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Envol vers 2012…Bon voyage!

Posté par traverse le 30 décembre 2011

 

    En avant, y a pas d’avance.

            Achille Chavée.

 

 

Envol vers 2012...Bon voyage! fig004

 

Léonard de Vinci

 

http://www.youtube.com/watch?v=BiMyROxeIp0&feature=related

 

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Un bouchon en plastique

Posté par traverse le 27 décembre 2011

Hier, ouvert une bonne bouteille. Nous nous réjouissons, les doigts traînent sur la nappe, je chipote le bouchon. En plastique imitant le vieux liège. Je m’étonne alors que des bouteilles de moins bonne qualité sont embouteillées à l’ancienne. On ne trouve plus de bon liège, dit quelqu’un.

Je pensais à ce qu’on mangeait, à ce qui s’échangeait, aux conversations, à la soirée qui filait dans des fusées amicales. Je pensais au bouchon et à ce qui, de tout ce qui composait cette rencontre, allait bientôt être remplacé par autre chose.

Comme ce journaliste il y a quelque jour qui présentait Noël comme la Fête des enfants, en quoi il bafouait Saint-Nicolas par ignorance, il présentait avec naturel les trocs de cadeaux et les reventes sur le Net. Ce n’était plus choquant, ni bête, ces confusions intimes, c’était l’air du temps.

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Après la mollesse

Posté par traverse le 27 décembre 2011

De pauvres plaintes contre Noël et autres fariboles, sur FBook, sur le Net, dans les conversations courantes, des jeux de mots faciles, des attaques de buches et de foie gras contre…

Etrange, moi qui ne suis ni de Noël, ni de bien des Fêtes (comme le dégoût me saisit devant l’homo festivus (Muray), qui est la version douce et vulgaire des danses de Mort du Moyen Age…), je suis sans voix devant la mollesse des positions.

Rien de grave, rien de l’ordre du solstice, rien  de l’ordre d’une pauvreté appelée avec Indignation sur tous les Médias. Quand le Tsunami est là, la critique se range sous la bannière de la mollesse et du consentement, mais en creux.

La vague est passée, la Fête prochaine est annoncée, des plaintes rose bonbon vont fleurir comme des nénuphars à la surface du Web. Les victuailles ne manquent jamais au banquet des plaintifs.

 

 

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Face à face

Posté par traverse le 23 décembre 2011

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Photo Laurence Biron

Il semble que ça a commencé comme ça…

Les histoires se mêlent pour n’en plus faire qu’une, une sorte d’histoire générale où nous jouons les figurants intelligents, quelques mots de-ci de-là, des enfants, des maladies, des espérances somptueuses, des amours trop courts et hop, l’histoire générale est en nous. Nous sommes des transporteurs.

Parfois on dit de lui « Il a voyagé, dispersé sa vie aux alentours de ce qu’il ne parvenait à saisir… », parfois: « C’est un homme d’équilibre et de plein exercice…», parfois encore : « Il a beaucoup donné et peu attendu en retour », enfin, et c’est plus rare : « Un vrai salaud, il n’a eu que ce qu’il méritait »…

Et le temps passe, quelle que soit notre épitaphe. La course a ralenti.  La peur de mal finir nous tient à la gorge depuis toujours, la peur de finir là, dehors, dans le vent et la pluie, sans autre forme de procès que la nécessité et la vitesse du temps.

Il est chaque jour un peu là, dehors, dans cette pluie qui tombe si souvent où qu’il aille. Le vent frappe les vitres de son appartement, la pluie glisse lentement dans des illusions de tempête marine et il regarde ce dehors qui l’effraye et qui le force à se relever, chaque jour, à ouvrir une fois encore la porte et à sortir.

Il cherche à faire le compte de ce qui le jette à terre depuis le début. Peut-être, cette pauvreté qui se referme en lui n’a d’autre choix que de se cramponner aux terreurs communes. Elles le feront vaciller longtemps avant de l’amener à choisir un soir sa façon de tomber.

