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Calligraphismes de Jack Keguenne…

Posté par traverse le 27 novembre 2011

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La cour des Arts a le plaisir de vous inviter
au vernissage de

JACK KEGUENNE

Mercredi 7 décembre 2011 de 18 à 21 h

Exposition ouverte du 8 au 17 décembre 2011

8 place Julien Dillens – 1060 Bruxelles

(dans la rue de l’Hôtel des Monnaies)

Ouvert du mercredi au samedi de 14 à 18 h
et sur rendez-vous

Avec la collaboration de la GALERIE BRACHOT

GSM : + 32 495 413 421
Tél : + 322 538 40 47 — Fax : + 322 537 03 37
e-mail : lacourdesarts@skynet.be — isygabrielbrachot@skynet.be

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Les canuts

Posté par traverse le 26 novembre 2011

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D’un coup de pied, il bascule le brasero. Les braises d’éparpillent sur le tarmac trempé. Il pleut depuis trois jours et la poussière des lieux a vernissé le paysage d’un gris profond. L’usine est adossée à la forêt face à des terrils éteints dans la brume.

« C’est grève. Ces temps-ci on fait grève aussi souvent qu’on travaille. Un jour pour, un jour contre. On sait rien faire d’autre. Alors on le fait bien. Aujourd’hui, ça fait deux semaines qu’on bloque les grilles d’entrée. Personne ne sort, personne ne rentre. Tout un boulot. Un sale boulot. On sait qu’on va dérouiller un jour, que ça va finir en compote, mais qu’est-ce qu’on peut faire? »

Certains cassent des palettes et y mettent le feu. Les autres applaudissent. Ca flambe dans des rires et les tapes dans dos. On ne sait pas à quoi ils pensent, mais ça tient chaud. On sort les piqueniques, des bouteilles, on trinque. On boit pour réchauffer le feu qui s’éteint vite.

Le soir tombe sur le chantier qui ressemble de loin à une fête ralentie. Des femmes passent au bras des hommes, marchent lentement autour des braises, parlent à voix basse. D’autres rangent du matériel, scient des palettes. On s’occupe.

Le jour se lève, vent et pluie. Les nuages filent au loin comme pour céder la place en douce à un ciel sans hauteur.

Des voitures arrivent en klaxonnant, ça réveille, on s’occupe à décharger les coffres pleins. De la nourriture, encore des couvertures, des barbecues qu’on monte en vitesse.

Des enfants aussi qui viennent embrasser leur père, des femmes qui repartent en faisant des grands signes, elles reviendront plus tard. Faut s’occuper des gosses, de l’école, un peu de la maison. Elles, ça fait un moment déjà qu’elles ont perdu leur boulot. Elles se débrouillent, ils se débrouillent tous. Des ménages parfois, du repassage, des choses qu’elles font déjà chez elles depuis longtemps. Les hommes bricolent, retapent ce qu’ils peuvent pour pas cher entre les pauses de l’usine.

C’est surtout le moral qui baisse, plus que les réserves. Et les nouvelles ne sont pas bonnes. La gendarmerie a reçu l’ordre de vider l’usine. Ils vont devoir mettre la pression. Et ils sont déjà au maximum. Reste les bombonnes. Ils ne savent pas s’ils le feront vraiment, mais la presse est bonace. Pourvu qu’on lui serve la soupe et qu’elle soit chaude.

Douzième jour. Ca fatigue, mais ils sont près pour des semaines, après ils auront tout le temps de se reposer.

« Sarko est en balade. On ne sait plus où… Afghanistan, Pakistan, Iran…Par là, quoi. On n’est pas tranquilles. On dirait qu’il s’en fout. Ce qu’il préfère, c’est la bagarre. Ici, c’est presque le paysage. Ca l’intéresse moins. Du moins, on a l’impression. On l’attend toujours son plan de reconversion. Ca fait quarante ans qu’on en parle et on a rien vu venir. La région s’est vidée. Chacun a choisi : partir ou rester. Certains sont partis pour toujours, au bout d’une corde. Mais entre nous on n’en parle jamais. Aujourd’hui on est plus nus que nus, comme les canuts d’avant…C’est nous les canuts, nous sommes tout nus…Ca recommence d’une autre façon, toujours aussi sauvage, mais ça recommence toujours, d’une époque à l’autre, c’est le même scénario. On sait bien que nos gosses, vont se l’arracher le travail et ils n’en n’auront que des morceaux. La plupart ne travailleront pas. Des jobs, des stages, du passe-temps national. On n’a pas envie de leur dire de tout foutre en l’air aujourd’hui, parce qu’on espère encore, mais ça ne sent pas bon. Ils le savent, ils deviennent nerveux, on est mal. »

