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Dire du mal

Posté par traverse le 28 octobre 2013

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Ce goût de dire du mal, de mal le dire pour que le mal explose en pire, en mal secret sous le mal exposé, mal léthargique, mal infirme, mal inconnu dont sous sommes les gardiens aux flambeaux.

Dire du mal, une délectation, une offrande à la joie des pleutres, dire du mal, offenser et s’offenser de cette offense mal dite que l’on nous retournerait, ah, dire du mal, s’en pourlécher les ouïes et se l’entendre dire, du plus profond d’une sincérité de fil à plomb, dire ce mal qui surgit tout à coup comme un coup vengeur et se le jeter ensuite sur les épaules comme un vieux manteau, une dépouille sanglante, se le fourrer dans l’âme, se contrefaire pour en remettre et en remettre encore, dire du mal dans l’extase des lâches, dire du mal et s’en aller en douce pour dire du bien, peut-être, un peu plus loin, dans le même enthousiasme.

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« Outplacement » d’Arnaud de la Croix…ce mercredi 30/10/Cépages!

Posté par traverse le 26 octobre 2013

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Antenne Centre Télévision:  http://www.antennecentre.tv/site/centre_outplacement_le_livre_-76067-999-226.html

Version numérique: http://onlit.net/index.php?option=com_k2&view=item&id=718:outplacement

Version papier: http://www.couleurlivres.be/html/nouveautes/outplacement.html

Ce mercredi, à Cépages…

Outplacement dans la collection Je – Quart de page le mercredi 30 octobre à 19H

Une rencontre majeure: « Outplacement » d’Arnaud de la Croix.

Paru d’abord chez www.onlit.be éditeur (en version numérique), il y a un an, le texte d’Arnaud de la Croix parait dans la Collection Je /Quart de page chez  www.couleurlivres.be

Arnaud de la Croix, Daniel Simon et les éditions Couleur livres ont le plaisir de vous inviter à la présentation du livreEn cette période de crise, de licenciements, de chômage, voici un récit de vie qui ne laisse pas indifférent.
« Avant de vivre l’expérience, je connaissais le mot de vue. Et il ne m’inspirait pas confiance. Sans doute parce que s’y trouve le préfixe out, comme dans « Qui est IN et qui est OUT ? », ou comme dans knock out… Outplacement (prononcer aoûtpléssmeunt) est un mot qui ne se traduit pas en français, ce qui ne l ’empêche pas de trimballer une chaîne lexicale qui fait froid dans le dos : mettre dehors, déplacer, déporter (au sens de porter hors du cocon douillet de l’entreprise, de déverser dans la rue, où les SDF meurent de froid. »
… dans les locaux de la librairie vinothèque Cépages/ Av. Volders 22, 1060 BruxellesCe récit post-professionnel d’Arnaud de la Croix se base sur des faits réels, même si cela semble parfois difficile à croire. Toute ressemblance avec des personnes existantes n’est malheureusement pas le fruit de l’imagination de l’auteur.

L’accès à la rencontre est libre.

Le nombre de place étant limité, merci de confirmer votre présence au plus vite auprès de Alice t’Kint  mailto:presse@couleurlivres.be
Au plaisir de vous y retrouver nombreuxNé à Bruxelles en 1959, philosophe de formation, longtemps éditeur (successivement aux éditions Le Cri, Duculot, Casterman et Le Lombard, enseignant (actuellement à l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles), Arnaud de la Croix est également auteur, en particulier d’ouvrages d’histoire. Ses essais sur la civilisation médiévale font référence et plusieurs d’entre eux ont été traduits. Il mène à présent une recherche sur le nazisme et la Seconde Guerre mondiale.

 

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Notre besoin d’histoires

Posté par traverse le 20 octobre 2013

 

