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Je suis celle qui refuse

Posté par traverse le 28 septembre 2007

(une femme parle, ou rêve de parler) 

Je suis celle qui refuse d’entendre,  de comprendre, je suis sourde, mais je regarde, j’écoute et je refuse encore de comprendre,  je réclame chaque jour ma part,  je me dis qu’il faudra bien entendre et comprendre mais chaque jour, c’est plus difficile, il y a des moments où, décidément,  je n’y arrive plus, à être sourde, 

ça fait trop de bruit, ça parle dans tous les sens, ça échappe au bon entendement, c’est assez monstrueux, 

ça cogne doucement là,  au centre, 

c’est parfois répugnant même mais assez simple, chacun s’en aperçoit, résiste à ce qui pousse en soi,  tente de s’en distraire,  d’aller jouer ailleurs, de se rapprocher, et ça repart, ça fiche le camp 

dans tous les sens, faut bien vivre, ouf! on l’a échappé belle, ça continue pourtant, c’est difficile mais ça continue,  alors, un soir, un jour, qu’est-ce qui s’est passé, qu’est-ce qui se passe, qu’est-ce qui est en train d’arriver? 

un jour, un soir, 

je vois enfin que c’est en train d’arriver, 

que la membrane se déchire, 

que je vois mieux que j’entends distinctement ce qui est ma part, 

et quelque chose tente d’arriver jusqu’à moi,  et cette impression me laisse un peu hagarde, je me dis qu’il va falloir y aller,  que cette chose toute simple, il va falloir s’en préoccuper un peu plus, 

qu’il ne sera plus aussi simple de vivre chaque soir et chaque matin,  que tout ce silence qui est en moi,  va falloir l’ouvrir pour accueillir les bruits du monde et tous ces bruits entrent en moi, et ça commence un soir,

un jour à prendre forme  tout ce remue-ménage,  le bruit s’organise, 

les silences se posent, des mots, des phrases, des personnages commencent à troubler l’ancien silence  et je me retrouve soudain trop petite, trop à l’étroit  avec toute cette nouvelle tribu en moi, alors le moment est venu, de me mettre à raconter, il faut bien que tout cela trouve sa place, 

mais je refuse toujours de comprendre et d’entendre, c’est nécessaire,  c’est capital de ne pas comprendre, de ne pas vouloir comprendre pour continuer il ne faut ni courage, ni travail,

ni vertu, 

il s’agit simplement de ne pas vouloir comprendre, 

ni d’entendre mais d’écouter  et d’accueillir le bruit des autres en moi jusqu’à la fin. 

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Des êtres, des choses, des soupçons de collines

Posté par traverse le 18 septembre 2007

Des êtres, des choses, des soupçons de collines et de marées, des nuages qui passent dans des embruns lointains, de l’air, du temps, des paroles et quelques livres pour lester la quille de notre embarcation précaire, des oiseaux qui voguent au-dessus des vagues et des marins perdus qui s’accrochent à leurs ailes d’argent, des enfants qui creusent dans le sable leur première maison et rêvent déjà d’un temps où ils prendront d’assaut chaque jour et chaque nuit le jour et la nuit, des souffles qui passent d’une bouche à l’autre et des histoires qui se perdent dans l’écho d’un deuil inépuisable, voilà ce qu’il voyait ce matin en se promettant une fois encore de vivre comme si de rien n’était. 

