Chekpoints…

Posté par traverse le 11 mai 2011

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Lundi 23 mai, 20h…
ADRESSE :
SAZZ’N'JAZZ
241, Rue Royale sainte-Marie
B – 1210 Bruxelles

J’y serai, je vous verrai, on en parlera, me réjouis…

http://www.cbai.be/resource/file/Evenements/CHECKPOINT_2011_press.pdf

www.cbai.be LECTURES, ENTRETIENS, MUSIQUE….PERFORMANCES…

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CHECKPOINT FESTIVAL

Posté par traverse le 5 mai 2011

CHECKPOINT FESTIVAL – Programme complet
par CHECKPOINT Festival, jeudi 28 avril 2011, 20:24

ADRESSE :
SAZZ’N'JAZZ
241, Rue Royale
B – 1210 Bruxelles

J’y donne lectures et performance le lundi 23 aussi en compagnie aussi de la Troupe poétique Nomade et de la musicienne Hélène Van Loo…Edmond Morrel fera le chef d’orchestre et avanti la musica…

Jeu 19/5

20h Concert : Rock night avec REDD (Turquie)

Ven 20/5

16h20h Tournée du train musical Checkpoint
(itinéraire exact bientôt ici !)

20h / Ouverture officielle du 1er Festival Checkpoint

21h30 / Film : « Lost Songs of Anatolia »

23h30 / Concert : Kadrievi

Sam 21/5

14-19h / Workshops & ateliers : Ferronnerie, Fabrication d’instruments de musique, sculpture, Caricature

19h / Vernissage expo « Flex-in-Security » (photo) & « Instabilisés » (sculpture, peinture)
Animation musicale by Brussels Street All Stars Orchestra

21h / Film : « Yadel » de Kenan Görgün : en présence du réalisateur et de l’équipe du film (sous réserve)

22h30 / Concert : Sazz’n'Jazz Quartet

Dim 22/5

14-19h / Workshops & ateliers, second jour

15-18h / Théâtre pour enfants : « Lili la brave » (Compagnie des Rêves), deux représentations en français et en turc

20h / Théâtre : « Le Mariage de Laila »

Lun 23/5

15-18h / Table ronde « La bande dessinée, art politique ? » avec Bernard Yslaire, Thierry Van Hasselt, Joe G. Pinelli, Xavier Lowenthal, Dante Bertoni. Elaboré en collaboration avec Thierry Bellefroid.

18H30 / BD & Caricatures : « Les Turcs dans la caricature et la bande dessinée: évolution et constantes d’une image » Présentation par Alain Servantie + table ronde avec Gurcan Gursel, Erdinc Utku, Ismail Dogan

20-23h30 / L’heure des mots, rencontre animée par Edmond Morrel (webradio Espaces Livres). Avec Daniel Simon, Edmond Morrel. Interludes musicaux par Hélène Van Loo.
+ La Troupe Poétique Nomade et ses inoubliables poésies performances!

Mar 24/5

18-20h / Flamenco Workshop avec Sophie Yero

21h / Danse show : Urban Nomads

Mer 25/5

14h30 / « Le monde en scène » projection du documentaire.
Table ronde : Quelle place pour les expressions culturelles minoritaires ? Performances en partenariat avec « Diversités sur scène » Modéré par Kenan Görgün.

20h / Concert : O.I.L. Emotional Rock.

21h30 / Soirée documentaire.
Ex-Voto de Caroline d’Hondt.
Taking back the bullets de Catherine Montondo.

En présence des réalisatrices.

Jeu 26/5

18h / Cuisines du monde. Avec Marisol Palomo (Centro Galego de Bruselas)

20h / Danses du monde: Luisa Gerdhaoui, la danse du cerceau ; Kunthea Ken, danse khmer (avec Dalhia Mees au violon) ; Sophie Yero, flamenco : Moises Lama, capoeira ; Ballet Monyoma, danses africaines ; Galicia Baila, danses galiciennes ; Kyung Hee Woo, danse coréenne (Dalhia Mees au violon), Nil Yogurtcu

Ven 27/5

14-20h / Marathon du Court-métrage. 6 h de projection non-stop.

20h / Photographie : Seba Asmaa – « Diversité à Schaerbeek ». Expo et rencontre.

21h30 / Concert : Zongora.

Sam 28/5

20h / Soirée de clôture du Festival Checkpoint.

ADRESSE :
LA TENTATION
Rue de Laeken 28
B – 1000 Bruxelles

Concert 1 : Raul Corredor Flamenco Quartet
Concert 2 : Kabbalah from the Balkans
Concert 3 : Ghalia Benali & Band

Dim 29/5

20h / SPECIAL GUEST Concert at Sazz’n'Jazz
KARGO/MASKOTT, the famous Turkish Rock Band.

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Demandez le programme…

Posté par traverse le 5 mai 2011

Une Radio web littéraire que vous connaissez peut-être…Bienvenue…
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(copiez le lien et ouvrez votre page Demandez le programme…)

http://www.demandezleprogramme.be/

- http://www.demandezleprogramme.be/Ecoutez-Daniel-Simon-au-micro-d?rtr=y
- résonance philo:

http://www.demandezleprogramme.be/Ecoutez-Daniel-Simon-en-resonance?rtr=y

- littérature

http://www.demandezleprogramme.be/Ecoutez-Daniel-Simon-au-micro-d,1197?rtr=y

Ecoutez Daniel Simon en résonance philosophique…

www.demandezleprogramme.be
Ecoutez Daniel Simon en résonance philosophique…, Daniel Simon répond à brûle-pourpoint à la proposition philosophique de Anne Deschamps, Les « Minutes Philo » d’ Anne Deschamps et Edmond Morrel…

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Le fiEstival #5 de la 5e Essence / Maelström

Posté par traverse le 29 avril 2011

J’y serai…Et vous?

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Grande attente pour cette 5e édition de notre plus grand événement annuel !
Le fiEstival #5 de la 5e Essence est bien route, mesdames et messieurs
!

Tout se trouve sur notre nouveau site internet www.fiestival.net

Il y aura cette année plusieurs particularités et nouveautés…

. Une programmation INDOOR à l’Espace Senghor qui se tiendra du Jeudi 12 au Samedi 14 mai… Plus de 50 artistes et poètes internationaux, des moments de convivialité comme la Banquet des poètes, des moments informels comme la Roue-Lotus des poètes et les Jams/micros ouverts où le public est invité à participer, des animations pour enfants, un concert de Daniel Hélin pour terminer en beauté les festivités…
Lien direct sur la page de la programmation INDOOR ICI

. Une programmation OUTDOOR ! Oui, pour la première fois les poètes et artistes envahiront/investiront la Ville de Bruxelles… et cela dès le dimanche 8 mai… Lectures, actes poétiques, impromptus, tout cela pour VIVRE POÉTIQUEMENT la ville….
Lien direct sur la page de la programmation OUTDOOR ICI

. Des Apéritifs à la Boutique maelstrÖm 4 1 4 ! Les 12 & 13 mai à 18h, juste avant les performances sur scène à l’Espace Senghor… Un peu de SUD voire d’Italie dans vos assiettes… histoire de commencer par un petit apéritif entre amis chaque soirée du fiEstival! Le Jeudi 12: Apéritif Toscan. Le Vendredi 13: Apéritif végétarien…

Et bien d’autres surprises que nous vous laissons découvrir sur notre programme…

ORGANISEZ-VOUS POUR VOS LOGEMENTS & POUR LE COVOITURAGE VIA LE FORUM DU SITE DU FIESTIVAL ICI

RÉSERVEZ dès à présent!

COMMENT? en téléphonant à l’Espace Senghor au +32(0)2.230.31.40

VENEZ CHERCHER VOS PASS 3 JOURS À 20 EUROS ! OÙ? À la boutique maelstrÖm 4 1 4, 364 chaussée de Wavre (piétonnier Place Jourdan, juste à côté de l’Espace Senghor) – tél.: +32(0)2.230.40.07 – info@fiestival.net

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Curieux dimanche Insectes 24 avril Sésame

Posté par traverse le 17 avril 2011

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La Revue parlée N°1

(relayée par l’image de Jacques Deglas et le son de Amina Harar pour Podcasts)

Comme dans toutes les bonnes revues:Un éditorial, des responsables de rubriques, un courrier des lecteurs,…

Donc, un avant-goût:

Edito: Des insectes et des hommes: malaise dans l’arrière-scène de notre monde. Après les dinosaures, nous, après nous, les insectes,…
Le nom toujours donné à l’humanité détruite: cloporte, vermine, cancrelat,…
Une protéine d’avenir, un partenaire nouveau pour l’homme (santé, médecine,…) et pourquoi pas le héros de notre in-humanité si fascinante…
La suite sur place…

Les insectes et le cinéma: Christian Van Tuijcom, cinéphile et passionné de ces recherches étranges que les cinéphiles affectionnent, nous mitonne une rubrique avec projections sur cette relation insectes-hommes que poursuit le cinéma de série B depuis…La Bombe…et les déclinaisons funestes du nucléaire. Oh pardon, il ne s’agissait pas d’actualité…

Insectes dans la littérature: des extraits, un parcours, que je ferai pour votre plaisir…

Un courrier des lecteurs pas piqué des…vers suivra… de 13h à 13h30

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Sur le principe de la fête familiale, la bibliothèque Sésame propose ce dimanche 24 avril 2011 un nouveau « Curieux Dimanche ». On ne change pas les bonnes habitudes : la bibliothèque, La Médiathèque et la ludothèque seront ouvertes exceptionnellement de 12h à 18h, avec l’abonnement annuel offert aux nouveaux inscrits pour la bibliothèques, de nombreuses surprises et cadeaux…

Un moment privilégié où toute la famille y trouvera son compte : rencontrer des auteurs, des dessinateurs BD, écouter un concert, assister à un spectacle, jouer en famille ou simplement s’installer dans un coin, écouter une histoire, lire un bouquin, le journal tout en sirotant un bon café ou une petite Kriek. Pour cette édition et à l’occasion de « Je lis dans ma commune 2011« , il y aura de nombreux chèques lire à gagner ! De plus, cette fois, nous rendrons hommage à la biodiversité et tout particulièrement au monde fascinant des insectes car de janvier à avril 2011, les bibliothèques ont proposé toute série d’animations sur le thème « Des insectes et des hommes« . Vous pourrez donc rencontrer des passionnés, des naturalistes, des associations de quartier, qui vous emmèneront à la découverte des insectes, de leur beauté, de leur fonctionnement social, de leur utilité pour l’homme, etc.

Vous aurez aussi l’occasion de rencontrer de nombreux auteurs et illustrateurs tels que Jean Baudet, Sylvie Godefroid, Jean-Luc Cornette, Patrick Verlinden…

Nous vous donnons dès lors rendez-vous le dimanche 24 avril 2011 à la bibliothèque Sésame.

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Dans le Parc à l’AEB

Posté par traverse le 16 avril 2011

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A l’Association des Écrivains belges, (Chaussée de Wavre, 150 Bxls), le mercredi 20 avril à 18h, Jean-Pierre Dopagne présente mon dernier livre Dans le Parc, éditions MEO. Vous êtes les bienvenus..

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DS et Jean-Pierre Doppagne
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Photos Pierre Moreau.

Dans Le Carnet et les Instants N°166

Dans le Parc à l'AEB dans carnets
Les mots pour dire le beau à travers le laid ou l’inverse

Superbe ouvrage composé de textes brefs écrits par Daniel Simon, poète, dramaturge, metteur en scène… qui excelle véritablement dans ce domaine. Je suis tombée sous le charme dès les premières pages, tant par la pertinence du propos que par l’élégance de plume des textes proposés. En quelques mots, Daniel Simon dit l’essentiel. Il ouvre également les portes d’univers tantôt grandioses tantôt plus démunis, entrées par lesquelles le lecteur pourrait s’engouffrer si il n’existait cette réserve de déflorer un monde mystérieux. Un réticence qui dure un temps, le temps nécessaire à la méditation, à la dégustation gourmande des perles qui émaillent le livre. Puis cet instant passé, c’est l’immersion en terre humaine, inconnue certes, mais familière par la justesse des émotions décrites et ressenties.
On y parle d’hommes, de coeur, de terre, de pluie, d’amour, d’absence… autant d’éléments qui composent nos vies.
Ces textes ressemblent à des tableaux ou à des moments fixés à jamais sur pellicule. Que disent ces regards, que font ces gens, où vont-ils, que regarde le soleil… autant d’interrogations qui nous entraînent loin et ça, c’est tout de même fantastique à vivre.

