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C’était de poésie

Posté par traverse le 30 septembre 2012

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Marché médiéval Alep, 21ème siècle.(www.lemonde.fr)

C’était de poésie, de cet art du peu et de la fugue, de la langue piquée à ses endroits sensibles, de la mollesse du temps qui se ressaisit en quelques mots ou de sa rude lâcheté qui trouve toujours raison auprès des raisons d’à propos,

C’était de poésie que je croyais parler, de cette façon de ne pas esquiver ce qui meurt en soi chaque jour et qui rejoint le regret des temps irréparables, de cette lumière qui fond dans la main des vieillards et que l’enfant disperse sans compter en s’essuyant les yeux,

C’était de poésie que je voulais coudre l’horizon aux nuages et ne plus séparer le monde qui s’en va, je voulais tant vous rejoindre mes amis volatiles enlevés à la matière d’ici, vous dire que la joie est une affaire en soldes, que de tristes copies circulent sur le marché, que l’envie est majeure et la cupidité féroce, mais ça vous le savez déjà, alors vous dire que la peur arrive dans un chariot poussé par les plus pauvres, que les dieux s’y sont mis à nouveau à nous chercher des puces et que les édentés chantent en colère de terribles refrains,

C’était de poésie, de cette pose fréquente chez de fragiles esthètes, fâchés contre eux-mêmes comme uniques ennemis, c’était de poésie qui bat contre le roc et l’use sans appel, c’était de poésie que je voulais couvrir le moindre avec encore bien moins, mais les saccages, la volupté de mordre et l’élan vers le pire parfois me laissent voir que la page est blanche toujours et encore blanche, que le vent est passé emportant quelques vers dans le désert aride des enclos idéaux,

Alors de poésie, parfois, je me fais un manteau et passe mon chemin vers des hommes lointains.

 

(écrit en ce dimanche de fin septembre 2012)

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Grenier Jane Tony 6 octobre

Posté par traverse le 26 septembre 2012

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Présentation de Daniel Simon le 6 octobre au Grenier Jane Tony

par Piet Linkens: 

« Quand vous serez »

(proses poétiques , MEO éditions)

et

« Ne trouves-tu pas que le temps change ? »

(Nouvelles, Le Cri)

à la « Fleur de papier doré » à 16h.

 

Ce fut un moment magnifique, (trois invités, dont moi) de rencontre avec un public entièrement présent….Quelques photos de Pierre Moreau. MERCI Pierre!

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Expo de Calligraphismes/Parcours 1030

Posté par traverse le 26 septembre 2012

Art 1030 – Parcours d’artistes de Schaerbeek

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Parcours d’artistes de Schaerbeek

29-30/09 & 6-7/10/2012

14h > 18h – Ouverture des ateliers et lieux d’expositions

                                                              Expo de Calligraphismes/Parcours 1030 P1000170-300x225

En ce qui concerne mon exposition à « La Brasserie » (10 avenue Paul Deschanel – 1030 – Schaerbeek), une permanence aura lieu (Merci Claude Martin) quand je serai absent.

0477/76.36.22  daniel.simon@skynet.be  www.traverse.be

Deux week-ends d’animations et d’expositions

210 artistes et plus de 130 lieux à découvrir
C’est parti pour deux week-ends. Les 29-30 septembre & les 6-7 octobre, Art 1030 édition 2012, initiative de l’échevin de la culture de Schaerbeek, va mettre à l’honneur les talents de quelque 210 artistes de la commune qui ouvriront les portes de leurs maisons ou de leurs ateliers. Pour baliser le parcours de façon originale- spécificité de la cité des ânes-, la commune a fait appel à la créatrice Ingrid Schreyers pour réaliser des carreaux de mosaïque colorée (chaque pièce est unique!) qui remplaceront une dalle ou un pavé du trottoir où réside un artiste.

Organisation : Maison des Arts de Schaerbeek
Chaussée de Haecht, 147
1030 Schaerbeek

Avec le soutien de l’Echevin de la culture, IP et bibliothèques. Georges Verzin

Expo de Calligraphismes

Des textes, des signes, des tracés sur toiles, greffages photographiques et matières.

Des récits en empreintes où l’écriture infiniment se détournent du seul sens pour occuper les marges et grignoter le blanc de la page ou de la toile.

Daniel Simon : écrivain, éditeur, anime des ateliers d’écriture, réalise des vidéos autour de la lecture…

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« Les mots perdus » à Tournai

Posté par traverse le 26 septembre 2012

Dans le cadre de la Fureur de Lire  à Tournai,

Lecture publique de ma pièce pour marionnettes….

LES MOTS PERDUS,

12 octobre , 19h…

Entrée gratuite.

http://www.maisondelamarionnette.be/publications.php

 

 

 

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Ateliers d’écriture d’un jour et débat sur l’imaginaire et la littérature

Posté par traverse le 23 septembre 2012

Rappel pour le 24 septembre dès 11h à la Tentation, Ateliers d’écriture, le soir, lectures et débat, rencontre…

C’est parti! Kenan Görgün à la création et à la programmation de ce Festival deuxième et majestueuse édition…

Littérature, arts, musique, rencontres, plusieurs lieux, à toutes les heures, dans toutes les ondes…

http://www.checkpointfestival.com/

 

Checkpointfestival,à Bruxelles 21-28 septembre HORAIRESPOUVOIR 

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Atelier fiction et récit de vie animé par Daniel Simon, écrivain, animateur et formateur (Traverse asbl).

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Atelier d’écriture de scénario, animé par Laurent Denis, scénariste des Fourmis Rouges et de la mini-série Le Kot.

