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« Au karcher s’il-vous-plaît! »

Posté par traverse le 15 janvier 2014

 

« Au karcher s’il-vous-plaît ! »

 Les Feuillets de corde n° 13

Revue effervescente

Janvier-février-mars 2014 – Lancement du N°13

Allégorique

fichier pdf Au karcher . Présentation

Dimanche 2 février de 15h-17h

Nous accueillerons l’écrivain Tom Nisse qui donnera une performance exceptionnelle en compagnie  du saxophoniste  Nicolas Ankoudinoff

(Présentation de son travail par Eric Piette et Daniel Simon)

avec le photographe Jean-Sébastien Pineau

Lectures-performances, contributions libres

(Venez avec vos textes sur le sujet)

A la librairie 100 papiers – Schaerbeek – 23 Avenue Louis Bertrand

1030 SchaerbeekEntrée libre

Http://www.traverse.behttp ://traverse.unblog.fr

traverse@skynet.be 0477/76.36.22

http://traverse.unblog.fr/2013/12/29/les-feuillets-de-cordecollector/

fichier pdf Les Feuillets de cordecollector

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La littérature Et le sexe!

Posté par traverse le 15 janvier 2014

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Hanif Kureishi, à l’occasion de son dernier roman.

HANIF KUREISHI est né à Londres en 1954 de père pakistanais et de mère anglaise. Il a notamment écrit "le Bouddha de banlieue" et "Quelque chose à te dire", et il publie cette semaine chez Christian Bourgois "le Dernier Mot". Il a également écrit de nombreux scénarios. (Sipa)

HANIF KUREISHI est né à Londres en 1954 de père pakistanais et de mère anglaise. Il a notamment écrit « le Bouddha de banlieue » et « Quelque chose à te dire », et il publie cette semaine chez Christian Bourgois « le Dernier Mot ». Il a également écrit de nombreux scénarios. (Sipa)

Le Nouvel Observateur Votre nouveau roman, «le Dernier Mot», raconte la relation passionnée et violente qui s’instaure entre un célèbre écrivain anglais d’origine indienne et son biographe. Vous présentez ce couple comme une sorte de créature monstrueuse.

Hanif Kureishi Si cet écrivain est un monstre, c’est sans doute parce qu’il ne connaît pas de limites. Et peut-être aussi, tout simplement, parce que c’est un artiste. Nous créons nos artistes et nous en faisons des monstres, particulièrement en France, qu’il s’agisse de Rimbaud, de Verlaine, de Balzac. Nous octroyons aux artistes le droit de dire et de faire tout ce qu’ils veulent. Je voulais explorer cette conception romantique de l’artiste maudit dont on tolère tout au nom de son talent. Un homme qui peut vivre comme bon lui semble, à l’instar de Francis Bacon par exemple. Je m’intéresse à ce que révèle une telle conception, qu’on rencontre en Occident mais aussi, dans une certaine mesure, en Inde vis-à-vis des poètes.

La relation de l’écrivain avec son biographe est pour le moins étrange et violente.

Cela vient du fait que l’idée même de biographie est terriblement réductrice. La complexité de toute existence ne saurait être embrassée par un simple récit, surtout lorsqu’il est l’œuvre d’autrui. Cela ne peut aboutir qu’à un malentendu, ou à une parodie de ce qu’on a vécu. La tâche d’un biographe est de réduire une vie à quelques pages, alors que celle de l’artiste authentique consiste à ouvrir l’esprit du lecteur.

Accepteriez-vous qu’on écrive votre biographie ?

Cela ne me dérangerait pas, tant que je n’aurais pas à la lire ! D’ailleurs, quelqu’un est en train de tourner un film sur moi. Je ne le regarderai pas. Je n’ai pas envie de me voir, filmé du point de vue d’autrui. La perspective risque d’être trop restreinte, alors pourquoi m’infliger ça?

Mais avez-vous jamais apprécié de grandes biographies?

Oui. Quand j’étais adolescent, j’ai adoré lire des biographies de Balzac, dont la vie est fascinante, de Dickens ou de Victor Hugo, voire des Beatles. Je ne suis pas opposé par principe à cette forme littéraire. Mais ce qui m’intéressait pour mon roman, c’était le dispositif même: un écrivain consacré et puissant, un jeune biographe britannique blanc, deux ou trois femmes qui gravitent autour d’eux, la maison de campagne comme lieu clos, l’idée même du projet biographique.

Quand j’ai entrepris de l’écrire, je ne le voyais pas comme l’histoire d’un personnage unique, mais comme la mise en place d’une série d’interactions ouvrant la possibilité qu’un événement imprévu se produise. Je ne savais pas nécessairement où j’allais, mais justement je voulais me surprendre moi-même. Cette part d’inconnu est essentielle lorsque l’on doit consacrer trois ou quatre ans à écrire un livre.

Ce roman pourrait donner matière à un très bon film, dans la veine du «Limier» de Mankiewicz.

Il va effectivement être adapté l’an prochain, sans doute par Roger Michell. Ce serait notre cinquième collaboration.

Votre personnage d’écrivain évoque irrésistiblement V.S. Naipaul, et sa relation complexe avec son biographe Patrick French. Vous en êtes-vous inspiré?

Non. Je sais que cette biographie existe, mais je ne l’ai pas lue. Cela dit, j’ai toujours décrit dans mon oeuvre des personnages masculins d’Indiens vieillissants et quelque peu monstrueux: c’était le cas dans les scénarios de «My Beautiful Laundrette» et de «Sammy et Rosie s’envoient en l’air», comme dans mes romans «le Bouddha de banlieue» et même «Black Album».

Vous connaissez Naipaul ?