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Lorsqu’un conteur prétend se rappeler avec précision comment le vent soufflait à sept heures du soir, vingt et un ans plus tôt, je ne souris pas, je le crois. Mais, pour ma part, je le confesse, lorsqu’il s’agit de savoir ce qui m’est arrivé vingt et un ans plus tôt, je ne me sens pas l’âme d’un conteur, ni celle d’un témoin à la barre, je ne sais jamais comment c’était. Je sais les choses différemment. Non comme on connaît une histoire, mais plutôt comme on pressent l’avenir. J’éprouve les choses comme des possibles, je me les représente comme par un jeu d’imagination. Je crois que nous ne racontons jamais les choses comme elles furent, mais nous nous figurons ce qu’elles seraient si nous devions les revivre. Une expérience, c’est un pressentiment. Ce n’est pas seulement vrai pour les écrivains, c’est vrai pour tout le monde. Comment cela s’est-il passé lorsque j’ai quitté telle ou telle situation pour m’établir dans une ville étrangère ? Je le sais parce que je m’imagine ce qui se passerait si je m’en allais aujourd’hui dans une ville étrangère. Ou encore : qu’éprouverais-je  si je gagnais demain le gros lot. Je pense le savoir. Comment ? Je n’ai jamais gagné le gros lot, mais j’ai fait cette expérience quand même. Où ? Je n’en sais rien. Quand ? Mystère. Mais j’ai fait cette expérience. Le jeu de mon imagination peut en témoigner. Quand je cherche par exemple à me représenter ce qui se passerait si je naissais une seconde fois, quand je mets en scène quelque chose qui n’a jamais existé et qui n’existera jamais, mon expérience se révèle plus pure que lorsque je cherche à préciser ce qui se passait à sept heures du soir, vingt et un ans plus tôt.

Prenons les choses autrement : dans notre vie, nous avons peut-être deux ou trois expériences : une peur qui suscite mille images ; un petit bout d’espoir qu’on ne pourra pas nous ôter : des sentiments qui s’égrènent comme un rosaire toujours recommencé ; avec cela quelques impressions rétiniennes qui ne se renouvelles guère, si bien que le monde est comme le patron sur lequel nous taillons nos souvenirs. Là-dessus, nous avons peut-être une pensée en propre, que nous rallongerons et diluerons de mille manières. Voilà ce dont nous disposons lorsque nous racontons quelque chose. Des échantillons d’événements – mais nulle histoire, je l’affirme, nulle histoire ! Les histoires ne nous viennent que de l’extérieur. Notre besoin d’histoires, d’où naît-il ? On ne peut pas raconter la vérité. Voilà l’affaire. La vérité n’est pas un récit, elle n’a ni commencement, ni fin, elle est seulement présente ou non, elle déchire notre univers d’illusions, elle est une expérience. Mais elle n’est pas une histoire. Toutes les histoires sont des inventions, des jeux de l’imagination, des esquisses d’expériences, des images, avec le peu de vérité que cela comporte. Chaque homme – et pas seulement les poètes -  invente ses histoires. La seule différences, c’est que tous les hommes, à l’exception des poètes, prennent leurs histoires pour leur vie. S’ils ne le faisaient pas, les événements qu’ils ont pu connaître, c’est-à-dire leur expérience personnelle, leur demeureraient indéchiffrables.

Voici comment je vois les choses : l’expérience est un événement intérieur, non le résultat d’un événement extérieur. Un seul et même fait vécu pour nourrir mille expériences. Peut-être n’existe-t-il pas d’autre moyen, pour communiquer une expérience, que de raconter des événements extérieurs, donc d’imaginer des histoires. Comme si l’expérience était le fruit de ces histoires. Je pense que le contraire est vrai. Le fruit, ce sont les histoires. L’expérience veut se rendre déchiffrable, elle trouve un cadre où s’insérer. Et c’est pourquoi elle se situe de

Préférence dans le passé : il était une fois. Un événement qui nous obsède parce qu’il a le pouvoir d’exprimer notre expérience n’a pas besoin de s’être jamais passé, mais pour que les autres gens comprennent et croient notre expérience, pour que nous y croyons nous-mêmes, nous faisons comme s’il s’était vraiment passé Tout le monde agit ainsi, et pas seulement les écrivains. Les récits sont des projets mis au passé, des productions de l’esprit que nous donnons pour des réalités. Chaque homme s’invente une histoire qu’ensuite il prend pour sa vie, souvent au prix de lourds sacrifices ? A moins qu’il ne s’invente une série d’histoires, confirmées par tout un réseau de dates et de lieux, de manière qu’on ne puisse pas douter de leur authenticité. L’écrivain reste seul qui ne croit pas à ce théâtre.

