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Autobiographie rêvée

Posté par traverse le 30 décembre 2013

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(extraits…à paraître en février 2014, avec des dessins de Cécile Goossens)

 

1.                                          L’ogre des cabanes

 

Il va revenir. Il ne restera pas là où il est allé. Il ne fait que passer, c’est un moment capital pour lui. L’enfance. Oui, certainement l’enfance. Il sait ce qu’il fait, il le croit, il n’est pas encore marqué par l’usage et le poids. Il peut se lancer, aller droit, marcher, envisager.

Les nuages sont hauts et c’est dans cette lande sans contour qu’il veut aller. La langue qu’il parle, est-ce déjà la sienne ou celle qu’il veut conquérir au long de ce récit ? On ne sait pas encore. On comprendra peut-être plus tard. Dans tous les cas, il part pour comprendre. En ce moment, il ne sait ce qu’il fait, il joue.

Il faudra lire, suivre les épisodes, écouter de près ce qui ne sera pas relaté clairement, aller avec lui où il rêve de se perdre et d’où on revient toujours. Il joue, il ne faudra pas oublier qu’il joue, à quelle roulette joue-t-il ?, c’est une autre histoire, mais il joue, sans cesse, pour ne pas être ce à quoi il semble déjà condamné.

Au début, dans la maison, il y avait la joie, puis les cris, puis le silence. Ce silence que les enfants souvent boivent jusqu’à la lie quand ils ne sont pas cloués contre leurs fines parois de solitude par les bruits de leurs parents.

De ces bruits sans pardon il pourrait dire beaucoup mais il part pour ne plus les entendre. Ce sont rugissements, gémissements, râles, cris perçants, extinctions, aboiements souvent.

Il aime trainer en lui, s’ennuyer jusqu’au vertige, s’arrêter sur des impressions volatiles, les retenir en les parcourant en tous sens, avant qu’elles ne s’échappent de lui et se dispersent dans le monde. Il s’emploie souvent à rester immobile, devant une chose, n’importe laquelle, une chose qu’il regarde longuement et qui devient belle, parfois, unique. Il regarde en apnée ce qui l’entoure, il tente de garder ce qui échappe de lui.

Ca éloigne les bruits ces mouvements intérieurs. Souvent, il lit. N’importe quoi au début, puis de vrais livres qu’il faut quitter un soir. Les bruits reviennent alors. Un autre livre. Et ainsi de suite jusqu’au moment où il est parti.

Les volets de bois sont fermés. La maison est calme, la nuit est noire, la lune trop lointaine. Il a peur. De ce qu’il est en train de faire. Il pense à ce qu’il est en train de quitter, de la férocité du monde qu’il connaît déjà si bien.

A l’l’intérieur, c’est pire. Il veut se confronter, courir le risque, ne plus attendre que ça lui tombe dessus, comme ça, comme on arrête de respirer et qu’on tombe. Il l’a vu comment ça se passait. Il préfère y aller.

Il sort lentement de sa chambre, emporte quelques affaires, descend les escaliers et tire la porte derrière lui. La lune lui indique son chemin, le bois n’est pas loin. C’est presque une forêt déjà. C’est là qu’il doit aller. Il se met en marche et pour la première fois, la lune le suit et indique la route.

La nuit seul devant mon écran je parcours ces lieux du passé, je visite en pointant mon curseur sur les traces où j’ai mis les pieds il y a longtemps, je change de direction, je surplombe, je rase les murs, j’imagine ces endroits alors sue je ne suis plus que du temps retrouvé, je me perds, j’y retourne, je suis parti…

A l’orée de la forêt, l’ogre distingue de loin ce qu’il a quitté et rêve d’abandonner pour toujours : les toits des maisons, les cheminées, les murs, les grilles, les portes, les allées, …Il n’aime pas cela, mais ne sait pas encore que les herbes sauvages, les lieux de solitude forte, les endroits où il pourra grandir libre sont rares. Brisés de l’intérieur, tordus de consentement, c’est ainsi que les ogres sont tolérés là, jusqu’à ce qu’ils vieillissent et finissent édentés, sans appétit ni fureur.