Je connais surtout sa femme, Nadira, une personne incroyable. Elle est très amie avec ma famille au Pakistan, notamment ma tante.

Aimez-vous l’oeuvre de Naipaul ?

Énormément. Surtout son livre «Crépuscule sur l’Islam. Voyage au pays des croyants».

Est-il exact que dans les années 1970 vous avez débuté comme auteur de romans pornographiques sous le pseudonyme d’Antonia French?

J’en ai effectivement écrit, vers 1977, à l’époque du punk et des squats. Londres était une ville complètement délabrée, ce que reflètent bien les chansons des Clash et des Sex Pistols. Il y avait un intérêt fervent pour toute une culture de la marge, sous l’influence notamment de Lou Reed et de la scène new-yorkaise: l’héroïne, le cuir, la pornographie, le milieu gay, les boîtes disco…

Beaucoup de mes amis, femmes et hommes, se prostituaient pour survivre. Les hommes racolaient les riches clientes du grand magasin Harrods et des boutiques chics du West End. Je vous parle d’un temps où Londres, comme New York, n’était pas encore la ville aseptisée qu’elle est devenue. Du coup, mes romans faisaient pâle figure à côté de la vie réelle que menaient mes amis. Quant au pseudonyme «French», c’était simplement un clin d’oeil aux Français qui, comme chacun sait, ont l’esprit mal tourné…

Voyez-vous une filiation entre les romans de Naipaul, puis les vôtres et ceux de Rushdie, et enfin ceux de la nouvelle génération d’écrivains indo-pakistanais ou indo-caribéens, Zadie Smith, Monica Ali ou Nadeem Aslam?

J’ai été le premier de tous ces écrivains à naître en Angleterre. Naipaul vient d’ailleurs. Mais le livre qui nous a ouvert des portes fut incontestablement «les Enfants de minuit», de Rushdie, en 1981. J’ai écrit «My Beautiful Laundrette» trois ans plus tard, puis «le Bouddha de banlieue».

C’est le moment où une Angleterre jusque-là insulaire s’est ouverte au multiculturalisme, à l’influence de l’Inde et d’autres pays, à l’émergence des musiques du monde, des cuisines du monde et, en l’occurrence, des littératures du monde. Une fois de plus, ce sont les marges qui ont nourri et régénéré le centre et ont permis à la culture d’évoluer. Aux Etats-Unis, il y avait eu Toni Morrison et Alice Walker.

Je suis évidemment très ami avec Salman [Rushdie], mais également avec Nadeem Aslam. Je devais d’ailleurs le voir la semaine dernière à Bombay, mais étant pakistanais il n’a pas obtenu de visa… Des bureaucrates indiens ont même interrogé mon agent sur le contenu de mes propres livres ! J’apprécie également Monica Ali et Zadie Smith. D’ailleurs, ce sont désormais des romancières consacrées. On voit déjà apparaître une nouvelle génération d’écrivains originaires du tiers-monde, en Grande-Bretagne mais aussi aux Etats-Unis, comme Jhumpa Lahiri.

Les tourments de l’immigration, le racisme sont au cœur de vos romans. Où en est aujourd’hui le modèle multiculturel britannique?

Je reste émerveillé de la réussite de ce modèle, d’autant plus qu’il est encore tout récent. J’ai grandi dans les années 1950 et 1960, à une époque où l’Angleterre était encore un pays monoculturel – et aussi un pays en pleine décrépitude, sous le double coup de la guerre et de la perte de l’empire colonial. Le multiculturalisme l’a métamorphosée de façon miraculeuse.

Cela est né des nécessités de la reconstruction d’après guerre. Le pays avait besoin d’un afflux massif de main-d’oeuvre, laquelle est venue du sous-continent indien et des Caraïbes. Personne n’avait prévu ce bouleversement démographique, qui n’a pas été planifié mais improvisé. La Grande-Bretagne est un petit pays, mais Londres exerce un pouvoir considérable dans le monde, sur le plan financier et surtout culturel. Et Londres ne tient que par l’immigration.

Aucune économie ne peut prospérer sans main-d’œuvre massive et qualifiée. Mais cette situation crée des clivages, car si elle profite aux classes moyennes elle s’établit aux dépens du prolétariat, qui y perd des emplois. Le système fonctionne, et en même temps il produit des tensions ! Mais on ne peut pas créer un monde nouveau sans tensions. Au moins, il n’y a pas d’affrontements raciaux sanglants en Grande-Bretagne.

Quel est selon vous l’état de la Grande-Bretagne?

La crise financière nous a durement affectés, et comme toujours le Parti conservateur en a profité pour effectuer des coupes drastiques dans les dépenses publiques: la santé, les services sociaux… Politiquement, je suis très désabusé. Mais la situation est pire ailleurs, en Chine, en Inde, dans les pays musulmans…

L’Inde vient de voter une loi réprimant l’homosexualité, alors même que la Grande-Bretagne vient d’autoriser le mariage gay – un siècle après l’emprisonnement d’Oscar Wilde… C’est bien la seule mesure pour laquelle David Cameron passera à la postérité. Il faut poursuivre et défendre de telles mesures de libéralisation des mœurs. Malgré tout le mal que j’ai à dire de l’Angleterre, je dois reconnaître que les Anglais demeurent très attachés à la défense des libertés individuelles.

Pourtant, le gouvernement britannique pratique la cybersurveillance. Vous avez signé avec de nombreux écrivains une pétition contre les agissements de la NSA révélés par Snowden. N’y a-t-il pas là justement un danger pour les libertés individuelles?