 

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Performance et défis ludiques par les francs-tireurs de la Troupe Poétique Nomade.

 


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Une rencontre littéraire animée par Daniel Simon, avec Johan de Boose, Kenan Görgün et un invité surprise.

HJOHAN

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Un des écrivains majeurs de Flandre, romancier des violences de l’Histoire, arpenteur infatigable de ses champs de bataille, de ses trahisons et de ses résistances, il est une voix urgente, épris de justesse littéraire et de justice humaine.

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Romancier, réalisateur, scénariste, belge, turc, né flamand, écrivant en français et en turc, en équilibre, toujours, entre ici et ailleurs, hier et demain, au croisement des générations et des modes d’expression. Cadet des quatre mousquetaires de ce soir, il est passeur d’un message adressé à l’homme universel.

 

INVITES

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Un grand nom de la littérature francophone nous fera l’honneur d’être l’invité surprise de notre journée et rencontrera son public dans le cadre de notre débat Dialogues de l’audace.

 

 


 

HBOXON


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Poésie et musique flamenco, toutes deux poussées à des paroxysmes d’intensité, en un métissage des formes d’expression et des influences, sur le bord ou à la limite du chant, du conte urbain, de l’écriture théâtrale contemporaine qui font du nouveau spectacle de Récital Boxon un voyage vers une destination inconnue.
Impossible à enfermer dans une case…. Ils ne se laissent pas si facilement emmurer. Ils nous emmènent en dehors des frontières, convoquant une zone libre, un voyage non sans tempête, là où la rage n’est pas négociable, où l’humour et la satyre surgissent soudain comme une vague.
Autour de Maïa Chauvier et de Marolito, de nouveaux musiciens pour une nouvelle RéEvolution poétique !

LE LIEU
  • logo-Tentation
    La Tentation
    Rue de Laeken 28 – 1000 Bruxelles
    www.centrogalego.be
    T. +32 (0)2 223 22 75 

    Métro lignes 1 et 5 / Tram 3, 4, 31, 32
    Bus 29, 38, 46, 47, 63, 66, 86, 88
    > arrêt De Brouckère
    VILLO station 21, place De Brouckère

TARIFS
  • Les ateliers sont gratuits mais uniquement sur inscription.Attention, le nombre de places est limité.

    Réservation :
    Kadir Demir :
    0486/67 09 30 – checkpoint.festival@gmail.com


    A PARTIR DE 19H 

    Entre € 3 et € 7.
    Le prix d’entrée sera déterminé par une Roue de la Fortune

    Gratuit pour les – 12 ans.
    Art 27 : € 1,25

 

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« Les mots perdus » dans la fureur…de lire

Posté par traverse le 21 septembre 2012

« Les mots perdus » mettent en scène un Grand-père et l’Enfant …
Entre eux, le vieux qui perd la tête…ou autrement: comment traiter de l’Alzheimer qui prend ses quartiers dans la tête de papy et comment voient-ils tous les deux, les mots ficher le camp et les récits s’envoler?
PS: j’avais aussi en tête la langue de l’époque avec ses mots perdus chaque jour, ses simplismes, les simplifications démocratiques, les lissages de  différences, les écrasements d’aspérités, bref, le vide qui prend la place du plein…
Pour marionnettes, lecture publique… Editions Lansman.
Communiqué Centre de la Marionnette:
Pour promouvoir la nouvelle Edition commune « Première(s) Fois » et dans le cadre de la Fureur de Lire, nous organisons une lecture publique de la pièce « Les mots perdus » de Daniel Simon le vendredi 12 octobre – 19h30 au Centre de la Marionnette,  Tournai.
Aurélie Montignie
Chargée de projets d’édition
pour le Centre de la Marionnette de la Fédération Wallonie-Bruxelles
47, rue Saint Martin
7500 Tournai
0032 (0)69 88 91 40
www.maisondelamarionnette.be

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Quand vous serez/20 septembre 18h30-20h30

Posté par traverse le 15 septembre 2012

 

 

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Le jeudi 20 septembre de 18h30 à 20h30

à la Librairie Cent Papiers Schaerbeek

(23 avenue Louis Bertrand- 1030 Schaerbeek)

présentation de « Quand vous serez » par Eric Piette

et projection du film (10 minutes)

« La dernière fois que me mère est morte » 

(Réalisation: Jacques Deglas, Ecriture, jeu: Daniel Simon)…

Bienvenue!

Vient de paraître dans :

http://lesbellesphrases.skynetblogs.be/archive/2012/09/15/deux-poetes-de-l-ailleurs-arnaud-delcorte-et-daniel-simon.html

Deux poètes de l’ailleurs: Arnaud DELCORTE et Daniel SIMON

par Philippe LEUCKX

Vingt ans les séparent. L’aîné, Daniel Simon (né en 1952) n’est pas au banc d’essai. Il est l’auteur d’une douzaine de livres. Il est revuiste et éditeur.

Arnaud Delcorte, professeur à l’université, vient de publier un quatrième de recueil de poèmes.

Chez l’un comme chez l’autre, le goût des ailleurs et des voyages, le goût aussi d’une langue gourmée, riche en consonances et en métaphores.

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OGO d’Arnaud Delcorte, que publie L’Harmattan (1), se compose de quatre parties, autant de facettes pour cerner l’homo sans distinction des temps anciens, mythiques et d’aujourd’hui. Guerrier, amant, fou ou passeur.