“Dans le parc”, c’est un lieu où l’on croise toutes sortes de gens, on observe et on imagine, on invente des histoires à ces gens (on a tous fait cela un jour ou l’autre), alors ça devient un vaste parc humain, un terreau de visages et de destinées dans lequel nous nous plongeons avec délice. Un délice qui peut se transformer en peur, car ce monde qui abrite justement tous ces gens que nous croisons n’est pas dénué de laideur et de brutalité. Les mots se transforment pour dire cela, pour créer un abri, pour décrire l’indicible. Ce monde, il a beau être parfois très moche, c’est tout de même celui dans lequel nous vivons. Le dépeindre, c’est aussi une manière de l’apprivoiser.
Retour alors à la beauté, à la grandeur des âmes et des choses. Pour le plus grand plaisir du lecteur !

par Sahkti, le 19 février 2011 (Genève)

http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/25818

Le 15 février, Guy Stuckens lisait un extrait de « Dans le Parc », de Daniel Simon,
sur les ondes de Radio–Air libre (à écouter dans le Podfcast MEO/Historique de http://www.meo-edition.eu/historique.html

Le 15 février, Marilena Di Stasi a invité Daniel Simon et Gérard Adam à parler de leur dernier ouvrage sur les ondes de Radio-Alma-Brussellando
Daniel Simon, Dans le parc, Ed. M.E.O., 2011, 146p., 16 euros

« Une belle surprise que ces textes en prose, comme une traversée de notre aujourd’hui.
Qu’il parle d’hommes, d’oiseaux, de gestes, de ciel, le poète construit son univers dans une rythmique fluide, où les mots s’appellent, rejaillissent, s’inventent :

« Ce bruit dans la poitrine, comme un cheval qui frappe l’horizon de l’enfance, l’entends-tu se perdre dans le battement du sang? »
Les reprises anaphoriques créent une familiarité du texte et nombre de passages questionnent le réel sans jamais le réduire à la portion congrue.
L’auteur a un regard pour repérer l’insignifiant, le hasardeux, l’unique, et ses phrases coulent de source et de nécessité :

« Dans cette vitesse je ne peux plus aller sans le goût des haltes dans les sombres allées. Je marche dans les traces des promenades à faire et me plais à me perdre au détour de vifs éblouissements. »

Un lent et long apprentissage mène l’auteur à d’incessantes découvertes sur lui et le monde. Aussi sort-on de ces pages, mûri par l’écriture de son auteur, apte à saisir, dans le défilé des jours et des impressions, une matière qui soit comme un « livre ouvert », comme une « armoire (qui) libère des odeurs qui se bousculent et flottent dans la pièce, là du plomb fondu et des fumées de soufre, les pirates activent le feu, au-dessus des vols d’oiseaux sombres ».
Il faudrait citer tant de pages, qui offrent lucidité et ampleur, qui jouent d’expériences profondes, comme quand il s’agit de se retourner pour lire ce qui s’est offert à nous, même dans le doute, même dans la douleur.
L’homme qui parle dans ces pages sait de quoi il retourne et c’est tout l’intérêt de ces pages écrites comme au jour le jour.
Petite question, toutefois : pourquoi la page 126 reproduit-elle à l’identique la page 62? »

Philippe Leuckx in « Bleu d’encre » http://ecrits-vains.com/revues_litt/bleu_d_encre.htm

Daniel Simon – Dans le parc – Textes brefs – Ed. M.E.O. – 145 pages – 16 €

Des pensées qui passent, des sensations prises au filet des mots, qui viennent se poser sur les pages comme les gouttes d’une pluie serrée formant flaque au sol, surface lisse compacte, où les gouttes ne forment plus qu’un miroir unique, où chacun finalement perçoit le reflet de ce qu’il veut voir.
Le sens est fluctuant, pas toujours précisé, et les mots se succèdent sans interruption, souvent sans ponctuation, à en perdre le souffle. On plonge en apnée dans les tréfonds de la pensée et on se laisse souler aux confins du réel et du rêvé. Impossible à lire sans respirer, on étouffe, il faut se laisser couler dans la poésie sans les repères rassurants de phrases structurées, méthodiquement découpées. Accepter de se noyer.
L’auteur semble privilégier le flou, le vague, le non-vraiment-dit pour nous donner des impressions grâce à des images fortes. Littérature impressionniste-expressionniste ?
[…] le son des os qui machinent le temps et l’espace de ce jour, des brèves et des longues dans les SOS des âmes fatiguées, du fer et des chairs assemblées pour un long trajet, des silences soudains où la journée hésite à se remettre en marche […]
Ne cherchons pas la précision dans l’eau, il suffit de mettre le pied dans la flaque pour que change et frémisse l’eau dérangée par nos pas. Mieux vaut accepter la mouvance des mots et se laisser flotter à leur surface sans chercher de direction précise, se laisser aller à des impressions.
Des vagues, des ressacs, du silence, la nuit pique l’œil dans le soleil, ça repart d’un coup, sans nous, le livre est ouvert à la dernière page un chagrin vif nous prend, on lisse la couverture d’une main légère en regardant ailleurs tandis que s’éparpillent des phrases mises dans le bout à bout des chimères nocturnes.
Textes spontanés ? Ou travaillés en atelier ?

Isabelle Fable

(Reflets wallons)

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Troupe poétique Nomade, j’y donne lecture

Posté par traverse le 24 mars 2011

27/3/2011 la Troupe Poétique Nomade au Festival Passa Porta au VIA VIA ce 27 mars 2011…
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la TPN au Via Via au Festival Passa Porta à Bruxelles
à Bruxelles au Café VIA VIA
9 Quai de la Houille – 1000 Bruxelles
le Dimanche 27 mars à 16h31

La Troupe Poétique Nomade
vous invite pour une performance
analphaBétisation

Avec Daniel Simon | René Daumal | Tom Nisse & David Giannoni
Musiciens: Benjamin Pottel, Giulietta Laki, Gaetan Saint-Remy, Niko Span et Frédéric Monnoye + Micro-ouvert

Prix d’entrée: gratuit
Prix de sortie: Libre!

INFORMATIONS
+32(0)2.230.40.07 (Belgique)

Notez BIEN dans vos agendas les dates de notre prochain fiEstival de maelstrÖm reEvolution à Bruxelles : ce sera du 12 au 14 mai 2011 à l’Espace Senghor et dans toute la ville de Bruxelles!

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Une des obscénités du temps

Posté par traverse le 15 mars 2011

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Robert Varlez

Une des obscénités du temps, c’est de confondre tout dans le même souci de communiquer…donc de vendre…Reçu aujourd’hui…d’un centre culturel… »Alors que le printemps frappe à notre porte avec un soleil radieux, nous vivons dans la crainte d’une catastrophe nucléaire. Etrange paradoxe ! Que ceci ne vous empêche de fêter avec nous la langue française ! (…) »

Bien entendu, l’amalgame fait partie des terres basses de la communication. C’est là qu’échouent les résidus de valeurs, d’idées, de pensées et même d’émotions…Mais qu’importe, semble dire le Commerce de la culture, tout est support pour la chose à vendre, dit le dealer, tout est bon pour transporter ce qui viendra me donner l’illusion, dit le client et la culture, dans le même élan, se tend entre eux comme l’arc de triomphe de la Bêtise, qui est le nom familier de l’obscène.

Les donneurs de leçons, moralisateurs édifiés en sauveurs de planète, éternels tartufes des évidences, sont là, sur nos écrans, partout, vaticinant et montrant du doigt le péché des hommes qui est souvent de vivre peu et vite une vie sans chaire de vérité.

Les prêches dans l’ »entre soi médiatique » ont cette nouvelle odeur pestilentielle de sainteté des Anges verts…les « fous de Dieu » de notre temps.

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Nouvel An Poétique 2011 – 4e édition

Posté par traverse le 15 mars 2011

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J’ai le plaisir d’être publié dans cette anthologie, avec de belles plumes rassemblées pour l’occasion de ce Nouvel an poétique…
Maison de la poésie, 8, Place des Cloîtres à Amay

Thème : « de l’autre côté »

Une grande fête qui réunit des centaines de personnes dans nos locaux pour célébrer le passage à la nouvelle année poétique !

Verre de l’amitié, le livre en fête par la présentation de nos nouvelles publications (agenda poétique, livres collectifs thématiques), une scène ouverte à tous les Arts !

15h : accueil et verre de l’amitié
15h30 : présentation de la journée et des anthologies
16h : visite de l’exposition
16h45 : performances enfants
17h30 : le conte « Le cas des Touffu » – Mise en scène
18h30 : Concert Daniel Hélin
19h30 : 1er tirage tombola
20h : buffet et 2e tirage
21h15 : soirée Jam poético-musicale avec poètes et slammers qui présenteront la première anthologie de Slam publiée par nos soins.

Bienvenue à tous, venez nombreux !

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Errance à Kinshasa, un film de Jacques Deglas

Posté par traverse le 12 mars 2011

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Errance à Kinshasa, un film de Jacques Deglas. Une production TRAVERSE asbl, ce dimanche 13 mars sur Télébruxelles, en boucle, toutes les heures de 18h à 1h du matin (et lundi matin.)

Errance à Kinshasa, durée: 60′ Dimanche 13/03/11 à partir de 18h00.

Anita Van Belle, auteur de théâtre, vient d’assister à la représentation de sa pièce « Errance, le voyage intérieur de Patrice Lumumba » jouée par des comédiens de Kinshasa . A travers elle , nous découvrons l’extraordinaire santé intellectuelle de tous les intervenants du film, et ce malgré une situation matérielle désastreuse.

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Le montage propose un regard croisé entre le spectacle et la réalité.

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LA VIE ET L’ÉCRITURE

Posté par traverse le 4 mars 2011

‎ »Parce que la forme est contraignante, l’idée jaillit plus intense »
Baudelaire
Eva Kavian et Daniel Simon se livrent :

Mardi 8 mars à 20h à la Maison du Livre, rue de Rome, 1060 Bruxelles.

http://lamaisondulivre.be/ 02/5431220

Deux écrivains et animateurs d’ateliers d’écriture parmi les plus chevronnés en Communauté française publient chacun un livre sur leurs réflexions et pratiques d’animateurs. Quelle belle occasion de les accueillir sur scène, de recueillir les fruits de leurs expériences, de prendre le temps de les interpeller et peut-être, si vous le souhaitez, de vous faire dédicacer leurs ouvrages.

Eva KAVIAN, dans ce deuxième tome de Ecrire et faire écrire publié chez De Boeck et Duculot, poursuit et approfondit le travail entrepris dans son Manuel pratique d’écriture. Elle s’attache ici plus précisément à la narration. Qu’est-ce qu’une histoire ? Comment la construire ? Comment rendre un personnage vivant ? Qu’est-ce qu’un personnage de fiction ?

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Dans la partie pratique, l’auteure présente de nombreuses propositions d’écriture inspirées de 51 auteurs belges, de Charles de Coster à Xavier Hanotte en passant par Jacqueline Harpman ou Xavier Deutsch. Le livre est conçu pour les enseignants, mais s’adresse à un public bien plus large. Une jolie manière de découvrir des auteurs…

Eva Kavian, fondatrice de l’association Aganippé, a reçu en 2004 le prix de l’Académie des Lettres pour son travail dans le secteur des ateliers d’écriture et le prix Marcel Thiry 2006 pour son roman Le rôle de Bart.

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Pour Daniel SIMON, c’est lors de la troisième séance d’un atelier d’écriture que tout est en place : les relations, les exigences, les projets, les désirs de textes, les incertitudes et les tâtonnements inspirés…

Dans La Troisième séance, paru chez Couleur Livres, il relate ses observations et réflexions, ses interrogations, ses enchantements et les dynamiques qui se mettent en place dans le cadre des ateliers qu’il anime. Daniel Simon publie des poèmes, des nouvelles, du théâtre, des essais, anime des ateliers d‘écriture depuis les années septante, dirige la collection Je chez Couleur Livres.

Durant la rencontre, il nous fera découvrir les dessins de Christine Mobers, illustratrice de La Troisième séance.

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Dessin Christine Mobers

L’écriture, c’est ma vie

La rencontre sera ponctuée d’interventions de Thierry LEROY , secrétaire général de la revue Indications et éditeur de Parenthèse, la revue des ateliers d’écriture.

La soirée sera animée par Carmelo VIRONE , critique littéraire et écrivain.

Entrée libre

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Dans le parc

Posté par traverse le 27 février 2011


Dans le Carnet et les Instants n° 166

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Les mots pour dire le beau à travers le laid ou l’inverse

Superbe ouvrage composé de textes brefs écrits par Daniel Simon, poète, dramaturge, metteur en scène… qui excelle véritablement dans ce domaine. Je suis tombée sous le charme dès les premières pages, tant par la pertinence du propos que par l’élégance de plume des textes proposés. En quelques mots, Daniel Simon dit l’essentiel. Il ouvre également les portes d’univers tantôt grandioses tantôt plus démunis, entrées par lesquelles le lecteur pourrait s’engouffrer si il n’existait cette réserve de déflorer un monde mystérieux. Un réticence qui dure un temps, le temps nécessaire à la méditation, à la dégustation gourmande des perles qui émaillent le livre. Puis cet instant passé, c’est l’immersion en terre humaine, inconnue certes, mais familière par la justesse des émotions décrites et ressenties.
On y parle d’hommes, de coeur, de terre, de pluie, d’amour, d’absence… autant d’éléments qui composent nos vies.
Ces textes ressemblent à des tableaux ou à des moments fixés à jamais sur pellicule. Que disent ces regards, que font ces gens, où vont-ils, que regarde le soleil… autant d’interrogations qui nous entraînent loin et ça, c’est tout de même fantastique à vivre.

« Dans le parc », c’est un lieu où l’on croise toutes sortes de gens, on observe et on imagine, on invente des histoires à ces gens (on a tous fait cela un jour ou l’autre), alors ça devient un vaste parc humain, un terreau de visages et de destinées dans lequel nous nous plongeons avec délice. Un délice qui peut se transformer en peur, car ce monde qui abrite justement tous ces gens que nous croisons n’est pas dénué de laideur et de brutalité. Les mots se transforment pour dire cela, pour créer un abri, pour décrire l’indicible. Ce monde, il a beau être parfois très moche, c’est tout de même celui dans lequel nous vivons. Le dépeindre, c’est aussi une manière de l’apprivoiser.
Retour alors à la beauté, à la grandeur des âmes et des choses. Pour le plus grand plaisir du lecteur !

par Sahkti, le 19 février 2011 (Genève)

http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/25818

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Le client, la pute et la mort

Posté par traverse le 14 février 2011

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J’ai le plaisir de vous inviter à écouter le documentaire audio « Le client, la pute et la mort » qui sera diffusé le vendredi 18 février à 22h sur RTBF- Radio 1 dans le cadre de l’émission Par Ouï Dire de Pascale Tison

Le client, la pute et la mort – Documentaire audio 26 :47

Voilà plusieurs années que, chaque jeudi, Yvan se rend chez Sonia, prostituée. Depuis quelques mois, il est au courant de sa maladie et de sa mort annoncée; ils en ont déjà parlé ensemble.

Par un pluvieux dimanche après midi, Sonia et Yvan évoquent leur relation.

Réalisation Vincent Magos – Son et montage: Malika El Barkani

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Mes rendez-vous à la Foire du Livre

Posté par traverse le 9 février 2011

17 au 21 février – Tour et Taxis Bruxelles
www.foiredulivredebruxelles.be www.couleurlivres.be www.meo-edition.eu


Stand 136 Couleur Livres : permanence autour de la Collection Je et dédicace les samedi 19 de 16 à 17 ou sur rv, La Troisième séance et L’école à brûler
.