Voilà la différence : dans la mesure où je sais que chaque histoire, si confirmée soit-elle par des faits concrets, n’est que le produit non de mon imagination, je suis un écrivain. Une expérience toute nue, privée de cadre, et qui ne voudrait pas surgir d’un récit véridique, c’est à peine supportable. L’expérience fait ses preuves quand elle rend crédible l’histoire qu’elle invente. Mais, je le répète, elle n’est pas le fruit de tel ou tel événement vécu, elle est un événement intérieur. C’est à ce titre que son existence devrait être justifiée, même si je sais que l’histoire racontée n’a pas eu lieu et n’aura jamais lieu, même si je renonce à l’illusion de l’imparfait épique, à la tromperie de la mise en récit. Malgré les prétentions des conteurs, l’histoire vécue n’est pas à l’origine de l’expérience.

L‘expérience est un événement intérieur. Le seul événement authentique. C’est la mise au passé d’une invention qui ne s’avoue pas telle ; c’est un projet rétrospectif. Je crois que les tournants décisifs d’une vie sont liés à des événements qui n’ont pas eu lieu, à des représentations engendrées par une expérience, laquelle préexiste à l’histoire qi s’en prétend l’origine et qui se contente de l’exprimer. Ce reproche bien connu, que les hommes n’apprennent rien de leur passé (individuel et collectif) est aussi absurde qu’instructif ? Ce n’est pas d’apprendre l’histoire qui le changera. Seule l’expérience change toutes choses, parce qu’elle n’est pas un événement de l’histoire, mais un événement intérieur qui doit changer l’histoire pour venir à l’expression. L’expérience est poète. Si les hommes vivent une expérience plus riche que les faits qui pourraient prétendument l’expliquer, il ne leur reste  plus qu’à être honnêtes, c’est-à-dire à fabuler. Sinon, où trouveraient-ils l’origine de leur expérience ? Donc ils projettent, ils inventent ce qui la rendra déchiffrable. L’expérience n’est pas une conclusion. Son domaine est le futur. Ou l’intemporel. C’est pourquoi elle répugne à se présenter sous les espèces d’un récit, d’une histoire. Mais le moyen de faire autrement ?

Max Frisch (1911-1991)

 

INTERVIEWER

Sometimes it takes another person to tell you what has happened to you.

FRISCH

Yes, and I’m still blind. I don’t know what it’s about and they tell me, and I’m happy that I don’t know. Because if you know what you’re writing about, the danger is very great that it will fall into clichés, or into Freudianism, or other things. But if you don’t know, in a way you’re blind, groping your way; then when you look back you see you have made your road.

INTERVIEWEUR

Parfois, il faut une autre personne pour vous dire ce qui vous est arrivé.

FRISCH

Oui, et je suis toujours aveugle. Je ne sais pas de quoi il s’agit et c’est eux qui me le disent, et je suis heureux de ne pas savoir. Parce que si vous savez sur quoi vous écrivez, le danger est très grand de tomber dans les clichés ou dans freudisme, ou d’autres choses de ce genre. Mais si vous ne savez pas, d’une certaine manière vous êtes aveugle, vous allez tâtonnant votre chemin…Et lorsque vous regardez en arrière, vous vous rendez compte que vous avez tracé votre route.

http://www.lemonde.fr/livres/article/2013/02/22/max-frisch-un-faust-des-temps-modernes_1836066_3260.html

et à propos de l’Immigration…

« Ils voulaient des bras et ils eurent des hommes.  »

 

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A propos du travail…

Posté par traverse le 18 octobre 2013

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Suite trépanée

    Je suis/Je fais/ Je dis    

C’est un sacré travail, poussez, poussez, ouvrez, ouvrez, poussez et plaf, le v’là, tout redondant de sang, bavures et chiures emmêlées, un arsenal d’humanité dans le fumant charroi des rivières amniotiques, un gravelot lâché dans une bonde en crue, il ouvre poumons, travail d’éclatement contenu, claques et caresses, nettoyage, aspiration, lavement, (si j’ouvre ma bouche et mes bras, si j’ouvre, le ciel entrera-t-il ? ce qui ne se voit pas peut-il entrer ?

Le sentirai-je ? m’emplirai-je ainsi du bleu du ciel ? du ciel et du bleu ? est-ce que je m’emplirai d’un ciel vide ou chargé de nuages ? est-ce que je m’emplirai de nuages ? de nuages blancs, de nuages gris ou bleus dont j’aurai tant besoin plus tard ? M’emplirai-je de vide, du vide du ciel bleu à rester ainsi ? m’emplirai-je de l’absence du ciel ou d’un ciel que je ne vois pas ? Deviendrai-je moi-même une part du ciel ? 