Il note parfois ce qui l’intrigue dans cette chute. Il se remémore, il enregistre, il capte, il tente d’enrayer la logique des images, il bouscule les scénarios simplistes, il cherche des erreurs de composition, il fabrique des théories fumeuses, il prend des poses devant l’inattendu qui vient, il explore ce qu’il ne fait qu’entrevoir et qui se rapproche, il tente de comprendre.

Ce sont ses notes ici rassemblées qui ont projet de circonscrire la Bête dans tous ses états. Mais il la sait subtile et toujours prête à se défaire des plus forts liens.

Qu’importe, il faut y aller et tenter de ne rien soustraire au décompte mais aussi loin qu’il se souvenait, il se rappelait les larmes.

 

Il y a donc …

 

Les pauvres qui baissent la tête à la file au Centre public d’Aide social et ceux qui la relèvent dans le même lieu, les pauvres qui ne se montrent pas comme tels, les pauvres qui en remettent de saleté et de dégoût d’eux-mêmes, les pauvres qui nous rabattent le caquet de leur noblesse mesurée, les pauvres qui trainent la patte parce qu’ils ne savent plus que c’est une jambe qui les porte, pauvres d’esprit, de corps, de biens et de maison, pauvres de colère et de miséricorde, pauvres de pardon et de justice, pauvres de haut et de bas, de brève fin du jour et de nuit enneigée, pauvres d’horizons rétrécis et de ciels absents, pauvres de toutes sortes et de toutes couleurs, pauvres pères, mères et enfants, pauvres d’hier et d’héritage, pauvres sans merci ni soupçons, pauvres soudains et pauvres de longue haleine, pauvres rêvant du passé des autres et se vautrant dans le présent des absents, pauvres silencieux et pauvres dans la répétition discrète des sanglots, pauvres indiscrets et pudiques, pauvres puants et pauvres javellisés, pauvres excédentaires et pauvres résiduels, pauvres statistiques et pauvres ergonomiques, pauvres soucis pour les moins pauvres et pauvres gens pour l’ordinaire.

Ni haleine, ni souffle ni sourire, ni fleurs aux lèvres ni brindilles qu’ils mâchent, ni dents, estomac et bientôt ventre, ni jambes, ni bras, ni peau, ils marchent sans aller et vont où ils marchent sans le goût d’un retour, d’un endroit, d’une chose laissée et qu’ils voudraient saisir, ils n’ont langage ni paroles d’échanges, pauvres de froid et de chaleur, pauvres de caresses et de touchers légers, pauvres de confiance et de regards, pauvres du peu et en deçà, pauvres de mer qu’ils ne peuvent boire et de montagne qui les écrase, pauvres de livres et d’images aimées, pauvres de musique douce et de chants rassembleurs, pauvres d’embrassades et de fraternités, pauvres sans dieu et pauvres de dieux tout aussi pauvres, pauvres, il leur faudrait pour ne plus l’être, peut-être, une des ces choses ou plusieurs, on ne sait ce qui comble la peur des pauvres ou celle de ceux qui ne le sont pas encore :