Dans une langue féconde, le poète de « Ecume noire » rameute les figures africaines, l’homme de toujours, arqué au sceau de la sensualité et de la lutte, dans un corps à corps de peaux, de joutes, de cœurs. Delcorte chérit les métaphores sonnantes, semble puiser aux contes les images nourries de sang, de sève, de salive.

Qu’il fasse manger « les pierres l’eau qui ruisselle/ et l’appétit …la prière et l’explication », qu’il s’identifie, à la manière d’Ayguesparse au « loup à l’affût du gibier », au « battement au côté de la jument » ou à « la parole dans la bouche de l’aveugle », le poète a l’art d’ombrer les paysages de fièvres lentes, de s’ancrer « des parois du soir ».

Les images de pure trouvaille (« comme des oies divulguées/ au chagrin » ou « tes femmes pleuvent d’ivresse obèse ») réjouissent le lecteur, enflent la quête du « je » sensible à ce qui perdure dans l’être. Nombre de passages jaillissent comme des implorations d’aube, de fleurs chargées de « sourire ». Nombre de vers révèlent « du guerrier la pointe sombre de l’iris », l’étrangeté d’être homme, la vertu de l’être aux marges, quand l’amant « arrime sagement l’esquif pourpre y monte cette douce violence ».

Une tendresse mouillée de lèvres, de langues et de regards, la vertu des tatouages des rencontres, le sel et le suc des voyages et des manques, tout signale le talent d’un homme qui se dit, se déclare, assume ses aveux de chair, ses allaitements aux corps.

Et comment oublier ce distique éblouissant de vérité :

« Lève-toi

Dans la lèpre du soleil »

 

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Daniel Simon prospecte « à la lisière des villes » et à répéter en anaphore le « Quand vous serez » qui donne titre à son ouvrage (2), on sent l’imprégnation de sa langue pour des ailleurs que sa conscience bouscule, ramène au jour, comme l’on peut chanter des airs « de l’Orient », ou « le goût des enveloppes ouvertes comme un cœur ».

Comme le mot l’indique, ses « Echographies » signalent de petites scènes observées au scalpel. La force des poèmes tient à ce regard incisif non dénué de tendresse. « Un village en apnée » ou « les oreilles battent jusqu’au bout des doigts ».

Une sensualité précise « dans les bras d’une femme », l’exposé des désirs d’un homme qui se sait, se connaît dans le peu, dans le manque, sachant « glaner de quoi vivre en hiver ».

Entre récit de soi et des autres, et poème du monde, Simon enchante par de longues laisses qui s’insinuent dans notre propre intimité. Cette empathie distille les perles d’une conscience habitée :

« vous serez encore hésitants dans le soleil qui tombe en vous comme on réchauffe la mort qui vient en soufflant sur ses mains ».

Une place pour la lumière, une autre pour l’enfance, et l’insigne présence, chaque fois, des ailleurs rêvés ou commentés. Avec une prose patiente.

(1)   A. Delcorte, OGO, L’Harmattan, 2012, 130 p., 14€.

http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogu…

(2)   D. Simon, Quand vous serez, M.E.O., 2012, 96 p., 14€.

http://www.meo-edition.eu/quand-vous.html

°°°

et déjà paru dans: http://traversees.wordpress.com/2012/06/20/daniel-simon/

« Quand vous serez » suivi de échographies I/II et de « la dernière fois que ma mère est morte »

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Daniel Simon – Bruxelles : Editions M.E.O, 2012 – Dans ce recueil, Daniel Simon évoque la beauté fugace du monde, la fuite du temps(« le temps est notre plus précieux ennemi et nous devons l’aimer comme un amour qui s’éloigne ») et l’instabilité socio-économique ambiante. Mais plutôt que de se livrer à une « radiographie » du monde comme il va, le poète part de l’observation minutieuse de notre quotidien afin de dresser un portrait tantôt onirique tantôt réaliste de notre petite communauté humaine et mettre au jour la grandeur des âmes et des choses. Ainsi, à travers ces textes nés de rencontres et de perceptions diverses, Simon fustige un monde dans lequel l’individu a tendance a disparaître dans la masse monétaire et est séparé de ce qu’il est vraiment. Bref, en faisant le procès d’une époque où l’on a de plus en plus de mal à dissocier la réalité formelle de la réalité objective et où la superficialité voire la vulgarité deviennent la norme, le poète dénonce les falsifications de la vie et nous invite à dépasser le stade des représentations pour sortir de l’ignorance dans laquelle on est maintenu et saisir toutes les potentialités de l’existence. Car, et c’est l’originalité du propos de ce livre, si  le poète déplore la déshumanisation qui gangrène nos sociétés modernes, il excelle également à mettre en valeur les « beaux fruits » que nous offre le monde…

Quand vous serez dissipés dans la brume exhalée des vivants, que vous prendrez la mesure d’une infinie coudée votre vie passée, que vous direz en murmurant à l’oreille des enfants des choses entendues qui sauvent parfois des bouches trop goulues, que vous ferez mine de rien entre deux saules ici et deux ombres là-bas, que vous irez dans la vulgaire engeance des colères anciennes à califourchon sur de fières injustices, vous vous direz peut-être : va et note le chemin de ces quelques poèmes tombés de la poche du farouche claudiquant. 

« Quand vous serez » est un recueil d’impressions dans lequel le poète s’emploie à questionner le réel (devenu de plus en plus…virtuel !) pour s’interroger sur le vrai sens de la vie, se découvrir autre(« écrire, c’est détruire toutes les façons de percevoir existant déjà ») et saisir au vol l’ivresse de vivre de ses contemporains. Bref, par la grâce d’une écriture élégante et parfaitement maitrisée, Daniel Simon transfigure la réalité voire la recompose pour mettre en avant les forces actives de la vie et recueillir l’enthousiasme des utopies qui chantent dans la nuit du monde.