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ISBN 978-2-87003-546-7 / décembre 2010 120 pages / format 13*21 cm / 12 euros

C’est lors de la troisième séance d’un atelier d’écriture que tout est en place : les relations, les exigences, les projets, les désirs de textes, les incertitudes et les tâtonnements inspirés… L’auteur relate ici ses observations et réflexions, ses interrogations et ses enchantements aussi à propos des relations entre les personnes (les auteurs) et les dynamiques qui se mettent en place dans le cadre des ateliers qu’il anime.

Enfin, il laisse émerger, au fil des expériences et des témoignages, des questions et des évidences qui traversent le plus souvent la vie d’un atelier. Créer, c’est aussi rencontrer ce qui advient dans le fil de l’écriture et qui échappe à tout projet…

« Ce texte, je l’ai écrit au fil du temps ces trois dernières années. Je me préparais à prendre de la distance avec cette activité que je pratique depuis si longtemps et qui me semble, avec le temps, chez moi, de plus en plus liée à un goût de la transmission.

Les ateliers d’écriture sont des arènes où se jouent bien des combats…De soi à soi, dans sa relation au désir d’écrire et dans le soutien mutuel qu’offre l’espace des ateliers d’écriture…

Je relate dans La Troisième séance certaines des questions, des réflexions, des expériences que porte en soi le mouvement des ateliers d’écriture, né dans les années post 68 et aujourd’hui, au cœur de l’Institution.
Ces ateliers sont aussi un lieu de brassage culturel et social où l’exigence tranche avec la mollesse du temps : les contraintes sont des limites avec lesquelles les participant(e)s sont amenés à se confronter régulièrement. Et l’enjeu essentiel : approcher sa vérité, tenter d’atteindre le beau et construire une mémoire personnelle dans des temps où le copier-coller, le sampling, est omniprésent… »

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L’école à brûler est un livre qui cherche à faire entendre le choc de deux générations, celle de l’auteur, qui laisse émerger une certaine mélancolie d’un temps où le Contrat social semblait exister pour la plupart et celle, violente et pulsionnelle d’un enfant d’aujourd’hui, qui semble ne plus trouver sens ni place dans cette école.

L’école à brûler n’est pas un souhait, ni une plainte nostalgique d’une école parfaite (qui n’a jamais existé) mais la tentative de description d’un processus de dégradation…La narration de cette maladie annoncée de l’école se nourrit de l’expérience de l’auteur et des épisodes d’une génération qui a vu peu à peu se dénouer les liens qui fondent le vivre ensemble.

L’école à brûler laisse entendre, dans ce croisement de générations, une colère qui se libéra provisoirement dans les années soixante et se propage aujourd’hui dans un monde d’exclusion qui pratique la langue de bois de l’inclusion…


Stand 122 MEO Editions, samedi 19 et dimanche 20 de 14 à 15h, Dans le Parc

Mes rendez-vous à la Foire du Livre dans carnets couvparcweb
Il se fait que j’habite près d’un Parc magnifique (Parc Josaphat), que j’y croise en toutes saisons des promeneurs de tous les horizons. Que de ce Parc est née l’idée d’un parc plus large : le parc humain. J’ai donc mis en chantier en quatre ans ces textes brefs, la plupart écrits dans une distance que la poésie permet.

J’écris sur un monde qui me dérange, un monde qui me met à mal, qui me rudoie par sa violence, la dégradation de sa culture (de ses cultures évidemment), par la rudesse des rapports qui frise le déni permanent. J’écris à propos de ce monde qui est celui auquel je collabore, je l’habite, je le vis, je l’observe, je tente de le comprendre mais il n’est pas certain que je l’aime à chaque fois.

Cependant, il me faut reconnaître à quel point le paysage n’existe pour moi que s’il est habité de cette dégradation. Et ce paysage est piqué ça et là de beauté, de grandeur. Il faut bien observer mais elles sont là : beauté et grandeur des efforts de chaque corps pour tenir debout, beauté et grandeur des modestes qui se faufilent comme ils peuvent dans les plis de plus en plus serrés d’un tissu social qui choisit le vulgaire au nom du populaire.

Dans le Parc a été aussi l’occasion de tenir une sorte de Journal de bord d’un homme qui a largement franchi les frontières naturelles de ses croyances. Pas de désillusion pourtant mais une sorte d’abordage poétique d’un réel rugissant, où la littérature essaye de tenir le vivant au centre de ce qui semble se défaire. Que ce soit des poèmes, des petits textes en prose, des récits poétiques, des monologues, les textes qui composent Dans le Parc appartiennent aussi à une sorte de Journal de voyage d’un homme qui vit dans une Belgique parfaite pour comprendre le monde.


Stand 120 Espace-Poésie samedi 19 à 11h30 : D’un pas léger
(Editions Le Taillis Pré)

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Poèmes
68 pages, (Expire, Inspire, Les gorges nouées, Lisbonne dernière étape)

D’un pas léger, nous allons vers ce qui nous semble périlleux et utile, d’un pas léger nous allons vers cet endroit des limites que certains nomment l’évidence et la nécessité, d’un pas léger, nous allons vers un temps dilaté dans lequel nous disparaissons. Quatre étapes dans ce périple. Les deux premières (Expire, Inspire) appartiennent à Brancusi, le Sculpteur roumain qui accomplit en 1904 une longue marche de la Transylvanie à Paris où il offrira la sculpture moderne à notre ébahissement. C’est de cette marche revisitée que le poème s’inspire pour en scander le rythme et l’étonnement. L’Atlantique, au bout du chemin de l’Ouest apparaît avec les Gorges nouées, troisième étape avant la grande dissolution. Et enfin, Lisbonne, aujourd’hui, à la couture atlantique, où l’Occident tremble dans son poing liquide. Ces poèmes sont de l’ordre d’une commémoration, celle du voyage, de la durée et de notre joie d’être au monde.

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Photographie et récit biographique

Posté par traverse le 7 février 2011

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Photo Dragan Markovic
Carnaval 2011

Les récits biographiques et la photographie

En une soirée et un we, nous travaillerons à partir d’éléments biographiques puisés dans le patrimoine photographique familial de chaque participant.

Ecrire des récits, fléchis par la fiction, arrimés aux fantômes que la photographie révèle, construire des séquences biographiques ou fictionnelles à partir de ce matériau, voilà le projet de ces rendez-vous.

Ces textes seront soit achevés, soit inaugureront une suite que l’auteur pourra poursuivre par la suite avec l’accompagnement de l’animateur.

La photographie aujourd’hui numérique est lisse et est condamnée à disparaître dès lors qu’elle n’est pas fixée par l’impression ou une mise en valeur particulière.

Ces photographies sont toujours fantomatiques…Elles sont en même temps le reflet du temps qui passe et la preuve de ce temps qui relie la personne à sa mémoire ou aux autres (la famille, le groupe, la société locale ou régionale).

Ecrire à partir et à propos de celles-ci constitue une démarche de reconnaissance et de mémoire.

L’écriture des fragments dans l’atelier est accompagnée de lectures et de commentaires qui font émerger de l’invisible dans le texte.

Cette relation de l’auteur à son propre patrimoine est évidemment un acte d’identité, de lien, de reconnaissance mais aussi de conscience de ces appartenances.

Nous nous adressons dans ces ateliers Bio-photo à un tout public (déjà des ateliers à Passa Portra, Libraire Graffiti, Maison du Livre, Bibliothèque de Schaerbeek, Université des Aînés, Université de Coïmbra (Portugal), Ecole Normale de Mons, Direction générale de la Culture (Hainaut),…).

Dates: vendredi 11 mars de 19h à 22h.
Samedi 12 et dimanche 13 mars de 10h à 17h.

PAF: 100 euros.

A la Bibliothèque Sésame, Schaerbeek, 200 Bld Lambermont- 1030 – Bruxelles

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Il y a trente ans, j’étais à Varsovie

Posté par traverse le 4 février 2011

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Il y a trente ans, j’étais à Varsovie, je souhaitais, de mon hôtel, téléphoner en Belgique. J’appelais de ma chambre la réception et elle essayait d’atteindre Liège où je résidais alors…Pas moyen. Je n’avais pas pensé à délivrer un bakchich à l’employé et c’est cela peut-être qui rendait la communication difficile…Il m’avoua plus tard qu’un vol de cigognes passait au-dessus de la Pologne et, probablement, parasitait les ondes radios.J’ai fait semblant de le croire et j’ai attendu le matin et d’autres moyens. Pendant une semaine, nous avons parlé des oiseaux de toutes sortes qui perturbaient le ciel polonais. Je n’ai pas donné un Zloty à l’employé et les cigognes sont restées toute la semaine haut, au-dessus de nos têtes… ..

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Curieux dimanche 6 février/Sésame

Posté par traverse le 20 janvier 2011

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Je me réjouis de vous retrouver à cette occasion. Je reste à votre disposition pour toute information complémentaire…

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Abonnement MARGINALES

Posté par traverse le 17 janvier 2011

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…Les revues ont la vie dure: vont-elles durer? C’est la question de toutes les revues, leur obsession,leur statut…Cela ne dépend que de vous, sachant que la littérature s’essaye toujours dans ces habitacles étranges et en orbite de la vie générale de l’édition. Il faut pouvoir oser, expérimenter, se fourvoyer et recommencer…Abonnez-vous et faites un cadeau d’abonnement…Merci à vous, DS
« Quo vadis Belgica ? »

Parution en janvier 2011 du n° 277

Sous le titre « Quo vadis Belgica ? » et la vignette de Roland Breucker aux couleurs de la Belgique qui orne sa couverture, la dernière livraison de la revue trimestrielle MARGINALES est sortie de presse en ce début janvier 2011.

Elle accueille 23 textes inédits d’écrivains de la Communauté française de Belgique. On le sait, la vocation de la revue MARGINALES est de solliciter la réaction d’auteurs sur des sujets qui surgissent dans « L’air du temps », nom d’une des trois rubriques de la revue. Cette approche permet de solliciter le point de vue de l’artiste qu’est l’écrivain et d’ajouter celui-ci à tous ceux qui déjà s’expriment sous forme d’articles de presse, d’essais, d’analyses, de sondages et de débats politiques.

Parmi d’autres, Alain Berenboom, Vincent Engel, Philippe Jones, Corinne Hoex, Alain Van Crugten, Jean-Baptiste Baronian, Michel Torrekens (on ne peut tous les citer) donnent à entendre, grâce à MARGINALES leur voix singulière dans l’actualité. Peut-être y prêter attention ouvrirait-il des pistes inattendues ? Reflèterait-il des sentiments et des émotions que l’on n’entend plus ?

Ce numéro n’est pas le premier consacré à la Belgique : les précédentes livraisons mériteraient d’être revisitées à la lumière de la crise actuelle. Elles avaient pour titre : « La Belgique, stop ou encore ? », « Wallonie revue, Wallonie rêvée », « Les fla les fla les Flamands », « Vlaanderen voor Vlaanderen », « Le terme, vraiment ? » et « Dessine-moi une Belgique ».

MARGINALES est une revue trimestrielle dirigée par Jacques De Decker.

La revue est disponible en librairie (10 €) ou par abonnement
Abonnements : (30 € pour 4 numéros) par versement au compte ING 363-0537391-51 de MARGINALES (Pour les virements internationaux : IBAN : BE75363053739151 BIC : BBRUBEBB), avec en communication : « Marginales Abonnement », en mentionnant vos prénom et nom, votre adresse postale, votre adresse e-mail et le numéro à partir duquel vous souhaitez être abonné(e).

MARGINALES
c/o Vertige asbl
rue Théodore Verhaegen, 158
B- 1060 Bruxelles
Tel : +32 2 544 00 34
www.vertige.org
Tel. rédaction : 0478 43 49 37
Email : revue.marginales@gmail.com

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Dans le Parc

Posté par traverse le 7 janvier 2011

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( Certains de ces textes brefs ont été d’abord déposés sur ce Blog…Belle lecture)

Il se fait que j’habite près du parc Josaphat, un lieu magnifique, et que j’y croise étés comme hivers des promeneurs de tous les horizons. De ce parc est née l’idée d’un parc plus large : le Parc humain. J’ai donc mis en chantier – une tâche qui s’est étendue sur quatre années – ces textes brefs, la plupart écrits dans une distance que permet la poésie.

J’écris sur un monde qui me dérange, un monde qui me met à mal, me rudoie par sa violence, la dégradation de sa culture (de ses cultures évidemment), la rudesse des rapports qui frise le déni permanent. J’écris à propos de ce monde qui est celui auquel je collabore, je l’habite, le vis, l’observe, je tente de le comprendre mais il n’est pas certain que je l’aime à chaque fois.

Cependant, il me faut reconnaître à quel point le paysage n’existe pour moi que s’il est habité par cette dégradation. Et ce paysage est piqué ça et là de beauté, de grandeur. Il faut bien observer mais elles sont là : beauté, grandeur, des efforts de chaque corps pour tenir debout ; beauté, grandeur, des modestes se faufilant comme ils peuvent dans les plis de plus en plus serrés d’un tissu social qui choisit le vulgaire au nom du populaire.

Dans le Parc a été aussi l’occasion de tenir une sorte de Journal de bord d’un homme qui a largement franchi les frontières naturelles de ses croyances. Pas de désillusion pourtant mais l’abordage poétique d’un réel rugissant, où la littérature essaye de tenir le vivant au centre de ce qui semble se défaire.

Que ce soit des poèmes, de petites proses, des récits poétiques, des monologues, les textes de Dans le Parc est aussi le Journal de voyage d’un homme qui vit dans une Belgique, lieu idéal pour comprendre le monde.

ISBN 978-2-930333-38-0 148 pages 16 EUR.
Sortie officielle, 1er février – http://www.meo-edition.eu/catalogue.html

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Belle année 2011 qui semble comme un porte-manteau

Posté par traverse le 1 janvier 2011

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Belle année 2011 qui semble comme un porte-manteau qui regarde vers l’arrière qui doit être moins

pire que ce qui est devant, ou alors c’est peut-être un cygne aux plumes bien dressées…

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Ecrire une nouvelle

Posté par traverse le 29 décembre 2010

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« Ecrire une nouvelle, c’est « refuser d’écrire ce qu’il y a autour d’elle », se contraindre à la « parcimonie », au « nécessaire ». Un idéal de perfection sèche que rejette le roman : « Il utilise tout ce qui l’entoure. » »

Georges-Olivier Châteaureynaud (Le Corps de l’autre, Grasset)

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Récits d’ateliers d’écriture

Posté par traverse le 27 décembre 2010

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Le dernier numéro de Parenthèses en date (novembre 2010) offre une suite de témoignages d’ateliers d’écriture. On y perçoit toutes les tendances, les expériences qui se confrontent sans s’être rencontrées factuellement…On y lit aussi, et c’est ce qui me semble le plus intéressant, un souci de raconter la séance d’atelier qui est en jeu.