Si, bien sûr, d’autant que nous n’en étions pas informés. Mais nous ne cessons de divulguer des informations personnelles. Chaque fois que j’utilise mon iPad, je me sais espionné. La notion de vie privée, d’intimité, la conception même de l’individu se trouvent transformées par ces bouleversements technologiques. Philosophiquement, c’est une question passionnante. On se croit à l’abri chez soi, à lire un livre. Mais chaque fois qu’on consulte ou qu’on utilise Twitter cette information est collectée et analysée.

On est constamment observé, comme dans le panoptique imaginé par Jeremy Bentham, ou comme naguère en Allemagne de l’Est. Et c’est encore pire pour la génération de nos enfants, qui utilisent un ordinateur depuis l’âge de 3 ou 4 ans: à travers les sites qu’ils ont un jour consultés, c’est toute leur vie qui se trouve archivée. Je suis très hostile à tout contrôle exercé sur l’individu. Cela dit, nous sommes tous un peu complices de cette situation. Et Londres est l’une des villes qui comptent le plus de caméras de surveillance !

Le sexe et le désir sont au coeur de tous vos romans. Dans quelle mesure s’agit-il d’une force motrice dans nos vies?

Je suis allé en Inde récemment. Je ne connais pas grand-chose à la politique indienne, mais j’ai été frappé de voir que la presse ne semblait parler de politique qu’en termes de scandales liés au sexe. Et c’est la même chose en France, avec l’affaire DSK. Dans notre curiosité pour ces histoires croustillantes, nous avons la même approche que le personnage du biographe dans mon roman: nous essayons à toute force d’établir un lien entre la sexualité d’une personne et les autres aspects de sa vie.

C’est pareil pour J.F. Kennedy. De son vivant, on ignorait qu’il baisait trois femmes par jour – sans quoi il déprimait et avait la migraine… Le sexe occupe incontestablement une place centrale dans nos vies. Reste la question de son rapport avec leurs autres aspects. Relève-t-il de la vie privée de l’individu, qui ne regarderait que lui?

Du point de vue du psychanalyste, ou du biographe, la sexualité (ou son refoulement) constitue une clé pour comprendre quelqu’un, dans l’idée que sa vie serait différente s’il n’était pas homosexuel, ou monogame, ou infidèle. C’est cette conception que j’explore, et c’est à elle que résiste le personnage du romancier dans mon livre, qui la trouve simpliste. Mais nous ne cessons de raisonner en ces termes, notamment en ce qui concerne les politiciens ! Et la sexualité peut être destructrice. DSK aurait été élu président s’il n’avait pas tiré un coup dans une chambre d’hôtel, sans raison valable. C’est une histoire fascinante.

Vous semblez dire que le sexe et la littérature sont également dangereux.

J’avais en tête l’affaire des «Versets sataniques». Mais on pourrait également évoquer les scandales provoqués par «Madame Bovary», «les Fleurs du mal», «Lolita», Henry Miller ou «l’Amant de Lady Chatterley».

Depuis cent cinquante ans, on ne compte plus les livres interdits. Cela vient de ce que les livres donnent à penser des choses impensables. Certaines personnes les rejettent pour les idées qu’ils expriment, car elles ont une force subversive au même titre que le sexe. Les livres font voler en éclats l’apparence respectable des choses, la norme, le conformisme.

Tout écrivain, s’il est un authentique artiste, est forcément diabolique – au sens où il dit ce qu’on n’est pas censé dire. Je dis toujours que Rushdie est le porte-parole des musulmans, plus exactement de leur inconscient. Il dit ce qu’ils ne supportent pas de dire et d’entendre. Ce faisant, il accomplit sa tâche de bon diable. Il en a payé le prix, mais il fallait que quelqu’un le fasse.

Pour vous, un bon écrivain doit-il être transgressif ?

L’écrivain doit être lui-même. Quant à son rôle dans la société, il varie en fonction des lieux et des époques. Lorsque les premières pièces de Pinter étaient jouées à Prague sous le régime communiste, elles étaient considérées comme subversives, alors qu’à Londres on les trouvait simplement bizarres ! La dimension transgressée n’est pas intrinsèque à l’œuvre ou à l’auteur, elle est définie par une société donnée.

Ai Weiwei est plus transgressif en Chine qu’à Paris. Personnellement, je ne trouve rien de transgressif aux «Versets sataniques», mais au Pakistan ce livre est interdit à la vente, comme tous les autres ouvrages de Rushdie d’ailleurs. Un libraire qui proposerait ses livres verrait son stock brûlé. A Bombay même, la semaine dernière, lorsque j’ai mentionné le nom de Rushdie, tout un rang de spectateurs a quitté la salle.

Propos recueillis par Gilles Anquetil et François Armanet

http://bibliobs.nouvelobs.com/romans/20140109.OBS1864/hanif-kureishi-un-ecrivain-est-forcement-diabolique.html

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Éloge de la littérature/Tabucchi

Posté par traverse le 15 janvier 2014

Éloge de la littérature

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Antonio Tabucchi

 

Aix-en-Provence, le 12 janvier 2007,

Université de Provence, Amphithéâtre Guyon.