Pierre Schroven

 

 

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Un an Cent Papiers

Posté par traverse le 15 septembre 2012

Pour cette première année de « service librairie » et de « relations lecteurs »,

La Librairie Cent Papiers

(23 avenue Louis Bertrand 1030 Bruxelles)

et ses lecteurs fêtent l’An 01!

Des textes en saluts amicaux…mais ça peut continuer et vous pouvez déposer sur ce Blog (en m’envoyant avant), je regrouperai à chaque fois vos contributions sous le même lien « Feuillets de corde spécial 15 et 16 septembre 2012. Librairie Cent Papiers – L’An 01″

MERCI!

http://100papiers.be/blog/


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Librairie

Cent Papiers

An O1

Les Feuillets de corde

(Hors série -15-16 septembre 2012) 

 

Et un raton laveur… 

 

La librairie, le livre, la rencontre, des lieux, des désirs, des promenades, quelques impertinences, des rêveries, de la mélancolie, de la colère, des « impasses de l’imagination » (ruelle de Lisbonne), des auteurs, des auteures, des passants, des passantes, un peu de temps, aucune valeur sonnante et trébuchante, de la fraternité, des idées nouvelles, un espace à soutenir, des femmes et des hommes qui s’y retrouvent, des enfants aussi, un café, une bière, une liseuse et des conversations, une commune qui environne et qui a suscité, des fleurs au balcon, de la pluie souvent et des rayons de soleil comme des rayons de librairie, c’est Cent Papiers

 

DS 

 

Merci à …..Marc Bolly, Marc Guiot, Léo Beeckman, Bérénice Castiau, Jack Keguenne, Daniel Simon, Michel Berlin, Samir Benhamou, Günther Goethe, Jean-Claude Legros, « Carla » Suzy Cohen, Milady Renoir et à Jean-Claude Salémi

 

Et bien sûr à David, à Ram , Véronic, à celles et ceux qui soutiennent le projet…

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                                                                                                                                       Gravure Jean-Claude Salemi

 

Un an sans papier

 

Comment redorer la noblesse d’un authentique négoce de savoir et de culture dont pouvait se prévaloir un honnête libraire au temps où les livres étaient encore des produits de l’esprit et non cette fanfaronnade exaspérante de fumisterie littéraire qui s’étend sur les rayonnages reculés de monoprix et autres parcours de caddies et qui par contagion est venu souiller les soubassements d’un métier généreux et édifiant ?

La clé de cette réhabilitation n’est certes pas à chercher dans un traité de marketing, mais au concret, dans une constante sollicitude du libraire envers ses clients, ces âmes tourmentées par des angoisses existentielles qui cherchent des balises intellectuelles à leur conscience, ou au mieux désirent simplement s’appuyer le coude un moment sur un comptoir et abattre le brouillard avec le maître des lieux.

Évidemment question balises, « peut mieux faire ! ». Le libraire nous loge carrément à l’enseigne du doute : 100 papiers, sans papiers, sans papier. « 100 papiers », c’est peu face à la pression consumériste,  « sans papiers » rime souvent avec « sans argent », « sans papier » mérite-t-on encore le qualificatif de « librairie » ? J’ai demandé l’avis de confrères marocains, chinois, américains, tchèques et polonais et j’ai posté leurs réflexions à l’adresse de l’établissement à Bruxelles. Au Maroc on s’est tourné vers la Mecque pour me calligraphier une définition empreinte de spiritualité, mais je ne me souviens plus du contenu. À Taïpei, on m’a appris qu’il existe un « 100 pages tofu ». En Amérique « It’s OK, if it is a buzz ». Au pays de Kafka, on estime qu’une librairie sans papier est comme une réserve naturelle où les mots vivent en liberté (cqfd).

Chez les Polonais, une librairie sans papier est comme un livre sans pages, une vie sans histoires… ce serait comme attendre le bus sur une île déserte où les mots poussent comme des champignons à l’ombre d’arbres hallucinogènes. Ces petits mots encourageants récoltés aux quatre coins de la planète ornent désormais le seul refuge de la librairie où le papier est VRAIMENT indispensable.

Léo Beeckman

°°°

Cent Papiers. Cent, au moins

S’assoir et choisir. Attendre ou ne pas attendre. Lire ou écrire, quand même. Se signer entre les pages ou décliner son identité,  locale ou universelle. Dire tiens, oui, évidemment, sûrement, bien entendu, ah c’est vous, ah c’est ça ou garder silence même si les volets sont ouverts. Glisser sur les tapis élimés, trébucher sur une envie d’être là et tomber, quand même de tout son long sur la table d’hôtes, en bois, en nœuds et en annonces. Il y a un coin (de rue), des cases, des carrés, des rectangles, des cubes, au sol, sur les murs, c’est une question de lignes. Une fois quelques lignes empilées, on loge dans une histoire, pire, une vie. Chaque morceau de cette histoire-vie est un livre. Là, c’est une maison qui contient quelques livres et des gens, mélangés. Et des choses en moins. Et des choses en plus.

