Parlons sécurité

Posté par traverse le 24 avril 2014

 

Psycho (1960)Directed by Alfred HitchcockShown: Janet Leigh (as Marion Crane)

 

 

Maman, papa et les enfants en vélo, casqués comme des insectes interstellaires, se faufilent entre les voitures, gestes amples et capotes jaunes au vent. Ca prend du temps un charroi de chenilles, alors on regarde.

La petite est bien assurée dans son siège devant le père. En cas de choc ou de chute, c’est elle qui prendra tout. On ne peut quand même pas imaginer un sale accident avec une automobile honnie  alors qu’on roule si décemment! Que nenni. On avance donc, stoïques, le sourire aux lèvres dans des nuages de CO2.

°°°

Maman attend avant de traverser la rue, landau en avant. Parfois, c’est le hasard, la scène se passe au passage réservé. Elle pousse son landau et se penche au-delà, bien au-delà pour scruter le danger, à gauche, à droite. La poussette gène un peu, elle l’avance encore, un rien, pour mieux voir. Un camion, un bus, une voiture, Ben-Hur peuvent apparaître à tout moment.

Rien, heureusement, le petit dans son landau bavote et ne se doute pas qu’il est aux premières loges.

°°°

Dans le tram, Kevin Mohamed et Nadia s’installent et décident de se défaire des muscles dont ils étaient équipés en montant. Ca s’affale et se laisse aller dos contre portes sans le moindre souci des lois de la gravité. Une rupture de courant et les ouvertures se déclenchent. J’en ai vu un tomber, dos vers l’arrière et bras ballants, happé en une seconde, spectaculaire !

Depuis, j’explique et me fais traiter avec le mépris des aventuriers d’expérience. Ils ont raison, faisons confiance au beau hasard des pannes.

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Chacun son écran

Posté par traverse le 23 avril 2014

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« Aimer, c’est regarder ensemble dans la même direction », disait le bon Saint-Saint-Exupéry.

Pendant cinquante ans, ils regardèrent chaque soir ensemble le même téléviseur.

Aujourd’hui, chacun son écran.

 

°°°

Jeunes et heureux, ils marchent le regard fixé sur le téléphone qu’ils tendent devant eux, comme les premiers croyants portaient dans la foule impie des signes de reconnaissance.

Ils se croisent sans se voir mais finiront,béats, dans la fosse commune. Epargnons ici les lions.qui ne nous ont rien fait.

°°°

Maman pousse son landau et ne cesse de parler à son mobile coincé entre le cou et l’épaule ou le foulard. L’enfant ne se doute de rien, il est face à la foule, les landaus ont changé d’orientation. Patience,  il sera branché bientôt lui aussi.

Certaines, coquettes et adaptées, portent une ravissante oreillette et gagnent en aisance dans leur nonchalante conversation avec le monde.

 

°°°

C’est Pâques, Alléluia, et comme Noël, ce ne sont que fêtes de vieux ou d’acharnés à quelques agapes familiales ou autres bondieuseries, -n’est-ce pas chers dialogueurs de la neutralité?- et l’Esprit a donc changé de camp.

Une grande entreprise Télécom nous offrait il y a peu une magnifique publicité où un père niais et souriant appelait son fils, « Viens mon grand, les Cloches sont passées! » et l’autre de rechigner dans sa chambre de la plus vile des façons, mais il faut y aller. Et le chérubin découvre dans les herbes du jardin de merveilleux appareils sonnant et trébuchant, caquetant et tintinnabulant en lieu et place des œufs méprisés. On est de son temps ou on est rien.

Rome a passé la main à Télécom, ça sonne et ça résonne souvent de la même façon.

°°°

Nous passerons aux écouteurs plus tard, les acouphènes règnent et les tram arrivent sans bruit.