« Suite trépanée » constitue le premier volet d’un diptyque consacré au travail et à son manque, « Zones occupées ».

Comment le travail nous travaille à vie et à mort.

Ce texte est en production pour une performance d’acteur, un solo, un monologue, une polyphonie, une résonance scénique.

Daniel Simon

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Ecrire c’est devenir…

Posté par traverse le 18 octobre 2013

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« Il se peut qu’écrire soit dans un rapport essentiel avec les lignes de fuite. Écrire c’est tracer des lignes de fuite qui ne sont pas imaginaires, et qu’on est bien forcé de suivre, parce que l’écriture nous y engage, nous embarque en réalité. Écrire c’est devenir, mais ce n’est pas du tout devenir écrivain. (…) «  

Gilles Deleuze dans Dialogues avec Claire Pernet, 2008

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Dire du bien

Posté par traverse le 17 octobre 2013

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La phrase vient d’un coup, « Une telle ou un tel, belle personne… » Ou quelque chose de plus court, « Elle, il est vraiment bien ». Les yeux tombent, les bouches se ferment, lèvres offertes en plateau, un geste parfois, une indiscrétion de bon aloi, un regard vers l’autre, qui n’a rien ajouté, ou peut-être « Oui, vraiment… ».

L’affaire est faite, le bien est dit, on peut passer à autre chose. Des accrocs dans le portrait, des mais, des quand même. Ca se corse, on passe aux choses sérieuses. « Entre nous…». Ca prend forme, des positions se campent, on se coupe la parole, on en remet, le portrait s’anime, plus sombre, on se réjouit, cette lumière du début éblouissait trop, on se serre dans l’ombre, on chuchote, on se frotte les mains, ça s’éteint. On passe au suivant.

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Positions pour la lecture

Posté par traverse le 17 octobre 2013

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En silence,

S’il-vous-plaît !

(Positions pour la lecture)

Scènes

Les scènes présentées ici sont des variations pour 12 jeunes actrices et acteurs qui souhaiteraient travailler, sur la scène ou devant la caméra, la question des positions de la lecture.

L’auteur peut, à la demande d’un groupe qui souhaiterait augmenter ces scènes, écrire d’autres propositions.

 

Dans toutes les scènes, les Jeunes qui ne joueront pas directement se tiendront dans le fond du plateau. Ils se lèveront dans le rythme des séquences jouées mais ils peuvent également être présents comme silhouettes ou comme « figurants intelligents » dans le cadre de la plupart des situations…

Chaque rôle peut-être joué indifféremment par une fille ou un garçon, il suffira d’accorder le texte au genre.

Daniel Simon

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Rencontre littéraire avec Gabriel Badea-Paun et Louis Savary

Posté par traverse le 17 octobre 2013

DECHANTER OU DEJANTER, c’est le ton de l’époque…

Allez, dans tous les cas, vous enchanter à la Maison

Belgo-Roumaine ce vendredi…

Rencontre littéraire avec Gabriel Badea-Paun et Louis Savary

Arthis – La Maison Culturelle Belgo-Roumaine
organise

gabriel badea paun  louis savary

Rencontre littéraire
avec Gabriel Badea-Paun et Louis Savary

Vendredi 18.10.2013 à 19:00 chez Arthis
33 Rue de Flandre, 1000 Bruxelles

Lancement des livres

Fluturi sărutându-se l Din cugetările şi poeziile unei Regine
Une anthologie de pensées et poèmes de Carmen Sylva
Edition et chronologie de Gabriel Badea-Paun
Préface de S.A.S. le Prince Radu de Roumanie

Pictori români în Franţa (1834-1939)
Peintres roumains en France (1834-1939) de Gabriel Badea-Päun, Noi Media Print, Bucarest, 2012

Des premiers tabous au dernier baroud
De la primele tabuuri la ultima lupta
Anthologie poétique bilingue de Louis Savary,traduite par Cecilia Burtica

Lecture artistique
des textes de Louis Savary par les acteurs 

Jean-Claude Derudder et Christian Léonard

 Entrée libre
Info et réservations: 02/511 34 20 – info@arthis.org

http://www.arthis.org/index.php/evenements/litterature/92-rencontre-litteraire-avec-gabriel-badea-paeun-et-louis-savary

