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Alain Germoz, d’un pas léger s’en est allé…

Posté par traverse le 5 juillet 2013

Une émission de radio sur Radio Panik, ( Lauren Herzfeld, Eric Piette et en invité: Daniel Simon) la nuit du 2 juillet 2013,   » Rêveries nocturnes « … sous le signe d’Alain Germoz.

http://www.mixcloud.com/reverienocturne/r%C3%AAveries-nocturnes-6-2072013/

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L’adieu à Alain Germoz aura lieu à Anvers, le vendredi 5 juillet, dans la plus stricte intimité.

Adresse de correspondance:

ASBL Archipel

c/o Michel Oleffe

Avenue Yvan Lutens 36, 1150 Bruxelles

Condoléances online:

www.uitvaartcentrum-timmermans.be

Ce qui a déterminé sa vie:

Désirer l’impossible (Remy de Gourmont)

Laissez-moi juger de ce qui m’aide à vivre (Paul Éluard)

La littérature est une défense contre les offenses de la vie (Cesare Pavese)

Le chic suprême est le dédain de l’opinion publique (Charles Dumercy)

Where liberty dwells, there is my country (Benjamin Franklin)

Er is een lang leven nodig om de gevolgen van de opvoeding geheel te boven te komen (Jan Greshoff)

Un écrivain a un devoir d’insolence (Éric Orsena)

Je suis amoureux de la lenteur (Peter Sloterdijk)

All that we see or seem is but a dream within a dream (Edgar Allan Poe)

Bois du vin !! (Omar Khayyam)

 

Quelques récents repères d’édition:

archipel

http://caira.over-blog.com/article-23523767.html

Une idée d’Archipel …que je relaierai sur notre site (diffusion Les Carnets du dessert de lune). Prix Adam de la Poésie (il en souriait car il connaissait aussi TOUTES les difficultés que rencontrait une revue francophone de littérature internationale installée à Anvers. Les Régions et Communautés ne s’y retrouvaient pas…Mon dieu comme c’est difficile de comprendre…

http://www.traverse.be/galerie_view.php?cat=99

Les Feuillets de corde (spécial Belgeonne-Germoz)

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Il avait donné aux Feuillets un texte superbe d’alacrité et d’humour « On s’occupe de vous »

http://feuilletsdecorde.unblog.fr/2013/01/30/on-soccupe-de-vous/

http://www.traverse.be/feuillets-de-corde.php

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Conception de la couverture de Paul Parker

http://www.dessertdelune.be/

Le sourire de la Joconde est-il un leurre ? Ses ambiguïtés souvent évoquées offrent en tout cas à Alain Germoz l’occasion de contestations majeures autant sur l’art en soi que sur les comportements humains qu’il suscite. Sous-titrée « variations sur un thème trop (mé)connu », cette mosaïque rassemble, dans un mélange des genres, une gerbe de réflexions et de dialogues moissonnés au long des années à travers le prisme de cette vitrine à phantasmes signée Vinci. Textes tout en intelligence, en irrévérence et en rouerie, qui soumettent cet ectoplasme de la nommée Mona Lisa à tous les traitements possibles (des plus gratifiants aux plus mortifiants), à toutes les interrogations et à tous les regards posés sur un pli de bouche passible de refléter le catalogue de nos grimaces et de nos contradictions. Saccage magistral des certitudes hautaines, des idées toutes faites, des engouements grégaires et de l’imposture d’icônes en toc du monde de l’art, mais mené avec l’élégance d’un jeu d’esprit qui pourrait, le cas échéant, s’apparenter au fameux sourire. Si toutefois celui-ci cache bien un fou rire réprimé, face aux conjectures mêmes qu’il suscite, ou exprime le doute fondamental et créatif qui anime en toutes circonstances et à tout propos, un auteur dont la liberté de pensée constitue le seul credo.
© Ghislain Cotton in Le Carnet et les instants

Alain Germoz est né en 1920. Il vit à Anvers. Auteur de nombreux recueils de poèmes, de récits, d’aphorismes et de pièces de théâtre. Il a créé « Archipel » Cahier International de littérature pour se compliquer la vie. A une aversion profonde pour le prêt-à-porter intellectuel, l’esprit d’orthodoxie, la pensée prétendue correcte, la vanité littéraire, les clichés et les modes. Vit à la fois avec son temps, contre son temps et hors du temps, assumant allègrement ses propres contradictions. Aime découvrir ou redécouvrir des auteurs ou certains textes. S’intéresse à tout, son seul regret ; car tout, c’est beaucoup trop.