°°°

 

 

 

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Je me suis promis vite

Posté par traverse le 15 avril 2014

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Je me suis promis vite

de n’y croire jamais à ces rodomontades

des origines, du sol, du sang

et des identités asthmatiques en quête

d’un vieux souffle pour dire un vide,

une fontaine éparpillée dans laquelle on patauge,

ces temps innocents des meurtres bienveillants,

des machettes et des fours,

de la bêtise et du sexe vengeur,

ce temps perdu à racler les fonds de terroir,

 

Je me suis promis de ne pas y être attaché

à l’origine de mes parents, géniteurs,

morts aujourd’hui et plus souvent avant,

à l’homme nu que je fus et vers qui je me tourne

chaque nuit dans la mesure du temps,

mon unique linceul,

j’écris sur la blancheur des refrains en mesure

du territoire des hommes

où je vais le plus souvent seul.

 

Un trou, un cratère, une sonde où je tombe,

l’origine est une chute sans fin,

des histoires bricolées de l’antérieur,

des bandages glacés sur des corps de paroles,

des récits protecteurs, ridicules, risibles,

papiers d’identité de piètre qualité

que nous tendons dans des présents féroces

frissonnants du bonheur des dindons de pays

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La Cité des Ravissements

Posté par traverse le 14 avril 2014

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(Paru dans le dernier numéro de la Revue Marginales,

disponible en librairie,

sur abonnements ou  sur commande)

L’écrivain ne savait plus qui, de lui ou de ce qu’il prétendait être, parlait, écrivait ses histoires. Il ne s’y retrouvait plus. Il confondait de plus en plus souvent la mort de ses personnages avec le temps qui prenait tant et tant de place en lui. Il avait peur, il remettait sans cesse sa vie au lendemain au nom de simagrées qu’on aimait le voir faire.

 

Un matin, il ne se leva plus. Le réveil sonnait, il le laissa faire sans étendre le bras pour l’arrêter. Il s’enfonça un peu plus sous la couette et frissonna. Des cauchemars l’avaient traversé toute la nuit, il était en nage. Il avait soif, terriblement soif, il ferma avec force ses paupières et attendit que le monde se passe, sans lui.

 

Un peu plus tard, il alla aux toilettes, prit un magnum d’eau dans le frigo et retourna au lit. Cela dura une semaine. Il se nourrissait de ce qu’il trouvait dans les armoires surélevées de sa cuisine. Il cuisait des pâtes qu’il arrosait de piment et se mit à vider les dernières bouteilles d’alcool de son bar. Il écouta son répondeur quelques secondes, effaça les messages et débrancha le téléphone. Il fit le compte de ses provisions, il avait de quoi tenir un moment. Cette angoisse de manquer lui servait pour la première fois de sa vie.

 

Il ne voulait plus sortir, il ne s’en sentait pas la force. Le téléphone sonnait régulièrement, des mails arrivaient mais il ne les ouvrait plus. Il tenait sa tranchée, il en faisait partie, les bruits du dehors ne l’atteignaient plus de la même façon, ils ne marquaient plus l’étendue infinie au-delà des fenêtres à double vitrage, ils s’entremêlaient et s’étouffaient lentement. Un matin, il entendit le silence et eut besoin de pleurer. Mais il n’était pas encore prêt et alla se recoucher.

 

Il entama ainsi la deuxième semaine. Il se releva plusieurs fois et essaya d’écrire mais rien ne venait. Ses doigts rataient les touches du clavier et il effaça le tout en regrettant le geste de la feuille de papier qu’il arrachait, il y a longtemps, de la machine-à-écrire avant de la chiffonner et de la lancer dans la corbeille à côte de sa table de travail. Il n’y avait plus de geste dans la vie qu’il menait. Des répétitions de tics, des réflexes surs des surfaces sensibles, des chipotages tactiles, mais plus de geste d’ampleur. Son corps s’était rendu à l’ennemi. Il pensait résister mais tout était presque perdu, il le sentait, il le savait. Un homme sans ampleur n’était pas grand-chose à ses yeux. Cette qualité qu’il pensait perdue tenait encore le corps des vieux qui maniaient la lenteur avec la sûreté des pandas protégés.

 

Une deuxième semaine s’acheva. Il dut sortir faire quelques courses dans le quartier et éprouva un sentiment étrange : il était invisible et souriant, prêt à disparaître, paisible. Il était heureux de ne plus être là. Quelqu’un le bouscula, il se laissa emporter par la secousse jusqu’au bord du trottoir. Il se raidit devant une voiture qui passait et le regretta aussitôt.