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Je vais vous dire

Posté par traverse le 9 octobre 2013

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Je vais vous dire, j’en ai lu des manuscrits, des pauvres et de très maigres, des opulents et de gras prétentieux, des malins et des mas-tu vu, des gouailleurs et des pince-fesse, à l’eau de rose, de purin ou de Lourdes, des tout frais débarqués de chez maman-papa qui rêvent de prix, de tirages, d’édition tout de suite, j’peux pas attendre, j’ai vingt poèmes et c’est urgent, je vais vous dire, j’en ai découverts aussi de belles formes et de justes proportions, des excédés et des tire-au flancs, des valets à la demande, des dissidents de n’importe quoi, des énervés et de doux évasifs, des prétentieux qui savent où le vent souffle en subventions et bourses annuelles, des poussifs, des toussifs et des fumistes de fausses flibustes, de tout, c’est normal, ça parle de nous et c’est nous qui parlons, je vais vous dire, rarement il faut en lire très peu pour entendre le vide, l’entendre sonner, se déployer, frissonner dans le bonheur de ses échos flatteurs, le vide vertigineux des ratés de l’oreille, de l’œil et du cœur plus souvent, mais soudain deux pages remettent le monde en scelle, quelques lignes nous sauvent de la bêtise originelle, pas de simples mots disposés sur la page, pas ces artifices des joueurs sans dangers, des faiseurs de powèmes impuissants (danser avec les mots, nourrir les mots, cueillir, jardiner, ensemencer, fumer, chanter, les mots, « écrire sans rien attendre », voilà le nouveau leitmotiv, écrire sans intention, écrire comme une manie, écrire comme un prurit, écrire pour faire comme si, juste écrire comme et pas écrire dans, ah…simagrées de l’écriture, simulacres, singeries et sauts de puces…), ces valses impuissantes sont des danses de saint-guy pour abonnés absents de la télépathie poétique ; j’vais vous dire, j’en ai reçu et en recevrai encore, les lirai parfois avec un soulagement soudain, ça y est, tout se rejoue dans ces pages-là, tout est à nouveau en jeu et rien ne se donnera facilement, la joie est là, le sentiment que rien n’est encore perdu, que ça va faire mal, ces phrases-là dans le Grand Contentement…allez, on s’y remet, la pile des manuscrits est haute et les nuages bas, au travail !

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Le Cri aphone!

Posté par traverse le 6 octobre 2013

Les éditions Le Cri en liquidation

Les éditions Le Cri, basées à Bruxelles, sont en liquidation, a annoncé jeudi dans un communiqué la maison d’édition. Le Cri a acté sa liquidation le 13 septembre dernier lors de son assemblée générale.

« Depuis plus de 30 ans, les éditions Le Cri ont eu à coeur de publier des ouvrages ciblés et de qualité dans les domaines de l’histoire et de la littérature. Le Cri a toujours voulu rester fidèle à cette vocation première, que le contexte général actuel de l’édition et de la librairie ne lui permet plus de réaliser », souligne Le Cri. « C’est probablement ainsi la plus ancienne maison d’édition à caractère littéraire de Bruxelles qui disparaît, emportée par les réalités d’une société en profonde mutation », conclut la maison d’édition. »

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Voilà ce que j’ai reçu dans ma boîte mails. Comme tous les auteurs de la Maison Le Cri, les journalistes, les libraires, les médiateurs du Livre,…

Ca doit en faire du monde!

L’édition est un marché, évidemment, mais aussi un champ d’expérimentation, une boîte de résonnances des idées et des goûts, des comportements et des déviances. Une sorte de miroir à facettes des  humains et des lecteurs en particulier. Et cette boîte rétrécit, le miroir se brise, les échos ralentissent, la valeur s’estompe, la confusion règne.

Il n’y a pas longtemps, des gens de théâtre se réjouissaient de la fermeture d’un théâtre ennemi, pas concurrent, non, ennemi (on sait que la haute valeur symbolique des biens culturels et des manifestations sociales qui en découlent se basent aussi sur le mépris de ce qui se fait chez celles et ceux qui n’ont pas la même voilure idéologique, sémantique ou tout simplement clientéliste).

Quelqu’un rappela que la fermeture d’un théâtre appauvrissait tout le secteur théâtral et les quolibets cessèrent, officiellement.

