Cabanes /14

Posté par traverse le 13 février 2013

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Il court l’ogre, il court tant qu’il peut et les voix ne disparaissent pas, ce sont des voix mêlées, des murmures, des cris, des couinements, des soupirs, tout ce qui construira peu à peu la langue en lui mais il ne le sait encore, alors il court en espérant que dans la vitesse de l’ogre, les voix resteront hors de lui, derrière lui.

 

Epuisé, il s’arrête d’un coup et le silence se fait, un lourd silence qui bat avec son cœur. Ca lui arrivera souvent à l’ogre, cette chamaille en lui mais plus tard, bien plus tard, alors il écrira pour débrouiller les bruits.

 

Il ne faut pas se le cacher, l’ogre est mal, mais c’est la marche-à-suivre pour grandir jusqu’à l’ogre adulte. Alors, il se dit qu’il faudra qu’il s’organise mieux dans la forêt, que les baies ne suffisent pas à son appétit et que la chasse n’a pas été bonne.

 

La nuit, comme un loup solitaire, il ira vers les maisons ramasser ce qui traîne et s’approvisionner. Maintenant il va retourner vers la cabane et la consolider. Le temps de la cabane est toujours plus long que prévu et quand la cabane n’est pas assez solide, il ne reste que les buissons qui sont la première forme des cabanes.  Et des buissons sont toujours nécessaires à l’ogre qui se cache.

 

Il amasse des branchages, des brassées de feuilles sèche pour sa couche, il resserre les liens du toit, construit un porte sommaire contre le monde du dehors pour que la nuit lui laisse du répit. Cela lui prend des heures et la nuit est tombée quand il se relève enfin de toutes ces activités urgentes.

 

Combien de nuits compte une vie d’ogre? Il se donne pour projet de faire le calcul pour mieux comprendre le temps qu’il faut à l’ogre pour être libre. Mais il ne sait pas encore tous les calculs nécessaires pour apprivoiser l’éternité. Alors, il se dit qu’il recommencera demain quand il aura du papier et un crayon pour retenir les comptes et mieux distinguer ce qui est de ce qui reste.

 

Il regarde la cabane, elle est rassurante, demain, il pourra aller à la recherche de provisions. Maintenant il est temps de dormir. Il s’étend sur les feuilles sèches, se détend, entend son grand matelas bruisser sous son corps déplié. Il est heureux. Il dort.

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