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Parler, écrire à la place de l’autre ?

Posté par traverse le 11 novembre 2012

Notes d’ateliers d’écriture. Des questions traitées dans l’atelier.

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Photo/ Ben Weisgerber

 

En fait, pourquoi parler, écrire à la place de l’autre ?

L’autre étant vite emprisonné dans l’Autre, dénié, ratifié comme sujet d’attention…

Pourquoi s’obstiner à parler à la place de l’autre ?

Dans l’écriture et l’histoire de la littérature, l’autre est le SUJET de désir, le sujet d’exploration idéal parce que loin de soi, justement (Clément Rosset)1. Cet autre est donc une possibilité, par la tierce, par le biais, de parler de ce qui nous obsède, de ce qui nous touche et qui serait indicible dans notre bouche. Parler loin de soi et soudain se rapprocher de ce qui ne peut être dit dans le « connais-toi toi-même »…

Ensuite, et c’est peut-être le plus matériel des arguments, c’est que l’autre n’existe pas, il est imaginé. Entièrement. Sur des hypothèses plus ou moins valides. Donc, l’imaginer c’est le créer tel que nous le voulons dans telle ou telle situation. Quand je dis nous le voulons, j’entends, nous « pensons »  qu’il est tel que nous l’écrivons…C’est un topos, un cliché, un lieu commun.

Mais comment faire alors ?

Peut-être que le 20ème siècle (Walter Benjamin, le Narrateur)2 nous a appris à raconter des histoires du point de vue de ceux qui ne savent plus raconter des histoires puisqu’ils ne peuvent plus les écouter…

Donc, les mouvements de « prise en charge «  de l’autre sont toujours fortement marqués de cette dimension de colonisation de l’autre 3. Comme s’il fallait ramener l’autre à ce que l’on connaît de soi, pour parler de lui.

Donc, ce vingtième siècle nous apprend à raconter une histoire sur l’autre dans le regard que nous portons sur lui et qui est inscrit dans le récit.

Cette relation à ce qui se voir est le point d’appui narratif et moral du récit.

Se filmer en train de filmer ou filmer ce qui nous a amenés à filmer.

Peut-être mettre des personnages « autres »  en scène ? Oui, bien sûr, mais nous savons que clichés et accommodements seront les entrées dans la lecture…C’est le cas de la plupart des livres historiques etc.…

Ecrire du point de vue d’un autre sexe ?

Une je féminin pour un homme et inversement ? Tout est possible mais rappelons que nous sommes alors toujours suspects de « ne pas savoir »…

La littérature m’apparaît aussi positivement, c-comme une façon d’envoyer « l’autre » dans sa représentation et de créer ainsi chez « l’autre », une sortie de cliché…

C’est compliqué parfois, mais ça marche.

On peut bien faire parler un goéland ou des oies…

Mais comment pensent les goélands et les oies, on s’en fiche un  peu, pourvu que ça se rapproche de ce qu’on imagine que pensent les…goélands et les oies…

 

1. http://konstellations.net/asmb/asmb_pdf/0501.19.pdf

2. http://la-plume-francophone.over-blog.com/article-20504433.html

3. http://www.lexpress.fr/culture/livre/clement-rosset_807568.html

 

Et… Susan Sontag, « Devant la douleur des autres », http://revuedebordements.free.fr/spip.php?article60

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