Format 14,8 x 21 cm
76 imprimées sur papier bouffant 90 gr.
ISBN 978-2930235-99-8
Parution : juin 2010

http://www.lekti-ecriture.com/editeurs/Le-fou-rire-de-la-Joconde.html

Des projets lui venaient avec une belle constance…Récemment il m’avait dit, sortant de l’hôpital,   »Ils se sont emparés de mon corps, il s’agit maintenant que je m’occupe de Germoz… »

 

Il m’écrivait en août 2011, répondant à une suite de questions que je lui envoyais dans me cadre de la préparation d’une promenade anversoise que nous voulions entreprendre et publier…(dans Amberesk, aurait-il rappelé…)

 

DS: Alain Germoz, vous êtes écrivain et éditeur francophone en Flandre ou de Flandre ?La langue française qui serpente encore si joliment dans votre ville d’Anvers semble aussi une ligne d’amnésie ou de fracture  aujourd’hui….Ou en êtes-vous dans le sillage de ce beau serpent francophone ?

AG: Je suis un auteur et éditeur francophone de Flandre. Comme tel, je me meus dans une sorte de no man’s land. Flamand de souche, mais dont les aïeux sont  originaires de la Flandre profonde, j’entends la Flandre authentique autour de Gand et de Bruges, qui forment les deux provinces dignes de ce nom,  si on omet la Flandre française que Louis XIV a arraché de son contexte pour se faire la main dans le domaine militaire et faire régner son soleil sur ce qui ne lui appartenait pas (un gangstérisme royal très en vogue jusqu’à la Première Guerre mondiale), je suis né et réside à Anvers depuis toujours et me sens plus Anversois que Flamand, ce qui a aussi des raisons historiques, mais je me garderai d’allonger la sauce dans un pays qui se paient des charognards en guise de politiciens.

A Anvers plus personne ne conteste que les fransquillons sont à la base du déclin de la langue et, partant, de la Culture françaises à Anvers. Moi je serpente entre diverses langues mais je me suis rendu compte assez tôt que mes premiers poèmes en néerlandais ne correspondait pas à ce que je voulais. Je me suis senti plus à l’ aise dans la langue française et j’ai persévéré. Je savais que par leur comportement hautain, ils n’avaient aucune chance de survie.

Le malheur est qu’il existe un équivalent flamand, les « vlaamskillons », comme les appelle Jozef Deleu, le fondateur de « Ons Erfdeel » et de  « Septentrion ». Ils ont pris la relève dans l’autre sens et ça a nourri la politique des flaminguands et fait tâche d’huile où une partie des Flamands se prennent les pieds. Sous cette pression maléfique, ce n’est pas seulement le français qui cède le pas à l’anglais mais c’est toute la culture française qui est frappée et, dans bien des cas, frappée d’interdit, ce qui est une forme sournoise de censure Inacceptable dans l’Europe d’aujourd’hui. (…) « 

DS: Anvers est une ville sinueuse et massive à la fois, belle, forte, hiératique, hanséatique disent certains…Mais Anvers est aussi une ville de sous-entendus, de dangers fantasmatiques, de « trafics », de concentration diamantaire, aujourd’hui d’une xénophobie dure etc…Bref, Anvers, est riche opaque et transparente…à la fois. Si vous deviez raconter votre fantasme anversois, votre Anvers aimée et redoutée, quelles en seraient les figures?

AG: «  Qu’Anvers ait été une ville hanséatique est un fait historique, mais j’ignore en quoi cela serait encore visible ou sensible au XXIe siècle. Peut-être par l’essor du port, un des trois plus grands d’Europe, avec Hambourg et Rotterdam, et des cinq du monde, avec Hong Kong et Singapour. Le second atout économique d’Anvers, le milieu diamantaire,  l’est aussi pour le pays. Il n’empêche qu’on peut se poser la question: pour combien de temps encore ? Car il y a un déplacement en cours et la population, hors du ghetto juif, n’a pas l’air de s’en rendre compte. Le réveil peut être dur, pas seulement pour la ville.
Est-ce qu’un poisson rouge pourrait décrire son bocal ? La ville est mon biotope et j’y édifie mes propres paysages imaginaires, apparemment pour échapper à une réalité qui m’ennuie. J’admire mon cousin Amand de Lattin qui à consacré sa vie à décrire cette ville sous toutes ses formes, rue par rue, maison par maison, n’oubliant ni l’histoire, ni le folklore, ni les moeurs, ni les professions qui se rattachent au temps qu’il évoque.