 

Rentré chez lui, il s’assit face à la fenêtre et pleura, en secousses, puis de longs sanglots et renâcla enfin comme un cheval qui meurt. Il resta là la journée entière à regarder le ciel et la cime des arbres. Il ne comprenait pas encore ce qui lui arrivait bien qu’il en connût toutes les étapes. Le soir s’effilochait en lambeaux sur la crête des toits et il eut froid. Le besoin d’écrire était là, fragile mais comme à neuf. Il ouvrit l’ordinateur et relut la consigne que la Revue lui avait envoyée quelques semaines auparavant, « Comme en 14 ».

 

Il pianota des choses sans importance une heure durant. Tout était trop littéral. Cette guerre, il la connaissait depuis son enfance et les récits de ses grands parents. La boucherie, la boue, la bêtise, il avait tout entendu. Il avait respiré les gaz et la putréfaction. Il avait entendu les sanglots et les bombes.

Ses doigts s’arrêtèrent sur le mot « élagage ». Il aimait ce mot. Il l’employait souvent mais soudain il résonna sèchement comme une évidence. C’est à ce propos qu’il voulait écrire depuis longtemps. C’est sur cet élagage inévitable qu’il allait probablement connaître qu’il se mit à écrire. Sur cette façon qu’il faudrait réinventer de tuer les hommes quand ils sont énervés, en colère ou ivres de frustration.

 

Il regardait le grouillement, les masses, les coulées d’humanité se déverser un peu plus chaque jour autour des métropoles exsangues. Il voyait chacune, chacun, un à un, une à une, il les voyait dispersés sur la terre, il les regardait comme s’il s’observait dans un miroir : la grossièreté des traits, l’empâtement du visage, les rides, les balafres du temps, c’était lui, c’était eux. Dans le prisme de la compassion pour tant de douleur partagée, il saisit une idée qu’il voletait en lui et se mit à creuser.

 

Il travailla toute la journée, le lendemain et la semaine. Il engrangeait des sources, des modèles, critiquait ses données en permanence. Il consulta des traités d’eugénisme, découvrit les rêves mortifères d’hygiénisme de la guerre, des poètes  célèbres hantés par le nettoyage génétique, la confrontation au Chaos, la rude épreuve feu, tout ce qu’il fallait pour réduite le surnombre et renforcer l’humanité. La tribu mondiale cultivait des comportements locaux et d’apartheid. La rupture était imminente, cela basculerait bientôt dans la barbarie la plus effroyable au nom de Dieu, de l’eau, du développement continu et de ces saints apôtres pétroliers, les lignes de faille étaient visibles, les coutures lâchaient, la déchirure filait vers l’infini.

 

Le soir, il se sentait mieux. Il avait embrassé le pire et en sortait lessivé, libre, à nouveau audacieux. Son projet prenait forme. A la fin du trimestre, il estima avoir conclu sa modeste proposition. Il adressa son protocole et ses arguments aux instances nationales et internationales et attendit. Le texte était court et tenait à peu près en ces termes…

 

« Ils sont assis calmement face à leur pupitre. Ils écrivent en silence, tracent des rondes, des jambages, des pleins et déliés. Ils sont soigneux et silencieux. Cela coûte d’aller à l’école, alors on est attentifs, et studieux. L’avenir en dépend. Passer par là donne plus de chance de ne pas mal finir.

 

La cloche a sonné, ils se sont levés, ébroués, pris leur barda, leur fusil, leur casque et sont allés se faire tuer en chantant dans le soleil d’été.

 

Le soir, le maître a nettoyé la classe.

Le lendemain, elle était presque vide.

 

Le temps a passé, des cris, des murmures, des rires, des chaises qui renâclent et tombent, des sonneries, des rires, quelques uns sont affalés devant des documents qu’ils tiennent du bout des doigts, d’autres s’étendent en bâillant. Ca parle et ça s’exprime. Quand on passe par ici, l’avenir n’est pas certain disent les plus âgés.