« Ma femme va accoucher dans trois semaines, un premier ça se fête comme jamais. Mais ça tombe mal…Il va pas grandir ici, je le sens. Trop vieux ici, à bout de souffle. Je le dis pas trop mais j’en suis sûr, on va se tirer le plus vite possible. Même si on gagne ici, c’est rebelote dans pas longtemps. Mondialisation et cie. La Bourse ou autre chose, on sait bien que ce qu’on fait ici, ils le font aussi bien là-bas. Et moins cher. Alors, on essaye de tenir mais ça s’use. Le gamin, il ira voir ailleurs. Moi, je jouerai la fin de la comédie ici. Ca devient drôle, à la fin, cette façon qu’on a de parler de l’avenir alors qu’on sait très bien que nous, on fait un boulot d’il y a cinquante ans. Et qu’on s’y est pas mis à temps pour sauter par-dessus les évidences. On le sait, dans toute la région, que c’est une usine parfaite, mais parfaite pour hier, pas pour demain. Nous, c’est du bois de rallonge. »

La gendarmerie débarque. Dix combis. Des frises, des autopompes, les boucliers, l’alignement parfait. Des légionnaires au pas.

Mégaphones, jets de pierres, caillasse, cocktails même. Les grilles sont soudées. L’usine est ceinturée de bombonnes. Tout va exploser s’ils entrent, lance le délégué.

« Pas le vrai, celui-là, il vote contre. Il dit qu’on est fous, que ça ne sert à rien de casser l’outil, que c’est pas légal. Qu’on va se faire avoir les uns après les autres, cueillis à la sortie et hop, jusqu’à la corde qu’ils vont nous user. On ne sait plus mais on crâne. »

La ligne de gendarmerie avance lentement. Rome est en marche contre les barbares.

Quelqu’un crie que Sarko vient d’avoir une fille, que ça vaut une trêve. Il est hué. Puis ils rient en évoquant le Président en position. Des blagues. Des bien lourdes. Les gendarmes sont immobiles maintenant. Il y en un qui filme lentement. Les autres, en face, filment aussi. Chacun braque l’autre au cas où. Pour une poignée de dollars, génération digitale.

« Des voitures arrivent en trombe. Des femmes et des hommes qu’on connaît, des dignitaires du Parti, comme on disait avant. Ils avancent les bras tendus. Les gendarmes s’écartent. On arrête de filmer. Pas les autres. On discute, ils nous disent de ne pas aller trop loin, qu’ils vont se battre encore plus durement avec nous. On les écoute sans rien dire. On sait qu’ils ne pourront pas faire grand-chose. Que ça dure depuis cinquante ans. Mais on n’a pas trop de monde avec nous, alors, faut pas sacrifier nos figurants, la farce n’est pas finie. Cris, débats, engueulades, on cède. On retire le premier cordon de bombonnes. »

Le jour tombe d’un coup sur les braseros froids. Beaucoup pleurent, se prennent dans les bras, se serrent, baissent la tête. Les grilles sont ouvertes au chalumeau. Des camionnettes emportent le tout. Les gendarmes se retirent. La nuit vient.

Daniel Simon

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Montenegro…M’enfuir m’amuse

Posté par traverse le 26 novembre 2011

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M’enfuir m’amuse

XIV ème siècle. Son riche mari est violent. Elle s’enfuit, un matin, vers n’importe où, loin de lui et des sbires qu’il envoie à sa poursuite. Son cheval l’emporte. Ensemble, ils galopent dans la forêt noire du Monténégro. La monture se cabre devant l’étroitesse d’un pont qui surplombe le torrent Mrtvica. Il la laisse seule, face à sa nature, à la nature. Elle marche des jours et des jours. Elle trouve son bonheur au milieu des alevins, dans un lac de montagne, espérant qu’un pêcheur, ce lecteur d’eau, lui redonne vie, ravie,… et ravie par son épuisette.

L’une a joué des images suggérées par les arbres moussus et les fonds de l’onde. L’un a joué des mots qu’imposait l’histoire inventée. L’autre l’un a joué des sonorités de ces forêts, de ses bruissements.

Un livre-objet, un livre-cadeau : quarante-huit pages de photos étranges à la limite de l’eau. Douze pages de texte aux confins de l’irréel. Quinze minutes de musique aux frontières des sensations.

Prix de vente : 38 euros frais de port compris (dédicace si besoin ou envie – à préciser).
Tirage limité (dans un premier temps) à cinq cents exemplaires.