Cela permet de mesurer les distances. Elle sont énormes et les souvenirs lointains qu’on portent en soi deviennent de plus en plus précieux pour celui qui, comme moi, accumule les décennies. Mes paysages intérieurs, je leur donnais une forme concrète en inventant villes et pays que je matérialisais dans ma chambre avec des blocs de construction, de la terre glaise, du carton, tous les matériaux utiles permettant de remplir le sol de constructions et d’y ajouter le nécessaire préfabriqué, c’est à dire des maisons, des ponts, des autos, tout jouet adapté. Je dessinai une population, créant des personnages, habillé selon leur métier, ce qui n’est plus possible aujourd’hui.

Dans mes rêves nocturnes, je parcourais Anvers mais aussi Malines, Bruxelles et Paris. Pourquoi ces villes là et pas d’autres ? Je n’ai pas de réponse mais je savais dans quelle ville je me trouvais, les mêmes rues, avenues, places  et boulevards réapparaissant, fût-ce à des semaines d’intervalle. L’étonnant était de savoir où je me promenais alors que rien, pas le moindre détail architectural ou urbanistique ne présentait une quelconque ressemblance avec la réalité. En résumé, comme j’ai été très tôt fasciné par l’architecture, je cultivais donc une sorte de rejet ou de désintérêt pour l’image de ma propre ville. Si j’ai fantasmé, c’est par la faune que furent mes compagnons de jeu du quartier, dont la simplicité naturelle contrastait avec la respectabilité et les conventions de la bonne bourgeoisie du boulevard où j’habitais. Je n’avais qu’à tourner le coin pour retrouver une ambiance de « l’Opéra de quat’ sous ».

Sans parler des matrones de la minque et des ouvrières du port, toutes ultra rubeniennes, avec les mêmes formes que les sympathiques chevaux des nations, depuis longtemps remplacés par des tracteurs et des camions, me privant de  mon admiration pour les grosses merdes sculpturales, annonciatrices d’un art moderne qu’allaient développer Arp, Brancusi, et les Russes d’avant la Révolution d’Octobre. Plus tard, grâce au cinéma, je compris et approuvai avec enthousiasme Mae West, star bien en chair, qui lança un charmant axiome euclidien: « The curved line is the loveliest distance between two points ».

 

DS: Quelle est la place d’Anvers dans votre oeuvre?

AG: « Que ce soit poèmes ou fictions, Anvers n’y figure pas. Même pas d’une

façon détournée. En revanche, lorsqu’on m’interroge sur mes rapports

avec cette ville, je suis chaque fois saisi par l’apparition immédiate

de mes souvenirs d’enfance des plus agréables d’une part, et de l’autre,

par ceux  de l’occupation allemande qui m’ont laissé un goût amer.

Actuellement, la ville change à vue d’oeil, suite aux grands travaux

qu’on y pratique tout azimut. Il me reste donc des impressions mitigées,

soutenues par des sentiments strindbergiens d’amour-haine. Les dégâts

subis par cette ville au cours de ma vie sont incalculables et dus

principalement aux forces immobilières, financières et politiques sans

vision d’ensemble, bref , sans la justification visionnaire d’un

Hausssmann. Heureusement, il y a l’Escaut et en tant que dinosaure

scaldien, je sais que je ne pourrais pas vivre dans une ville sans

fleuve. Pas besoin de le voir pour le savoir.

 

 

Une Réponse à “Alain Germoz, d’un pas léger s’en est allé…”

  1. michael kors väskor dit :

    I got what you intend, thanks for putting up.Woh I am glad to find this website through google. « Money is the most egalitarian force in society. It confers power on whoever holds it. » by Roger Starr.
    michael kors väskor http://www.bm11.com/appsx/michaelkors.html

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