Raconter la littérature, raconter l’histoire, raconter la physique, raconter,non pas en prenant l’air navrant d’un conteur inspiré ou d’une conteuse convaincue de transmettre des secrets que l’on trouve dans des livres à cinq balles, non, raconter, faire un récit de ce qui est advenu et qui n’est transmissible qu’en racontant l’histoire de ce qui ne s’est pas passé. Autrement dit, et nous le savons, il s’agit de construire l’histoire de ce qui ne s’est pas passé comme nous le racontons mais qui doit être raconté comme nous le faisons pour que cette expérience ne glisse pas dans le néant.

Cette façon de raconter ce qui n’a pas eu lieu pour se souvenir de ce qui a eu lieu rencontre une des questions fondamentales de la littérature et probablement, de ce qui se passe, parfois, dans le cadre des ateliers d’écriture.

Enfin, on retrouve Réjane Peigny qui prend d’autres directions dans sa vie et quitte l’animation de Kalame pour passer le relais à Milady Renoir qui, n’en doutons pas, saura tenir la barre avec fermeté et animer la Maison Kalame grâce à une personnalité bien trempée et accueillante. Bon voyage à l’une et bienvenue à l’autre !

A découvrir :
pour abonbement et cie: www.kalame.be ou www.indications.be

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La trêve des épandages

Posté par traverse le 26 décembre 2010

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Sans nier l’enneigement, le verglas, les difficultés diverses que notre pays, comme l’Europe, traverse, il est jubilatoire d’entendre et de voir nos journalistes sur le front de neige, les femmes en foulard sur fond de chutes, en, clignant des yeux et en prenant la distance, la sémantique est identique, comme la gestuelle, à celle d’un reportage de guerre. Les mots « drame », « terrible » revenaient sans cesse, comme une plainte enfin libérée.

La Belgique a eu chaud, grâce à cette vague de froid, nous voilà convaincus que quelque chose se passe vraiment. Et avec ou sans sel, nous sommes tous ridicules dans la grande boîte pleine d’ouate, à marcher comme des Empereurs désorientés…

Magnifique comme la morale saisit la moindre vétille, la bourrasque la plus ordinaire, la neige tout-à-fait hivernale pour nous renvoyer à l’essentiel…Que vais-je devenir, moi, abandonné dans mon aéroport alors que je voulais fêter Noël …(à Londres, Madrid, Lisbonne,…), que vais-je devenir alors que le monde m’abandonne, que la Stib, les TECS, la SNCB, les aréoports laissent leurs passagers sans infos sur les quais? Démerdez-vous.

J’aime quand c’est clair et net, que les lissages de plus en plus infantiles de la com. et de la pub, qui nous prennent pour des veaux sachant à peine têter nous laissent comprendre que Le Contrat de gestion de ces sociétés n’a pas prévu de prendre en compte la relation à la clientèle. Juste sa mobilité et ses tickets paiements. J’adore…les cacophonies pédagogiques, j’adore la tête d’ahuris des touristes qui se donnent des airs de réfugiés, j’adore.

Mais la maman de Monsieur Johan va mieux, le Roi a parlé, il est temps manenekes, et nous en avons marre de faire semblant de croire que celles et ceux-là se respectent, ont confiance, s’écoutent. Ils se conchient d’heures en heures, de jours en jours et nous allons, pour certains, à la rentrée, reprendre nos activités pédagogiques et expliquer aux jeunes générations ce formidable héritage de la Grèce classique, la démocratie…Et quand on va y fourrer son nez, on apprendra que les clients et les raccolages de sénateurs corrompus, ramenés à la corde au Sénat pour voter et faire nombre, étaient déjà bien installés dans la sarabande démocratique hellène.

M’enfin, reste de tout cela quelque chose d’un peu praticable, comme un beau Théâtre de marionnettes sans castelet et où les montreurs sont à vue.

« Tombe la neige… » et merci à cette belle blancheur de nous ramener à la constance des vraies questions: le sel, le sel, le sel…

Belle année!

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Lumumba, un fantôme de 50 ans

Posté par traverse le 23 décembre 2010

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50 ANS APRÈS L’ASSASSINAT DE PATRICE LUMUMBA:
VÉRITÉ, JUSTICE ET RÉPARATION POUR LE PEUPLE CONGOLAIS !

50 ans après son assassinat, le 17 janvier 1961, Patrice Lumumba reste le symbole de la lutte panafricaine pour l’indépendance du Congo et l’émancipation des peuples. Son combat reste une source d’inspiration à travers le monde. Premier Ministre du Congo nouvellement indépendant, élu démocratiquement par le peuple congolais à la grande surprise du gouvernement belge qui avait organisé les élections, il est assassiné six mois plus tard, ainsi que plusieurs de ses compagnons, dont notamment Joseph Okito, Président du Sénat et Maurice Mpolo, Ministre des Sports, parce qu’ils ont tenté de libérer leur pays du joug colonial et néocolonial.
De nombreuses preuves pointent la responsabilité entre autres des gouvernements belge et américain dans l’isolement puis dans le renversement anticonstitutionnel du gouvernement Lumumba, dans l’organisation de ces meurtres, et dans la mise en place du gouvernement de Mobutu, dictateur corrompu qui a servi les intérêts des gouvernements occidentaux et de leurs multinationales.
Nous estimons que pour la démocratie congolaise et pour la démocratie belge, il est essentiel que cessent la désinformation et l’impunité qui couvrent ces crimes contre l’humanité, et que les victimes et leurs familles, mais aussi les peuples belges et congolais, aient enfin droit à la vérité, la justice, et la réparation.

VÉRITÉ !

- Nous demandons que les archives coloniales soient ouvertes dans leur intégralité.
- Nous exigeons que ne persiste aucun tabou sur la responsabilité de l’Etat belge et des divers acteurs qui ont pris part d’une manière ou d’une autre à la mise à mort du Premier Ministre Patrice Lumumba et de ses compagnons.

JUSTICE !

- Ces crimes contre l’humanité étant imprescriptibles, il faut que justice soit faite. Nous soutenons notamment la plainte déposée par la famille de Patrice Lumumba visant douze Belges suspectés d’avoir participé à l’enlèvement, la torture et l’assassinat de Patrice Lumumba, et de ses compagnons.
- Les mécanismes qui entravent la souveraineté économique et financière de la RDC, réclamée par Lumumba, doivent être démantelés; la résolution du sénat belge du 29 mars 2007 sur la dette doit être mise en œuvre, et le pillage des ressources naturelles par les multinationales belges et étrangères doit cesser. .

RÉPARATION !

- L’Etat belge et les divers acteurs de ces multiples meurtres doivent reconnaître leur responsabilité et les assumer, soit spontanément, soit par l’action de la justice;
- Nous exigeons des autorités qu’elles mènent une politique active de réhabilitation de la mémoire de Lumumba et de ses compagnons qui ont lutté pour l’émancipation africaine, en corrigeant les manuels scolaires, en lançant une exposition sur ce sujet en 2011, en ouvrant un département spécial sur l’indépendance du Congo au Musée Royal de l’Afrique centrale de Tervuren, et en leur consacrant un lieu ou une institution facilement accessible à Bruxelles

- Conformément aux recommandations de la commission parlementaire belge de 2001 et aux promesses des autorités belges, nous demandons également la mise en place immédiate de la fondation Patrice Lumumba et sa dotation adéquate, incluant les arriérés.

REFUSONS L’IMPUNITE !

RENDONS HOMMAGE AUX COMBATTANTS DE LA LIBERTÉ ET L’INDÉPENDANCE !

SOUTENONS LA LUTTE DU PEUPLE CONGOLAIS POUR SA SOUVERAINETE, POUR L’INTEGRITE DE SON TERRITOIRE ET LA DEFENSE DE SES RICHESSES NATURELLES !

Pour appuyer ces revendications,
nous appelons à manifester

Dimanche 16 Janvier 2011, à Bruxelles.
Départ à 14h00 place du Trône (métro Trône),

Premiers signataires:

Organisations:

Collectif Mémoires Coloniales, CADTM Lubumbashi, CADTM Belgique, Oasis Ndjili, INTAL, LCR-SAP, Égalité, Dialoge des Peupes, Organisation Guyanaise des Droits Humains, Cercle des Amis de Lumumba, FNDP (Forum national contre la dette et la pauvreté – Côte d’Ivoire), Collectif des militants du Maroc de l’immigration d’Action et de lutte, Collectif « Venezuela 13 Avril », Mouvement International de la Réconciliation, l’Internationale des Résistant-e-s à la Guerre, Links Ecologisch Forum, Attac ULB, Respaix, Conscience Musulmane, Réveil des Consciences, LHAC « Laïcité et Humanisme en Afrique Centrale », Comité pour les droits humains, Collectif patriotes congolais, Collectif Aurora, Organisation communiste marxiste-léniniste en Belgique (OCMLB), A.P.P.EL. (actions pour la pensée politique de P.E.LUMUMBA), DIASPOC (diaspora congolaise), A.A.A. (association des artistes africains), ESPACE francophone, BEPEC (bureau d’études et de développement pour le Congo), Sans logis international, OK services , OK solutions, A.F.A.F (association des familles francophones), CERDEC (centre de recherche et de développement du Congo), FORUM NORD SUD, Le Parti Communiste d’Espagne, Fundacion IEPALA (España), COMAC, Red Mexicana de Acción frente al Libre Comercio (RMALC), PTB (Parti de Travail de Belgique), Collectif AURORA (librairie, St-Gilles),

Individus:

Elikia Mbokolo (historien), Adam Hochschild (historien), Guy de Boeck (historien), Jean Van Hees, Jean-Pierre Mbelu (Groupe Epiphanie), Balufu Bakupa-Kanyinda (Cinéaste), Paul-Emile Dupret (Parlement européen, groupe GUE/NGL), Ludo De Witte (auteur), Tony Busselen (esponsable pages internationales de Solidaire), Josy Dubié (Sénateur honoraire), Francine Mestrum (Global Social Justice), Bruno Jaffre (Coordinateur de la plateforme Vérité Justice pour Thomas Sankara), Antoine Tshitungu Congolo (auteur), Karel Arnaut (anthropologue), Guy-Patrice Lumumba (Cercle des Amis de Lumumba), Didier de Lannoy, Germain Mukendi, Albert Kisonga (Comité organisateur du colloque international de Charleroi sur la pensée de Lumumba), Lucas Catherine (auteur), Céline Caudron (porte parole de la LCR), Christine Pagnoule (membre d’ATTAC Liège), Théophile de Giraud (auteur), Brigitte Baptista, Vincent Lombume Kalimasi (écrivain), Maite Mola, Vice-présidente du Parti de la Gauche Européenne (PIE), Jean-Marc Helson (architecte), Jacquie Dever, Delforge Thierry, Nordine Saïdi (militant anticolonialiste – Mouvement Citoyen Palestine), Aude Bausmens, Akis Gavriilidis (traducteur), Raf Custers (GRESEA), Eric Pauporté (réalisateur du film « Mali d’or »), Françoise Gérard (membre de l’association des Amis du Monde Diplomatique), Irénée Domboué, AmadéI Henri, Daniel Gillard (Comité pour les droits humains ), Sami Boumendjel, Kasongo Maloba Dickens, Vincent Touchaleaume (Steg-UTG Cayenne), Georges Foy (écrivain – prof. NY University, membre PEN American Center), Daniel Simon, (écrivain, éditeur), Serge Simon, Anne-Louise Flynn, Claudine Gillet, Coeckelberghs Ralph, Dimoberzo Ngeya, Lise Thiry, Christian Carez (photographie ), Philippe Gielen, Carmelo Virone (écrivain), Jeanne-Marie Sindani (Présidente de l’Union des Patriotes de la Diaspora Congolaise (UPDC e.V.), Philomène Ekouma, Kalonji Carro Kassongo, Roger Somville (artiste peintre), Marc Somville (manager artistique), Lambert Okundji Lutula (Secrétaire cercle des amis de Lumumba), Iseewanga Indongo-Imbanda (Sociologue), Yalale, Luc Delval, Mete-Lobonza, Abbé Claude Okondjo, Serge Poliart, Joëlle Baumerder (Directrice de La Maison du Livre), Roger-Shimba Kankwende, Bertrand Terlinden, Mohammed Belmaizi (Défenseur des droits humains), André Berruer, Raoul M. Jennar (Consultant en relations internationales), José Fontaine (directeur de la revue TOUDI), Chris Den Hond (réalisateur militant), Ginette Bauwens (philosophe), Jean-Claude Englebert (Président du Foyer forestois), Herman de Ley (em.prof.), Olivier Mukuna (Journaliste), Christiane Lévéque (membre du collectif Mémoires Coloniales), Wende da Dese (enseignant membre du CAL), Veronique Bragard (UCL), Bernadette Renard, Ploumhans Madeleine (pensionnée, CADTM), Diagne Roland (porte parole du collectif Afrique – CA), Hughes Van Stichel, Anatole Atlas (Jean-Louis Lippert), Luhahi Jean-Marie, Soiresse Kalvin, Moïse Essoh (secrétaire exécutif du CODE-Cameroun), Lopez Mary, André Berruer, Francis Leboutte (ingénieur civil, objecteur de croissance), Philippe DeVillé (Professeur émérite à l’Université Catholique de Louvain (UCL), Professeur Invité à la faculté des sc. économiques, sociales et politiques IRES, Institut de Recherches Économiques et Sociales, UCL), Michel Ansay (Prof hreULG), Anne Ransquin (collaboratrice de Balufu Bakupa-Kanyinda), Enrique Santiago Romero Abogado (España), Toon Mondelaers (CvS Brussel), Vincent Robeyns (enseignant), Paul BLANJEAN (Secrétaire Fédéral, MOC VERVIERS), Marco Antonio Velázquez Navarrete (Secretario Técnicov Red Mexicana de Acción frente al Libre Comercio « RMALC »), Cinzia Donadelli (Roma, Italia), Tony Busselen (Solidaire), Jean Pestieau (professeur émérite UCL), Damien de Charrette, Jean Flinker (membre d’Attac-Bruxelles, enseignant).

