Atelier d’écriture été. Carnets de route

Posté par traverse le 28 mai 2007

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L’époque est aux voyages, aux pérégrinations, aux sauts d’espace et de temps… Nous voyageons, nous écrivons, comment partager ces « choses vues » ? Partir suppose qu’on se retrouve dans la rencontre et non dans le retrait. Marcher s’accorde de plus en plus avec le désir de se fondre et non de se poser dans le paysage…

Ce stage explorera les « carnets de route » où le texte sera majoritaire mais où pourront également prendre place les collages, les photos, les dessins,…

Écrire un récit de voyage, c’est une façon de se réapproprier du temps dispersé, de laisser flotter son regard et de saisir ce qui nous révèle, singulièrement…

Animé par : Daniel Simon, écrivain, auteur dramatique, metteur en scène et professeur. Anime des ateliers d’écriture depuis une quinzaine d’années en Europe et en Afrique.
Dates : Du 13 au 15 juillet, vendredi de 18h30 à 20h30

et samedi et dimanche de 10h à 17h
Prix : 110 € non remboursables

à la Maiosn du livre, rue de Rome 1060 Saint-Gilles

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D’elle je n’attends plus

Posté par traverse le 19 mai 2007

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D’elle je n’attends plus ni fax, ni sms, ni mail, tous ces mots d’une langue d’abandon, sa voix est lointaine désormais et je connais des pays où elle passe pour des encouragements mais le temps des clairons et des colères de cuivre est un temps qui file dans le reste, dans cette vague histoire où je reviens chaque jour en me promettant des vies incertaines.

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Ateliers et formations

Posté par traverse le 18 mai 2007

TRAVERSE  Ateliers et formations Au Centre culturel  de Schaerbeek
 

Ecrire des récits, des contes, des nouvelles 

Cinq séances consacrées à l’écriture de récits et de formes courtes…
Ecrire, c’est laisser émerger des souvenirs, des faits, des dates, des émotions et s’employer à accorder ces fragments d’expériences personnelles à l’époque, à notre temps…Aucune expérience préalable n’est requise. 

Les  27, 28, 29, 30 et 31 août de 14 h à 17 h 

 Des ateliers de récits et nouvelles seront animés par Daniel Simon à Schaerbeek dès le mois d’octobre (10 séances de 2h) et un Atelier d’accompagnement des écrits en cours commencera également en octobre à raison d’une séance par mois (8 séances de 3h). Plus d’infos dès juin sur le Site www.traverse.be  

Entendre sa voix et  la parole relationnelle 

Cinq séances autour de la voix et de la parole relationnelle, du souffle, de la respiration, de la gestuelle,…
Cinq séances pour (re)trouver sa voix, en douceur, dans son propre déploiement, sans modèle, à « sa place »…
Travail par exercices individualisés et de groupe, gestion du stress et du trac, équilibre émotionnel et parole relationnelle… 

Les 9, 10, 11, 12, 13 juillet de 14 h à 17 h 

Possibilité de paiements échelonnés. Les deux formations sont données par Daniel Simon (écrivain, éditeur, formateur en prise de parole et animateur d’atelier d’écriture) au Centre culturel de Schaerbeek

(91-93, rue de Locht, 1030 Bruxelles)

Compte 068-2144376-24 de Traverse asbl     PAF : 110 euros/personne/stage
asbl 86/14 avenue Paul Deschanel 1030 Bruxelles
00 32 2 216 15 10       00 32 477 76 36 22     traverse@skynet.be

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Ca ralentit le bruit des choses

Posté par traverse le 17 mai 2007

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Ca ralentit le bruit des choses cette façon de n’écouter que soi et d’y tâter le pouls que l’on voudrait égal à cette éternité que la mort expédie en rafales au cœur de la matière, ça ralentit le bruit du monde cette obscure attention à ce qui ne se vit que dans l’écart du nom, du même, du mille fois répété dans la chair de chacun, ça ralentit le bruit du temps cette manière de lui tourner le dos en lisant dans l’horizon le défilé si calme du générique de fin.