-         une chanson qui revient le matin

-         un tablier pour la cuisine des amis

-         un mouchoir blanc pour ne jamais s’en servir

-         des allumettes au fond d’une armoire haute

-         des sous pour les courses demain

-         du miel en cas de rhume

-         du rhum aussi si la toux est mauvaise

-         des draps bien repassés dans le fond d’un placard

-         chemises et pantalons

-         jupes et collerettes blanches

-         bas et chaussures sans talons

-         escarpins pour le soir et cape pour le gel

-         écharpe et gants au cas où

-         cartes postales et lettres parfumées

-         un lit et un édredon de plumes

-         du sel et du poivre pour la soupe

-         du sucre pour les gâteries

-         une haleine de femme

-         une barbe d’homme bien rasée,

-         une longueur d’avance

-         des nuits d’une seule traite

-         un médecin au cas où

-         des livres, parfois, ça peut servir

-         du vin qui ne griffe pas la gorge

-         des nouvelles qui ne font pas frémir

-         des trains sans qu’on doive y sauter

-         des flics qui se penchent vers vous

-         des enfants qui passent sans vous voir

-         des pestes qui ne vous touchent plus

-         des foulards rouges en souvenir

-         des photos de la mer l’année dernière

-         des senteurs de santal et choses inutiles

-         des promesses tenues et d’autres oubliées

-         des jeux d’ombres à la tombée du jour

-         des siestes que ne rien ne vient éteindre

-         du pudding et toutes ces choses oubliées

-         des mots croisés dans la salle d’attente

-         des femmes qui passent dans la vitrine soudain

-         des voitures qui klaxonnent en avant des mariés

-         des voisins qui s’en vont en vacances chaque année

-         un chien qui jappe en vous voyant au loin

-         des pièces retrouvées dans une poche de manteau

-         un merci qui vient comme une flèche

-         une nuit de décembre plus longue que les autres

-         et le jour qui s’y met, un peu plus chaque jour, à relever la tête

-         …

Affaire réglée, je suis un lieu commun, une histoire courte dans un passé récent, une géographie plane dans un paysage sans accidents, une parole vive dans un silence ardent, affaire réglée, je suis un corps embrouillé d’organes et de flux déraisonnables, une épopée dans un temps sans histoires, une vague perdue dans ses remous, le dommage collatéral d’une lignée enfouie dans des gènes dispersés, affaire réglée, je suis un lieu commun, pas un cliché, pas une chose indistincte emportée dans un temps soumis à la durée, un lieu commun, une zone affranchie de ses frontières anciennes, un passage obligé pour rejoindre le peu d’humanité que je crois préserver dans des allures altières, une histoire de peu et souvent de très peu, une balise enfoncée dans un vide affiché, affaire réglée, je suis l’annoncier de tout ce qui se confond avec tout, ou le contraire, l’important, c’est le contraire de tout, qui permet le débat, l’esprit, le dialogue, le destin et cette chose infime que l’on croit deviner dans l’œil des lieux communs, uniques et bien centrés les yeux, les yeux qui laissent croire qu’ils sont des miroirs ou des tiroirs, de l’âme ou bien de lames, je ne sais que dire de commun qui réunisse les signes distinctifs du lieu commun, si ce n’est qu’ils vont seuls, convaincus d’être seuls, attentifs à cette solitude plénière qui est le caractère parfait du lieu commun, …

Et pendant ce temps, les autres ne cessent de s’agripper aux trains d’atterrissage des avions, de se réfugier dans les soutes des navires et des camions transporteurs…Des familles arrivent dispersées et vivent dans des conditions de clandestinité qui ne cessent de moudre dans le cœur des hommes, ce qu’il y a de plus ancien : l’évidence d’être chez soi.

Hier, des personnes, une centaine, jeunes, vieilles, attendent devant l’Office. Le personnel rentre de congé et la journée sera longue : tant de noms à épeler, de vies à résumer, de réponses à répéter sans fin.

La journée a été longue, comme prévu, suffit comme ça. Le froid tombe sur le trottoir un peu plus durement que sur les toits des immeubles voisins, il saisit  les mains et les pieds des personnes, une centaine encore, jeunes et vieilles, pour rebondir, en bout de course, sur les visages calfeutrés derrière des écharpes et des bonnets bariolés. Des tentes dressées par l’armée pour abriter les files congelées ont été démontées pour la nuit, suffit comme ça.

Des militaires et le personnel administratif se hâtent de rentrer à la maison, la journée de demain est capitale, c’est le dernier jour d’enregistrement des réfugiés candidats à l’aide sociale.

La nuit est longue, on bat du pied, on se file des adresses, on traduit l’espoir du voisin à voix basse. Il suffit de patienter quelques heures encore et bientôt ils remonteront les tentes. On pourra se reposer en attendant d’être appelé.