 

11 – Je n’aurais jamais pensé que je me chargerais un jour de tisser l’éloge de la littérature. Le fait que j’en aie produit beaucoup, voire trop, transforme mon éloge en un évident pléonasme. Mais parmi les privilèges de l’âge on trouve surtout le droit aux pléonasmes : autant en profiter. Au demeurant aujourd’hui, comme toujours dans l’Histoire, il me semble que la littérature mérite un éloge, et surtout un soutien. Au fond elle a les ennemis de toujours, les mêmes détracteurs, les mêmes adversaires de l’extérieur et de l’intérieur, les mêmes assassins. La phénoménologie de ses ennemis dispose d’une vaste trigonométrie. Au zénith on trouve ceux qui ne se bornent pas à la persécuter parce qu’elle les dérange : ils préfèrent assassiner directement les fauteurs de troubles. Ce qui résout à l’évidence le problème à sa source. Dans cette pratique le stalinisme fut exemplaire. Le leader du peuple soviétique, auteur entre autres d’essais de linguistique, s’était rendu compte que la littérature utilisait une autre langue, et que celle-ci ne coïncidait pas avec la sienne. Ou mieux, il avait compris qu’elle n’était pas à strictement parler un problème de langue, parce que Mandelstam et Pasternak utilisaient le russe eux aussi. Il avait compris qu’ils n’utilisaient pas la même parole. Bref, il avait parfaitement compris la leçon de Saussure et en avait tiré les conséquences que nous savons. Cette pratique n’a certes pas pris fin avec Staline. Nous en avons pris conscience avec un certain effroi en 1990, quand à Strasbourg nous avons constitué le Parlement International des Écrivains et un réseau de villes-refuges où accueillir ces écrivains auxquels dans leurs pays on désirait couper la gorge en leur tranchant les cordes vocales, lieu dévolu à la phonation, c’est-à-dire à la parole prononcée avant d’être écrite. Les nazis ont brûlé des millions de personnes. Mais ils ont commencé par brûler des livres. Surtout ceux qui contenaient de la littérature, cette littérature qu’ils qualifiaient de « dégénérée ». Dégénérée en tant que porteuse d’une parole différente de la leur ; une vision du monde différente.

2La littérature, en substance, c’est cela : une vision du monde différente de celle qu’impose la pensée dominante, ou mieux la pensée qui est au pouvoir, quelle qu’elle soit. Elle est le doute, quand l’institution veut que ceci soit « ainsi », que ceci ne soit pas tout à fait « ainsi ». Le doute, comme la littérature, n’est pas monothéiste, il est polythéiste. Du reste, les conséquences des pensées monothéistes, qui ne nourrissent aucun doute, sont sous les yeux de tous.

3Il y a quelques années j’ai eu une polémique avec un sémiologue italien qui écrit aussi des romans. Ou mieux, je me suis limité à répondre à une injonction qui m’avait paru avoir valeur d’intimidation, lancée depuis une tribune médiatique (la chronique d’un hebdomadaire à grand tirage) dans laquelle il prétendait enseigner aux autres écrivains quel devrait être leur rôle. Si par exemple votre appartement prenait feu, contentez-vous d’appeler les pompiers, conseillait le sémiologue, car l’écrivain, et l’intellectuel en général, est un citoyen comme les autres, et en tant que tel il doit se contenter de téléphoner aux pompiers. Je répondis que le numéro des pompiers je l’ai bien en évidence parmi les numéros d’urgence, à côté du téléphone, et que je le composerais immédiatement en cas de nécessité. Et d’habitude les pompiers arrivent sur-le-champ et éteignent l’incendie, comme cela advint en 1980 à la gare de Bologne. Si ce n’est que le rôle d’établir l’origine du sinistre n’est pas celui du capitaine des pompiers. Et dans le cas où les autorités chargées de la vérification des faits renâcleraient, je désirerais savoir si l’incendie de mon appartement (ou de la gare d’en face) a été causé par un court-circuit, un cocktail molotov ou une bombe de forte puissance. Si ce n’est pas trop demander. Parce que c’est cela aussi, le rôle de la littérature : fourrer son nez là où commencent les omissions.

4Mais si ces dernières années en Italie il y a eu des gens pour vouloir déléguer notre connaissance à la diligence des pompiers, en France il me semble qu’il n’en manque pas pour nourrir la nostalgie du « bon vieux temps ». Cette « marche de l’écrevisse » (« on fait comme les écrevisses / un pas en avant deux pas en arrière », disait Prévert) n’aurait pas attiré mon attention si elle avait eu lieu dans la paroisse d’un lointain village de province. Si je la mentionne, c’est parce que cette pensée circule dans des lieux de haute réputation culturelle, où nous étions habitués à écouter la parole de Claude Lévi-Strauss et de Michel Foucault. Ces dernières années, après que ceux qui prennent soin de nous nous eurent hospitalisés dans différents services, en nous structuralisant, en nous formalisant, en nous déstructuralisant, en nous psychanalysant, en nous sémiotisant, et après que, finalement, dans le service de thérapie intensive, des médecins plus humains furent parvenus à la rassurante conclusion que nous sommes simplement modernes, si ce n’est post-modernes, et que d’autres, encore plus compatissants, eurent débranché la prise en nous déclarant posthumes à nous-mêmes ; eh bien, alors que nous étions désormais convaincus que nous étions synchrones avec le calendrier grégorien ou même franchement en avance sur lui, voilà que tout à coup de très doctes érudits sont en train d’arriver à la conclusion que les meilleurs écrivains modernes (et même post) seraient en réalité « anti-modernes ». Et pourquoi ? Parce que ces écrivains modernes, se méfiant de la modernité, et la prenant peut-être même en grippe, à bien y regarder iraient contre elle.