Discours de Patrice LUMUMBA le 30 juin 1960

Discours de Patrice LUMUMBA, Premier ministre et ministre de la défense nationale de la République du Congo, à la cérémonie de l’Indépendance à Léopoldville le 30 juin 1960.

« Congolais et congolaises, combattants de l’indépendance aujourd’hui victorieux. Je vous salue au nom du gouvernment congolais…

…A vous tous, mes amis qui avez lutté sans relâche à nos côtés

… Nous avons connu les ironies, les insultes, les coups que nous devions subir matin, midi et soir, parce que nous étions des nègres

…nous avons connu que la loi n’était jamais la même, selon qu’il s’agissait d’un blanc ou d’un noir…

Qui oubliera, enfin, les fusillades où périrent tant de nos frères, ou les cachots où furent brutalement jetés ceux qui ne voulaient pas se soumettre à un régime d’injustice, d’oppression et d’exploitation ?… »

« A vous tous, mes amis qui avez lutté sans relâche à nos côtés, je vous demande de faire de ce 30 juin 1960 une date illustre que vous garderez ineffaçablement gravée dans vos cours, une date dont vous enseignerez avec fierté la signification à vos enfants, pour que ceux-ci à leur tour fassent connaître à leurs fils et à leurs petits-fils l’histoire glorieuse de notre lutte pour la liberté .

Car cette indépendance du Congo, si elle est proclamée aujourd’hui dans l’entente avec la Belgique, pays ami avec qui nous traitons d’égal à égal, nul Congolais digne de ce nom ne pourra jamais oublier cependant que c’est par la lutte qu’elle a été conquise, une lutte de tous les jours, une lutte ardente et idéaliste, une lutte dans laquelle nous n’avons ménagé ni nos forces, ni nos privations, ni nos souffrances, ni notre sang . C’est une lutte qui fut de larmes, de feu et de sang, nous en sommes fiers jusqu’au plus profond de nous-mêmes, car ce fut une lutte noble et juste, une lutte indispensable pour mettre fin à l’humiliant esclavage, qui nous était imposé par la force .

Ce que fut notre sort en 80 ans de régime colonialiste, nos blessures sont trop fraîches et trop douloureuses encore pour que nous puissions les chasser de notre mémoire.

Nous avons connu le travail harassant exigé en échange de salaires qui ne nous permettaient ni de manger à notre faim, ni de nous vêtir ou de nous loger décemment, ni d’élever nos enfants comme des êtres chers. Nous avons connu les ironies, les insultes, les coups que nous devions subir matin, midi et soir, parce que nous étions des nègres. Qui oubliera qu’à un noir on disait « Tu », non certes comme à un ami, mais parce que le « Vous » honorable était réservé aux seuls blancs ?

Nous avons connu nos terres spoliées au nom de textes prétendument légaux, qui ne faisaient que reconnaître le droit du plus fort, nous avons connu que la loi n’était jamais la même, selon qu’il s’agissait d’un blanc ou d’un noir, accommodante pour les uns, cruelle et inhumaine pour les autres. Nous avons connu les souffrances atroces des relégués pour opinions politiques ou, croyances religieuses : exilés dans leur propre patrie, leur sort était vraiment pire que la mort même. Nous avons connu qu’il y avait dans les villes des maisons magnifiques pour les blancs et des paillotes croulantes pour les noirs : qu’un noir n’était admis ni dans les cinémas, ni dans les restaurants, ni dans les magasins dits européens, qu’un noir voyageait à même la coque des péniches au pied du blanc dans sa cabine de luxe.

Qui oubliera, enfin, les fusillades où périrent tant de nos frères, ou les cachots où furent brutalement jetés ceux qui ne voulaient pas se soumettre à un régime d’injustice ?

Tout cela, mes frères, nous en avons profondément souffert, mais tout cela aussi, nous, que le vote de vos représentants élus a agréés pour diriger notre cher pays, nous qui avons souffert dans notre corps et dans notre cour de l’oppression colonialiste, nous vous le disons, tout cela est désormais fini.

La République du Congo a été proclamée et notre cher pays est maintenant entre les mains de ses propres enfants (.) ».


…Quand je lis ce discours, je suis adolescent, c’est le temps des luttes d’Indépendance du Tiers Monde, des basculements géopolitiques…L’Histoire m’a appris aussi à quel point la tyrannie, la corruption et la lutte impitoyables des intérêts de clans font de ce pays une terre à prébendes pour les puissants de tous bords, congolais y compris…

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Coup de cœur, coup de coke

Posté par traverse le 23 décembre 2010

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Coup de cœur, coup de coke…Un livre court, une histoire troublante où l’auteur croise vécu et fiction, un coup de maître!

Alpiniste, poète, jardinier, consul Patagon, Jean-Claude Legros a publié des recueils de poésie, des récits de voyage ou d’expédition et de nombreux articles dans la presse montagne. Ses deux précédents romans, Shimshal et Hunza aux éditions Glénat, partagent tout son attachement pour le peuple et cette région du Nord Pakistan où il a vécu de nombreux mois.

C’est comme ça que l’éditeur, François Damilano, grimpeur, glaciériste comme on dit, a décidé de lancer une nouvelle collection pour gîtes et refuges de montagnes à lire dans la soirée avant la nuit et la suite de la marche…Une belle idée, deux titres déjà et un ami, Jean-Claude Legros, qui signe Coup de cœur, coup de coke, une aventure entre cocaïne et belle poudreuse…A vous de voir, à vous de lire.

Je sais aussi que c’est un éloge de l’amitié et un bras d’honneur aux moralisateurs étriqués qui font rétrécir le monde de jour en jour au nom de leur sacré respect et au droit de nous emmerder sans fin. L’hygiène morale ne cesse de nous bassiner les oreilles et Legros, nous met en scène une belle situation paradoxale, à lire d’une traite…

Ouvrage format poche : 10 x 18 cm.
104 pages.
Auteur : Jean-Claude Legros.
Préface de Catherine Destivelle.
Prix de vente public conseillé : 9,50 €.
En vente à partir du 20 novembre 2010.
En librairie et magasins de sports, ou directement à : jmeditions@wanadoo.fr.

http://www.petzl.com/fr/outdoor/news/actualite-produits/2010/11/15/nouveaux-romans-de-montagne-publies-par-francois-damilano

http://traverse.unblog.fr/2010/07/02/hunza-engloutie/ ( à propos de Hunza)

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Revue Moebius Dignité/Intégrité

Posté par traverse le 28 novembre 2010

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http://www.revuemoebius.qc.ca/

Chaque automne, la ville de Joliette accueille l’événement littéraire Les Donneurs. Amorcée il y a 10 ans et animée depuis par Jean Pierre Girard, cette manifestation propose, entre autres, des foyers d’écriture publique où l’on fait appel à des écrivains qui vont rédiger, à la demande de particuliers, lettres et autres textes de circonstances. Ce projet vise à instaurer un autre rapport entre l’écrivain et le public que l’habituel face à face pour une signature derrière un pile de livres et à rappeler que l’écrivain est d’abord, comme tout un chacun, un citoyen dans la ville.

L’événement Les Donneurs est complété par une série de conférences dont le thème est annoncé une année à l’avance. Il s’agissait, à l’automne 2008, de la «Dignité» et, en 2009, de l’«Intégrité». Après les numéros 110 «Compassion» et 118 «La bonté», Mœbius accueille de nouveau plusieurs de ces conférences qui forment le noyau de son numéro 126 «Dignité /Intégrité».

En tout état de cause, il faudrait s’interroger sur les raisons — ou leur absence — qui ont fait que si peu de philosophes, si peu de penseurs en général, se soient penchés sur ces thèmes de la dignité et de l’intégrité. L’une et l’autre, fût-ce à des degrés divers, habitent chaque être humain. La leçon de ce numéro de Moebius sera sans doute que l’homme est trop petit, dans son individualité, pour se voir analysé en détail intime et trop grand, dans son monde, pour prendre en compte la force de ses échanges, de sa vie courante.

(Extrait du texte de présentation de Jack Keguenne)

Avec des textes de:
Alain Beaulieu, Claudine Bertrand, Josée Bilodeau, Mario Boucher, Jean-Paul Daoust, Jean-Marc Desgent, Louise Dupré, Marie-Ève Fortin, Micheline Lanctôt, Aude Maltais-Landry, Yannick Marcoux, Colette Nys-Mazure, Diane Régimbald, Bruno Roy, Anne-Marie Saint-Onge André, Marc Simard Nataren, Daniel Simon, Marcel Sylvestre, Vincent Tholomé, Dany Tremblay.

Lettre à un écrivain vivant:
Jean Pierre Girard écrit à «un écrivain vivant

Un extrait de mon texte La dernière fois que ma mère est morte:

Vous ne devriez pas être là, si défaite de ce que vous fûtes dans l’inconscience des chairs. Vous ne devriez pas être là dans ces ristournes de la vie. Vous ne devriez pas. C’est au chevet de votre corps que la maladie s’est assise et c’est ma place aussi.

Souvent elle se moquait d’elle-même, elle faisait dans le vide un cercle avec son doigt et riait. C’était ça, son doigt dans ce cercle parfait, qui la faisait rire, ma mère. Elle montrait alors son ventre et elle riait encore plus fort. Elle tournait son doigt autour de son ventre et elle riait. Tout simplement et parfaitement.

Je ne savais pas ce qui la faisait rire mais je trouvais drôle son doigt dans l’air à tourner. Son rire me glaçait aussi. Je savais que le nœud était là, au centre. Et je savais que l’âge rendait la forme possible, que la vieillesse de ma mère qui semblait si jeune et si veille à la fois, si profondément vieille, d’une vieillesse qui lui tombait dans les talons, dans les caveaux de ses parents ; qui descendait encore plus profond dans le flou de ses croyances, je savais que son doigt en vieillissant trouvait la forme idéale qui allait être la sienne. Chez ma mère, c’était un ventre, une boule, une pierre ronde, une arche, un cancer.

La naissance d’abord. La tienne, dans ce petit village flamand des périphéries. Tu étais de Bruxelles, de ce Bruxelles des banlieues industrielles. Tu as grandi et connu vite la guerre, un voyage au loin dans les Carpates où ton père disparut. Tu étais une jeune fille. Dracula t’avait volé le seul homme que tu aimas du plus profond. Tu l’as aimé dans des mesures qui gênent encore aujourd’hui. Et Dracula s’est régénéré du sang si riche d’un père que je ne connus jamais comme grand-père. La guerre, les V1 et les V2, ta maison explosée pendant que tu étais à l’Ecole de commerce. Des morts tout autour mais personne de ta famille.

Ta mère, ta grand-mère, ta tante, …tout le monde parla longtemps de ce souffle sinistre qui balaya des murs et emporta un toit tout en donnant un semblant de sens à une vie déjà plongée dans les mystères.

Ton père musicien, qui avait sombré dans les vallées humides des Balkans et dont tu avais fait un dieu bienveillant que nous ne pourrions pas connaître, me donnait parfois la nausée… Rien, personne, aucun homme n’arriverait jamais à sa hauteur. Tu croyais en lui, tu l’attendais, tu le voyais dans les figures masculines qui croisent ta vie. Mais les bombes volantes avaient tout emporté, la plupart des photos, ses lettres, tout fut brûlé. Seule sa clarinette échappa au carnage. Tu me donnas son prénom.

Tu m’as toujours gavé de musique, de ton amour de la musique, de tes commentaires à propos des compositeurs que tu aimais et je trouvais ça aussi lourd qu’une oie doit trouver la nourriture qu’on lui enfonce dans le gésier. J’avais le foie gonflé par Sibelius, Beethoven, Mozart, Gluck et ces âneries viennoises dont tu raffolais. Je n’en pouvais plus de cette sombre musique qui m’arrachait à mon époque et à ma génération. Je voulais du rock, les Rolling Stones, les Beatles, pour pouvoir choisir mon camp. J’avais Dalida, Petula Clark, les Compagnons de la Chanson et le Chœur de l’Armée rouge !

Ton mariage suivit la Libération mais ton cœur était toujours dans la Transylvanie cruelle. Ton mari, qui devint mon père tentait de faire bonne figure mais peu à peu son cœur se durcit pour résister à l’appel de la lointaine forêt assassine que tu entonnais à la moindre occasion. Ton mari était vivant, avait son poids de misérables courages et médiocrités et ne faisait pas le poids même taillé comme un colosse.

Je naquis dans le mitan du siècle, puis ma sœur quelques années plus tard. La famille était au complet, la reconstruction commençait, la Bataille du Charbon allait bon train, les immigrés arrivaient en masse d’Italie et les Polonais déjà dans le fond les accueillaient en wallon, la seule langue que le peuple du noir et des grisous parlait vraiment. Ces boyaux de carbone étaient la garantie de notre richesse qui croissait dans un rythme congolais. Ici, dans la fosse, c’était la houille, là-bas, le cuivre, le manganèse qui relayaient le caoutchouc ancien. Ça bossait dur pour que j’arrive au monde !

J’ai grandi, j’ai appris à me méfier de tes souvenirs roumains, je me suis détourné de toutes les musiques avant d’aimer vraiment pour la première fois, à trente ans. Avant, c’était des aventures désespérantes pour tenter de m’éloigner de toi et de ce père si encombrant. Les femmes m’aidaient à survivre et je leur trouvais une grâce dont tu dus certainement bénéficier un jour mais elle tourna comme le lait et de cette fée originelle tu ne gardas longtemps pour moi que les traits sans plus rien de la légèreté des magiciennes.