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Bruxelles, Babel, babil et sabir

Posté par traverse le 13 mai 2007

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Lisbonne où je marche 

fait résonner Bruxelles doucement, 

dans l’ombre de la statue de Pessoa 

face à la coque muette 

de la radio d’hier, 

superbe I.N.R., 

centre du monde 

et de la place Flagey! 

L’amiante et le silence 

règnent en maître aujourd’hui 

dans cette ancienne 

Maison de
la Parole… 

Les tramways qui cahotent 

et ferraillent dans les deux capitales 

se renvoient l’écho 

d’un siècle à un autre 

ces deux villes ont la même échéance 

qui est de réconcilier un univers 

qui se chamaille 

à plusieurs voix. 

« Bruxelles, c’est le monde! », 

dis-tu souvent 

en rentrant de voyage, 

c’est un monde 

où les grandes gueules 

flirtent avec les petits aboyeurs, 

un monde qui hésite encore à choisir 

la pacification 

des langues somptueuses 

qui se mêlent sans ne nier 

en riant à pleine gorge 

des esperantos de l’avenir! 

Bruxelles cherche son plaisir 

dans la décomposition des grammaires 

et des syntaxes arrogantes, 

elle cherche dans ses cafés sans ramage, 

ses restos à deux sous, 

dans les cours et les impasses, 

une langue à baragouiner 

à côte des exigences du commerce, 

Bruxelles apprend au jour le jour 

et encore plus la nuit 

à parler un babil 

qui rêve de Babel, 

une langue 

que Racine bat du pied 

et que Lope de Vega entonne 

en dressant ses tréteaux, 

une langue que Ghelderode 

éclaire de son encanaillement, 

une langue farouche et douce 

comme le miel du Maroc, 

verte comme les campagnes 

et les gorges roumaines, 

une langue où les vignes du Porto 

sont ouvertes à tous vents, 

une langue piquée d’olives de Sicile 

et de citrons des Asturies, 

la musique de Bruxelles 

cherche son tempo 

dans cette magnifique cacophonie, 

elle vibre des raclures de gorge 

et des you-yous perdus, 

c’est en marchant la nuit 

au coeur de l’Alfama 

que les Marolles 

laissent entendre de loin 

des refrains d’insultes 

et des chansons d’amour. 

Babel est en chantier, 

Babel est généreuse 

pour qui veut la défendre, 

Babel postillonne, 

éructe, cherche querelle 

aux escrocs en tous genres 

qui mêlent le strass au stress 

et jouent les amnésiques, 

oui, Bruxelles 

a la mémoire des gens 

qui vivent sans dorures. 

Mais lorsque Babel 

est sous les bombes, 

Babel a froid, Babel a faim 

et Bruxelles reconnaît 

la cadence des bottes, 

Babel se cache 

et Bruxelles parle au pas 

en réveillant en elle 

ses injures les plus graves, 

elle connaît la souillure, 

l’usure et la fatigue 

mais Bruxelles, 

capitale et faubourgs, 

donne à entendre aussi 

un étrange crédo, 

elle croit en la lenteur des choses, 

elle marche 

au milieu des cris et des appels 

en balançant des hanches 

qu’elle croit toujours belles, 

elle fait la sourde oreille 

à la colère de ceux 

pour qui la dignité 

est la seule beauté, 

elle s’enfonce dans un rêve 

où Babel rutile 

de ses plus beaux atours, 

où le babil s’articule 

le petit doigt en l’air 

un Babel sans sabir 

et parlant d’une seule voix. 

Peu importe! 

Bruxelles au parler guttural 

sait aussi résister 

à l’appel des sirènes, 

elle est fouettée 

des mille langues 

qui la poussent 

hors du couvre-feu du jour, 

elle rit et parle fort 

dans l’étuve 

des nuits électriques, 

elle jazze 

de bières en bières, 

de terrasses 

en caves enfumées, 

au milieu de la nuit, 

c’est une certitude, 

soudain 

tout se met en place, 

les enfants s’envolent 

dans un ciel embrumé, 

les vieux marchent en marmonnant 

leurs premiers mots d’amour, 

les passants ronchonnent 

en accusant le temps 

des pires avanies, 

mais ils vont sans crainte 

entre les apostrophes des soûlards infinis 

et les cris colorés des commerces. 