Les uns et les autres se regardent sans se comprendre.

Alors ils échangent des phrases rituelles : le nombre de viols, les violences de tous ordres passées dans les récits attendus, des catastrophes sans fin parfois incontrôlables, des mensonges pour dire le pire à celle ou çà celui qui ne peut l’entendre même s’il le veut. Tout est trop fort, mensonges et vérités. Tout basculera quand ils s’écouteront.

Alors on balbutie des programmes, des urgences, des discours, des aides coordonnées, des emplâtres, des drames, des impasses, des colères rentrées.

Des mondes face à face.

Daniel Simon

Décembre 2011

 

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Les A6 du lire au livre

Posté par traverse le 21 décembre 2011

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En début de saison, Le Service du LIvre luxembourgeopis, la Bibliothèque de Marche avaient organisé les Assises du livre: « Du lire au livre ».…Des actes sont parus, des conversations et des échanges issus des Ateliers ont été le seuil de ce livre/CD qui tente de faire le point sur les différents accès à cette pratique si diverse qui est celle de lire, en passant, entre autres, par le livre…Suite au beau succès de cette rencontre, les institutions provinciales ont décide de publier le tout. Merci à elles!

Le livre, « Les A6 du lire au livre » seul est envoyé gratuitement. Le livre + le double DVD sont envoyé ensemble pour le montant de 4 euros, Qui peuvent être versés directement au compte 091-0110043-74 du Service du Livre Luxembourgeois, Chaussée de l’Ourthe, 74 à 6900 Marche-en-famenne avec la mention « Actes Lire au Livre » (pour les virements européens : IBAN = BE16091011004374 ).

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Moutons Cochons

Posté par traverse le 20 décembre 2011

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Le lancement des Feuillets 2 à la libraire 100 Papiers àn Schaerbeek a été un beau moment…Marie-Laure Vrancken et Vincent Tholomé ont performé dans l’alliance d’une belle improvisation….  Merci aux personnes présentes, au soutien, à la chaleur de la rencontre…

 

EDITO

Toujours dans la boue, toujours dans la soue, les cochons, couverts de laine vierge, dans des pâturages verts, les moutons.

Au début du monde, je ne sais plus quel jour nous étions, ils furent nommés et distingués, envoyés vers des destins séparés, diverses festivités. Quoique, en charcuterie comme en boucherie, le moment venu, on aiguise pareillement les couteaux pour la découpe après le sacrifice. Mais, si on égorge encore le mouton, dans les fermes, on ne tue plus le cochon à coups de masse sur le crâne.

Moutons, cochons, depuis toujours, préposés aux ripailles ou victimes des célébrations dans le grand jeu du dévorer ou être englouti.

Pratiques et territoires. Se goinfrer d’un brouet d’épluchures ou brouter l’herbe courte, adorer rouler dans la boue puis être lavé ou détester se voir tondu, se sentir mouillé. Aucun mouton de Parme dans la tradition ni alpage ou transhumance pour les cochons ; chacun chez soi, avec ses habitudes.

A remarquer : nul n’a jamais signalé le moindre cochon de Panurge et il demeure difficile de trouver des moutons en massepain. L’impression me vient parfois que nos existences se déroulent dans des enclos séparés ou suivent des couloirs d’abattoir seulement parallèles.

J. K.

graveur :Jean-Claude Salemi vit et travaille à Bruxelles comme illustrateur.

Privilégie la linogravure, participe à l’Atelier de gravure Razkas et joue du swing-musette sur sa guitare!

auteur: Vincent Tholomé ? Une cavalcade intérieure. Des gens grouillant. Déboulant d’escaliers cachés. Des êtres s’invitant. Prenant corps devant lui. »

CONTRE-EDITO

L’important n’est pas d’être heureux, encore faut-il que les autres ne le soient pas.

Jules Renard, Journal.