© Milady Renoir

°°°

Un libraire blond et un libraire brun, du bois blond et du café noir, des habitués qu’on dirait tous cousins d’esprit, de la lumière, du calme et de l’ambiance, un petit coin d’un bonheur rescapé de l’ennui au milieu d’une des plus belles avenues de Bruxelles, des amis et des bouquins, choisis avec amour et une grande ouverture, puis des concerts, des conférences, une délicieuse conteuse : 100 papiers, c’est un peu la maison, une maison idéalisée où l’on laisse ses soucis à la porte pour un moment, un projet qui doit vivre parce que l’on ne sait plus trop bien comment on ferait sans lui…

Bérénice Castiau

°°°

J’ai pris un livre, il y a longtemps, pour la première fois, après Le Livre. Il était lourd dans ma main, difficile à lire, c’était ma première lecture silencieuse comme on disait. Un livre dur et rempli de larmes et de joie, « Les Misérables ».J’ai frémi et pleuré quand Gavroche est mort. Puis j’en ai lu d’autres, beaucoup, mais jamais je n’ai retrouvé le sentiment d’être dans le monde et en  même temps si protégé de lui par la lecture…

Dans une librairie, c’est un peu ça, tous ces livres qui nous protègent du dehors et nous accompagnent pour y retourner. C’est très maternel un livre, je pense plus à la main de ma mère qu’à celle de mon père quand je serre un livre.

Cent Papiers, c’est une maternité de vieux enfants…

Samir Benhamou

°°°

Librerrance

je n aime pas le mot libraire, je lui préfère celui de librerrance

qui donne au principe de jouissance de la lecture un goût d infini…

j ai grandi en grande partie, chez ma tante, entre les livres qui furent mes amis invisibles pendant les siestes infinies de ma tantine, les pages piquées de ses bouquins  et les trésors qu’ils recelaient m’offraient des univers où je pénétrais comme une voleuse et que je squattais avec bonheur

je les feuilletais, commençais pas lire la fin

et quand j’aimais alors j y pénétrais de plain pied

je me souviens de l’importance qu’avaient les titres, je regardais les tranches dans l’espoir de sentir un appel

« le livre c’est l âme de celui qui l’a écrit et de ceux qui l’ont lu, ont vécu et rêvé avec lui. Chaque fois qu’un livre change de mains, promène son regard sur ses pages, son esprit grandit et se renforce »

le merveilleux des librerrances ou librairies comme « cent papiers », c’est la possibilité de s y attarder, de boire un verre, de discuter, et d’aller explorer derrière chaque couverture de livre tandis qu’au delà de ces richesses, s’ouvre le monde, la vie d’un quartier, le reste du monde satisfait de n’avoir pas à regarder plus loin que son nombril

tandis que vous, vous êtes là dans toute cette richesse à découvrir…


Carla Garfield Karlagarfield
 

http://suzy-alanis.skynetblogs.be

°°°

J’ai été libraire spécialisé en livres d’Art à la FNAC pendant 7 ans avant de devenir professeur de dessin dans une des nombreuses « École des Arts du soir » à Bruxelles.

J’ai donc un lien extrêmement sensuel avec l’objet-livre.

Dans ce coin, avenue Louis Bertrand, c’était le désert culturel.

Lorsque j’ai appris l’ouverture possible de la librairie, je me suis mis à genoux devant David et j’ai dit « pitié ; ouvrez-la cette librairie ! »

A peine ouverte, j’y ai découvert toutes sortes de personnalités, diverses et aussi riches les unes que les autres ; un monde contemporain sensible et cultivé.

Je me suis mis à écrire ; d’abord dans le roman collectif « La jeune fille au pendentif », et je ne me suis pas senti plus mauvais que les autres collaborateurs…

Mais c’était surtout la musique des mots qui me venait en tête, même si les phrases semblaient insensées.

J’ai osé un premier « Feuillet de corde » en public, à ma grande surprise j’ai été applaudi ; on m’a dit que j’étais dans le veine de l’Oulipo…

Voici ma troisième participation et j’espère qu’elle vous fera au moins sourire bien qu’il y ait un côté scatologique impossible à lire pour certaines personnes.

Marc Bolly

Le 4 septembre 2012

PILE

Parti des Intestins Libres Européens

Indécrottables Déféqueurs, Déféqueuses ;

Nous faisons Appel à votre déférant sens du fondement.

De notre acte quotidien, faisons un acte politique !

Chieurs et chieuses, Unissons-nous !

Assis sur notre trône, nous sommes les rois et reines de la Journée à Venir ; Et les tracts, en rouleaux, à notre portée.

Ne les jetez plus dans votre Cabinet – Ministériel !

Distribuez-les !

Leurs rédhibitoires taches, dessins à Messages Uniques sont les porteurs de vos espérances et de vos individualités profondes.

Nos ennemis principaux :

-      les Cuisiniers, démons de notre goinfrerie.

-      les Mangeurs, c’est-à-dire nous-mêmes.
Méfions-nous, nous faisons de l’entrisme !

°°°

MES CENT PAPIERS

Papier glacé, papier buvard ou papier de verre?

Puisqu’il y en a cent, allons-y gaiment.

Il y avait autrefois à l’angle Bertrand-Ruche une antique épicerie italienne, ensuite un prosaïque magasin de peintures, désormais une librairie.

Une librairie, à Schaerbeek, enfin et précisément dans ce fabuleux quartier et avec un concept en plus. Le pied!

Mais quel concept, au juste? Un lieu où l’on cause, où on se pose, où on dépose son PC en buvant son kawa, en lisant sa gazette. Lieu d’échange et de partage animé par deux libraires inattendus pas vraiment du métier.