A verser au compte de Jean-Claude Legros, Fond de le ville 24 4920 Aywaille.
Iban :BE81 3480 7014 6424
Bic : BBRUBEBB
Renseignements :Claude Englebert : 087.77.00.66
J-C Legros : 04.384.40.97
Pirly Zurstrassen : 087.47.53.27

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A propos des Enfants chiants…

Posté par traverse le 25 novembre 2011

PÉRÉGRINATIONS

Opus 1
Jeudi, 24 Novembre 2011 11:45
Lucie Van de Walle

http://www.entreleslignes.be/entre-les-lignes/peregrinations.html

Déjà guirlandes et paillettes envahissent notre espace visuel et, insidieusement, les vitrines des magasins s’enlaidissent de personnages rubiconds et ventrus. Les Saint Nicolas et Père Noël se télescopent au carrefour du consumérisme et d’ici quelques instants, toute la ville ou plutôt, toutes les villes dégoulineront de la joie des fêtes sans que personne ne puisse s’y soustraire.

Englués là-dedans, hommes et femmes anxieux du lendemain ne savent plus comment assurer le nécessaire. Impérativement rappelés à l’ordre par des jingles racoleurs à vomir, ces mêmes parents s’inquiètent désormais du superflu à fournir d’urgence à leur admirable progéniture, sous peine de…
Un peu de tendresse ne ferait-elle pas l’affaire ?
Comment un angelot au dormir paisible devient-il un bébé hurleur, un gamin ingérable, un ado-technoauditif, désormais étranger à sa mission naturelle de contestation ?

D’autres questions sont soulevées dans Les Enfants chiants , un texte en forme d’interpellation à l’adresse des adultes et signé par Daniel Simon. Cet auteur et pédagogue est aux commandes de l’asbl Traverse, dédiée, notamment, à la création littéraire et à l’origine de l’édition des « Feuillets de corde ». Il s’agit de livrets conçus à l’exemple de ces fascicules suspendus à des cordes et proposés aux lecteurs sur les marchés au Brésil, d’où l’appellation « litteratura de cordel ».

Beaucoup d’idées sont bonnes, plus rares sont celles qui sont bien développées. Quant à les faire aboutir… Apparemment un maximum d’ingrédients sont réunis pour que s’envolent les missives marquées par l’humeur ou l’actualité. En premier vient le côté à la fois minimaliste, radical et multiple de cette initiative. Radical : un texte, une gravure / un thème, un feuillet. Multiple : à partir des « Feuillets de corde » dont la publication bimestrielle est accompagnée d’une série d’actions satellites. Par exemple, la lecture publique des textes, leur dépôt sur la toile et leur enregistrement destiné au podcast, etc. Par ailleurs, Couleurs Livres, co-éditeur, se charge aussi de la diffusion « papier ».

Secondé dans cette initiative par Jack Keguenne, Daniel Simon a associé les arts plastiques. C’est ainsi que le premier opus de ces « Feuillets de corde » version « Traverse » a pris son élan dans l’atelier de gravure Kasba, un des lieux de dynamisme artistique dont peut s’enorgueillir la Commune de Boitsfort/Bruxelles Car, à l’image des « folhletos » brésiliens, les feuillets sont illustrés par une gravure. Aussi la couverture des Enfants chiants, est-elle estampillée Jean-Pierre Lipit.

Dûment imprimés, pliés, colportés, envoyés, dépendus, achetés, offerts, ces « Feuillets de corde» peuvent voyager léger. Bon vent !

Informations:
Feuillets de corde, voir :
www.traverse.be ; traverse@skynet.be
Édition Couleurs livres
Kasba, atelier de gravure, rue de Middelbourg, 126, 1170 Boitsfort.

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Les enfants chiants…suite.

Posté par traverse le 19 novembre 2011

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Gravure LIPIT

Suite des Enfants chiants, ce soir 17h à 20h à Kasba… (voir article précédent)

(…)

Et voilà qu’entrent en scène
les parents frais et neufs, des héros d’aujourd’hui,
des géniteurs pressés,
rondouillards et heureux de concentrer le monde
une nouvelle fois dans des flots amniotiques,
un bébé est en route, un petit dieu rieur
aux oreilles bouchées,
ça y est l’enfant est né et la joie est à l’heure,
la farce commence enfin.

Très vite, ils gobent, et reniflent et s’empiffrent
de coulées de soda, de bonbons et de sucre,
pendant que Monsieur – dimanche enfin est là -,
chevauche noble dame ou le contraire souvent,
la fatigue est alliée des égalités molles,
et les enfants chéri? Et les enfants chérie ?
vautrés devant des écrans plats
ils bavent en suçotant des images à deux sous,
criaillent, pleurnichent et régimentent
la troupe des parents qui se met en quadrille
pour calmer la volaille pétulante et rieuse
affligée quelque fois de chagrins en retard,
qu’il s’agit d’écouter dans le bruit des familles,
ces enfants sans pardon ont des noms enchanteurs,
héros de leur époque, comme on donne aux caniches,
enfants calendriers et enfants du dimanche,
on le dit bien des peintres et des écrivains fades,

(…)

Pour plus d’informations: http://www.traverse.be/editions.php

et un entretien avec Emond Morrel (Jack Keguenne et Daniel Simon)
http://www.demandezleprogramme.be/Ecoutez-Daniel-Simon-et-Jack?rtr=y

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Interdit de mémoire…au Grenier…

Posté par traverse le 17 novembre 2011

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“Fragmentos de una memoria” avait été publié il y a deux ans à Buenos-Aires…

“Interdit de mémoire” (adaptation française par Pierre Ergo et l’auteure, éditions Luc Pire, septembre 2009) sera présenté au public au Grenier Jane Tony, samedi 26 novembre à 16h, 55 rue des Alexiens, 1000 Bruxelles, par Daniel Simon.