Un titre, ça se décide souvent sur le coin d’une table… Moutons Cochons est venu comme ça apparemment. En, vérité, l’époque nous soufflait ce titre en creux. Un monde de cochons et de moutons ? Peut-être surtout un monde sous la tyrannie de deux symboles, un monde rallié sous deux bannières animales. Une façon fermière de parler de civilisation. Pourquoi pas ?

Moutons Cochons retourné et Cochons Moutons sonne ailleurs. On tend l’oreille et le sens se construit en tierce, comme dans une chanson populaire. On sent l’allusion mais elle n’est qu’illusion. Ce qui nous touche, c’est la grave résonance d’une histoire collective par le petit bout de l’intime…L’Histoire passe par l’assiette.

Je me sens amateur d’une cuisine qui déciderait de mitonner ces viandes côte(s) à côte(s). Qu’elles aillent ensemble, qu’elles se fricotent de leurs jus odorants et que nos appétits soient rassasiés!

La gouaille est un ton qui convient assez à ces agapes roboratives. Vincent Tholomé connaît la musique et Jean-Claude Salemi, le sombre murmure des contes ambigus. Bienvenue à eux.

D. S.

 

« Les « Feuillets de corde », inspirés de la littérature populaire brésilienne — litteratura de  cordel paraîtront 8 fois par an  (on peut s’abonner pour l’année en cours). Chaque numéro sera conçu sur un thème choisi par les éditeurs, selon l’humeur ou l’actualité. Il est prévu de publier deux numéros par saison, mais aussi, au besoin, de déroger à cette régularité.

Chaque numéro, chaque thème sera confié à un auteur,. Les « Feuillets » seront toujours illustrés par un graveur (ou une graveuse) selon le même principe.

A chaque parution annuelle (8 numéros donc), un coffret en 25 exemplaires réunira les différents « Feuillets » et un tirage original numéroté de chaque gravure. Certaines gravures se verront sans doute aussi imprimées en cartes postales pour circuler d’une autre manière. Le coffret permettra de rétribuer les acteurs des « Feuillets » et de choyer quelques bibliophiles.

Nous organiserons, à chaque parution une rencontre (lecture, performance,…) dans le, cadre d’une exposition des gravures réalisées pour les « Feuillets », encadrées alors, pour le plaisir de tous. »

 

Revue effervescente qui paraît 8 fois l’an

Prix au numéro : 3 euros (envoi compris)

Abonnement (les 8 numéros de l’année en cours) : 20 euros

(On s’abonne actuellement uniquement à la suite des 8 numéros

de l’année 2011-2012)

Pilotage artistique : Daniel Simon et Jack Keguenne

Graphisme et mise en page : Joëlle Salmon

Virement: Traverse asbl

IBAN : BE81 0682 1443 7624   BIC : GKCCBEBB

Production : Traverse asbl

86/14, avenue Paul Deschanel – 1030 Bruxelles – Belgique

traverse@skynet.be       www.traverse.be

Coédition – Diffusion – Distribution : Couleur livres asbl

4, rue Lebeau – 6000 Charleroi – Belgique

edition@couleurlivres.be

www.couleurlivres.be

© 2011 Couleur livres asbl

Vous pouvez vous procurer  »les Feuillets de corde » en écrivant et en commandant à www.couleurlivres.be ou http://www.traverse.be

 

    

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La Charte du Manden

Posté par traverse le 5 décembre 2011

transmis par Astérie MUKARWEBEYA. Merci à elle

La Charte du Manden ou Manden kalikan, aurait été proclamée en 1222 par Soundjata, fondateur de l’Empire du Mali, et ses pairs. Elle reste la référence majeure des sinbo, grands maîtres chasseurs du Manden.

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1. Les chasseurs déclarent :

Toute vie (humaine) est une vie.
Il est vrai qu’une vie apparaît à l’existence avant une autre vie,
Mais une vie n’est pas plus “ancienne”, plus respectable qu’une autre vie,
De même qu’une vie n’est pas supérieure à une autre vie.