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Une amie aujourd’hui me parlait de chatons

Posté par traverse le 13 septembre 2007

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Une amie aujourd’hui me parlait de chatons et nous disions de nous le nombre qui nous lie et nous noie. Je ne savais plus de quelles vies je ferais le choix, je buvais mon café et des fleuves de chats encombraient les artères du centre où le soleil brillait. Je ne sais si ces chats sont arrivés à terme mais en les écoutant j’entendais les chants que nous avons tant de peine encore à apprendre

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Il n’y a pas de raison particulière

Posté par traverse le 11 septembre 2007

 Il n’y a pas de raison particulière pour que soudain le pont qui le traverse et lie en lui les ombres aux paroles s’effondre en ce matin d’été mais la lumière peut-être était moins généreuse qu’il ne l’espérait, un rien en plus ou en moins et il bascule alors dans des plaines ou des fossés, il ne sait plus où est sa place ni la tribu qui l’accueillera d’un côté ou de l’autre. Il ne sait plus si cette lumière qui tremble en lui est froide ou rassurante, il n’y a pas de frontière, rien que des passages, des frictions qui le rendent absent du monde si grand et où se perdent les fossés et les plaines à l’infini. 

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Les écrits biographiques et la photographie

Posté par traverse le 10 septembre 2007

Atelier d’écriture à PassaPorta en 2008

par Kalame (www.kalame.be

Les écrits biographiques et la photographie 

Georges Pérec a poursuivi toute sa vie le projet d’une encyclopédie biographique et ses romans et récits apparaissent en quelque sorte comme des bornes à cette expérience infinie. 

Nous allons en une soirée et un we, travailler nous aussi à partir d’éléments biographiques puisés dans le patrimoine photographique familial de chaque participant. 

Ecrire des récits, fléchis par la fiction, arrimés aux fantômes que la photographie recèle et narrateurs des séquences biographiques de chaque participant, voilà le projet de ces trois rendez-vous. 

Les textes et photographies choisis par chaque auteur et l’animateur serviront de base à une publication et à une exposition centrées sur le récit biographique et la photographie. 

Aucune expérience requise n’est nécessaire. Un portefeuille de lectures préparatoires sera remis à chaque participant dès inscription.  Animation par Daniel Simon, 

Ecrivain (récemment L’échelle de Richter, D’un pas léger,…), metteur en scène, éditeur, animateur d’une Revue et d’une collection de Récits de vie, JE,  formateur en ateliers d’écriture depuis vingt cinq ans en Belgique et à l’étranger.

Trois rendez-vous pour écrire des récits biographiques à partir du patrimoine photographique de chaque participant. Notre référent commun sera Georges Pérec et son travail sur les vestiges photographiques familiaux et ses textes biographiques. Un portefeuilles de lectures sera remis à chaque participant dès inscription. Les textes et photos serviront de base à une publication et une exposition 

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Rencontre Bibliothèque Mille et une pages le 19 septembre

Posté par traverse le 9 septembre 2007

                        jesuisunlieucommun.jpg                                                                         

Schaerbeek Mercredi 19 septembre 2007  19h30 

Rencontre avec et autour de l’auteur,  éditeur et animateur d’ateliers d’écriture Daniel Simon 

Bibliothèque communale   Mille et une pagesPlace de la Reine 1  1030 Schaerbeek 

Depuis près d’une dizaine d’années, Daniel Simon, écrivain et éditeur développe des ateliers d’écriture à Schaerbeek. Il a publié récemment des nouvelles (L’échelle de Richter, chez
Luce Wilquin), des poèmes (D’un pas léger, au Taillis Pré), des récits de vie, des articles,… 
Il anime également une collection et une Revue de Récits de vie, JE aux éditions Couleur Livres où il donne la parole à des auteurs qui témoignent d’une expérience particulièrement forte en ce début de 21ème siècle. Plusieurs titres déjà : L’usine, La dernière fois, Parle-moi de ton absence, le Bureau,…  Cette soirée s’articulera aussi autour du denier numéro de la Revue trimestrielle JE qui accueille des textes d’auteurs n’ayant jamais publié…  Daniel Simon s’entretiendra avec les auteurs de sa collection : Vincent de Raeve, Jean-Claude Legros, Saber Assal, Thierry Ongenaed, Claire Ruwet,… INFO : 02/240.32.80 (Bibliothèque Mille et une pages) – 02/216.15.10 (Traverses asbl) 