5Je crains que le nœud de la question n’échappe à ces illustres penseurs : à savoir qu’être moderne signifie vivre pleinement la modernité que nous sommes en train de vivre, et en même temps la craindre, la regarder dans les yeux pour sonder ses aspects les plus féroces. D’excellents indices pourraient leur être fournis sur la question par un écrivain moderne s’il en est, Milan Kundera, surtout dans un de ses écrits adamantins dans lequel les deux principes actifs du roman moderne (la modernité dans son côté le plus lumineux et dans son côté le plus sombre) sont mis en évidence de façon flagrante : Les Testaments trahis (en particulier l’insurpassable essai sur Franz Kafka). Car la modernité, cela ne fait pas de doute, c’est aussi la machine à torturer diabolique et aseptisée de La colonie pénitentiaire de Kafka (d’une extrême actualité, d’ailleurs, compte tenu des systèmes de torture actuels, moins aseptisés et organisés à grande échelle). La modernité c’est aussi l’insurmontable bureaucratie du Procès, c’est l’impénétrable Château (avec Pasolini nous pourrions l’appeler « Il Palazzo »), où le citoyen n’a plus de citoyenneté, étant un être anonyme, un numéro, ou même un insecte (cela aussi est d’une actualité stupéfiante, si l’on considère les milliers de Personne qui errent par le monde). Et Céline, pourrions-nous donc le définir « anti-moderne » parce qu’il a subi et relaté la terreur et le dégoût que représenta le charnier de la Grande Guerre, obtenu au moyen d’effroyables armes modernes ? Ne vous semble-t-il pas d’une extrême actualité ? Céline est terriblement moderne précisément pour cela : il a eu le courage d’avancer à tâtons dans les ténèbres de la vie et de l’Histoire, il a plongé les mains dans le sang et dans les excréments du XXe siècle, en tout point identique à notre siècle nouveau. Voilà sa modernité, et j’ai l’impression qu’il n’appartient pas au vrai modèle sur lequel les théoriciens de « l’anti-modernisme » dont je parlais fondent leurs catégories de jugement : un modèle qui se résume substantiellement dans la pensée de Joseph de Maistre.

6Ceux qui aujourd’hui sont hostiles à la modernité et qui par exemple manifestent un agacement particulier envers le Siècle des Lumières, ne voudraient pas seulement éteindre les lumières que la modernité apporte avec elle, mais (qu’on me passe le paradoxe) éteindre aussi l’obscurité de la modernité, à savoir la face inquiétante qu’elle offre nécessairement en même temps que son visage lumineux, et que la littérature a perçue d’emblée. Cette irritation dissimulée envers la littérature moderne me semble un symptôme très clair : elle signifie un agacement envers la littérature comme forme de connaissance. Peut-être, plutôt que de la voir sonder les plis de la réalité, préférerait-on qu’elle serve à maintenir les esprits cultivés dans l’insouciance. Mais la littérature est une forme de connaissance. Une connaissance pré-logique, comme l’a dit Maria Zambrano, d’ordre purement intuitif, sans laquelle toutefois la connaissance logique ne pourrait être, car, comme l’enseignent les épistémologues, la pure logique ne suffit pas à la connaissance, pas même à la connaissance scientifique. La littérature, comme la science, est à l’évidence créative, en ce sens qu’elle produit quelque chose qui auparavant n’existait pas, c’est à dire qu’elle invente. Mais, de même que la science, elle ne se limite pas à cela, qui est déjà extraordinaire : elle découvre. En ce sens qu’elle révèle quelque chose qui existait déjà mais que nous ne connaissions pas. Par exemple, Newton n’a pas « inventé » la loi de la gravitation : il l’a simplement découverte. Et il l’a transformée en connaissance logique au moyen d’une formule mathématique. La fameuse petite histoire de la pomme qui lui tombe sur la tête est la métaphore transformée en anecdote de l’importance de l’intuition, c’est-à-dire de la connaissance pré-logique. Il est évident que la pomme aurait continué à tomber éternellement même sans Newton, si ce n’est qu’il a eu l’intuition du motif de la chute et l’a explicitée par une formule scientifique. De la même façon, il est évident que les personnes qui ne sont pas amoureuses d’une autre personne, mais de l’idée de l’amour, constituent une catégorie humaine depuis toujours. Aujourd’hui cependant, ce « décalage » insidieux entre l’objet et l’idée qu’on s’en fait, nous l’appelons bovarysme. Le bovarysme existait avant Emma Bovary : le génie de Flaubert consiste dans le fait de l’avoir formulé en littérature. Flaubert n’a pas inventé le bovarysme, il l’a simplement découvert. La littérature sert aussi à cela.

72 – Dans sa leçon inaugurale au Collège de France du 7 janvier 1977, Roland Barthes affirme : « La littérature travaille dans les interstices de la science : elle est toujours en retard ou en avance sur elle, semblable à la pierre de Bologne qui rayonne pendant la nuit de ce qu’elle a emmagasiné pendant le jour, et grâce à cette lumière indirecte elle éclaire le jour à venir. La science est grossière, la vie est subtile, et c’est pour corriger cette distance que la littérature nous importe ». La vie est subtile, c’est vrai, mais j’ajouterai qu’elle est aussi insuffisante : « La littérature, comme l’art tout entier, est la démonstration que la vie ne suffit pas » (Fernando Pessoa). La littérature offre la possibilité d’un plus par rapport à ce que la nature nous concède. Et dans ce plus est contenue l’altérité, le petit miracle qui nous est accordé dans le voyage de notre brève existence : sortir de nous-mêmes et devenir « autres ». De l’hétéronymie de Fernando Pessoa s’est désormais emparée cette culture middlebrow promue par certains médias qui privilégient le bruit et le sensationnel, qui l’a traitée comme une sorte de cas clinique, je dirai même d’« effet spécial ». Et qui a fait connaître le poète comme un phénomène de foire, une sorte de « déviant ». Naturellement, la poétique de Pessoa, même dans sa position radicale, est inhérente à la littérature de toujours. En tant que « comédie humaine », en version moderne et réalisée en poésie, c’est la même que celle de Shakespeare, de Cervantès, de Balzac. Cervantès a dit de lui-même qu’il était simultanément Don Quichotte et Sancho Pança. Nous savons que Shakespeare ne fut prince d’aucun Danemark. Flaubert soutenait que Madame Bovary c’était lui, mais rien ne nous empêche de le penser comme la vieille servante Félicité d’Un cœur simple. Baudelaire a écrit : « Comme des âmes errantes qui cherchent un corps, il peut entrer, autant qu’il le veut, dans n’importe quel personnage ».