2. Les chasseurs déclarent :

Toute vie étant une vie,
Tout tort causé à une vie exige réparation.
Par conséquent,
Que nul ne s’en prenne gratuitement à son voisin,
Que nul ne cause du tort à son prochain,
Que nul ne martyrise son semblable.

3. Les chasseurs déclarent :

Que chacun veille sur son prochain,
Que chacun vénère ses géniteurs,
Que chacun éduque comme il se doit ses enfants,
Que chacun “entretienne”, pourvoie aux besoins des membres de sa famille.

4. Les chasseurs déclarent :

Que chacun veille sur le pays de ses pères.
Par pays ou patrie, faso,
Il faut entendre aussi et surtout les hommes ;
Car “tout pays, toute terre qui verrait les hommes disparaître de sa surface
Deviendrait aussitôt nostalgique.”

5. Les chasseurs déclarent :

La faim n’est pas une bonne chose,
L’esclavage n’est pas non plus une bonne chose ;
Il n’y a pas pire calamité que ces choses-là,
Dans ce bas monde.
Tant que nous détiendrons le carquois et l’arc,
La faim ne tuera plus personne au Manden,
Si d’aventure la famine venait à sévir ;
La guerre ne détruira plus jamais de village
Pour y prélever des esclaves ;
C’est dire que nul ne placera désormais le mors dans la bouche de son semblable
Pour allez le vendre ;
Personne ne sera non plus battu,
A fortiori mis à mort,
Parce qu’il est fils d’esclave.

6. Les chasseurs déclarent :

L’essence de l’esclavage est éteinte ce jour,
“D’un mur à l’autre”, d’une frontière à l’autre du Manden ;
La razzia est bannie à compter de ce jour au Manden ;
Les tourments nés de ces horreurs sont finis à partir de ce jour au Manden.
Quelle épreuve que le tourment !
Surtout lorsque l’opprimé ne dispose d’aucun recours.
L’esclave ne jouit d’aucune considération,
Nulle part dans le monde.

7. Les gens d’autrefois nous disent :

“L’homme en tant qu’individu
Fait d’os et de chair,
De moelle et de nerfs,
De peau recouverte de poils et de cheveux,
Se nourrit d’aliments et de boissons ;
Mais son “âme”, son esprit vit de trois choses :
Voir qui il a envie de voir,
Dire ce qu’il a envie de dire
Et faire ce qu’il a envie de faire ;
Si une seule de ces choses venait à manquer à l’âme humaine,
Elle en souffrirait et s’étiolerait sûrement.”
En conséquence, les chasseurs déclarent :
Chacun dispose désormais de sa personne,
Chacun est libre de ses actes,
Chacun dispose désormais des fruits de son travail.
Tel est le serment du Manden
A l’adresse des oreilles du monde tout entier.

Youssouf Tata Cissé

Texte réécrit par Youssouf Tata Cissé dans “Soundjata, la Gloire du Mali“, éd. Karthala, ARSAN, 199. La République française aurait du mal à reconnaître officiellement cette Charte qui ferait antériorité en matière de Droits de l’Homme sur la Déclaration de 1789. Un sujet plus que jamais plus important dans le cadre d’une Conférence de Durban, jusqu’à aujourd’hui dans l’impasse.

http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&no=1621

http://www.la-constitution-en-afrique.org/article-20577520.html

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Moutons cochons le 18 décembre à 100 Papiers

Posté par traverse le 5 décembre 2011

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Le 18 décembre à 16h à la librairie 100 Papiers

23, Avenue Louis Bertrand à Schaerbeek

Lancé de “Les Feuillets de corde” Moutons Cochons

Texte: Vincent Tholomé – Gravure: Jean-Claude Salemi

http://www.100papiers.be/Site_3/Home.html

Soyez les bienvenus!