A l’initiative de Georges Verzin, Echevin de l’Instruction publique, de la Culture et es Bibliothèques 

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Il sait aujourd’hui que cet été l’a vu renaître

Posté par traverse le 9 septembre 2007

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Il sait aujourd’hui que cet été l’a vu renaître dans des charrois de pluie et une lumière qui l’a tenu serré au plus près du désir et des abandons de dernière minute.  Plus moulu que la terre si chaude et si lointaine pour qui marche harassé sur des chemins perdus, il sait aujourd’hui que des hommes et des femmes ont pénétré d’emblée dans le lent défilé des choses incomplètes, qu’ils ont lâché la barre et plongé dans le glacier des phrases toutes faites, qu’ils ont livré leur souffle à la première vague en saluant le bord dans un applaudissement qui nous lie à l’instant un peu plus aux stances des vivants. 

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Conte des nuits blanches et bleues

Posté par traverse le 7 septembre 2007

Conte des nuits blanches et bleues 

de Anna Stelkowicz                                                                      

La pièce « Conte des nuits blanches et bleues » de Anna Stelkowicz est une pièce rare, elle touche autant à la parole épique, qu’à la parole prophétique et au dialogue philosophique. Elle puise sa substance dans une nouvelle réflexion sur la question juive              Cette écriture entrecroise trois fils forts que sont le regard rétrospectif sur
la Naissance d’une Nation et le prix de cette naissance, les paradoxes et les mystères que les hommes de la Cité doivent traverser quand ils construisent la cité de leurs rêves et… le rêve de l’avenir qui s’exprime aussi sous la forme du conte. 
           

Cette pièce est aussi une rencontre entre deux personnages assis sur un banc, évoquant la douleur et la joie d’être en route vers le meilleur de l’homme, sa capacité à régler le fait de vivre ensemble en paix même si la paix est l’aube la plus difficile à contempler… 

      Et l’image vidéo est là, en permanence révélant cette fine frontière du visible et de l’invisible, marquant le pas sur l’intériorité des mots, elle projette des visions, de littérales visions que les hommes portent en eux.

     C’est de cet entrecroisement que la lecture doit être faite, comme le ferait un chœur confronté au protagoniste.      L’histoire racontée est simple et inextricable. L’histoire à raconter doit être faite avec simplicité et avec le souci de renvoyer chacun su sentiment de l’inextricable. Qu’est-ce qui rompt l’inextricable ? L’évidence que le temps transforme en loi, la nécessité que le temps transforme en système… 

Cette pièce est un conte…      C’est-à-dire qu’elle raconte quelque chose qui n’a pas eu lieu et qui pourrait avoir lieu si toutes les conditions du conte étaient rassemblées.     Cette pièce est un conte…     Comment raconter l’inextricable si le conteur ne démêle pas certains fils. Comment raconter si le narrateur n’a pas une certaine idée de la fable, comment raconter, enfin, si le narrateur n’est pas traversé d’une expérience intime de ce qu’il met en jeu ?  Cette pièce est un conte…  Et comme dans tous les contes, des pièges, des embûches, des enjeux, des défis… Cette pièce est un conte… Et il s’agit dès lors de faire l’économie de ce que nous appellerons la psychologie pour ne retenir des personnages que les axes moteurs des figures de tout conte.  Cette pièce est un conte…  Et nous pourrions donc en faire une version rêvée de ce qui a eu lieu… Coordination et mise en espace : Daniel Simon 

Comédiens-lecteurs : Morgane Moriau, Laurence Bruley, Marie-Laure Vrancken, Alain Mlynck, Danierl Simon, …

Images : Jacques Deglas Scénographie : Daniel Simon 

Secrétariat de production : Traverse asbl

Cette pièce est parue 2007 aux éditions Traverse (« Les feuillets de corde ») 

Prix public : 12,50 euros (à virer au compte 068-2144376-24 de Traverse asbl.). 

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