Elle passe dans la rue

Posté par traverse le 27 juin 2011

Elle passe dans la rue, son petit garçon à la main, le ciel est bas et des poussières piquent les yeux, les murs sont noirs du temps des pauvres et le tram cahote au loin en stridulant, elle passe en pensant à son amour défait, aux livres qu’elle aimait, aux vaisselles à faire et son enfant accorde son pas à ses talons qui sonnent, le tram est bientôt là, la journée se détend dans des secousses lentes, une main se saisit du camé d’une mère lointaine, un bijou qu’elle porte pour traverser le jour et atteindre la nuit dans le brouillard des hommes, une main forte et jeune l’arrache d’un seul coup, une marque légère lui découpe la gorge dans les rires qui dévalent, elle lâche son enfant un instant et vite reprend son pas dans des frissons salés.

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Lecture/performance vidéo « La dernière fois que ma mère est morte »

Posté par traverse le 22 juin 2011

Fleur de faille
Flor de falla
De Steenbreek in bloei

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vous invite à ouvrir une parenthèse non refermable

le vendredi 1er juillet 2011 à partir de 19h
au café-restaurant l’Imagin’Air, 6 place Fernand Cocq à Ixelles*

Entrée gratuite. Dès 19h: accueil (restauration possible). Début du programme à 20h.
INVITEZ VOS AMIS !

Exposition de peintures de Sylvia Fernández.

Sur la piste belge de Julio Cortázar, lecture d’une nouvelle de Joël Vanbroeckhoven, La Maga, Morelli, personnages de “Marelle”: où les retrouver en Belgique ? (en espagnol).

Daniel Simon: présentation et fragments de son dernier livre, Dans le parc, textes brefs (en français); Italia Gaeta: extraits de Laide, récit (en français et italien); Daniel Simon: lecture d’un hommage à sa mère, accompagné d’une vidéo.« La dernière fois que ma mère est morte« 

Le texte en version numérique Calameo: Copier-coller, cliquer:

http://v.calameo.com/2.0/cviewer.swf?bkcode=000065005dd6bff35199f&langid=fr

Improvisations vocales par Mara Pigeon et percussions par Mike Govaerts.

Bruxelles vue par des poètes néerlandophones (présentation et extraits): Joke van Leeuwen, Herman de Coninck, Stefaan van den Bremt (en néerlandais).

Présentation par Serge Noël de son dernier recueil poétique, L’impasse magique, et lectures (en français).

Lecture de et par Nora Briceno Echegaray (poèmes, en espagnol).

À partir de 22h, pause-bar suivie d’improvisations jazzistiques par Eddy Loozen (piano) et Greg Tirtiaux (saxophone), qui accompagneront au passage quelques poèmes de Ana Fernández (en espagnol) et Pierre Ergo (en français). Lecture libre possible selon le temps restant.

La traduction de certains textes lus sera projetée sur écran.

* Soirée privée sur invitation. Pour se rendre à l’Imagin’Air: bus 54 et 71 (Place Fernand Cocq), métro ou bus 34, 64 et 80 (Porte de Namur).

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La Troisième séance dans Parenthèses N°8

Posté par traverse le 7 juin 2011

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La Revue Parenthèses (Indications/Kalame) publie une belle critique de mon dernier livre à propos des ateliers d’écriture…

Daniel Simon est né en 1952. Il publie des poèmes, des nouvelles, du théâtre, des essais. Il anime des ateliers d’écriture depuis les années septante. Il dirige la collection Je chez couleur Livre.

Un vécu presque organique et profondément humain dans ses pratiques d’ateliers d’écriture, voilà ce qui émerge de l’ouvrage que nous propose Daniel Simon, « La troisième séance, un atelier d’écriture en chantier ».

Le parcours de Daniel Simon s’encre dans la réalité des prisons, des hôpitaux, des écoles, des associations, des bibliothèques…

L’auteur nous bouscule aux fils de ses réflexions et nous invite avec pudeur à nous joindre à ses propres constats, questions, rappels et mises en garde (à creuser ou visiter), qui tissent le lien fondateur entre l’animateur, les participants et le champ de l’écriture.
Il nous livre son cheminement, ses appuis littéraires, cinématographiques et plastiques comme espace nourricier et déclencheur de pensée. Il observe, des années septante à nos jours, les changements, les métamorphoses, les émergences, les nécessités, qui habitent et fabriquent les ateliers d’écriture.