Le présent roman offre le témoignage le plus sensible qui puisse se donner de l’expérience de l’exil. Quitter son pays, ses racines, perdre la trace de ceux que l’on aime, reconstruire sa vie… comment fait-on pour préserver son Moi quand tant de socles vitaux sont ébranlés ?

C’est aussi un roman de la mémoire, nostalgique et peuplé de fantômes.
On y croise une ambiance de secrets, à la limite du fantastique qui n’est pas sans rappeler les pages d’autres Argentins comme Borgès ou Cortazar.

En plus de nous livrer une certaine Argentine intime et familiale, Ana Fernandez, par quelques touches délicates, nous parle aussi d’un Bruxelles qui a déjà un peu changé depuis le temps du récit. Ce livre n’est pas un testament, c’est un cadeau contre l’oubli, écrit avec amour pour chacun de nous, quelle que soit notre histoire.

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Les papillons de la bibliothèque

Posté par traverse le 14 novembre 2011

(Une nouvelle extraite de mon dernier livre « Ne trouves-tu pas que le temps change?Ed. Le Cri. Disponible sur www.lecri.be, en libraire ou chez l’auteur)

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Il avait emménagé en catastrophe. Les déménageurs avaient porté jusqu’au premier étage les centaines de boîtes de livres qui pesaient de plus en plus lourds à chaque trajet. Il les avait fourrés n’importe comment dans sa bibliothèque.

Les grands à côté des grands, les petits avec les petits, la poésie près du théâtre et les romans emmêlés aux essais ou aux inclassables. Il avait rempli des étagères plus qu’autre chose. C’était à l’image de sa vie sentimentale. Un peu de tout et jamais au bon endroit.

Les livres d’art étaient faciles à ranger. Hauts, lourds, peu manipulés, ils occupaient les rayonnages du bas Mais la place manquait et il avait alors allongé une seconde rangée devant celle du fond et deux épaisseurs de livres donnaient à l’ensemble un air de désordre sympathique, comme si l’empressement était la règle du lieu.

Il n’en était rien. Tout dans sa vie avait été placé sous le signe du provisoire.
Il avait même replié soigneusement les boîtes en carton vides à la cave au cas où il devrait quitter le lieu au plus vite. Il aurait alors de quoi déserter avec ses bouquins si encombrants.
Ses bibliothèques occupaient une grande part des murs et comme les fenêtres abondaient, que la lumière était reine, aucun espace n’échappait et l’appartement avait rétréci quelques heures après le départ des derniers copains venus donné un coup de main en fin de journée.

C’était un asile, un repli plus qu’un foyer. La bibliothèque s’était révélé très vite le centre du conflit avec sa femme.

Des livres dans la salle à manger, des livres sur le palier, des livres dans son bureau, des livres dans la chambre, des livres aux toilettes, des livres partout certes, mais pas en pagaille, plutôt dociles et adaptés aux lieux. Pas de piles instables à même le plancher, pas de volumes épars au pied du lit, pas de magazines oubliés dans le fatras des choses quotidiennes, non, mais des livres partout, bien alignés, pressés sur des étagères en bois naturel qu’il avait bricolées et installées quelques jours avant l’arrivée du camion.

C’étaient, il lui semblait alors, ses seuls alliés, ses compagnons de toujours et il n’avait aucune intention de les abandonner au nom d’un amour qui n’aimait la lecture que conjuguée au passé ou renvoyée au temps de sa jeunesse. Elle aimait tellement la lecture, disait-elle, qu’elle ne lisait plus…

« Quand j’ouvre un livre, je ne le lâche plus…Alors, tu vois, avec tout ce qu’il y a à faire, je ne lis plus, je suis bien trop passionnée ».

Il avait souri mais d’un coup la certitude de son échec lui était tombée sur les épaules. Il s’était trompé, il le savait depuis le premier jour mais il s’était consciencieusement livré à l’ennemi au nom d’un amour fulgurant, profond, affolant et désastreux. Il apprit bien vite qu’une femme qui ne lit pas a assez de croyance dans le réel pour qu’elle puisse vous pourrir la vie en toute bonne foi.