La musique est revenue grâce aux voyages que je fis au plus loin des frontières de la tribu dont tu étais issue. Là, je ne risquais pas de te retrouver, j’étais hors d’atteinte et j’écoutais enfin des voix sans craindre pour ma vie. »

Le texte en version numérique Calameo: Copier-coller, cliquer:

http://v.calameo.com/2.0/cviewer.swf?bkcode=000065005dd6bff35199f&langid=fr

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MaelstrÖm éditions…Boutique et booklegs

Posté par traverse le 28 novembre 2010

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Pour info de…Infolettre n°28 de maelstrÖm reEvolution
la bouTique maelstrÖm 4 1 4 ouvre ses portes les 9, 10 & 11 décembre à Bruxelles !
Salve, Goedendag, Bonjour, Hola, Gooood morning, Shalom, हैलो, Salam aleikoum!

Ceux qui sont présents et actifs sur certains réseaux dits sociaux sont déjà bien au courant : maelstrÖm termine de fêter ses 20 ans par un nouveau commencement ! Les 9, 10 & 11 décembre, à Bruxelles, sera inaugurée au public notre toute première boutique-librairie ! Un petit lieu au grand coeur, comme maelstrÖm l’a toujours été. Bienvenus dans ce nouveau tourbillon, nous vous y attendons !


*** INAUGURATION les 9, 10 & 11 décembre à partir de 18h07 ***

Lectures, musique, sangria & vin chaud et autres délices… avec des dizaines d’auteurs présents pour fêter !
Ces 3 soirs, comme au fIEstival, TOUS les livres de maelstrÖm sont en vente au prix unique de 10€ !
bouTique maelstrÖm 4 1 4 | chaussée de Wavre, 364 (piétonnier place Jourdan)
B-1040 Etterbeek | gsm +32(0)498607253

La boutique a été conçue par l’architecte David Tondeur Joyeux, le graphiste Nicolas Fourré & Dante Bertoni © 2010

Une échoppe, une chaloupe de la poésie, du livre, de l’art et de l’esprit.
Fêtons en folie et fanfare la 20e année d’existence de maelstrÖm qui inaugure ses premiers locaux !
Des livres, des CDs, DVDs et autres mystérieux objets vous y attendent…

Un lieu où vous trouverez TOUS les livres, booklegs et compActs de maelstrÖm reEvolution !

Mais aussi, toutes les productions de nos éditeurs partenaires : La 5e Couche (Bande dessinée), Asteline (livres illustrés pour enfants), L’Arbre à Paroles (poésie)
Ainsi qu’un choix de livres d’autres éditeurs amis : Quadrature (nouvelles), éd. Éoliennes, Les Carnets du Dessert de Lune, Délits éditions, Citylights Italia & USA…
Principalement des livres ou CDs en français mais également en anglais, italien, espagnol, allemand, néerlandais… Un lieu où se rencontrer autour des sorties et publications d’auteurs et d’artistes.

Lectures, soirées conte, animations enfants, débats, conférences, projections… à la boutique ou en partenariat avec l’Espace Senghor et le Poème 2…
À partir de mi-janvier, un programme complet des activités sera disponible sur notre site internet, notre page Facebook ainsi qu’à la Boutique…

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Et j’ai le plaisir de vous inviter personnellement le vendredi 17 décembre dès 18h en cette même Boutique, j’y ferai une lecture et vous accueillerai à l’occasion de la présentation de mon texte à paraître incessamment chez Maelström « Mémoires et notes diverses à propos de la traversée de Bruxelles ou de ce qui y ressemble » (Booklegs)…en compagnie de quatre auteurs complices de l’aventure « Bruxelles se conte »: ‘Thomas Depryck, Agnès Evrard, Evelyne Guzy…

Bienvenue!

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L’Insoumise ou Scarlett O’Hara au pied du terril

Posté par traverse le 3 novembre 2010

Reprise Nommé au Prix de la Critique 2010
à partir de 15 ans

Récit et interprétation: Jamila Drissi
Texte et mise en scène: Soufian El Boubsi

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Comment raconter l’histoire de sa mère ? Comment surtout trouver les mots et les silences pour dire l’extraordinaire destin de celle qui, venue d’Algérie après un passage au Maroc, aimait par-dessus tout Luis Mariano et Autant en emporte le vent ? La vie des mineurs borains, revue et revécue par une Scarlett O’Hara insoumise, libre, drôle et tragique à la fois.

C’est le moment d’aller voir ce spectacle fort, le moment vraiment, d’abord parce que le talent ça aide à vivre et ensuite, pour la superbe prestation de Jamila Drissi. La programmation (en reprise attendue) de l’Espace Magh nuance les déclarations de notre actualité…qui mûrissent comme des champignons d’automne (vénéneux ou pas, à vous de vous y risquer) : l’échec de la multiculturalité.

C’est un peu comme si on jetait le bébé avec l’eau du bain. Bien sûr que la cohabitation n’est pas chose facile, bien sûr que l’autre est toujours un emmerdeur pour celui qui n’est pas l’autre, bien sûr que la terre est étroite pour ceux qui s’imagine de bon droit sur leur parcelle, bien sûr…

Mais la question est autre, me semble-t-il, autre et tellement complexe. S’agit-il de l’autre ou de ce qu’il dérange en nous, s’agit-il de l’autre ou des comportements qui nous agréent ou non ?
Scarlett ne pense pas à toutes ces questions apparemment mais elle y répond assurément en partie.

Scarlett c’est une midinette, une gentille emmerdeuse, une formidable rêveuse, une sacrée batailleuse, une femme sans commune mesure avec les « molles insoumises » qui se posent en combattantes des égalités dans les cocktails ou les assemblées culturelles. Scarlett, c’est une femme ambivalente, une femme rude quand il le faut et aussi quand il vaudrait mieux choisir le recul de la réflexion. Scarlett ne compte pas, comme elle aime, probablement, mais Scarlett a choisi le vivant. Ou plutôt, la vie l’a jetée dans l’arène des obligations et les obligations, dans ses histoires, ce sont des actions.

Elle rugit, elle fulmine, elle s’emporte, elle est drôle et peste mais elle s’ouvre au monde des paradoxes et des imperfections. Scarlett, c’est une femme d’aujourd’hui mâtinée de la lionne que fût sa mère, une lionne algérienne passée par le Maroc où la vie ne se complaît pas dans la délectation des dernières nouvelles de la mode (quoique, ne soyons pas binaires)…

Scarlett a des voisins, des amis, des moins aimés et pas aimés du tout, mais c’est pas grave, la vie est courte et le récit est long car il est repris par chaque vivant à chaque génération et amplifié par la parole du conteur (au texte Soufian el Boubsi, très à l’aise dans ce genre de récit et si précis dans ses observations).

Scarlett est donc une part de nous en plus ceci et en moins cela, mais c’est une part et cette part est universelle.

Djamila Drissi a de la finesse et du tact, elle joue en liseré les émotions des personnages qu’elle campe aussitôt bien ancrée sur le plateau. Soudain elle y va à gros traits, elle caricature, elle stigmatise, elle éclate et la salle la suit.

Ce personnage de femme habitée par la Mère est un éternel sujet et le renvoi au cinéma dans la scénographie donne à cette rhapsodie algéro-maroco-belge des airs de nécessité et de réalité populaire. C’est ça un imaginaire collectif…La musique de Michel Rorive nous accompagne dans cette envolée volontairement kitsch à certains moments et toujours troublante. Le trouble naît probablement de cette main de l’actrice qui touche devant nous la toile de l’écran, ces images (Pour quelques dollars…Autant en emporte le vent…) qui vont et viennent (image-mouvement disait le philosophe Deleuze)de la scène publique à notre scène intime…

Non, messieurs dames, le multiculturel n’a pas réussi, il est en train de se chercher de s’ajuster, de se penser, de se risquer, comme le vivant, jamais figé et pas encore statufié dans la parole de politiques fatigués…

Allez voir ce spectacle et n’hésitez toujours pas, après la représentation, à dire du mal de votre voisin, c’est une façon comme une autre de le mettre en boule, donc en, mouvement…Mais ça, c’était pour rire, une façon de prendre le train de Scarlett, l’Insoumise…

Tous les soirs jusqu’au 20 novembre à 20h30 (sauf le lundi)

ESPACE MAGH – Rue du Poinçon 17 – 1000 Bruxelles – Tel. +32 (0)2 274 05 10 – Fax +32 (0)2 274 05 20 – info@espacemagh.be

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Publication de l’ Atelier d’écriture Frontières à la Bibliothèque centrale Chiroux

Posté par traverse le 1 novembre 2010

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Présentation de la publication issue des ateliers

J’ai le plaisir de vous transmettre en attachement l’invitation de M. le Député provincial, Paul-Emile Mottard, au vernissage « Frontières » : une publication, L’ivreS Frontières, accompagnée de la présentation des créations et illustrations.

Dans le cadre de l’opération « Passages – croiser les imaginaires »

Le mercredi 17 novembre 2010 à 18h à la section pour adultes de la bibliothèque Chiroux – 15 rue des Croisiers à 4000 Liège. Tél : 04/232 86 86

Un atelier d’écriture pour adultes à la bibliothèque Chiroux et un cahier L’ivreS « Frontières »
Dans le cadre de l’opération « Passages – croiser les imaginaires »

Le contexte :
Lorsque le député Paul-Emile Mottard a initié le projet « Passages – croiser les imaginaires », la bibliothèque Chiroux y a trouvé un grand nombre de pistes d’actions et de réflexion sur la façon de renouveler son approche du public.

Si les enfants et les adolescents bénéficient d’une large palette d’activités proposées en lien avec le livre, il semblait manquer la même effervescence dans les sections pour adultes.
Les bibliothécaires ont d’abord croisé leurs imaginaires avant de faire des propositions au public liégeois. De cet alambic sont sortis divers projets : une grande thématique entre film et roman pour la Fureur de lire, le concours de nouvelles « Achève-moi ! », des cercles de lecture pour adolescents, et encore un atelier « Frontières » qui renouvelle l’exercice de l’atelier d’écriture pour adultes.

Le cahier « Frontières » :
Au fil du temps, devant l’enthousiasme des participants, de l’animateur, de la bibliothèque elle-même, il est apparu que cet atelier méritait d’être célébré par une trace.
Voici donc comment est né le cahier « L’ivreS » Frontières reprenant quelques-uns des textes produits par dix des participants auteurs et illustrés par les travaux d’étudiants des classes de l’Académie des Beaux-arts de la Ville de Liège qui ont inscrit leurs travaux dans la même thématique.

Vous découvrirez quelques mots des auteurs et de belles illustrations sur papier accrochés dans la section pour adultes. Le cahier « Frontières » sera disponible à partir du vernissage le 17 novembre 2010 à 18h à la section pour adultes de la bibliothèque Chiroux.

L’exposition des travaux sera accessible du 17 au 30 novembre à la bibliothèque Chiroux, section pour adultes – 15 rue des Croisiers à 4000 Liège.

Georgette Grondal,
Animatrice régionale Bibliothèque centrale principale

Des frontières et de l’écriture qui les raconte…

Des passages, des frontières… « Est-ce qu’une frontière, ça sert à entrer ou à sortir ? » Dans un atelier d’écriture à Aveiro Portugal en 1992 (Commémoration des Découvertes) j’étais amené à travailler pendant plus d’un an sur ce thème. Et les frontières alors semblaient plus étanches que celles d’aujourd’hui.

Liège, près de vingt ans ont passé et la question est plus vive que jamais : à quoi sert
une frontière ? A distinguer ? A empêcher ? A fasciner ? A mettre en scène ce qui se
situe au-delà et en-deçà ?

Dans l’Atelier d’écriture Frontières du printemps 2010 à Liège, à la Bibliothèque
Chiroux, nous avons tenté de déplier ces questions, de les aborder de façon intime, ou
parfois de façon plus frontale. Mais à chaque fois nous avons souhaité ne pas poser
la question littérale des limites. Nous savions que nous étions dans l’expérience de
lignes de démarcation plus ambivalentes, paradoxales, étranges : celles du corps et du
virtuel, du jour et de la nuit, de la vie amniotique à la naissance, de la maladie et de la
santé à la mort,…

Des textes libres sur ce qui fait passage. Un rituel intérieur de franchissement que
nous nous lisions de semaine en semaine. La lecture est essentielle dans un atelier
d’écriture, elle construit une mémoire commune, une histoire collective de l’aventure,
elle affranchit aussi de certaines hésitations par l’audace de l’un (e) ou de l’autre.
Les participantes et participants de cet Atelier ouvrent une nouvelle pratique de création
et d’engagement dans le binôme écriture-lecture des Bibliothèques. J’y ai pris un
plaisir rare : retrouver cette bibliothèque où j’ai appris il y a plus de vingt ans quelques
unes des techniques qui fondent mon métier aujourd’hui, et où j’ai formé tant et tant
de personnes à cette parole que j’ose nommer « relationnelle » et qui rassemble dans
le lieu du conte, du débat et de l’agora…

Un atelier d’écriture, c’est aussi une auberge espagnole : on y mange ce qu’on y apporte.
A chaque atelier, nouvelle cuisine. La recette de base est simple: subtile, sévère
même et exigeante. Ecouter et reconnaître les personnes, travailler sur les textes et
construire un projet d’achèvement avec des auteurs. J’écris ici le mot auteur contre
le néologisme « écrivant » que certains utilisent à propos de ces personnes actives
dans les ateliers. Ce sont, à mon sens, entièrement des auteurs. Auteurs de projets, de
textes, de formes.

Et la confusion avec la fonction ou l’état d’écrivain n’est qu’un fantasme excité par
celles et ceux qui ne connaissent en rien le matériau et la vie des ateliers d’écriture.

Dans les ateliers, l’animatrice ou l’animateur a mission d’aider à faire entendre dans
les textes les projets flottants des auteurs. Par le travail de séance en séance, ce flottement disparait et la forme (autrement dit, le style) qui habite chaque auteur se laisse entendre plus vivement, de fois en fois.

Dans l’Atelier Frontières, ce processus a été rapide : les auteurs ont développé l’enthousiasme, aussi, d’une aventure collégiale : celle d’écrire à partir de l’intime des textes ouverts à tous.
Merci à elles et à eux.

