits de vie. 

Met en scène des textes contemporains, organise des lectures publiques, réalise des vidéos de création, il travaille à une suite d’événements liés aux lieux communs…) Anime des ateliers d’écriture et est formateur en communication. 

 

 

Séquences monde
par Thierry Detienne
Le Carnet et les Instants n° 145

Daniel Simon est un homme de parole, lui qui jusqu’ici a surtout écrit pour le théâtre et la radio. Mais on le connaissait déjà comme poète et au travers de quelques nouvelles publiées çà et là. Ce recueil de nouvelles est donc son premier volume publié en prose et il y jauge le monde des hommes en vingt-trois textes assez brefs qui semblent dresser une cartographie sentimentale et surréaliste de l’espèce. Le récit liminaire s’ouvre sur la vision d’un homme qui, mettant en œuvre à la lettre un précepte paternel, dresse un mur derrière lequel il s’abrite du monde et puise la force d’exister dans ce premier pas franchi. Le suit un autre qui met en scène un président des États-Unis qui ne nous est pas inconnu. Un rien mystique, la Bible à la main, il survole sans cesse son pays en quête de hauteur, pour échapper au grondement du monde dont il est le dramaturge. Et puis d’autres figurants se dressent : l’un est abandonné par sa femme et respire à nouveau sur la terrasse d’un café, un autre part en Afrique à la recherche d’une fille aimée et vit de loin le passage à l’euro qui le laisse quelque temps sans argent dans un bled. Un autre encore visionne sans fin et en sens inverse l’enregistrement vidéo de l’effondrement des tours jumelles de Manhattan et, bouillonnant de rage impuissante devant les corps qui se jettent dans le vide, entame une croisade qui fait long feu parmi les cannettes de bière vides. Ailleurs, deux sœurs que la guerre a laissées orphelines et folles de douleur vivent recluses parmi les chats dans un rituel invariable et insoupçonné des voisins jusqu’au jour où la vieillesse les sépare et livre leur secret. Un patron d’entreprise s’est écroulé devant ses employés et il contemple le monde dans la position des impuissants.

Mais il est surtout question d’Afrique et d’Europe dans ce volume coloré. Des hommes et des femmes qui arrivent ici pour échapper à la misère, emportant avec eux leur chaude culture qui envahit les hôpitaux et les bordels, irritant tout d’abord les autochtones mais très vite irrésistible de vitalité et de rire. Le regard de Daniel Simon s’attarde aussi dans les rues de Wallonie et de Bruxelles. Voici que le niveau de la mer monte jusqu’à submerger Bruxelles et que nos voisins du nord investissent les collines par-delà le sillon Sambre-et-Meuse pour régir les campings. Suit encore un Gille de Binche qui s’épanche avec force bières spéciales sur le temps qui va et le passé qui n’est plus, sur le carnaval qui seul permet de survivre. Et puis apparaissent des prostituées africaines du quartier de la gare du Nord qui contemplent les dégâts après une razzia de revanchards. Et ce chaos lamentable leur rappelle soudain le pays fui.

De ces portraits qui déboulent en quelques pages à peine, une vision généreuse du monde se dégage tout à la fois acerbe et chaleureuse : le désarroi d’une modernité chancelante côtoie la douceur de la solidarité dans le croisement des cultures. Tantôt réaliste, tantôt onirique et fantastique, ce kaléidoscope humain prend consistance au fil des pages. Daniel Simon a le verbe fort et coloré des conteurs qui écrivent à voix haute et qui manient de longue date les ficelles de l’art du récit. L’essai – mais peut-on encore vraiment parler d’essai? – est concluant et il donne envie d’en lire plus. N’y a-t-il qu’au spectacle que les artistes entendent les rappels? 

   

 

A paraître en décembre 2006, aux éditions Taillis Pré, un recueil de poèmes,

D’un pas léger…

Commande auprès de l’éditeur, en librairie ou chez l’auteur.

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