En distillant le processus alchimique du récit autobiographique Daniel Simon nous dit que « l’écriture est une façon de réparer le texte déchiré de chaque vie, une façon de recoudre avec le fil du récit, la matière, le tissu dans lequel nous enroulons nos vie. »

Et nous nous sentons invités dans un dialogue avec les mots, vérité et sincérité, où l’auteur investit une réflexion sur la restitution, la transformation, la dénonciation, la vraisemblance, le cliché…

De la géographie humaine de l’atelier, il plonge en son sein pour re questionner l’écoute, la lecture, la résonnance, la voix… Le texte.
Nous ne sommes pas devant une méthode, un livre de recettes de plus, mais face à un trajet personnel, éclairé par une longue pratique, qui nous rappelle qu’au delà toute velléité mercantile, l’atelier d’écriture est un espace, qui « … réajuste l’humanité qui est en nous … »

Frédérique DOLPHIJN

La troisième séance, un atelier d’écriture en chantier, Ed Couleur livres, collection Je Contrepoints, Charleroi, 2010

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Laide…un texte fort de Italia Gaeta

Posté par traverse le 7 juin 2011


Une belle lecture à paraître dans la Revue Reflets Wallonie-Bruxelles (N°29)
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Un petit livre, qui porte loin…

Il nous est présenté comme un récit de vie. Mais Italia Gaeta est conteuse et le livre n’échappe pas à son talent de conteuse par le caractère outrancier des personnages et des situations. On y verrait plutôt un conte philosophique sur le thème de la laideur, considérée comme une tare, et de l’horreur qu’elle inspire à celui qui en est victime comme aux autres.
Cette petite fille, laide à faire peur, jusqu’à être qualifiée de monstre, rejetée par sa très belle mère –belle-mère ? – indifférente à son père, trop occupé aux affaires du royaume des adultes, vilipendée et insultée par les enfants, évitée par les adultes… cette petite fille ne trouve pas sa place dans la vie. Elle est laide. Et pour tous, elle n’est que ça.

Que faire de cette enfant ? La cacher, l’occulter, la nier – la tuer en pensée. Ou l’accepter, mais en niant sa laideur. Comme cette laideur lui colle à la peau jusqu’à l’os et qu’elle s’en rend vite compte, c’est encore une solution boiteuse. Sa grand-mère, la nonna italienne, qui l’appelle mia bella, ne lui est pas d’un grand secours puisque d’une certaine manière, elle se voile la face et trompe l’enfant en lui disant qu’elle est belle…Et la pauvre gamine demeure ce qu’elle est, ce qu’elle a toujours été : laide.

On l’a nommée Tempérance, un nom qui fleure bon le conte, mais la nonna l’appelle Esperanza, comme une formule magique annulant le maléfice. Face au mal, face à l’absence de regard et à l’absence d’amour qui tuent l’enfant dans l’œuf, la grand-mère se dresse comme la bonne fée salvatrice, qui l’aide à surnager pendant quelques années, jusqu’à ce qu’elle disparaisse, happée par la mort, et que la pauvre fille se retrouve amputée d’amour, et amputée d’elle-même puisque cette vieille femme était la seule à la considérer comme digne d’amour et d’intérêt.

Cette laideur, vécue jusqu’à l’os, est insupportable, insurmontable et mène au désespoir, à l’abjection de soi et, on peut le dire, à la folie. Presque à la folie furieuse car Tempérance-Esperanza fait peur, avec ses accès de violence tournée contre les choses, les gens quelquefois et surtout contre elle-même. La pauvre fille a une si mauvaise image de soi qu’elle ne peut que se mépriser et se vouloir avilie par la vie, à condition que ce soit elle qui le décide. Elle en vient à se piétiner elle-même pour éviter de se faire piétiner par les autres …

Bien sûr, le thème de la laideur et de la difficulté à la vivre est un fait de vie réel et fait même les beaux jours de tout un commerce de la beauté. Toutes les femmes et de plus en plus de messieurs se trouvent des îlots de laideur à gauche ou à droite. Mais ici, tout est poussé à l’extrême et c’est ce qui donne au récit une aura de conte. Ce désamour des parents, cette cruauté des étrangers, ce physique abominable… Une laideur aussi épouvantable aurait pu trouver amélioration en quelques soins faciles, épilation du mono sourcil et des joues duveteuses, correction des dents mal alignées, coiffure ultra-courte et désinvolte pour les cheveux hérissés, un peu d’attention pour éviter de ressembler à un loukoum… Au lieu de cela, on laisse proliférer la laideur, on la sublime même, quand les enfants maquillent la laide dans le style Satiricon de Fellini lors d’un goûter d’anniversaire – et cela fait rire les grands !! Si la laideur est insupportable, pourquoi la faire supporter à une enfant au lieu d’y remédier ?