Daniel Simon, Août 2010

Les illustrations sont l’œuvre des étudiants de l’Académie Royale
des Beaux-Arts de la Ville de Liège, année scolaire 2010.
Pour l’Ecole supérieure des Arts – Atelier d’illustration : classe de M. Paul Mahoux :

Jérôme Eltsner Renaud Fouchet
Mélanie Planche Sébastien Willems

Pour l’Enseignement secondaire artistique à horaire réduit – Atelier de peinture :
classe de Mme Patricia Bastin :

Catherine Bardiau Geneviève Bourlon
Jean-Noël Coumanne Jacqueline Nizet

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Se souvenir pour écrire un récit biographique

Posté par traverse le 19 octobre 2010

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Les mots qui vont surgir savent de nous des choses que nous ignorons d’eux…
René Char

Se souvenir pour écrire un récit biographique

Chaque écrivain, on le sait, puise son œuvre dans son expérience personnelle confrontée au réel. Boris Vian ajoutait, « Tout ce que j’ai inventé est vrai puisque c’est moi qui l’ai inventé… » Mais en réalité, l’écriture est une façon de réparer le texte déchiré de chaque vie, une façon de recoudre avec le fil du récit la matière, le tissu dans lequel nous enroulons nos vies. Raconter, donc, est une façon de reconstruire, une façon de donner à nouveau existence à ce qui fût. Cela, chacun le sait au fond de soi. Mais dès lors que quelqu’un se mêle d’écrire du biographique, un récit de vie par exemple, et les reproches s’accumulent. « Cela ne s’est pas passé comme ça, c’est une pure invention, ce n’est pas possible,… ». A libitum.

En fait, la matière de la mémoire a besoin de se dissiper dans des souvenirs qui peu à peu, eux aussi, se transforment jusqu’à nous laisser croire en la nouvelle mouture du récit de notre vie que nous reproduisons. Chocs de la vie, maladies, amours, deuils, éblouissements artistiques,…toutes ces effractions dans le corps de notre récit-vie fléchissent le cours et c’est de celui-là dont nous nous souvenons.

Quand nous affirmons que ce récit est vrai nous voulons dire précisément que nous avons tenté le plus sincèrement possible de le restituer tel que nous l’ avons gardé en mémoire. Sachant que notre mémoire a engrangé la plupart du temps des événements que nous n’avons pas entièrement vécus mais qui nous ont marqués au plus haut point. Je veux dire que la violence d’un parent à l’égard d’un enfant fait naître en lui des paroles, des situations qu’il a peu à peu construites autour du noyau dur que constitue l’événement initial. Il convient d’abord de préciser ce que recouvrent les termes « se souvenir » et « récit autobiographique ». Ensuite il sera possible d’examiner comment le travail de la mémoire est nécessaire à ce même récit autobiographique. Mais est-il pour autant sans pour autant la seule source à laquelle nous puisons ?

Le souvenir » et le « récit biographique »

Un souvenir est un résidu qui flotte en nous, un résidu émotionnel, une matière volatile faite d’affects plus ou moins vécus directement. Le récit biographique est cette mise en forme des souvenirs dans le fil d’un récit qui donne sens, momentanément ou pour l’éternité (relative du sujet). L’auteur d’un récit vde vie par exemple prendra soin de consigner ce qu’il a vécu et sera attentif à relier, à coudre (raptein coudre en grec,), à se faire rhapsode de lui-même. Cette couture des événements intimes ou publics vécus par l’auteur ne prendra tout son sens à ses propres yeux et oreilles que s’il en transforme la forme. Du flottant et éloigné souvenir, on fabrique un récit net, déclaré, ouvert à l’exploration de la lecture

Le récit de vie est profondément personnel et unifié par la vie de l’auteur. Cette unicité du récit de vie ne le met cependant pas à l’abri de ce que nous appellerons communément des « lieux communs ». Ces lieux communs sont des façons de régler la température du récit sur la température ambiante et collective. Une façon de dire et de ne pas avouer, une façon de ne pas préciser ce qui fait soudain l’expérience unique car, je le pense, nous vivons en permanence dans cette double mesure du monde qui est de nous sentir si profondément inatteignables dans cette forme unique d’existence qui est la nôtre et en même temps nous rejoignons le groupe, la foultitude des vivants par la répétition des mêmes comportements, par la répétition des mêmes rites, par la répétition du même langage.

Vérité et sincérité

Vérité et sincérité n’appartiennent pas ici à la même loi. L’étymologie de sincérité est assez belle que pour être convoquée ici …Michel Angelo, sculpte avec ses élèves dans l’Atelier de grandes et fortes sculptures de marbre. Parfois le burin des élèves dérape et pour masquer la griffure, la trace de maladresse, l’élève y remédie en bouchant la fissure de cire mêlée à de la poussière de marbre. Lors des grandes Ventes publiques des statues du Maître, le Courtier prenait bien la peine de préciser, que cette pièce, si elle était de la main du Maître était sine cere (sans cire), c’est-à-dire « sincère »…La sincérité donc est cette façon de ne pas retirer ni d’ajouter ce qui fût vécu. Pas de cire dans ce récit qui a souvent des allures de galop. La vie se laisse attraper au lasso et pour la consigner, il s’agit d’en consigner les moments forts et visibles. Les pensées intérieures déjà semblent échapper à ce récit de vie qui est alors en train d’échafauder des mines et des façons. Mais l’important est, au nom de cette sincérité de fixer l’événement, notre relation au monde et d’en rendre compte au plus près…Et cette sincérité permettra à l’auteur de défigurer le réel à l’envi, c’est-à-dire à transformer l’entendement commun en matière personnelle, intiment restituée telle qu’elle fut vécue ou telle que la mémoire de l’auteur la retenue dans le filet aux mailles qui se distendent de jour en jour…

La vérité, c’est autre chose…

La vérité requiert d’autres qualités ou d’autres dispositifs. On peut même risquer que la vérité souvent ne s’embarrasse pas de la sincérité ou plutôt elle s’appuye sur un autre type des sincérités, celle qui consiste à aller contre le sens commun qui rassemble, qui unit, qui réunit dans le souvenir commun. Et soudain, la vérité offusque, décrie, dénonce un réel que nous avions pris soin de transformer. Pourtant cette vérité n’est pas utile si elle ne passe pas le plus souvent par des accents de sincérité. Autrement dit, la représentation du vrai doit atteindre le sujet par le biais du vécu, du sincère pour pouvoir mettre en mouvement le lecteur ou l’auteur/ Cette vérité suppose aussi de s’informer alors que la sincérité déforme pour la vraisemblance du récit.

Ecrire du biographique, c’est toujours naviguer entre ces deux eaux. Ce qui nous importe dans l’atelier d’écriture, c’est de mettre l’auteur au travail de cette reconnaissance et de l’inviter à choisir, à poser des balises, à distinguer, donc à …discriminer les souvenirs du réel.
C’est dans cette apparente impasse que se loge le récit singulier que nous cherchons à tisser…ou à coudre.

On comprendra bien donc que le récit biographique ou le récit de vie peuvent se couler parfois dans des formes apparentées à la fiction. Quand l’auteur cherche à mettre à jour ces distinctions, il lui faut souvent entonner le chant de la fable pour y déceler des ingrédients qui ne se laisseraient pas manipuler sans l’usage de ces « pinces fictionnelles »…

La mémoire constitue donc le matériau le plus évanescent, le plus subtilement instable. Il s’agit, dans le récit, de le capter, comme on chasse le papillon, d’un trait bref et sec et sans aucune violence. Le texte doit viser un endroit précis et dans le même temps, l’auteur sait que pour l’atteindre, il devra contrôler son mouvement, anticiper sur le moment de la capture en mettant en place un dispositif qui permettra de rendre compréhensible par chacune et chacun ce moment de chasse incongrue.

La vraisemblance et l’inscription de la vie de l’auteur dans le Récit, sous quelque forme que ce soit, permet évidemment de ramener le papillon et de le décrire alors tel qu’il n’est pas mais tel que nous souhaiterions qu’il fût…

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Un noir et blanc très en couleurs…

Posté par traverse le 14 octobre 2010

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A l’occasion du 50ème anniversaire du Congo (RDC), la Cinnematek a publié un Double DVD d’archives (N/B et couleurs) accompagné d’un livre présentant les commentaires essentiels sur les auteurs et les conditions de tournage des oeuvres. Depuis les années 20 jusqu’au années 50, des amateurs, des fonctionnaires, sont chargés de récolter des images dans le but d’éduquer, de former, d’informer, de promouvoir de maîtriser un Congo encore vécu comme l’Eldorado peuplé d’hommes et de femmes regardés dans l’étrange éloignement que les images rapportent.

Bien sûr la sympathie, l’amour même des belges à l’égard des congolais n’est pas à mettre en doute, on en connaît de multiples exemples, ainsi que la réciproque des congolais à l’égard des belges. Mais la question essentielle que posent ces films me semble résider dans l’étrangeté de l’autre montrée comme exotique et surtout comme « aimable ».

On est « touché » par ce film nous présentant un Roi Baudouin, notre Roi chagrin, si à l’aise « là-bas », loin d’ici, un Roi photographiant, riant, marchant d’un pas léger. Il ne sait pas encore que Lumumba sera le fils de cette époque et viendra lui planter son Discours de Libération dans la face alors que nous attendions, dans la deuil de la perte congolaise, des violences ou des insultes, mais pas la revendication de la Justice de l’Histoire. On sait que Lumumba fut la répétition de Mobutu sur un plan: la naissance de la fierté nationale congolaise. Les deux hommes se détestaient peut-être mais se sont si longtemps ressemblés dans le courage et l’audace qu’ils avaient de relever la tête.

Ces films, émouvants, pétris d’une part de notre mémoire coloniale que nous ne pouvons gommer ni embellir fait trace de commémorations de sombres tragédies et d’une longue histoire d’ambivalence. Le colon regretté (parti trop tôt…alors que la pays n’était pas encore prêt… l’antienne est connue) et détesté tout autant…Il suffit d’entendre les paroles simples glanées ci et là par les cinéastes de cette édition pour comprendre que ce « continent » fut l’objet de toutes les ambitions et d’une violence sans commune mesure dans l’histoire des colonialismes occidentaux.

Mais ce qui est le plus intéressant dans cette publication, c’est le choix des auteurs-réalisateurs. Ils filment dans le souci de nous apprendre le maximum d’informations et on sent la passion de ces cinéastes pour leur sujet. Avec le recul et notre connaissance de l’histoire, on comprend mieux les passions qui s’y sont déchaînées et qui marquent la plupart des familles d’ici et de là dans les générations qui se sont succédées jusqu’à l’Indépendance.

Et dans la vision de ces images, soudain, on bondit hors de l’histoire et on entre dans le cinéma…Ernest Genval, Gérard De Boe, André Cauvin se partagent les plages de ces deux DVD nécessaires à notre mémoire comme à l’avenir de nos relations belgo-congolaises…Les images alignent dans le même émerveillement sidéré des fleurs, des rapides et des visages. Autre part, on assiste aux rituels de danse et de célébration catholique, ailleurs encore, l’anthropologie rudimentaire côtoie l’intelligence d’observations qui font résonances déjà avec ce qui s’écrivait dans les textes de l’école française d’ethnologie ou chez Michel Leiris dans son livre magnifique, l’Afrique fantôme (Gallimard)…

Dans les difficultés politiques et institutionnelles que connaît actuellement la Belgique, nous pouvons imaginer à quel point le spectateur se met à rêver, à son insu, non pas au Congo, mais à une Belgique qui tenait si unie, entre autres, grâce au Congo…

Par ailleurs, la Cinematek organise tout ce mois des projections de films sur le même sujet. Regrettons la part congrue de cinéastes ou de films congolais qui feraient contrepoint, même dialogique à cette aventure que notre belle Cinematek nous offre!

Un noir et blanc très en couleurs... dans carnets pdf cameracongo.pdf

www.cinematek.be
DVD1: 138 min
DVD2: 138 min. Prix 21 euros.

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Des dessous très goûteux…

Posté par traverse le 14 octobre 2010

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Les dessous de table (1)

Nicole Versailles n’est pas une inconnue pour celles et ceux qui s’intéressent à la littérature numérique, aux blogs etc… Elle avait déjà publié dans la collection Je un livre très documenté et passant au crible il y a trois ans une expérience de « Blogeuse », « Tout d’un Blog » (www.couleurlivres.be éditions). Le livre avait marqué alors que le sujet semblait inépuisable. C’est que Nicole Versailles a une plume efficace et une réelle volonté de partager ses aventures.

Elle avait publié ensuite et dans la foulée, « L’enfant à l’endroit,l’enfant à l’envers » chez Traces de vie (Annemarie Trekker) et elle fait paraître ici son dernier opus, « Les dessous de table ».

Nombre de ces nouvelles furent écrites dans le cadre d’ateliers écriture que j’anime et les voir ici rassemblées et publiées me donnent chaud au coeur.

De quoi s’agit-il? Des vices et (rares) vertus qui nous rassemblent autour des tables. Le sujet est générateur de fables. On se souvient de la Dernière Cène, qui se conclut par un massacre, plus près , de nous, dans une vigueur bien hispanique, Luis Bubuel nous avait donné « Le Charme discret de la bourgeoise » et enfin Ferreri avait lancé son brûlot « La grande bouffe ».

La table a engendré nombre de films et de romans. On pourrait dire que tout le roman picaresque choisit la table comme ouverture du lit et laisse entendre que les plaisirs de la table laissent flotter plus de mystère que le lit où la « chose » vite ou longuement faite n’appartient qu’à l’intelligence des amants. La table, par contre requiert d’accueillir tout un art, qui s’appelle la culture…

Nicole Versailles nous place ses personnages et ses intrigues dans des histoires de tables dont les dessous sont tantôt frivoles, amoureux, dramatiques ou franchement méchants. On souhaiterait la voir parfois encore plus radicale dans le traitement de ses personnages, dans leurs destins, dans la relation de causalité que la table fatale a provoquée..Hormis ce regret, saluons l’auteur ici pour la délicatesse du regard et la fermeté de la phrase. Chaque nouvelle rapporte un peu de notre manière de vivre et de nous détruire dans la bêtise et la stupidité du monde qui est celui que nous aimons tant, manifestement.

Ce sont des nouvelles à offrir avant de passer à autre chose…Noël est une belle occasion, Pâques aussi et la Trinité, si vous êtes patients…

Belle lecture!