Voir lancement des Feuillets Les Enfants chiants

http://www.traverse.be/editions.php

Ed. www.traverse.be et www.couleurlivres.be

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Les Feuillets de corde…Moutons Cochons

Posté par traverse le 2 décembre 2011

Ce week end…
Un atelier de Graveurs qui ouvre ses portes…
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et le 18 décembre à 16h à la librairie 100 Papiers

23, Avenue Louis Bertrand à Schaerbeek

« Les Feuillets de corde » Moutons Cochons

Texte: Vincent Tholomé – Gravure: Jean-Claude Salemi

http://www.100papiers.be/Site_3/Home.html

Des traces des premiers Feuillets…

http://www.traverse.be/editions.php

Opus 1

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Pour en savoir plus: entretiens de Jack Keguenne et Daniel Simon avec Emond Morrel sur …

http://www.demandezleprogramme.be/Ecoutez-Daniel-Simon-et-Jack?rtr=y

et

Dans Un article de Lucie Van de Walle dans Entre les lignes

http://www.entreleslignes.be/entre-les-lignes/peregrinations.html

Jeudi, 24 Novembre 2011 11:45

Déjà guirlandes et paillettes envahissent notre espace visuel et, insidieusement, les vitrines des magasins s’enlaidissent de personnages rubiconds et ventrus. Les Saint Nicolas et Père Noël se télescopent au carrefour du consumérisme et d’ici quelques instants, toute la ville ou plutôt, toutes les villes dégoulineront de la joie des fêtes sans que personne ne puisse s’y soustraire.

Englués là-dedans, hommes et femmes anxieux du lendemain ne savent plus comment assurer le nécessaire. Impérativement rappelés à l’ordre par des jingles racoleurs à vomir, ces mêmes parents s’inquiètent désormais du superflu à fournir d’urgence à leur admirable progéniture, sous peine de…
Un peu de tendresse ne ferait-elle pas l’affaire ?
Comment un angelot au dormir paisible devient-il un bébé hurleur, un gamin ingérable, un ado-technoauditif, désormais étranger à sa mission naturelle de contestation ?

D’autres questions sont soulevées dans Les Enfants chiants , un texte en forme d’interpellation à l’adresse des adultes et signé par Daniel Simon. Cet auteur et pédagogue est aux commandes de l’asbl Traverse, dédiée, notamment, à la création littéraire et à l’origine de l’édition des « Feuillets de corde ». Il s’agit de livrets conçus à l’exemple de ces fascicules suspendus à des cordes et proposés aux lecteurs sur les marchés au Brésil, d’où l’appellation « litteratura de cordel ».

Beaucoup d’idées sont bonnes, plus rares sont celles qui sont bien développées. Quant à les faire aboutir… Apparemment un maximum d’ingrédients sont réunis pour que s’envolent les missives marquées par l’humeur ou l’actualité. En premier vient le côté à la fois minimaliste, radical et multiple de cette initiative. Radical : un texte, une gravure / un thème, un feuillet. Multiple : à partir des « Feuillets de corde » dont la publication bimestrielle est accompagnée d’une série d’actions satellites. Par exemple, la lecture publique des textes, leur dépôt sur la toile et leur enregistrement destiné au podcast, etc. Par ailleurs, Couleurs Livres, co-éditeur, se charge aussi de la diffusion « papier ».

Secondé dans cette initiative par Jack Keguenne, Daniel Simon a associé les arts plastiques. C’est ainsi que le premier opus de ces « Feuillets de corde » version « Traverse » a pris son élan dans l’atelier de gravure Kasba, un des lieux de dynamisme artistique dont peut s’enorgueillir la Commune de Boitsfort/Bruxelles Car, à l’image des « folhletos » brésiliens, les feuillets sont illustrés par une gravure. Aussi la couverture des Enfants chiants, est-elle estampillée Jean-Pierre Lipit.
Dûment imprimés, pliés, colportés, envoyés, dépendus, achetés, offerts, ces « Feuillets de corde » peuvent voyager léger. Bon vent !

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