La lecture était pour sa femme un acte masturbatoire, une sale affaire qu’on se refile entre dépressifs ou ratés. C’était pour elle d’une prétention sans bornes de rester assis ou couché à lire, c’est-à-dire à ne rien faire qui tienne le monde debout, alors qu’on ne sait pas déboucher un wc ou changer une roue de voiture.

Cette vanité des lecteurs était encore plus forte à ses yeux qu’elle avait en horreur, tout autant qu’elle en était fascinée, les écrivains et les personnes susceptibles de passer par les mots des énigmes auxquelles elle pressentait ne pas avoir accès. Plutôt que de lire, elle agissait comme la plupart de ses semblables, elle maudissait secrètement les lecteurs et les moquait à chaque occasion avec quelques mots faussement admiratifs où l’inspiration revenait plus souvent que le reste.

Elle considérait la lecture comme une pratique religieuse mais en rien une extase mystique. Cela puait la vénération des grenouilles de bénitiers ou des bigotes de mosquées. Elle reconnaissait les gestes mais pas ce qu’ils révélaient.

Peu à peu, elle ajouta à ses occupations de lecteur des tares qui le renvoyaient aux limites de l’impuissance ou de la perversité. Il était un enculé de première dès qu’il avait un livre en mains .Il lui avais fait remarquer que son image était insultante pour les homos et les lecteurs mais elle avait repassé les plats en disant qu’il fallait être un homme qui n’en n’avait pas pour consacrer autant de places aux livres dans un appartement où une femme aurait dû être le seul centre.
Un soir, alors qu’elle lui intimait une fois encore l’ordre de vider l’appartement des bibliothèques, il lui demanda naïvement où il déposerait alors tous ses livres ? Elle le regarda, la fureur dans les yeux, lui lança un de ses anathèmes favoris et quitta l’appartement.

La séparation mit des années à se régler mais sa vie ne fut plus jamais la même. Ces livres, ces théories de volumes apparemment sans secrets particuliers, étaient, alors qu’il avait consacré sa vie à les choisir et à les aimer, la seule véritable raison de son célibat forcé.

Il avait un goût amer en bouche quand il repensait à la haine dans les yeux de sa femme qui rêvait d’autodafés permanents. Elle était de la tribu des incendiaires. Lui, il aimait les textes, le papier, les livres de tous genres et de toutes époques, les bibliothèques, les lecteurs et cette vertu si récente dans l’histoire de l’homme qui l’avait conduit d’enfers en résurrections peu à peu dans le silence étonné de la lecture.

Cette femme était une fausse innocente qui vivait en toute quiétude une époque de muets et de sourds. Elle avait aussi en horreur le temps consacré par son mari à l’écriture, elle en était cruellement jalouse, elle méprisait ce temps qui ne lui était pas consacré, elle vomissait ces dimanches où il se réfugiait dans son bureau au lieu de se promener avec elle, bras dessus, bras dessous le long des étangs.

Elle crachait sur ce bel argent disparu dans du vulgaire papier mais elle se pavanait, elle rayonnait, elle gloussait, elle tortillait du croupion, elle conchiait les autres quand, à l’occasion de l’une ou l’autre lecture publique, elle pouvait se montrer à son bras et soutirer de ces rencontres convenues une gloriole qu’elle exhibait sans pudeur. Son orgueil de pacotille la rendit pitoyable à ses yeux.

Elle déclara donc la guerre à la bibliothèque. Des livres disparaissaient, des pages arrachées, des couvertures croquées, … Elle gémissait au milieu des livres en lui lançant des insultes nouvelles chaque semaine. Il avait honte de ce que cette haine produisait en elle. Elle lui rappelait l’internat, la grossièreté de certains pions qui confondaient le dortoir avec une chambre basse de justice.

L’alcool augmentait chez certains la conscience de leur médiocrité et il n’était pas rare que le plus lâche, un gros quinquagénaire à la main leste sur les petits, envoie valdinguer contre les murs les bouquins qui traînaient au fond des armoires ou sous les oreillers. Les internes couraient alors les récupérer comme des affamés ramassent les miettes sur le chemin, ils allaient courbés, les yeux baissés et ils emportaient leurs livres en vitesse, sans demander leur reste.
Ils méprisaient ces surveillants de l’ennui pour une raison qu’ils ne comprenaient pas mais ils savaient qu’ils souillaient leurs livres de leurs sales mains trempées dans la poisse d’une vie qu’ils devaient maudire plus que le troupeau de pensionnaires attardés qu’ils formaient. Ces adultes sans grâce les renvoyaient ainsi dans une bêtise qui était la leur et dont ils ne se défaisaient jamais. Ils les voyaient encore libres et ils en crevaient.

