Cabanes/8

Posté par traverse le 17 décembre 2012

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Dans cette forêt, l’ogre comprend que la nuit ressemble à la nuit, à la vraie, la terrible, l’éléphantesque nuit de bruits, de gémissements et de dangers encore inconnus, une nuit que le jour a posé dans le cœur de chaque chose pour se métamorphoser, une nuit bleue, une nuit sous les étoiles et la lune toute emplie de buée.

Dans cette forêt, l’ogre entend les petits se coucher sous la menace des grands, les faibles se serrer les uns contre les autres, dans la forêt, l’ogre découvre la nuit qui ne ressemble en rien au passage dans le noir qu’on appelle la nuit dans toutes les maisons. Ici, la nuit ne se livre pas à la paresse, elle grogne et se bat et attaque et combat sans broncher les dernières traces du jour qui vont lui tomber sur les épaules bientôt.

Dans cette forêt, l’ogre avance à petits pas et en serrant les fesses, derrière, devant, à ses côtés, le danger est partout et l’ogre se prépare à la lutte en tenant fermement son bâton de chef. Mais il sait que le temps sera bref quand il y aura combat, le tout est de durer, de rester sur ses gardes, de regarder les traces et de commencer à apprendre à quoi ressemble l’empreinte d’un ennemi qu’on n’a jamais vu mais qu’on connaît depuis tellement longtemps.

Dans cette forêt, l’ogre courbe le dos, ouvre grand ses oreilles et écarquille les yeux, il est tout présent à ce qui le dévore déjà et prend toute la place, la peur, le souffle court et de légers tremblements. Mais l’ogre n’a pas le choix, il poursuit son chemin en ouvrant une piste qui s’éloigne de la cabane.

 

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