 

Des réseaux s’organisent, des sociétés secrètes rassemblent des adhérents de plus en plus nombreux pour apprendre le soir ce qu’ils méprisent le jour. L’école est pleine et les cœurs sont vides. Ceux-là se sont vengés et ont tiré dans la foule un bel après-midi, les autres, là-bas vont boire et fumer avant de prendre la route et s’encastrer dans des poteaux d’acier. Ils tètent, ils grognent, ils pleurent, ils sont sans recours devant leurs besoins sans façons. (…) »

 

« (…) La plupart se débrouillent, sans idéal ni espoir, changent de pays, de noms, de langues plus souvent. Ils s’écrasent comme des insectes alourdis par une chaleur d’orage sur les pare-brise. Des maladies renaissent, des attentats crépitent sur la carte du monde, des raz-de-marée, des cyclones, des guerres, la famine, la soif, la peste et le choléra. Mais ça ne suffit pas. Il en naît chaque jour, trop et sans mesure. (…) »

 

Le rapport citait, reliait les arguments, bousculait les habitudes et bouclait finalement sa théorie de la façon la plus poétique…

 

« La destruction, l’élimination de l’humanité est un rêve inapproprié et sans fin. Nous le savons. Guerres, génocides, massacres, rien n’y fait. Une force de vivre plus haute que la survie ponctuelle et terrible habite les hommes, ils rêvent de se prolonger dans n’importe quel enfer et ils s’y emploient chaque jour. Nous voyons le résultat. Rien n’y fait.

 

Par ailleurs, une faille, un éclat dans le marbre, leur soif absolue de jouir et de jouir encore des plus jeunes aux plus vieux, la jouissance est le cap. Et cette frénésie érode tout. Le désir de soi gagne sur le désir de se perpétuer. Il suffit d’augmenter cette pression, louer cette disparition, la favoriser et le Chaos sera maîtrisé.

 

Des Cités de Ravissement, des couronnes d’addictions autour de chaque zone urbaine, des districts du plaisir réglementé, voilà la solution.

 

Ma modeste proposition consiste à établir ces Cités où toutes les drogues, plaisirs et assuétudes seraient offertes à l’humanité souffrante. Des cartes réglementaires, des bases de données numériques, tout sera diligenté pour rencontrer les désirs des consommateurs.

 

Chaque mois, chaque famille, et tout individu à partir de six ans, devra faire preuve de son  passage dans les Cités de Ravissement. Quatre passages mensuels suffiront à défaire en eux toute velléité de reproduction, l’effondrement sera régimenté, la dissolution de soi, la seule loi.

 

Lors de ces trajets vers les Centres aménagés, le manque et la nervosité suffiront à élaguer bon nombre des consommateurs (accidents, effets de panique, troubles cardiaques et respiratoires, crises d’angoisse, haine de soi, suicides collectifs,…). Lors des retours, nous arrivons aux mêmes conclusions, et de façon exponentielle.

 

Les assuétudes briseront toute velléité. La stérilité, le repli sur soi, l’abandon des autres, la désintégration sociale permettront d’accélérer encore le processus de décomposition.

 

Le temps sera le seul handicap. Les temps longs en ces matières peuvent s’installer. Il s’agira alors d’amplifier certaines dimensions de ma proposition mais elles sont en germe dans le fruit.

 

A ce rythme…. (…) »

 

L’écrivain avait terminé son œuvre, son plus bel opus. Il n’était pas mécontent du titre non plus. Cela résonnait comme l’époque. Exotisme, esprit de la ruche, spiritualité obsessionnelle dans une arche de contentement.

 

Sa modeste proposition reçut des accueils divers. Des chipoteries, des accents d’éthique bafouée, des incompréhensions dans la procédure proposée, mais tout était globalement positif.

 

Le sentiment du devoir accompli l’emplissait, des frissons le parcouraient comme les vaguelettes du ressac.

 

Il acheta une arme, un simple revolver à deux sous sur Internet et se prépara. Il ne se tira pas une balle dans le pied, son intention n’était pas d’échapper au prochain assaut mais de le précéder. Il visa la tempe, pour l’ampleur du geste qui menait le revolver jusqu’à l’endroit choisi et fit feu.

 

Ensuite, il prit une douche, s’habilla impeccablement et sortit, léger.