Quand elle en eut assez, elle se tourna vers lui et déclara que cette bibliothèque était un endroit malsain et que des sales choses allaient nous arriver : la poussière, les acariens, des microbes…Les livres, c’était comme les pigeons, on pouvait les regarder voler mais il valait mieux ne pas les toucher au risque d’être atteints de maladies de peau, d’irritations ou allergies de toutes sortes.
Elle prit les poussières comme une hystérique, elle vaporisait d’insecticide les livres et le parquet tout autour, elle frappait les jaquettes des plus gros contre les tentures bleues comme on secoue une couette ou un oreiller. En attaquant de ses soins la bibliothèque chaque jour, le tout ressembla à une vitrine de bouquiniste scrupuleux qui met ses lots récents en valeur comme un joaillier le ferait avec une rivière de diamants entourée des bijoux assortis.

Elle garrottait les étagères de ses caresses permanentes où elle enfermait les livres de plus en serrés chaque jour.

Il étouffait, elle jubilait. Il n’y avait plus d’amour entre eux mais une sombre affection de tous les instants, quelque chose qui les unissait comme un terrible secret, un crime commis dans le crépuscule des cœurs, elle était restée, il ne s’était pas enfui.

La bibliothèque était devenue inaccessible. Elle était présente comme jamais mais l’approcher familièrement était devenu impossible, c’était comme un tombeau fleuri de formats et de couleurs, une nécropole élégante qu’on longeait le regard vague. Elle était comme une couronne mortuaire dans laquelle nous vivions et tournions comme des chats maussades.

Les mois passaient, les années faillirent faire de même mais la répulsion de sa femme pour la bibliothèque atteignit alors des sommets qu’il ne pouvait comprendre sans une certaine admiration. C’était une guerrière qui se battait tranchée par tranchée et ce genre de combat amènes vite les troufions adverses à des accolades qu’on pourrait prendre pour une humanité d’exception, alors que l’ennui de la mort et des insultes se tarit aussi vite que n’importe quelle passion.

Il faut du renouveau à l’horreur, des plages de calme, des bivouacs apaisés et ça repart alors comme jamais dans le pus et le sang, dans l’allégresse et un terrible consentement.
Ils en étaient là. Cette haine était leur seule intimité. Et les livres des prétextes sans actualité. Il ne les ouvrait plus, les évitait même, il lisait à l’extérieur, dans le métro, le train, sur les bancs publics, au parc, mais plus chez lui. Ils étaient un symbole qui s’éloignait de leurs besoins réels, ils tapissaient les murs d’une cathédrale de savoir où personne n’entrait, ils s’éteignaient de jour en jour alors qu’il les avait toujours regardés comme les vitraux colorés d’un temple où il faisait bon vivre à certaines heures du jour ou de la nuit.

Ils s’habituaient à cette zone de conflits comme on se familiarise avec une maladie grave, dans l’attente du pire mais encore en deçà. Une nuit alors qu’il s’était relevé pour aller aux toilettes, il sentit une très légère odeur de brûlé dans le salon, quelque chose comme une cigarette qui se consume dans un cendrier. Sa femme ne fumait évidemment pas et il était très attentif à ne jamais laisser aucun mégot mal éteint avant d’aller se coucher.

Ce n’était rien, une simple cigarette mal éteinte dans le fond du cendrier marocain qu’elle lui avait rapporté d’un lointain voyage.

Quelques vagues fumerolles mais il n’y avait aucun danger.

Il s’inquiéta de ce signe. Il se demanda si ce n’était pas lui qui avait négligé d’écraser le mégot. Il repassa tous ses gestes en mémoire mais rien. Il n’y avait pas de trous dans ses souvenirs récents et ce ne pouvait être lui. Alors c’était elle mais le geste était si infime, si inconséquent, si apparemment naturel qu’il aurait vite déclenché des hostilités pour un peu de cendre tombée dans le fond d’un cendrier froid. Ca n’en valait pas la peine et il se résigna à regagner la chambre où elle dormait profondément.

Elle avait toujours sur les cheveux ce filet qui retenait sa belle chevelure enroulée et serrée comme un bonnet. Elle savait que cette habitude de célibataire sans grâce le hérissait et avait mis fin à tout désir entre eux.Ca et le reste. Les jalousies morbides, les instabilités quotidiennes, les agressions soudaines ne suffisaient pas. Il fallait que ce filet clôture la journée et entame la nuit où ils dormaient encore côte à côte. Elle n’envisageait pas autre chose. Ils étaient mari et femme et pas question de déroger à ce sacrement, même s’il était vide de toute intimité. La forme, rien que la forme, encore la forme, c’était ça son seul but, son unique obsession. Et la bibliothèque en faisait partie.

Un jour, elle ne se sentit pas bien, la poitrine, le cœur, elle ne savait pas. Trois mois plus tard, elle mourait d’un cancer généralisé.

Il régla tout, le rapatriement du corps dans son pays natal, la liquidation des dettes communes et il se retrouva seul.

Il avait arrêté de fumer et il se sentait vide. Vide mais apaisé.