(…)

 

DS

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2014: Cadeau multi-usages

Posté par traverse le 29 décembre 2013

Une idée de cadeau bien de chez nous!Certains de ces exemplaires existent sous forme simplifiée aux Musées de la Vie Wallonne à Liège et au Musée gaumais (Virton, …): le fer à repasser pour Madame Monsieur et Monsieur Madame. Il pourra servir dans les tâches domestiques diverses. Observerez-le bien…repasser et repasser sans cesse. En cas de dispute, il offrira de sérieux arguments également. Sa poignée est emboîtable…La solitude n’est donc plus un argument pour se passer du plaisir des longues soirées d’hiver…Bonne année!
Photo : Une idée de cadeau bien de chez nous!Certains de ces exemplaires existent sous forme simplifiée aux Musées de la Vie Wallonne à Liège et au Musée gaumais (Virton, ...): le fer à repasser pour Madame Monsieur et Monsieur Madame. Il pourra servir dans les tâches domestiques diverses. Observerez-le bien...repasser et repasser sans cesse. En cas de dispute, il offrira de sérieux arguments également. Sa poignée est emboîtable...La solitude n'est donc plus un  argument pour se passer du plaisir des longues soirées d'hiver...Bonne année!

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Les Feuillets de corde/Collector

Posté par traverse le 29 décembre 2013

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Les Feuillets de corde

 

C’est avec grand plaisir que nous vous présentons les huit premiers numéros de notre revue Les Feuillets de corde (Editions Traverse asbl).

Notre revue se veut effervescente, paraît de façon épisodique et suscite des œuvres de création, écrite, gravée, photographique,…à partit des lieux communs de l’époque… (« Pas de souci », « Ne pas se prendre la tête », « Le temps qu’il nous reste », …).

Chaque présentation publique d’un nouveau numéro fait l’objet d’un lancement avec lectures-performances… Nous accueillons et suscitons également les textes et contributions diverses de nos invités…De longs entretiens, des Podcasts, des textes, des vidéos, des photos sont régulièrement déposés sur notre Blog et notre Site.

 

Esprit des Feuillets de corde

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Inspiré par la Litteratura de cordel brésilienne, surtout active des années ’30 à ’50, qui proposait un

texte simple — épître au gouvernement ou lettre d’amour à la voisine — agrémenté d’une gravure sur bois et s’exposait accrochée sur un fil, Daniel Simon a eu le désir de lancer des lettres à ses contemporains sur des sujets qui touchent à l’actualité ou à la société.

Dès 2013, Daniel Simon pilotera avec Eric Piette la nouvelle série qui paraîtra de façon épisodique (Textes-Photographies, bientôt collages,…).

Dans les Feuillets de corde, il ne s’agit pas d’avoir des humeurs, mais de tenter de manifester de l’esprit ( !) pour le plus grand bonheur des lecteurs.

 

Janvier 2014

Eric Piette et Daniel Simon

http://traverse.unblog.fr

http://feuilletsdecorde.unblog.fr/

et

https://www.facebook.com/pages/Lanc%C3%A9e-des-Feuillets-de-corde/147568775349832?ref=hl

Site Traverse, onglet Feuillets de corde :

http://www.traverse.be/feuillets-de-corde.php

 

Un cycle d’abonnement normal : 6 numéros en cours d’année : 10 euros (port compris) 

Les Feuillets de corde sont indépendants et ne bénéficient d’aucune subvention.

Vos dons et abonnements sont donc bienvenus !