On y trouve quoi? On ne se le demande pas. Assurément ce qu’on n’y cherche pas et c’est déjà ça!  Mais encore? Des échanges, des rencontres, des livres improbables bref tout ce qu’on n’attend pas. Des écrivains en herbe, un poète philosophe, un vrai libraire à la retraite, des musiciens, des paumés du soir et du petit matin, d’impénitents bavards et quelques dévoreurs de bouquins. Chacun a son propre regard sur les Cent Papiers mais tant d’idées contradictoires ne sont pas solubles dans quarante mètre carrés.

C’est sans importance, il existe un comité de lecture qui lit, qui cause, qui commente et réforme à tort et à travers.

Pourquoi se poser toutes ces questions?

Puisqu’on y retourne et qu’on y est peinard, comme chez Xavier un peu plus haut ou dans la cantine d’en face ou au parc Josaphat ou à la boucherie Chaffaoui réputée pour la qualité de sa viande et de l’accueil.

Un an déjà! Que de choses à raconter. Un bourgmestre toujours pressé venant faire sa provision de quotidiens, une factrice ruandaise au sourire d’ébène, quelques riverains sans âge, une poignée de flâneurs en quête de nouveaux lieux. Surtout une pléiade d’enfants de tous les âges, plus lucides, plus matures, plus inspirés, plus motivés que la somme des clients adultes qui les observent pantois.

Mon seul désir est que Cent Papiers ne ferme pas, qu’il se cherche et surtout qu’il ne se trouve pas.

Marc Guiot

°°°

Un café ?

Ce qui est limpide dans une librairie, c’est la suspension du temps. Ca marmonne, ça chuchote des « Combien vous dois-je ? Merci… » . Le plus charmant encore est de voir rassemblées toutes ces œuvres qu’on ne lira pas. Ces chefs-d’œuvre qui le resteront sans nous. Ces vedettes qui gargouilleront  leur égo loin de notre compassion, ces poètes malheureux et ces romanciers échevelés.

Ce qui est plus séduisant encore, c’est de découvrir que rien n’est pur, que tout est commerce, que le livre n’est pas  une exception mais une « exception culturelle ». Les livres sont autant de façons de ne pas s’inquiéter de la vitesse du monde. Je connais aussi un autre remède contre la férocité du changement, « relire ses classiques »…

Toutes ces attitudes biscornues, alambiquées, tournicotées et subreptices font le lecteur, le vrai, le fort, le sacré lecteur ! Il vogue de « couves » en « quatrièmes », il palpe, il repose, feuillette et saisit soudain, ça y est, il a sa dose, il est accro, il ne peut le lâcher celui-là. C’est déjà presque un ami, même s’il n’est encore qu’entraperçu.

Dans la lecture, les amitiés vont vite et les inimitiés tout autant. La fidélité, par contre, met des années à se construire dans la revisitation des pages entrevues, dans la recherche de celles désirées mais toujours manquées.

Dans une librairie, c’est le monde mais amidonné de bonnes habitudes. Et puis, soudain, une phrase rompt la relation convenue… « Un café ? ».

Avec plaisir, à Cent papiers, tout n’est pas là, mais là c’est un tout !

Michel Berlin

°°°

Pas trop s’il-vous-plaît

Non, je ne les lirai pas tous, je le sais depuis longtemps, mais au début, dans l’enfance, cela me semblait possible. L’adolescence, c’était l’âge de la dévoration. C’est dans les livres que nous découvrions les mondes qui nous étaient interdits, (lourdes et ennuyeuses années soixante).

J’achetais alors des livres pour survivre à l’apnée de l’époque des villes de provinces. Et toutes les villes étaient alors de provinces…Sauf Londres, Paris, New-York, Berlin et celles au nom si doux : Rio, Zanzibar et Marrakech. Mais elles n’existaient pas. C’étaient des noms, comme Maubeuge ou Syracuse, des chansons, des mélodies mélancoliques. Et dans les livres, nous suivions Henry de Monfreid sur la Mer rouge et lisions Maurice Leblanc et Conan Doyle. Le bonheur pur.

Puis, l’âge adulte et c’est là que les ennuis commencent. La lecture change de statut, elle devient le lieu de la Distinction et des Querelles nous divisent : Sartre contre Camus, Malraux contre Hemingway…Et toujours des librairies et des bouquineries qui nous donnent à lire l’interdit : Henry Miller, Anaïs Nin, les collections de Jean-Jacques Pauvert et les érotiques d’Eric Losfeld. Du gâteau aujourd’hui…

Quelques années encore, les libraires-éditeurs (qui tentent de revenir…) de combat, les Samizdats, les tirages pirates, les libraires-refuges pour les mal baisés que nous étions. Nous apprenions à écrire, fréquentions les premiers ateliers d’écriture et très vite les animions…Des libraires complices, des librairies écrasées par le Commerce du livre et les grandes surfaces. Un désert et quelques Temples luxueux dans chaque grande de ville. Peu à peu, les borgnes et les éclopés disparaissent, ne demeure que le Luxe et le Populaire. Le Mépris passe aussi par la littérature.

Le Net arrive et les autoroutes de l’information sont comme toutes les autres : encombrées, ennuyeuses et dangereuses. Des Discours, des Crédos, des Bêtises. La librairie crève. Et les Bobos s’agitent mais lisent assez peu sauf pour s’Indigner un beau matin devant seize pages…

La Toile se resserre et devient incontournable, les eBooks tentent des percées jusqu’ici hasardeuses (Combien de Foires et de Salons du livre avec Débats sur le sujet et aucune borne de téléchargement, risible…) mais l’idée est ancrée : on lit de diverses façons, c’est bien, c’est moderne, c’est démocratique, ça ratisse plus large et le Marketing travaille.

