Le commentaire/le texte/les commentaires

Posté par traverse le 18 avril 2009

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Dans l’Atelier, chaque auteur lit ou fait lire son texte par un des auteurs-lecteurs du groupe.
Chaque séance procède de cette façon.
Les auteurs savent, je les préviens, qu’il ne s’agit pas de faire un commentaire à propos de son texte avant lecture.

Pourquoi brouiller l’écoute, pourquoi alourdir le sens, pourquoi nous boucher l’oreille de lamentos un peu dérisoires ? 

Par peur de livrer le texte nu ? Probablement.Par pudeur, pour ne pas livrer l’objet sans protection ? Certainement. 

Par souci de se faire répondre non et de devoir alors laisser les choses aller comme elles iront, dans le fil du texte et l’écoute collective ? Probablement aussi.

Mais surtout, il me semble que ce commentaire est plus insidieux que cela… 

Dans l’Atelier, les auteurs apprennent, se confrontent à des difficultés sans nom, à des défis apparemment anodins mais qui relèvent souvent de renvois à soi, à ses capacités ou incapacités à écouter ce qui flotte vraiment en soi, dans le bruissement des lieux communs…

Dans ce moment, chacun resserre ses filets autour de la bête palpitante, autour du texte tout dedans ou tout dehors de ce que l’on voulait faire entendre ou lire. Des mots, des sons, des phrases, des protections sont alors appelées à la rescousse… 

C’est le commentaire qui inaugure la lecture. J’essaye le plus souvent, avec douceur, humour, que sais-je, d’interrompre ce mouvement et de renvoyer l’auteur au risque brut de la lecture…  Le texte est donné à lire. Immobilité dans l’Atelier. Certains ferment les yeux, d’autres chipotent, trahissent une déconcentration, une vague lassitude parfois quand il se fait tard. Mais très vite tout se redresse, les têtes se baissent pour mieux se livrer au texte qui monte dans la salle et nous fait nous tenir droits. 

La lecture est terminée. Silence.

C’est l’animateur qui prend alors la parole, il rassérène, il encourage, il gratifie. Silence. Il commence à ouvrir maintenant ce qui tient moins, ce qui flotte ce qui dessert le propos ou le mouvement du texte, il argumente. Les autres écoutent. Certains vont réagir ou lancer de nouvelles pistes. Un court dialogue, des sourires, des encouragements, des bonheurs soudains, des rires, des pleurs parfois (« Ne vous inquiétez pas, ça lave par-terre… »…)mais toujours clôturés de sourires…  Et le suivant se prépare… 

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