8La littérature n’est pas sédentaire, elle est nomade. Non seulement parce qu’elle nous fait voyager à travers le monde, mais surtout parce qu’elle nous fait traverser l’âme humaine. En outre elle est corrective, parce qu’elle est la seule possibilité qui nous soit accordée de modifier les événements et de corriger l’Histoire la plus marâtre. Parce qu’elle est le territoire du possible, de la liberté absolue. Enfermé dans le fort de Taureau, près de Morlaix, Auguste Blanqui, après la défaite de la Commune, prend sa revanche sur les événements qui l’ont écrasé. Partant des théories sur l’univers de Laplace, et donc avec une rigueur absolument scientifique, bien qu’appliquée à une pure hypothèse, il reprend l’idée de l’infini de l’Univers, du Temps et de l’Espace, en inscrivant son hypothèse dans une infinité de mondes possibles, avec une infinité d’histoires possibles, chacune au fond égale à elle-même mais avec des variantes dans le dénouement. Ainsi, par exemple, en un lieu indéterminé du temps et de l’espace, anywhere, les mêmes communards auront remporté la bataille et affirmé leurs idéaux, et Blanqui lui-même, identique à lui-même mais dans une de ses variantes possibles, au lieu d’éprouver la profonde amertume de la défaite, verra le triomphe de son idéal. L’Éternité par les astres, livre singulier et extraordinaire d’un non-lettré, est en réalité de la grande littérature et sans doute l’un des livres les plus révolutionnaires de la fin du XIXe siècle. Sans lequel, ajouterai-je, un grand écrivain comme Jorge Luis Borges n’aurait peut-être jamais existé.

93 – Pourquoi écrit-on ? La question, inévitable, revient toujours, même si l’on cherche à l’éviter, telle une de ces dames de charité vouées à leur catéchèse qui tous les dimanches viennent implacablement sonner à la porte. Mais même la réponse la plus radicale comme celle de Beckett (« Parce que je ne suis bon à rien d’autre ») est de toute évidence insuffisante et inspirée par une modestie qui par l’autodérision ne résout pas le problème. Je connais des dizaines de personnes qui ne sont « bonnes à rien d’autre » et qui dans leur vie n’ont jamais écrit une ligne. Du reste les réponses possibles sont toutes plausibles sans qu’aucune ne le soit vraiment. Écrit-on parce qu’on a peur de la mort ? C’est possible. Ou n’écrit-on pas plutôt parce qu’on a peur de vivre ? C’est possible aussi. Écrit-on parce qu’on a la nostalgie de l’enfance ? Parce que le temps est passé trop vite ? Parce que le temps est en train de passer trop vite et que nous voudrions l’arrêter ? Écrit-on à cause du regret, parce que nous aurions voulu faire une certaine chose et que nous ne l’avons pas faite ? Écrit-on à cause du remords, parce que nous n’aurions pas dû faire cette chose-là et que nous l’avons, au contraire, faite ? Écrit-on parce qu’on est ici mais qu’on voudrait être là-bas ? Écrit-on parce qu’on est allé là-bas mais qu’après tout il aurait mieux valu rester ici ? Écrit-on parce que ce serait beau de pouvoir être ici où nous sommes arrivés, et en même temps d’être aussi là-bas où nous nous trouvions auparavant ? Écrit-on parce que « la vie est un hôpital où chaque malade voudrait changer de lit. L’un voudrait souffrir près du poêle, et l’autre est convaincu qu’il guérirait près de la fenêtre » (Baudelaire) ? Ou n’écrirait-on pas plutôt par jeu ? Mais il ne s’agit pas du jeu pour le jeu, comme le prétendait l’avant-garde d’avant-hier en Italie et ailleurs, à savoir la littérature entendue comme mots croisés qui est si utile pour tuer le temps. Le jeu naturellement y est pour quelque chose, mais c’est un jeu qui n’a rien à voir avec les plaisanteries dans lesquelles excellent certains bateleurs, les prestidigitateurs du dimanche qui savent comment amuser ce cher public. C’est éventuellement un jeu qui ressemble à celui des enfants. Terriblement sérieux. Parce que quand un enfant joue, il met tout en jeu. Il prend un petit caillou et, assis devant chez lui, sur le seuil, tandis que le soir descend, tenant le caillou dans la paume de sa main, il dit que ce caillou, c’est le monde. J’insiste – il ne le pense pas seulement, mais il le dit, parce que ce n’est qu’au moment où il le dit que le sortilège se réalise et que le caillou devient le monde : c’est le pacte absolu. L’enfant sait que si ce caillou tombait, le monde s’écroulerait, l’univers où le monde tourne serait perturbé, les astres deviendraient fous et il ne resterait que le chaos. Il sait que tant que durera son jeu il aura entre les mains le destin du monde. Jusqu’au moment où son père apparaît dans l’encadrement de la porte en souriant, le dîner est servi, il commence à faire froid, demain il y a école, et à présent il faut rentrer. Le Buraliste a souri.