Hier, je passais un moment avec une personne charmante, cultivée, dynamique, ouverte à la littérature, le monde, les autres…Bref, nous bavardions, elle évoqua Balzac, ce chiant Balzac, cet encombrant Balzac. « Tu mets ça dans la littérature, Balzac? » Elle parlait de produits, de productions,…J’ai exigé, oui, c’est horrible, j’ai exigé, qu’elle appelle ça une œuvre. J’ai essayé de faire entrer à nouveau Balzac dans l’univers de la littérature et, je vous rassure, Balzac a réintégré sa place.

C’était une querelle amicale, les balles étaient à blanc. En réalité, la question-même  de cette personne intelligente, venait de m’abattre. Je devrais être habitué, dans des cas plus lourds, à ces rafales quotidiennes de la haine masquée (qui équivaut à l’ignorance légitime) de la littérature, mais non, on ne s’y fait pas, phénix, on remonte au front et hop, une grenade, une mine, un silence, l’ignorance, et surtout le mépris.

Balzac, c’est chiant, nous sommes bien d’accord.

Alors nous avons parlé d’autre chose, mais Balzac me restait en travers de la gorge. Récemment, un de mes amis, jeune écrivain, affirmait lors d’ une rencontre publique qu’il ne voyait pas l’intérêt de connaître l’héritage littéraire, l’histoire, quoi, l’avant, l’avant-soi. La salle était ok et pas ko. Il est intelligent, doué et ne pensait certainement pas ce qu’il disait, mais il l’a dit, comme ça, dans le flux et c’est passé, comme ça, dans le reste.

Avant-hier, c’était tout aussi bien… « Mon Contrat, mon Contrat, mon Contrat…. » Un auteur chantant l’air des Bijoux. L’auteur, une Castafiore contemporaine ? Oui, informé du passé, rêvant de l’avenir et ne connaissant à peu près rien du présent de l’édition, des contraintes, du marché, des réalités des ventes, de l’évaporation des lecteurs. Ils les voient ces réalités pourtant, la plupart font leurs achats chez les Amazones du livre… Ils sont autistes les auteurs, les lecteurs ?

Mais là, j’exagère, comme d’habitude, pour rire…

Et les libraires ? Aaah, les libraires ! Evidemment, j’aime, je vénère les libraires. Toute vénération se fonde sur des anamorphoses. Que de  fois,  des lecteurs, avec qui je travaille, me disent, m’écrivent « Ils ont dit que c’était épuisé… ». Et évidemment, ce n’était pas épuisé, mais il fallait chercher, suivre, servir le café, vendre une plante verte, une pizza, un tapas, garder les mômes, surveiller les infirmes, accrocher les stars, bêler « citoyen » et pendant cela « ma bonne dame, vous pensez que faire cette recherche sur la Toile, ça prend du temps, et en plus, je suis pas sûr qu’ils (l’éditeur, le diffuseur-distributeur,…) vont suivre (fréquent) et je vais devoir recommander ! » etc…Bref, c’est épuisant-épuisé.

Les Amazones ricanent, bandent leur arc et tirent.

Le lecteur serait donc passé au numérique ?

« Onlit » éditions (éditeur numérique en Belgique francophone) ne semble pas de cet avis, sinon, il aurait vendu à tours de bras et de clicks… J’imagine qu’en ce momnet « Onlit » réfléchit, négocie, accuse le coup. Allons, je blague…Le numérique, c’est la tablette, le Smartphone, pas le texte, innocent! Ah oui, on confondrait donc le support, le flux, le véhicule avec la matière ? Oui, c’est ça…Comme si on parlait de livres devant une usine de pâte à papier.

Enfin, je cherche des articles, des réactions, des « likes » Fbook…rien. Passez, muscade, circulez, y a rien à voir. Et je n’entrevois pas de manifestations de « culturels » avant mai 14, aucune réaction à ce jour en ce domaine. Je ne parle pas de ces gueulantes poussées devant le Cabinet d’un ou d’une Ministre (en l’occurrence ici, de la Culture) et qui se clôturent en général « entre amis ».

C’est que, dans le monde de la Culture, ça se fait « entre amis ». Ca ne déborde pas, « On ne sait jamais ». On est un coup dans la Commission (des Lettres, des Arts, du Sport, des Centres culturels, des Frelons tueurs, de la Bande des Quatre, …), un coup on la sollicite.

Pays trop petit, trop de confusion. On est écrivain, journaliste, critique, éditeur, conseiller, …on doit tout faire soi-même, donc on se retrouve à un moment ou un autre avec ces merveilleux amis de la Culture à siéger pour une Bourse, un Gala, une Aide, un Colloque.