Virement: Traverse asbl   IBAN : BE81 0682 1443 7624   BIC : GKCCBEBB

Toutes les photos, films, Podcasts sur le blog

http://feuilletsdecorde.unblog.fr/

Revue effervescente qui paraît de façon épisodique

Prix au numéro : 2 euros (envoi compris)

Abonnement (les 6 numéros de l’année en cours) : 10 euros

Pilotage artistique : Daniel Simon et Eric Piette

Graphisme et mise en page : Joëlle Salmon

Virement: Traverse asbl

IBAN : BE81 0682 1443 7624   BIC : GKCCBEBB

Production : Traverse asbl

86/14, avenue Paul Deschanel – 1030 Bruxelles – Belgique

traverse@skynet.be       www.traverse.be

Coédition — Diffusion — Distribution : Couleur livres asbl

edition@couleurlivres.be

www.couleurlivres.be

© 2011-2012-2013 Couleur livres asbl

Vous pouvez vous procurer  « les Feuillets de corde » en écrivant et en commandant à www.couleurlivres.be ou http://www.traverse.  

Asbl – Avenue Paul Deschanel 86/14 – 1030 Bruxelles

Tél : 00.32 (2) 216.15.10 – GSM : 0477/76.36.22

Email : traverse@skynet.be 

Compte: IBAN : BE81 0682 1443 7624   BIC : GKCCBEBB de Traverse asbl 

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Les Feuillets de corde

Revue effervescente 2011-2012

Collector 8 écrivains – 8 graveurs

Sous pochette papier Crystal

10 euros

Frais de port compris

Gravure : Jean-Pierre Lipit – Texte : Daniel Simon

Gravure : Jean-Claude Salemi – Texte : Vincent Tholomé

Gravure : Roger Dewint – Texte : Jack Keguenne

Gravure : Elisabeth  Bronitz – Texte : Milady Renoir

Gravure : Johanna  Matlet  – Texte : Eric Piette

Gravure : Jean Coulon  – Texte : Jean-Claude Legros

Gravure : Gabriel Belgeonne – Texte : Alain Germoz

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Merci Dickens!

Posté par traverse le 25 décembre 2013

« azertyuiopqsdfghjklmwxcvbn »,

avec ces 26 lettres disposées sur mon clavier devant moi depuis tant d’années, je vous offre le meilleur pour 2014: créer, râler, s’opposer, dire, écrire et relier.

Ma joie de cette fin d’année doit être partagée…En ces temps de Crise, ou crisse ou grise ou grease, ou crees, ou…une bonne nouvelle, sur 11 millions de Belges (enfants, malades, invalides, vieillards cacochymes, parturientes, nouveaux nés,….compris), la mobilité de la plupart des habitants de ce beau pays a permis l’augmentation des files, des queues, des attentes devant caisses, des achats en ligne, des bousculades devant comptoirs jusqu’à mettre en péril notre système BC (Bancontact et autres marques de banques en effervescence). Plus de sous, la panne sèche, la dèche, le désert, l’aporie, la déréliction, la terreur. On s’est dit alors devant tant de foi familiale bafouée, devant tant de frustrations collectives que quelque chose de biblique, de religieux tout au moins avait eu lieu: l’étonnement devenu épiphanie, la sidération changée en incrédulité, le « vivre ensemble » devenu colère. Un miracle a eu lieu, une chance nous a touchés, une comète bienveillante nous a éclairés: ça peut donc s’arrêter au bon moment comme dans un conte de Dickens. MERCI!

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Atelier écriture Leuze/2

Posté par traverse le 15 décembre 2013

écrivain

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Dans l’atelier, très vite, l’emballement (!) est au centre du processus d’écriture, il faut s’y mettre, se jeter à l’eau, sinon, l’hésitation, la réflexion trop ordonnée entravent.

Il s’agit de se laisser aller dans la fluidité des incarnations que nous pouvons solliciter. Il suffit souvent de tirer le fil, de tendre l’idée, d’aller un peu plus loin que prévu et ça y est, ça décolle.

Il suffit? Comme vous y allez… En fait, écrire, c’est se donner une liberté, pas un laisser-aller.

