Jodi, une rencontre et quelques questions
Posté par traverse le 12 septembre 2009
10 septembre, 20h, la Maison du Livre (www.lamaisondulivre.be) ouvre sa saison littéraire avec Didier de Lannoy (Jodi, toute lanuit), Alain Brézault (La noce des blancs cassés, Fayard noir), Violaine de Villers (documenrariste, création radio de Jodi avec Yolande Moreau…), In Koli Jean Bofane (Mathématiques congolaises, Actes sud), Gauthiers de Villers (RDC : De la guerre aux élections. L’ascension de Joseph Kabila et la naissance de la Troisième République, co-édité par L’Harmattan et le Musée royal de l’Afrique Centrale, 2009.) et Carmelo Virone qui animait la soirée.
Joëlle Baumerder (Directrice de la Maison du Livre) et Pierre Bertrand, (Directeur des éditions Couleur Livres) accueillaient et reliaient…La salle se remplit, des retrouvailles ont lieu (Eddy Devolder, Gérard Adam, Mohamed Belmaïzi, ….)…
La rencontre balance entre plaisanteries, gravités déguisées sous des bougonneries à la DDL, des oppositions qui se disent dans la question de la légitimité d’un écrivain d’écrire sur ce qui ne serait pas sa matière d’origine..DDL se défend d’écrire à propos du Congo, pour des questions de légitimité, justement…malgré 27 ans de présence à Kin, des engagements privés fondamentaux et une écoute absolue de la vie congolaise…
Où commence donc la légitimité? Des avis contradictoires s’expriment à propos de la liberté de l’écrivain, de son jeu hors cadre, de ses ruses du dehors …
Et encore la question de ce qui est publiable ou impubliable….Remarque: tout est publiable mais où sont les relais vers les lecteurs? Qui a dit, dans le fond: où sont les lecteurs de ces « impubliables »?…
Des interventions remarquées, des rires, des rapprochements entre l’écriture de DDL et celle de Rabelais…Carmelo nous lit un extrait de Rabelais où la joie des provocations, des listes, des inventaires, des libertés langagières, la jouissance du dit sont, comme chaque fois, inaltérables.
Vive Rabelais, antidote contre les Tristes, les Obscurs, les Rapiécés, les Empêcheurs, les Neutres et les Barbares….
Et ceci, aussi, que je vous livre, extrait du dossier presse…
Quand j’ai lu Le cul de ma femme mariée, j’ai été intrigué, amusé, émoustillé même…Qui avait le culot d’écrire un « bazar » pareil ?
Qui pouvait faire un roman avec des notes en bas de page qui prenaient presque la totalité de l’espace de la plupart des pages ? Qui pouvait aussi bien « balancer » la médiocrité de son temps et rehausser d’une pudique noblesse le débat presque toujours perdu à propos de nos relations réelles, fantasmatiques, rêvées, subies, honnies, amoureuse, flamboyantes, espérées, repoussées,…avec le Congo et ses illustres citoyens ?
Didier de Lannoy était un inconnu au bataillon pour moi. Je ne connaissais ni son nom, ni sa tribu (elle existe bel et bien), ni Ana, son égérie (ça ne se dit plus, je sais Didier, je sais, Ana), sa femme, son amour, sa complice …qui est à l’origine (et à la fin) de bien des textes de notre auteur… J’ai eu le loisir de faire alors « un papier » dans la presse pour défendre, saluer, admirer cet ovni. Près de 10 ans plus tard, j’ai le bonheur de l’éditer, le bougre. La boucle est bouclée. Et cela reste, avec Jodi, toute la nuit, un exercice d’admiration… Cela dit, ce « presque un roman » dont DDL affuble son récit nous a permis d’élargir la collection Je (des récits de vie) à des textes qui se risquent à la frontière du biographique et qui mêlent les genres ou qui sautent par-dessus et bousculent les catégories pour en faire éclore d’autres. Je devient donc la Collection des récits.
Carmelo Virone dans un geste historique faisant référence, brandit Le cul de ma femme mariée (épuisé, dit-il…)
Violaine de Villers, Alain Brézault, Gauthier de Villers, In Koli Jean Bofane, Didier de Lannoy
…la foule se rue pour acheter Jodi, toute la nuit…Faites comme eux…
Photo DS, retouches photoshop A.Brézault.
Jacques Deglas, l’ami vidéaste a filmé la rencontre bientôt visible sur ce Blog…
Un message d’une timide lectrice qui voudrait savoir s’il existe « une clef », un « code » pour décoder tes écrits ?
C’est bien toi, Deju (oh ! depuis le temps que j’ai perdu mon trousseau… tu cherches à me mettre dans l’embarras ou quoi ?) et toi aussi, Benichou (alias Ben Popotin) ?
Waooooow de vous rencontrer ici !