Tout ça n’a pas d’importance au regard de l’Histoire, n’est-ce pas ? On va réinventer, aller de l’avant, mimer la poésie, marmonner, chuchoter, lisoter, administrer des potions lectorales marathonées dans des « starslectories ». Oui et titiller son écran jusqu’au roupillon général.

On parviendra à se défaire de Balzac, on y est presque.

Reste les auteurs vivants, mais ça, ça c’est une autre histoire.

C’est chacun pour soi.

Daniel Simon,

octobre 2013.

 

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On n’entend que des clicks

Posté par traverse le 2 octobre 2013

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On n’entend que des clicks.

Nous avons tendu l’oreille en cette époque bruissante de clicks et nous avons compris, enfin, l’univers des clicks…Le futur passe toujours par le passé, nous l’avions un instant oublié et une revue de vulgarisation nous le rappelle à point…« Souvent considéré comme le plus ancien groupe de langues connues, l’origine du phylum Khoisan (langues à clicks) remonterait à plus de 20.000 ans Ces langues se caractérisent par l’utilisation de clicks produits par des claquements de langues, modulés de façon à obtenir des intensités différentes » (1)

 

Partout, ça clicke, ça crépite et le bourdon des clicks nous revient comme une langue babélienne, enfin transculturelle, universelle et à la portée de (presque) tous, le clickage. Le clickage, différent du cliquètement en ce qu’il ne se construit pas sur une sorte de registre étale, repris en boucle, comme l’énoncé sonore d’une machinerie fine, le clickage donc, bruisse de partout et de façon chaotique. Ca clicke en rafales, dans la lenteur d’un doigt fatigué et nerveux face aux écrans papillonnant de charme.

Le clickage sonne comme la langue dispersée des dieux bavotant leurs promesses dans la technologie. Ca clicke à tour de bras, aux quatre points cardinaux, ça clicke un chant du monde entonné sans mesure… Nous étions, clickant en chœur, parfois encore, étonnés de commettre des bruits hors du champ magnétique de la nourrice numérique.

Nous feuilletions, bouquinons, piquetions des phrases par-ci, par là dans des ouvrages du Grand siècle, de papier et de colle, de carton et de fils, et nous nous étonnions de ne voir nulle part recensées ces pratiques sonores dans la vaste grammaire des sonorités vagues.

Alors, nous nous sommes réunis et avons réfléchi à cette étrange omission. Pourquoi donc ces échos étouffés par des doigts délicats n’auraient-ils pas droit au Recensement moderne de la communication et de la Joie des éduqués ?

C’est ainsi que nous avons, pour notre modeste compte relevé en un an, dans le champ strict de nos activités professionnelles (librairies, éditions, lectures, Foires aux livres, Rencontres privées et publiques, …), une vertigineuse comptabilité sonore…

Nous ne voulions pas que ces résonnances périphériques soient entièrement oubliées et nous la publions ainsi sans volonté d’exhaustivité (ces conduites sont aussi, par ailleurs, nous le savons, des actes fort intimes) :

- 32.000 feuilletés de pages

- 12.678 couvertures touchées

- 2.347 livres regardés pendant plus de quatre secondes en vitrine

- 897 livres observés longuement en notre librairie

- 269 livres cités avec une récurrence de 10

- 178 avec une récurrence de 9

- 145 avec une récurrence de 8

- Ainsi de suite jusqu’à la citation de livres qui n’existaient pas (à notre connaissance) et sont donc invérifiables

- Les livres à jaquette colorés sont regardés plus longuement que les livres ternes

- Les livres de grand format plus longuement que les petits volumes

- …

Nous ne savons encore ce que nous ferons de cette vaste Enquête, mais il nous semblait nécessaire de la communiquer au public afin de participer à l’économie de la citation, de la « touche », autrement dit du clickage.

La vente des ouvrages étant encore en cours, nous ne pouvons énoncer ici un processus toujours en mouvement et dans un flux tendu. Espérant avoir enrichi ce subtil débat, nous vous donnons rendez-vous l’année prochaine pour le Recensement nouveau.

Bonnes lectures!

Daniel Simon

[1]  Aux origines des langues et de l’écriture, Cahiers Science et Vie (Collection Les essentiels), Hors-série, septembre 2013.

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