Il s’installait souvent le soir dans son canapé, face aux fenêtres donnant dans un élégant arrondi sur les arbres de l’avenue et il rêvassait. Il pensait aux voyages qu’il avait faits, aux amours de sa vie, aux livres qui l’avaient changé, aux échecs qu’il tentait de dissimuler dans des sommeils vagues. Il pensait à cette femme, à son pays qu’il aimait, à sa fin soudaine et un papillon vint voleter devant lui, maladroitement. Il le regarda inquiet. D’où pouvait-il venir ? Une mite ? Il se leva, chercha l’antimite et vaporisa tellement l’appartement qu’il dut sortir et se promener une heure dehors dans l’allée avant de rentrer chez lui.

Plus rien le papillon avait disparu. Le lendemain, même scène mais ils étaient trois. Il en écrasa deux mais il renonça au troisième trop agile et alla se coucher.

Cette nuit, il ne dormit pas. Les papillons le préoccupaient. Peut-être venaient-ils de la cuisine, du garde-manger des conserves, pâtes riz et féculents divers ?

Il se leva et vida l’armoire, aspergea le tout de désinfectant, nettoya, examina l’ensemble mais rien, pas d’infection. Tout était normal…

Les soirées s’enchaînèrent sans événements précis si ce n’est que les papillons, chaque soir étaient plus nombreux. Il pouvait les écraser entre ses mains, d’un essuie bien torché, ils revenaient chaque soir. Il vaporisa encore le tout d’insecticide mais les papillons étaient là quelques jours plus tard. Il ne savait plus que faire.

Les papillons faisaient maintenant partie de son univers. Ils tournaient lentement dans la pénombre des soirées et son manège reprenait : il les chassait, les écrasait, allait se laver les mains, se rasseyait dans son canapé et reprenait sa lecture.
. Un matin, il eut besoin d’un livre précis qu’il ne trouvait pas. Il farfouilla un peu partout et se souvint vaguement d’un endroit où il devait se trouver…

Il dégagea quelques livres de la première rangée mais rien. Il attaqua la deuxième, et toujours rien, enfin, il tomba sur ce qu’il cherchait : un volume épais, ancien, au papier ivoire. Il était satisfait, heureux même, il avait, depuis des années reconstituer un ordre mental dans le chaos apparent des classements et à chaque fois qu’il trouvait l’ouvrage désiré, il jubilait. Ca avait été pendant des années comme une résistance passive face à l’acharnement de sa femme. Il saisit le livre et il découvrit sidéré des grappes de larves accrochées à la tranche. Il en sortit un deuxième, même chose, un troisième, un quatrième, …des larves partout.

Il nettoya toute la bibliothèque, tranche par tranche mais il n’en trouva plus par la suite. C’était, dans la chaleur des vieux livres protégés par la ligne des plus récents que les papillons avaient fait leur nid.

Pendant des années, des larves avaient dormi là et maintenant qu’il était enfin seul, les papillons surgissaient comme si le temps de prendre leur envol était enfin arrivé.

Ce soir-là, il s’assit comme d’habitude dans son canapé, regarda les branches des arbres onduler dans la pluie de la nuit et remarqua un papillon voltiger dans la lumière des lampes basses.
L’insecte tournait dans la lumière sans crainte, presque sous son nez. Il l’observa longuement et se remit à lire dans le crépitement de la pluie contre les vitres…

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Tournai la Page et Foire du livre belge

Posté par traverse le 12 novembre 2011

Tournai la Page
Tournai la Page et Foire du livre belge dans carnets
Lieu: Halle aux Draps
Adresse: Grand-Place, 7500 Tournai
Activités similaires dans la région (carte)
Itinéraire en transport en commun
Téléphone: 069/229319
Internet: http://www.lesamisdetournai.be

Je serai présent au stand de MEO éditions pour vous rencontrer de 14 à 17, le dimanche 13 novembre autour de mon livre « Dans le parc » paru récemment (textes brefs). Bienvenue!

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http://www.meo-edition.eu/actualites.html


Foire du Livre Belge – 9e edition – Thème: “Pays rêvés”

Le we des 18, 19 et 20 novembre 2011
(Centre culturel d’Uccle, Rue Rouge, 47 – 1180 Uccle)

http://www.ccu.be

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Je serai présent le dimanche 20 novembre dès 10h jusqu’à 17h (Stand MEO éditions) et participerai à la rencontre autour des Feuillets de corde (avec Jean Jauniaux et Jack Keguenne) à 10h30 et de la Revue Marginales animée par Jean Jauniaux à 12h30.