Des illettrés en pagaille qui donnent du boulot aux formateurs surfent dans la vitesse et s’ennuient vite de ne pas saisir ce qui apparaît « soudain aux yeux du lecteur » : du temps distendu et le bonheur de disparaître dans le récit.

Des libraires s’y mettent : limonades, garderies, cafés serrés et musique douce. On se vautre dans l’écrit et le Commerce ne fait pas de « quartiers ». Mais trop, c’est trop. Des livres partout, souvent les mêmes un peu partout, la librairie vole au secours du succès !

Et les chiffres s’effondrent, le numérique affole, le papier se racornit et les lecteurs maigrissent. Alors, alors, la Crise est là pour nous mettre d’accord. Et à cet endroit précis, dans des Boutiques claires et ouvertes aux chalands, des livres apparaissent avec ou Cent papiers, ils ne tirent pas la greule, ils restent même discrets et attendent un pas de celles et ceux qui les désirent…Allons-y !

Daniel Simon

°°°

 

Libres errances en librairie

J’avais dix-sept ans. Verviers, petite villette belge, 1967. Dans les galeries Voos existait la librairie « Le Monde en poche ». Y allais-je pour les livres ou pour la libraire, si belle, si charmante mais si mariée? J’économisais les quelques sous que ma maman me donnait pour l’avoir aidée à faire la vaisselle ou replier les draps de lit. Je m’efforçais de travailler comme un forçat pour recueillir, tous les deux jours, les 27 francs (0,675 euro) que coûtait alors un livre de poche. Je ne savais qu’acheter, n’ayant lu, à l’époque, que les livres retraçant les aventures de Bob Morane, offerts par un ami de mon père alors que j’étais sur un lit d’hôpital, opéré d’une appendicectomie. Le premier livre acheté fut « Dix petits nègres » d’Agatha Christie (Je le garde comme un fétiche). Vinrent ensuite ces conneries écrites par Cronin, puis Cesbron (J’étais élève chez les Jésuites de Verviers).

Plus que les livres, j’aimais le lieu. L’odeur, la pléthore de ce qui était proposé – eu égard à mes possibilités financières. Plus tard, j’appris que la maîtresse de l’un de mes oncles était responsable du rayon « librairie » du Grand Bazar. Je m’y rendais tous les jours, avant les cours, et feuilletais presque n’importe quoi. La maîtresse de mon oncle était belle mais n’y connaissait pas grand-chose, en littérature. En fait, elle était vraiment conne. J’étais jeune et voulais acheter tous les livres de poches, pour les collectionner – du n° 1 au n° 2874 (à l’époque). Pour paraître intelligent ? Pour me sentir intelligent ? Pour me croire tel ? Je n’en sais rien.

Maintenant que j’entre dans des librairies où qu’elles se trouvent (Je n’ai plus d’élan pour les femmes-libraires, ayant trouvé ailleurs ce qui me convenait). Il en existe de plus en plus, de ces boutiques à livres, qui ne sont autre chose que des épiceries. Je n’en connais que quelques-unes, qui échappent à cette règle, à Liège. Et une ou deux, à Bruxelles, où les gens vous aident, vous guident, vous conseillent, vous incitent, vous livrent des secrets. Des libraires qui aiment partager leurs amours littéraires, sans nécessairement mettre en avant leur bénéfice financier. « Cent papiers » en fait partie. Et j’en suis heureux. Pour eux, pour moi et pour tous ceux qui peuvent rencontrer cet amour commun. J’y retrouve là mes 17 ans. Le plaisir d’une adolescence ébahie. Le choix déjà préétabli pour donner à lire des œuvres parfois discrètes mais ô combien intelligentes. C’est assez rare pour le souligner.

Jc Legros   

°°°

Non loin d’ici

de l’endroit où j’écris

un, deux, trois, quatre, cinq, six,

et caetera

en avant pour cent pas

librairie 100 papiers

on y va

 

une terrasse et un bar

et surtout des sourires et des livres

 

100 papiers ?

en fait, des milliers

pour émerveiller le quartier

 

Jack Keguenne

°°°

De la graisse, c’était partout de la graisse dans la maison. Des frites, des sauces qui collaient au plafond, des restes de saucisse, tout ce qu’il fallait pour nous faire rester chez nous, on mangeait, on se gavait, on grossissait et un jour, on n’a plus pu sortir.

Coincés qu’on était. Des masses, des tas, des encombrements graisseux. Alors, on s’est vite ennuyés. On a tourné en rond et puis on n’a plus pu. On était calés dans notre cabane de saindoux. On s’est mis à fondre d’ennui, à rétrécir mentalement. Fallait faire quelque chose. On a d’abord décollé le papier-peint pour s’occuper, on l’arrachait en lambeaux et en-dessous on est vite arrivés aux couches de journaux de fond. Des centaines d’articles collés sur les murs pour faire une bonne base pour la colle. On a tout lu. Puis on s’est encore plus ennuyés. Ca nous manquait. Mais on bouffait toujours.

Un jour, on a pu passer nos bras par la fenêtre et on les a tendus très fort jusqu’à la librairie voisine, on a un peu sali les fenêtres, des taches de doigts, mais ils nous ont vite compris. Ils nous ont refilé des livres qui nous ont permis de calmer notre faim. On s’est mis à se remplir d’autres nourritures, on s’est mis à dévorer des bouquins de tous les genres. Depuis, on a maigri et on va toutes les semaines à Cent papiers, pour garder la forme…

Günther Goethe

°°°

Dans une forêt, brouillard. Près de l’étang, l’été refroidit, les libellules sont déjà mortes et l’eau va geler bientôt. Des brindilles, des mousses et le chemin qui part vers la maison là-bas.