 

 

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Le jour commence

Posté par traverse le 13 avril 2014

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Pour Eric Piette,

13 avril, 2014

 

Le jour commence,

j’écoute la machinerie des oiseaux et du vent,

je devine ce dehors qui prend de la hauteur

dans le temps qui revient,

ce temps-ci, ce temps des animaux de la maison,

des malades et des enfants cachés,

ce temps-ci emplit tout,

bascule les horloges dans le sable,

dans la joie d’entendre encore

des paroles communes qui disent

le mal rompu pour un moment.

 

Je ne sais rien de là, où je vais

si longuement,

l’amour est une halte, peut-être

une prairie longue comme le vert

file sous nos sabots enfoncés

lourdement dans les terres du galop,

et puis, d’un coup une haie,

un muret, un ruisseau silencieux

effacent le poème du cheval ahuri

et je tombe à genoux

dans le présent furieux.

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Hier, je rentre dans un magasin de téléphonie

Posté par traverse le 6 avril 2014

Hier, je rentre dans un  magasin de téléphonie, au hasard, j’avais besoin d’une coque pour mon nouveau téléphone. Le « Paki » qui m’accueille me parle anglais en souriant, ses doigts courent sur les appareils, ouvrent des tiroirs, referment des boîtes, trouvent la pièce. Il me tend l’appareil équipé, mais sa tête est ailleurs, il sourit, observe les clients, me dit « C’est vingt euros ». Je n’ai pas de liquide sur moi, j’essaye une carte mais son appareil fonctionne mal, je lui tends alors mon GSM en gage et lui dis que je vais à la banque, là au coin. Ca prend cinq minutes, je reviens, je lui tends les vingt euros et lui, avec mon téléphone en main m’explique, grand sourire qu’il n’avait pas compris pourquoi je le lui avais abandonné pour partir aussitôt. Brève conversation autour du malentendu: l’argent, la banque, le gage…Il me répond en me serrant le bras: « No problem Sir, because your face ». Il tend alors la main vers mon visage en souriant encore plus. Je le remercie, lui serre également la main et on se quitte,  certains d’avoir été un court instant dans la grâce de la confiance et de la courtoisie.

J’étais troublé, comme si j’avais volé à l’étalage, trahi un vague ami, méprisé quelqu’un…Mais qui ? Je comprenais en marchant la main dans la poche en caressant mon téléphone tout neuf ce que je venais de vivre. J’y avais pris du plaisir. J’étais dans les tribus humaines, gratifié de « bonne gueule ». Je savais que l’homme, singulier, unique, en face de moi était de bonne foi et cette alliance que nous venions de faire, était aussi heureuse que pernicieuse.

Je pense à Willy Kyrlund et à ses terribles histoires de bonté paradoxale. Je vous renvoie à sa lecture (livre dit introuvable, et en occase, mais donc, faut vouloir, c’est bien)

fichier pdf Bonté.PDF

Willy Kyrlund, De la bonté, C. Bourgois, Collection La Lettre internationale, 1992.

téléchargement

http://translate.google.be/translate?hl=fr&sl=en&u=http://en.wikipedia.org/wiki/Willy_Kyrklund&prev=/search%3Fq%3Dwilly%2Bkyrklund%2Bwikipedia%26rlz%3D1C1CHMO_frBE568BE568%26espv%3D210%26es_sm%3D93

(Traduction Google)

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Des amis joyeux et dangereux

Posté par traverse le 3 avril 2014

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Des amis joyeux et dangereux, des femmes belles et subtiles dans la mise à mort, des petites-filles en Alice serviles, des garçonnets tout ramollis de sucre et de rêves faciles, des vieillards plus inquiets que jamais , nous étions las de ces façons de mendiants et allions par les villages dire notre soif de vivre, nous buvions ce qu’il fallait pour supporter le monde, nous tapions fort dans le dos en jurant de ne jamais mourir, pissions sur les buissons et rentrions en balançant nos grands corps inutiles.

On remettait ça jusqu’au matin, notre bêtise comme seule apparition de l’aube, nos mâchoires pendouillaient et nous étions si déglingués que les chiens  le matin nous évitaient en relevant la gueule.

Je vois ce temps disparaître en silence, quelques textes, des objets parsemés, le goût des fleuves et des rivages, le cœur serré et la tête perdue dans la vision de tragiques transhumances. Nous allons.

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