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Les Feuillets de corde…Les enfants chiants

Posté par traverse le 11 novembre 2011

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Jack Keguenne et Daniel Simon sont heureux de vous inviter à la présentation du premier numéro (8 /an)

Les Feuillets de corde

« Les enfants chiants »

Texte : Daniel Simon

Gravure : Jean-Pierre Lipit

(Editions Traverse et Couleur Livres)

Nous serions heureux de vous accueillir pour le lancement de ce premier numéro

à l’atelier du collectif de graveurs Kasba (où se tient une exposition de Dominique Héraud et Jean Coulon)

le samedi 19 novembre 2011

de 17 à 20 heures

Kasba – rue Middelbourg 126 – 1170 Boitsfort (Bruxelles)

(à côté de la chaussée de La Hulpe et de l’étang de Boitsfort)

Pour être reçu dans les meilleures conditions prenez le soin d’annoncer votre venue…

jack.keguenne@gmail.com et daniel.simon@skynet.be

(Extrait des éditos….)

La revue Les Feuillets de corde se veut une revue « effervescente », qui pétille quand on la consomme…UN rêve il y a quelques années, écrire une lettre régulière à propos des remugles du monde dans lequel nous vivons…Et soudain, ça y est, la « Litteratura de cordel » brésilienne s’affiche en ces mois d’automne au cœur de Bruxelles et m » donne l’idée juste : un graveur, un texte.

Je partage vite le projet. Avec Jack Keguenne d’abord et il enchaîne en me proposant des artistes qu’il connaît et qui acceptent, eux aussi, de jouer le jeu et de pétiller avec nous…Avec Pierre Bertrand ensuite et il engage sa maison d’édition dans l’aventure (Couleur livres). MERCI à eux.

Ce premier numéro « Les enfants chiants », s’imposait vite à moi, et donnait le ton : pas de provocation, pas d’audace imbécile, mais tenter de capter l’air du temps, celui que La Fontaine rappelle si bien « Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés » (Les animaux malades de la peste). Nous vous réservons donc deux fois par saison un thème, un écrivain, un graveur (et le tout, au féminin, au plus tôt, évidemment).

Les textes et gravures seront déposés sur le site de Traverse et une lecture du texte (Podcast) sera également disponible. Bonne lecture, pétillez et à bientôt !

DS

Les enfants ne sont pas faits pour vivre en société… Ils troublent ou dérangent, grandissent et deviennent citoyens.

Les « Feuillets de corde », inspirés de la littérature populaire brésilienne — litteratura de cordel paraîtront 8 fois par an (on peut s’abonner pour l’année en cours). Chaque numéro sera conçu sur un thème choisi par les éditeurs, selon l’humeur ou l’actualité. Il est prévu de publier deux numéros par saison, mais aussi, au besoin, de déroger à cette régularité.

Chaque numéro, chaque thème sera confié à un auteur,. Les « Feuillets » seront toujours illustrés par un graveur (ou une graveuse) selon le même principe.

(…)

JK

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Charlie Hebdo plus que jamais…

Posté par traverse le 5 novembre 2011

Coup de gueule ou coup de coeur?
Charlie Hebdo plus que jamais... dans carnets symboliq2
Photo Laurence Biron

Les Forums autour du saccage de Charlie Hebdo sont la température de la France et de la Belgique, haine colère, débordements, confusions, …une nette avancée des extrêmes

Et surtout « ne rien dire » qui semble la juste mesure en dehors des Evénements. Ne rien dire contre cet usage nauséeux du mot RESPECT, ne rien dire contre cette régression laïque entretenue à longueur de jour par les « laïques pusillanimes » au nom de « ‘N’ayons pas peur » (C’est Jean-Paul II qui, si je ne m’abuse a lancé le slogan), ne rien dire car l’attaque d’une structure culturelle (qui configure les structures mentales), c’est attaquer l’homme, ne rien dire devant tant de peur de soi devenue haine de l’autre, ne rien dire devant la xénophobie et l’homophobie et l’antisémitisme et l’islamophobie (telle que la plupart des personnes que je rencontre n’osent prononcer en public des mots comme arabe, musulman,…de peur d’être taxé de…), ne rien dire…et pourtant, il me semble que dire que celles et ceux qui soutiennent la destruction des bases de la Maison dans laquelle nous tentons de vivre ensemble et côte à côte sont aussi les habitants de cette Maison et qu’il va falloir, hors hystérie et anathèmes, cocktails Molotov et menaces, violences de tous ordres, qu’il va falloir continuer à habiter cette Maison ensemble et trouver quelque chose de plus net, de plus rude, de plus tranchant, de plus impitoyable pour couper ce noeud gordien d’un mépris historique et d’une méprise de chaque jour, qu’il va falloir que nous nous unissions pour que la Loi, seule et appliquée dans ses plus lointains retranchements (et ses sources) que sont l’apprentissage de la morale et de l’amour devienne le socle unique sur lequel nous nous appuyions,ensemble.

Le reste sera donc hors et ailleurs, mais toujours présent. Obscène en quelque sorte.

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