Les seuls qui la supportent finalement sont des gens simples, moins sophistiqués et plus humains, des gens nature qui vivent dans la montagne en Italie, bien loin des diktats de notre société factice dominée par la publicité. Je veux parler de l’oncle, zio Umberto, curé de montagne un peu farfelu et bon enfant, qui accepte sa nièce comme elle est, qui accepte la laideur et l’impose à ses paroissiens. Lesquels, suivant cet exemple, accordent à la fille laide une sorte de tendresse… naturelle.

Nous voici donc dans un livre éclaté, fait de fragments de passé et de présent, de conte et de réalité, de souffrance et de bonheur volé, dont le fil conducteur est la souffrance due à la laideur, la souffrance d’une femme qui se fait appeler Hybride et n’arrive pas à se trouver.

Tout est forcé pour déranger au plus profond le lecteur, tout noir, tout blanc, tranché comme dans les contes – auxquels on fait parfois allusion, vilain petit canard, cygne pour la grand-mère. La laideur extrême de l’enfant, qu’on ne corrige pas, le rejet absolu par les parents, les insultes et harcèlements excessifs des autres, l’attitude résolument joyeuse de la fée-nonna – pensons à la bataille à coups de tomates mûres entre vieilles femmes !! Nous sommes à l’évidence dans le conte.

Mais à la différence du conte, nous n’avons pas la chute escomptée. Car la fin tout à fait énigmatique du récit nous laisse sur notre faim. Ni suicide de désespoir pour mettre fin au cauchemar et punir – ou soulager ? – les responsables ni rédemption par l’amour ou autre émerveillement… Seulement des questions et le nœud de souffrance inextricable de Laide, qui nous reste sur l’estomac. Voilà son véritable nom, sa seule identité. Laide.
Quelqu’un a-t-il pu penser qu’on pourrait lire l’aide ???
Cette fille appelle à l’aide depuis le début, prisonnière sous sa carapace.

Le message à lire entre les lignes de ce conte torturé ? La laideur, il faut la vivre. Et on ne peut la vivre sans l’aide de l’amour…

Isabelle Fable

Et un entretiens avec Edmond Morrel à l’occasion du Festival du Conte de Chiny où Italia Gaeta faisait la soirée d’ouverture avec son nouveau spectacle de contes.

Ecoutez Italia Gaeta et Gilles Gherailles au micro d’Edmond Morrel lors du 22ème Festival interculturel du conte de Chiny

On connaissait d’Italia Gaeta le dernier et émouvant roman qu’elle publie aux Editions Couleur Livres sous le titre de « Laide ».

Italia gaeta et gilles gherailles lors du 22ème festival interculturel du conte de chiny

On connaissait d’Italia Gaeta le dernier et émouvant roman qu’elle publie aux Editions Couleur Livres sous le titre de « Laide ». A Chiny, on la retrouve dans sa vocation première, celle de conteuse. Dans son Italie natale, celle du Sud, elle vient puiser les histoires qu’elle ré-invente pour nous les donner à écouter. Sur scène, elle danse, elle chante, elle dit et tout est juste, à propos, à l’exact endroit du cœur là où l’émotion entrelace la gravité, là où l’enchantement éclaire le monde depuis les millénaires des millénaires. Le spectacle qu’elle a présenté en ouverture du festival s’intitule « Amore ». Elle décline ce mot avec la complicité irradiante d’un musicien mime, Gilles Gherailles. L’interview est précédée d’un court extrait du spectacle. Italia nous donne aussi un extrait d’une chanson de son spectacle.
Edmond Morrel à Chiny, juillet 2011.

http://www.demandezleprogramme.be/Ecoutez-Italia-Gaeta-et-Gilles?rtr=y

Italia Gaeta – Laide – éd. Couleur livres – Collection je – 103 pages – 11 €

Commande en librairies ou à www.couleurlivres.be

L’auteure et l’éditeur (Collection Je, Daniel Simon) peuvent se déplacer pour des rencontres, lectures, …

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