10Sans m’en rendre compte, je suis arrivé au point culminant d’un poème sublime de l’hétéronyme de Fernando Pessoa, Àlvaro de Campos, Bureau de tabac, dans lequel on trouve une analogie avec la risible et angoissante dialectique baudelairienne entre poêle et fenêtre. À la place du poêle il y a une chaise au fond de la pièce où de temps en temps le poète va s’asseoir pour réfléchir, savourant certaines intuitions (ses épiphanies) qui naissent en lui lorsqu’il regarde par la fenêtre de sa mansarde le bureau de tabac de l’autre côté de la rue, où les gens entrent et sortent, où il y a de la vie, comme dans la vie. Mais voilà que :

Un homme est entré dans le Bureau de tabac (pour acheter du tabac ?),

Et la réalité plausible s’abat tout à coup sur moi.

Je me redresse énergiquement, convaincu, humain,

Et je me promets d’écrire ces vers pour soutenir le contraire. […]

Mais un homme est sorti du Bureau de tabac (glissant la monnaie dans sa poche ?).

Ah, je le connais : c’est Esteves sans métaphysique.

(Le Buraliste s’est avancé sur le seuil).

Comme par un instinct divin Esteves s’est tourné et m’a vu ;

Il m’a fait un signe de salut, je lui ai crié « Ciao, Esteves ! », et l’univers

s’est reconstruit pour moi sans idéal ni espoir, et le Buraliste a souri.

 

11Mais qui est le Buraliste ? Voilà le problème. Et pourquoi sourit-il, peut-être de manière ironique ou même avec une suffisance débonnaire, comme pour indiquer au poète qu’il est vain de poser des questions à la vie et au monde, qu’il est vain de demander à son Bureau de tabac de nous révéler le mystère du tout ? Dans ce sourire il y a quelque chose de léonardesque, oserais-je dire, comme s’il s’agissait de l’insondable mystère des choses, de la limite de la connaissance humaine que le génie de Léonard a représentée sous la forme d’un sourire sur les lèvres de la Joconde ou de saint Jean, un quelque chose qu’Ortega y Gasset a appelé « ineffable ». On t’a accordé le privilège de connaître jusqu’à un certain point, tu ne peux aller au-delà, semble dire ce sourire. Comme le Buraliste, le propriétaire du Cirque, en saluant le public, sourit. Le spectacle est fini. La littérature s’arrête ici, le mystère de la vie commence. Et la littérature se remet aussitôt au travail.

Notizia bibliogafica

Italies, Revue d’Études Italiennes, Université de Provence, n° spécial, Echi di Tabucchi / Échos de Tabucchi

Antonio Tabucchi, « Éloge de la littérature », Italies [Online], N° spécial | 2007, online dal 01 octobre 2011, consultato il 03 janvier 2014. URL : http://italies.revues.org/3702

http://fr.wikipedia.org/wiki/Antonio_Tabucchi

 

(Merci à Jean-Marie Delgrange)

 

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Ateliers d’écriture 2014!

Posté par traverse le 9 janvier 2014

Avec les Bibliothèques  de Schaerbeek, des ateliers d’écriture…

dès la fin janvier 2014.

Ateliers d'écriture 2014!

Récits, histoires et cie… (ateliers de fictions)

Écrire et lire ou se faire lire, en dix séances dans la connivence et le respect, voilà le projet de cet atelier d’écriture où la liberté de créer est en jeu. Les ateliers d’écriture sont des moments de nouveaux d’apprentissages, d’expérimentation, de mises en chantier de projets personnels. Ce sont aussi des lieux pour s’abandonner au doux voisinage des mots de celles et ceux qui prennent le temps des récits.

Les samedis 25 janvier ; 8, 22 février ; 8, 15, 29 mars ; 19 avril ; 3, 17, 31 mai, de 10h à 13h.

Bibliothèque Mille et une pages – Place de la Reine, 1 à 1030 Schaerbeek

PAF : 140 €/100 € pour les Schaerbeekois

Les tables de mémoire

Chacune et chacun est invité à travailler une forme qui lui conviendra. Récits longs, récits courts cousus bout à bout, qu’importe… Il s’agit de soutenir chez chaque membre de l’atelier une volonté d’aboutir à un résultat : créer une dynamique d’écriture…

Aucune expérience d’écriture préalable nécessaire.

Les lundis 20, 27 janvier ; 10 février ; 10, 24 mars ; 14, 28 avril ; 5, 12, 19 mai, de 14h à 17h.

Bibliothèque Sésame (Boulevard Lambermont, 200 – 1030 Schaerbeek)

PAF : 140 €/100 € pour les Schaerbeekois

Les tables d’écoute du dimanche (coaching d’écriture)

Les auteurs-participants aux Tables d’écoute pourront développer leur projet, faire entendre des extraits de leurs textes, se faire conseiller, échanger des expériences, se donner des échéances… Cinq rendez-vous annoncés, peut-être d’autres si le groupe le souhaite. Tous les textes sont bienvenus, ils seront accueillis avec l’attention d’un groupe réuni autour du même objectif : aller de l’avant…

Les dimanches 26 janvier ; 23 février ; 30 mars ; 27 avril : 25 mai, de 15 à 18h.

Bibliothèque Mille et une pages (Place de la Reine, 1 – 1030 Schaerbeek)

PAF : 90 €

Les ateliers sont animés par Daniel Simon : écrivain, éditeur, animateur d’atelier d’écriture.

Tous les paiements peuvent être effectués en 3 fois sur le compte 068-2144376-24 de Traverse ASBL.