Ecrire se fonde sur l’ouïe autant que sur la mémoire. Ecouter la langue, la laisser résonner en soi, se défaire des facilités molles, couper le son au tranchant de la langue le langage et la communication, tendre l’oreille jusqu’à l’entendement et non l’audition…

« J’écris avec les oreilles » Valère Novarina (et Flaubert le disait autrement…)

Ecrire, c’est faire du son qui a du sens. Et pas construire du sens qui se méfierait des coups de sang du son…

Ca se passait à Leuze mercredi.  Lors à la deuxième séance déjà des textes sont partis en fusée, des intimités de mémoire se sont dépliées et mises en forme. Ca y est , c’est l’aventure qui est sur les rails et nous sollicite.

Ecrire, c’est distinguer le vraisemblable du chaos, non le vrai du faux.

Une prochaine séance est prévue de 14 à 17h ce samedi 21 décembre…

Bienvenue…
DS.

 » (…)L’imagination, me semble-t-il, est une façon de ramener à la mémoire un événement que l’on n’a pas vécu (ou certainement pas directement, ou entièrement,…) mais dont on sait suffisamment de choses que pour en faire sa propre expérience. Cette imagination s’appuie donc sur une expérience à côté du semblant de réel passé dans la fiction. Cette imagination appelle à elle pour se développer un carburant qui n’est pas le « réel » mais le « vécu ». Le vécu étant ce qui reste de notre expérience flottante passée par le récit.

Il n’y aurait donc pas de vécu sans récit ? Je dirais plutôt qu’il n’y a pas de vécu auquel l’acteur-narrateur peut rendre justice sans récit.

Et ce passage par le récit, c’est l’imagination. Ce passage par le récit conditionne la vraisemblance, la vérité, la sincérité, le sentiment de réel du lecteur, … (…) »

DS

fichier pdf Imagination et vécu collectif

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Atelier d’écriture Leuze

Posté par traverse le 10 décembre 2013

paysage

Photo Laurence Biron

Monde ballant, Premier Atelier écriture 

« Rendre simple, c’est faire entendre ce qui résistait à l’écoute. La simplicité n’est pas la  simplification qui réduit, détruit, enduit de rumeurs simplistes le souvenir. La simplicité dégage le trait au centre de la complexité. Ecrire, c’est tendre vers cette simplicité et laisser entendre ce qui ne pouvait être entendu par excès de simplification. » 

DS

Samedi 30 novembre, 14-17h, Hôpital Saint Jean de Dieu,  Leuze-en-Hainaut. Une dizaine de personnes de tous âges. L’animatrice de l’Hôpital (Anne-Françoise Detournay), une dizaine de personnes et moi. Accueil par la Bibliothèque de Leuze…

 

Tracer des balises : on s’occupe des textes pas des personnes (pas d’intrusion biographique), la balle pelote est un « prétexte » au texte, tendre vers la simplicité et non des chipotages faussement littéraires, ….

 

Très vite, on passe aux lectures des textes écrits à domicile…Des témoignages, des hésitations sur le ton) employer, des récits de vie, de l’humour, des moments de forte émotion…

 

Trois heures à lire, comment se dire ? Comment rejoindre le temps du souvenir, qu’est-ce que le réel en matière d’écriture,… ? Puis, encore et toujours la question du travail d’écriture. Ecrire, c’est s’exprimer, pense-t-on, oui mais s’exprimer ; ça ne se fait pas n’importe comment…Il y a des contraintes, des moyens, des méthodes. Et la liberté ? Elle est dans le cadre de ces contraintes, un électron qui va dans tous les sens, mais dans le cadre…

 

La qualité de l’accueil (La Bibliothèque de Leuze, Echeveau – Hôpital St Jean de Dieu), la bienveillance des participants, l’humour…ont fait de cette première séance, une ouverture à une « Rhapsodie » (1) qui va croitre de séances en séances…

 

A bientôt, mercredi 11 décembre, puis samedi 21 décembre.

(1) Le nom de rhapsode vient de raptein (coudre).

 

 

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