Une porte. Des fenêtres sans nuages. J’entre et me réchauffe auprès du feu dans la cheminée qui pétille comme une bouilloire trouée. Des linges qui pendent, un tapis, des étagères, une cuisine et deux chats.

Un fauteuil, un coffre. J’ouvre. Des livres. Une dizaine. Je passe la nuit à lire, à m’assoupir et à lire encore.

Le matin, je quitte la maison et emporte les livres sur mon dos. Le feu est éteint. La route est longue vers le village. Les arbres se penchent sur mon passage. Mes chaussures sont solides, mon sac est léger, je vais vers des histoires entrevues.

Gil Croft

°°°

Librairie cent papiers An 01

Je n’habite pas le quartier, pas même la région…

Je ne connais la librairie aux cent papiers que via le moteur de recherches, le robot qui sait tout, qui voit tout et qui peut, en un clic, me la dessiner. Devenue livre ouvert, elle dévoile ses murs parme, son mobilier de bois clair, de grandes baies vitrées, une table conviviale, quelques chaises pliées aux couleurs vives (au moins une verte et une mauve !!), un bar inattendu, des étagères colorées…

Des feuillets pendent aux cordes tendues, comme des taches de lumière, des tables rondes autour de lectures vives…

Et des livres, évidemment…

C’est là une description bien sommaire, on ne peut plus objective.

Mais que dire de l’atmosphère, celle qui fait qu’on se sente bien, une fois la porte franchie ? Non, ce n’est pas seulement parce qu’on est à l’abri des bourrasques de l’automne… Pas seulement. Que dire du regard du libraire ? Des échanges autour des livres ? Du vent frais qui entre au printemps ou du soleil trop vif qui éblouit le lecteur ? Quel écho auront ces mots d’auteurs chez les passants d’un jour ? Répondront-ils à l’invitation au voyage cachée dans leurs écrits ? Comment traduire à distance cette ambiance du concert apéritif ou celle, envolée, du concert de jazz manouche ? La pluie qui ruisselle n’a pas l’air si triste…

Quelle saveur aura ce chinotto que je n’ai encore jamais goûté ? Un jour je peux être proseco et le lendemain zinnebier, au fil de mes envies… et au fil de mon temps libre, entre l’aube et l’heure de l’apéro du soir…

A mes étudiants, j’apprends que, dans d’autres pays, naissent des bibliothèques que l’on appelle « de troisième lieu » en distinction des deux premiers : le foyer et le travail. Des lieux où les personnes, ayant déposé leur stress au vestiaire, peuvent rompre avec la solitude et échanger en prenant un petit café ou un verre de vin italien dans un espace confortable et douillet… Une large amplitude de la grille horaire leur permet une belle accessibilité. Garant de la liberté d’expression, cet établissement veut présenter à certains usagers, moins habitués, le visage d’une culture chaleureuse et vivante.

Et de citer comme exemple Chicago, Québec, Toronto, Amsterdam…

L’herbe est-elle toujours plus verte chez son voisin ?

Je leur dirai, dorénavant, d’aller faire un tour à un saut de puce du parc Josaphat, à la librairie cent papiers de Schaerbeek.

Marie-Hélène  Van Haesdonck

 

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« Le sport m’a tuer » Feuillets de corde N°7

Posté par traverse le 9 septembre 2012

 

Présentation le 23 septembre par Daniel Simon et Jack Keguenne

de Jean-Claude Legros (texte) et Jean Coulon (gravure) dans le cadre 

des Feuillets de corde N°7 « Le Sport m’a tuer » 

à la Librairie 100 Papiers

(23 Avenue Louis Bertrand- 1030 Schaerbeek) à 16h30- 19h).

http://www.traverse.be/feuillets-de-corde.php

 

 

Bienvenue, lectures, verre de l’amitié, cheval d’arçon et anneaux.

————————————————————–

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Quand vous serez

Posté par traverse le 6 septembre 2012

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Le jeudi 20 septembre de 18h30 à 20h30 à la Librairie Cent Papiers Schaerbeek

(23 venue Louis Bertrand- 1030 Schaerbeek)

présentation de « Quand vous serez » par Eric Piette et projection du film (10 minutes)

« La dernière fois que me mère est morte » de Jacques Deglas (écriture, jeu: Daniel Simon)…

 

Bienvenue!

 

 

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Le Léon de Léa – Marianne Kremer

Posté par traverse le 2 septembre 2012

Le Léon de Léa - Marianne Kremer fenetre

Photo Laurence Biron

Cette année, j’ai rencontré Marianne Kremer dans l’Atelier d’écriture « Tables de Mémoires »…

(Les lundis après-midi à et avec la Bibliothèque Sésame de Schaerbeek)

http://traverse.unblog.fr/ateliers-et-formations/

Un sensibilité, une force, une écoute exceptionnelles.

Et je découvre ses textes de séances en séances.

Un jour, elle nous propose « Le Léon de Léa »…

Lecture. Réactions, enthosiasme. Elle peaufine son texte et l’envoie à Femmes d’aujourd’hui.

Qui le publie il y a quinze jours. Bravo Marianne!

fichier pdf Le_Leon_de_Lea

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Ateliers d’écriture 2012-2013

Posté par traverse le 1 septembre 2012

http://traverse.unblog.fr/files/2009/12/DanielSimon-septembre.pdf

 fichier pdf DanielSimon septembre

Ateliers d'écriture 2012-2013 P1000761-300x225

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(Forêt Mirwart 08/2012)

 

 

 

 

 

 

 

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