Renseignements/inscriptions :

Daniel Simon, 86/14, avenue Paul Deschanel à 1030 Schaerbeek
Tél. : 02/216.15.10 ou 0477/76.36.22
Blog : http://www.traverse.be

http://www.mabiblio.be/?p=3627

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Le cadeau de la Balle

Posté par traverse le 9 janvier 2014

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Il y a les Réseaux, les réseaux sociaux, réseaux personnels, réseaux financiers, réseaux politiques, réseaux familiaux, réseaux de mémoire,…les réseaux nous tiennent, nous tenons les autres dans nos filets…

Le filet (res, retis en latin), encercle, enclot, garde vivante la proie, la laisse aller dans les rets, mais la tient prisonnière. Un  récit, c’est un réseau de mémoire, de signes, d’expériences, d’émotions, de pensées singulières et de temps collectif.

Ecrire à propos d’un sujet aussi resserré dans le réseau de la mémoire collective est une gageure. Ne pas faire répétition documentaire, ne pas jouer l’anecdote qui ne dit rien que l’anecdote, aller au-delà du filet, jeter loin son regard dans le pare-brise mais aussi le tenir en permanence dans le rétroviseur.

Dans l’Atelier d’écriture « Balle pelote » de Leuze, les histoires se confrontent à des endroits extrêmement précis : la fiction, la mémoire et le récit de vie.

Ces trois formes de récits entrecroisent le vrai, le vraisemblable et la tentative d’atteindre la vérité de la remémoration de l’expérience.

Un miracle a lieu… Dans l’atelier un jeune homme (qui accompagne sa maman participante également de l’atelier) est un joueur passionné de balle pelote qui vient ponctuer nos échanges de cette sereine bonhomie de celui à qui « on ne la fait pas »…

Et le rire alors fuse, les générations se rencontrent, l’émotion nous relie. Cet atelier est un cadeau que j’ai le bonheur de poursuivre avec vous en 2014.

Belle année donc !

Daniel Simon

Ecrire un Récit suppose de laisser émerger souvenirs, faits, dates, circonstances et d’accorder ces événements dans le sens d’une « histoire », la sienne, peut-être ou la relation de celle-ci à une autre dans un espace contrarié par la dimension du temps.

Ecrire un Récit c’est donc accepter de raconter une histoire qui aura « infusé » dans la mémoire (la sienne, celle des autres, la mémoire de « deuxième main ») et d’en reconnaître pour mieux les agencer les signes.

Le Récit se situe dans un lieu au croisement de multiples chemins ou positions d’observation: la mémoire affective et collective, le souci de soi et de la reconnaissance de son identité, le désir de « révéler » (dans le sens photographique…) son expérience, son aventure humaine…

Blog de l’aventure Balle pelote en Hainaut: 

http://mbml2014.wordpress.com/2013/12/18/le-mot-de-d-s/

 

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« Au Karcher svp! »

Posté par traverse le 8 janvier 2014

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Un Scoop, Feuillets de corde N°13 (Editions Traverse asbl) à la Librairie Cent Papiers

Schaerbeek dimanche 2 février 2014 avec Tom Nisse (Texte)

et un invité photographe

Jean-Sébastien Pigeau-Najberg

(de 15 à 17h).

Un thème tout en douceur consacré aux « amis xénophobes » en ces temps de Commémoration de l’immigration marocaine et turque… »

Mais aussi à la question de la réduction du langage, à la radicalisation de l’idéologie de l’exclusion… »

« Au karcher svp! »

Avec Eric Piette et Daniel Simon à l’animation.

Lectures, performances et pluie garanties…

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Les Fêtes sont éteintes…

Posté par traverse le 6 janvier 2014

Les Fêtes terminées, les sapins de Noël s’alignent sur les trottoirs comme des dommages

collatéraux…

Notre ami et photographe Helder Wasterlain nous a ramené ces impressions d’abandon…

Il a travaillé sur quelques contraintes et entre autres la lumière qui évoque encore la Fête

déclinante…

Il a travaillé avec nous pour … Les Feuillets de corde:

http://feuilletsdecorde.unblog.fr/files/2013/12/lancement-du-n11.pdf

et la couverture de Outplacement d’Arnaud de la Croix:

http://couleurlivres.be/html/nouveautes/outplacement.html

 

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Deux livres, deux auteurs dans la collection Je

Posté par traverse le 3 janvier 2014

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Rencontres littéraires

Traverse asbl

A La librairie Cent papiers, 23 avenue Louis Bertrand

– 1030 Schaerbeek

Le dimanche 9 février de 15 à 17h,

deux livres, deux auteurs dans la collection Je  www.couleurlivres.be

Présentation par Daniel Simon                  

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Outplacement dans la collection Je – Quart de pageArnaud de la Croix

« Avant de vivre l’expérience, je connaissais le mot de vue. Et il ne m’inspirait pas confiance. Sans doute parce que s’y trouve le préfixe out, comme dans « Qui est IN et qui est OUT ? », ou comme dans knock out… Outplacement (prononcer aoûtpléssmeunt) est un mot qui ne se traduit pas en français, ce qui ne l’empêche pas de trimballer une chaîne lexicale qui fait froid dans le dos : mettre dehors, déplacer, déporter (au sens de porter hors du cocon douillet de l’entreprise, de déverser dans la rue, où les SDF meurent de froid. »

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Dans mon pays, loin de mon pays dans la collection Je

Lili Sorel

Lili Sorel a écrit ce récit d’un ton ferme et émouvant, en nous laissant entendre, avec une voix singulièrement apaisée, une partie de notre histoire congo-belge…

Ce texte s’est construit en deux années de recherche, d’affrontements difficiles, de retrouvailles heureuses, de mystères en partie élucidés. Ce texte est aussi un récit de voyage autant que le récit d’une vie, d’une génération, d’une part de notre histoire congo-belge. »

 

Invitation cordiale – Entrée libre – traverse@skynet.be – 0477/76.36.22 – www.traverse.be

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