Bruxelles n’a rien à perdre 

à laisser ses frontières flotter 

dans les eaux de
la Senne, 

elle coule sous les arches 

d’un Boulevard carotide, 

Bruxelles emporte ainsi 

dans ses eaux catacombes, 

un siècle finissant, 

Babel commence enfin, 

Au centre de Bruxelles. 

 

Septembre 97 – février 98.

(a fait l’objet d’une création radiophonique avec l’aide CSR) 

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Je sais pas

Posté par traverse le 8 mai 2007

            Je sais pas comment faire. Je sais pas quoi dire. Je sais pas comment leur dire. Je sais pas ce que je sais pas dire. Je sais pas ce que je peux dire. Je sais pas ce que je peux faire. Je sais pas ce qu’ils veulent bien que je dise. Je sais pas ce qu’ils veulent que je fasse. Je sais pas ce qu’ils veulent que je fasse pas. Je sais pas ce qu’ils veulent que je dise pour qu’ils soient contents. Je sais pas ce qu’ils veulent que je ne dise pas. Je sais pas.              Je sais pas comment ça marche ce qu’il faut dire ou pas, je sais pas comment ça marche ce qu’il faut faire ou pas. Je sais pas. Je sais ce que je veux pas faire et pas dire, ça je le sais. Je sens pas ce qu’ils veulent parce qu’ils le savent pas ou le disent pas. Je sais pas ce qu’ils sentent, parce qu’ils le font pas. Et disent le contraire ou autre chose un autre jour. Je sais pas si tout ça, ce qu’ils vivent j’ai envie de faire la même chose. Non, ça je crois que je le sais déjà mais je sais pas comment dire ça. 

            Je respire pas bien dans tout cet air-là, je sais pas comment me consoler de ce chagrin-là. Je sais pas comment voir quand c’est faux ou quand c’est vrai. Je sais pas comment dire ce qui est faux quand on me dit que c’est vrai. Je sais pas comment dire après que c’est faux quand c’est faux et qu’ils le disent pas. Je sais pas me faire entendre dans tout ça et je respire mal. Avec tout ce chagrin qui est aussi souvent comme le début d’une colère que je connais pas bien mais que je sens en moi. Je sais pas comment faire attention à ce qui est important quand c’est faux ou pas important pour moi. Je sais qu’ils disent que je peux le dire mais quand je le dis ils me disent que ce n’est pas vrai, que ce n’est pas comme ça que les choses marchent.              Je sais que si ma sœur ou mon frère vivent ça. Mais moi c’est comme ça. Je respire pas bien dans cette famille-là, et c’est de la colère souvent qui nous unit. Du chagrin aussi mais ça ils le disent pas. Du chagrin d’être ensemble dans ce qui se dit pas. Et de rien faire contre ce qui se dit pas. 

            Je sais pas si je veux grandir comme ça dans tout ce qui se dit pas et que j’ai envie de dire. Alors, si je peux pas le dire, je vais le faire.              C’est ça, je vais le faire comme je le dis. 

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Vous vous arquez contre le flux

Posté par traverse le 1 mai 2007

Vous vous arquez contre le flux qui s’apprête à vous renverser, vous faites barrage au courant qui veut vous dissoudre, vous appelez à l’aide, votre force se rassemble, elle endigue et répare, cingle la voilure et vous lancez votre masse dans le vide, les jambes suivent et consacrent à nouveau votre présence au milieu des vivants, debout, tout étonné de cette verticalité où vous vivrez encore quelque temps et que vous habitez dans le souvenir de la mort qui s’est fait connaître à votre insu chaque jour et que votre fatigue s’emploie à apprivoiser.  C’est une lame dans le muscle, une écharde ou un pal, une vrille ou un glissement, elle sépare le souffle de la respiration, elle consent aux sursauts et aux courses, elle inaugure une fin dans la répétition, elle se restaure au centre du banquet des efforts et des encouragements. 

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