(1) Edition Memory press, 159 pages, 14 euros.
Son Blog: http://coumarine.blogspot.com)

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Nous querellons les miséreux

Posté par traverse le 28 septembre 2010

« Nous querellons les miséreux pour mieux nous dispenser de les plaindre. »

Vauvenargues

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Je me suis pâmé

Posté par traverse le 20 septembre 2010

(…) Je me suis pâmé, il y a huit jours, devant un campement de Bohémiens qui s’étaient établis à Rouen. Voilà la troisième fois que j’en vois. Et toujours avec un nouveau plaisir. L’admirable, c’est qu’ils excitaient la Haine des bourgeois, bien qu’inoffensifs comme des moutons. Je me suis fais très mal voir de la foule en leur donnant quelques sols. Et j’ai entendu de jolis mots à la Prudhomme. Cette haine-là tient à quelque chose de très profond et de complexe. On la retrouve chez tous les gens d’ordre. C’est la haine qu’on porte au Bédouin, à l’Hérétique, au Philosophe, au solitaire, au poète. Et il y a de la peur dans cette haine. Moi qui suis toujours pour les minorités, elle m’exaspère. Du jour où je ne serai plus indigné, je tomberai à plat, comme une poupée à qui on retire son bâton (…)

Lettre de Gustave Flaubert à Georges Sand, le 12 juin 1867.

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Portraits et paysages intérieurs

Posté par traverse le 14 septembre 2010

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Un nouvel atelier d’écriture dans un lieu intime…De la plume au hamac.

« de la Plume au Hamac » – 197 rue Washington à 1050 Ixelles – 02/3439002

Quatre dimanche, dans l’intimité d’un nouveau lieu, Plume et hamac, pour écrire ces visages et ces paysages qui flottent en vous… Des images, des traits, des émotions pour « tirer le portrait » de l’automne jusqu’au pied de l’hiver. Ecrire dans le jour qui descend ces mouvements qui nous traversent et qui forment la vie…

Animation de l’atelier : Daniel Simon, écrivain, éditeur et animateur d’atelier d’écriture.

10 octobre, 31 octobre, 21 novembre, 12 décembre de 15h à 17h30

80 euros/personne pour 4 séances, payables en trois virements ou sur place la première fois.

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Monstres-moi qui tu es

Posté par traverse le 25 août 2010

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Cet article est paru au début de l’année, il est en liaison aussi avec Laide

n.c.
Samedi 23 janvier 2010

Les enfants aiment les monstres et ceux-ci le leur rendent bien. Dans la galerie des monstres qu’on leur propose, on en voit de toutes les formes et de toutes les humeurs. Les parents les voudraient gentils et rigolos. C’est pourtant si gai d’avoir peur.
Ils peuvent être méchants ou gentils, bleus, avec des poils ou des cornes. Les monstres qui peuplent aujourd’hui l’imaginaire collectif sont issus de l’imagination des artistes et de l’industrie du divertissement. Certains arrivent sur la pointe de leurs pieds griffus pour faire bouh dans le dos quand d’autres déboulent avec la légèreté d’un troupeau de velociraptors.
Le complément nécessaire d’un monstre, c’est un cerveau d’enfant, écrivait Paul Valéry. Est-ce à dire que, de nos jours, ce sont des enfantillages ? Qu’il faut avoir le cerveau encore malléable et ouvert aux vents de l’irrationnel pour « croire aux monstres ? » Pas si vite, le plus important n’est pas là, il est dans la proposition inverse. L’enfant a besoin de se confronter aux monstres avec lesquels il donne forme à toutes ces peurs sans nom, à toutes ces frousses tapies dans l’obscurité de son inconscient.

Fais-moi peur !

Dans le grand marché aux monstres, le choix est vaste et bien balisé. Catégorie d’âge par catégorie d’âge, chacun y trouve son compte et reçoit les monstres auxquels il a droit, de la maternelle aux grands enfants qui aiment aussi jouer à se faire peur.
Pour les plus jeunes, il y a une tendance très nette, depuis quelques années, à rendre les monstres sympas et rigolos, certains diront à les affadir. « Monstres et cie », le film que Pete Docter a réalisé pour Pixar a marqué un tournant. Alors qu’ils sont payés pour faire peur aux enfants, Sully et Bob « n’a qu’un œil » Razowski se révèlent être les créatures les plus drôles et adorables qui soient et deviennent vite les meilleurs amis de la petite Bouh. À côté de ce chef-d’œuvre, on trouve nombre de films et de livres où les monstres ont perdu leur pouvoir d’effroi comme une mayonnaise trop délayée. Cette mise à distance des monstres, dans les séries pour enfants, remonte à bien des années plus tôt. En 1969, les studios Hanna Barbera créent « Scooby-Doo » pour calmer les protestations des parents contre des dessins animés jugés trop violents. Dans la série, on suit une bande d’ados avec leur benêt de chien résoudre des mystères et, de fait, combattre zombies, vampires, momies et autres loups-garous bien inoffensifs. Dans le cahier de charge de la série, il était dit qu’il fallait divertir et rassurer les chérubins et surtout ne pas les effrayer. Peut-être pas une bonne idée. Parce que la frousse est d’abord un jeu de cache-cache entre imaginaire et réalité. Les enfants adorent se faire peur. Quand on raconte une histoire et qu’on crée des moments de suspension, ils savent qu’ils sont en dehors de la réalité. Ils savent aussi que l’issue sera positive, note Laurence Corten, conteuse et animatrice auprès d’enfants, de la maternelle à la fin de la primaire.

Lorsqu’il parut en 1962, le livre « Max et les Maximonstres », de Maurice Sendak, suscita la polémique auprès de certains parents, scandalisés de voir de telles connivence et promiscuité physique entre l’enfant et ses créatures imaginaires. Loin de les dompter, voilà qu’il se laisse entraîner dans leurs jeux dangereux. L’auteur répliqua qu’il fallait se garder de sentimentaliser le monde de l’enfance et que ce n’est pas en les surprotégeant qu’on obtiendrait des enfants heureux et prêts à faire face aux réalités du monde adulte. Aujourd’hui, le film ne suscite guère de protestations. Si ce n’est que l’accouchement fut difficile : après la vision test, Spike Jonze vit sortir de la salle des enfants plus effrayés qu’il n’était permis. Face à l’œuvre achevée, les distributeurs se sont d’ailleurs trouvés en mal de catégories pour caser un film qui s’éloignait du formatage des films de monstres pour enfants.

Le loup ne fait plus recette

Écrivain et auteur de plusieurs pièces jeune public autour de la figure du monstre, Daniel Simon voit dans cet affadissement du monstre un retrait face à un monde perçu comme trop violent, trop effrayant. Mais comment dompter ses peurs si l’on se retrouve confronté à un adversaire qui manque de consistance ? C’est entamer une traversée sans armes et sans biscuits. L’inquiétude est générale. Il y a une tendance à ne pas vouloir reconnaître notre part monstrueuse, une répulsion aussi liée à la peur du corps. Les parents veulent des monstres gentils parce qu’ils n’arrivent pas à rassurer leurs enfants s’ils ont, eux-mêmes, peur du terrorisme, des fins de mois difficiles, des pandémies mortelles ou de catastrophes climatiques. N’en jetez plus. Ils craignent de briser le cocon de l’enfance, pensant que leurs enfants ne seront pas assez forts pour digérer leurs peurs. Mais en surprotégeant leurs enfants, ils les privent d’une aventure extraordinaire qui est celle de la vie.

Jadis, les monstres qui peuplaient les récits racontés au coin du feu étaient ancrés dans une mémoire transgénérationnelle et les parents racontaient une histoire qui leur avait fait peur. De nos jours, les monstres de répertoire ne tiennent plus le haut de l’affiche. Le loup ne fait plus recette. Faut dire qu’il ne fait plus peur à personne, le pauvre. Aujourd’hui, la bête joue le figurant dans des publicités pour la vodka et il est le triste pensionnaire d’une cage à Plankendael. Dans les histoires pour la jeunesse, il est un peu malmené, ridiculisé et n’arrive certainement jamais à croquer le Chaperon Rouge à la fin. Du coup, les enfants d’aujourd’hui sont un peu surpris quand ils découvrent la fin dramatique de la fillette dans le conte de Perrault où le chasseur ne vient pas la sauver. Dans une version orale plus ancienne, la fin est encore même plus sanglante puisque quand la petite fille arrive chez la Mère-grand, le loup lui propose, depuis le fond du lit, de manger un peu de ragoût bien sûr constitué des restes de l’aïeule que la bête n’a pas consommés…

Les monstres archétypaux ont laissé la place aux monstres consommables qui passent avec les saisons et puis souvent disparaissent. Dans les récits d’heroic fantasy ou dans les séries animées de science-fiction, les héros dézinguent du monstre à la tonne, mais ces créatures sont sans histoire, sans enjeu, juste des faire-valoir grouillants et griffus pour les super-pouvoirs des héros. Ainsi sur Pandora, la planète du film « Avatar », les monstres ne sont qu’une masse d’écailles de griffes et de dents, ils font partie du décor. Pour faire peur, les monstres ont besoin d’être nommés, attendus, inscrits dans une narration du dévoilement. Le monstre le plus terrifiant, c’est celui qu’on ne voit pas, ou le plus tard possible. Le public qui se rue en masse pour voir le film de James Cameron comme les ados passionnés par les sagas d’heroic fantasy ne cherchent pas particulièrement à goûter au sel de la peur, mais plutôt à s’évader de la réalité et se réfugier dans l’imaginaire.

Ouverts au monstrueux

Aime les monstres et tu accepteras la différence, c’est une thématique qui sous-tend beaucoup de récits pour la jeunesse. Encore faut-il pour cela les avoir d’abord considérés avec effroi avant de se raviser. La différence n’est pas nécessairement monstrueuse aux yeux des enfants. Il ne viendrait à l’idée de personne de qualifier de monstres les délirantes créatures qui peuplent les tendres récits de Claude Ponti. Les Na’vis qui s’ébattent dans les forêts luxuriantes de la planète Pandora sont peut-être des monstres aux yeux de certains soudards venus piller leur planète, mais certainement pas aux yeux plein d’amour que Jake Sully et son avatar posent sur la belle créature bleue. Du coup, le vrai monstre, c’est le colonisateur blanc. Ben oui, on finit toujours par être le monstre de quelqu’un.

Spontanément les enfants sont bien plus ouverts au monstrueux et à la différence que les parents ne se l’imaginent. Dans la vraie vie, comme au cinéma. Daniel Simon, qui se rend souvent au Portugal, raconte que sur une des places de Lisbonne, un homme souffrant d’importantes déformations physiques et d’une maladie de la peau fait la manche. Quand une famille passe devant, c’est presque toujours les parents qui pressent le pas, alors que les enfants s’attardent pour regarder. On voit l’enfant rattraper la maman pour lui demander de l’argent, retourner vers le « monstre » et lui donner de l’argent. Il y a une vraie curiosité de l’enfant et elle est proportionnelle aux peurs transmises et vécues par les parents, car les peurs des parents deviennent celles des enfants.

La fabrique des monstres n’est pas près de se mettre au chômage technique. Ceux du dehors sont là pour tenir la dragée haute à ceux du dedans. Si votre enfant dit qu’il y a un monstre sous son lit, ne dites pas que ça n’existe pas. Donnez-lui un balai qu’il pourra enfoncer dans le groin baveux de la créature qui mugit sournoisement. Et tant qu’à faire, ça lui permettra d’éliminer quelques poussières. Et surtout dites-lui que vous avez fait pareil à son âge. Sans avoir peur.

http://archives.lesoir.be/-titre-monstres-moi-qui-tu-es-titre-_t-20100119-00RVZZ.html

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Laide

Posté par traverse le 11 août 2010

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(…) Je me suis sentie longtemps laide. Je me rentrais toute à l’intérieur pour qu’on voie pas mes formes que je trouvais trop grosses. Mes cuisses, mes fesses, mes seins, tout était trop. J’ai essayé mille régimes et je me retrouvais encore plus mal foutue après qu’avant.

Je m’enlaidissais d’année en année, il ne semblait pas y avoir de limite. Des mecs me balançaient après m’avoir baisée, ils me traitaient comme une machine de chair, j’étais jamais heureuse même si je trouvais un certain plaisir à ces amours pitoyables. J’étais une masse, une tonne, une carcasse, pas une femme. Ou alors pas une femme comme j’aurais aimé être : ronde et sensuelle, en courbes et en peau lisse et parfumée. Un fantasme. Mais j’étais ce drôle de tas de femme qui ne s’aimait pas et que les hommes ne voyaient que la nuit dans leur désir dur.

Les femmes ne m’aimaient pas trop non plus. J’étais comme une preuve de ce qui ne tournait pas rond en nous. On était des corps qui étaient obsédés par des corps, et on disait n’importe quoi mais surtout pas ça. Je me sentais laide à côté des autres femmes parce que je leur renvoyais l’image de ce qu’elles n’auraient jamais voulu devenir.

Ca a duré pendant des années : laideur, déprime, envies de suicide, espoirs, rêves d’envol, je me cachais dans des robes sans formes, dans des couleurs de deuil. J’étais une femme sans existence, je n,’avais qu’un poids, une masse, de la graisse, pas d’existence pour moi ni les autres. J’étais une laide qui le savait, qui n’en faisait plus un secret, je me posais comme une femme laide et peu à peu ça a marché. J’avais un rôle, j’étais « la » laide.

Alors j’ai commencé à avoir ma place. On m’écoutait comme on écoute les aborigènes ou les pygmées. On se demandait comme on vivait là-dedans…Comme on vivait là-bas, dans cette planète de graisse. Avec les années, la graisse n’a pas vraiment fondu mais elle s’est mieux répandue. Je suis devenue une grosse et je ne me sentais plus laide. Je me suis tapé plein d’hommes. Je me vengeais de ces années d’insomnie et d’abstinence. Jusqu’à ce que je devienne simplement une vieille, aujourd’hui, je me sens une vieille. C’est plus lourd à porter la chair des gros et on vieillit plus vite. On est tout le temps à l’effort, alors on se tend, on se vide et on s’effondre plus tôt. Peut-être que ça m’a donné un destin ? En tout cas, je n’ai jamais eu la vie facile. C’est peut-être mieux ? Je ne sais plus. Faut pas que je pleure.

(…) témoignages.

Ces textes ont été envoyés par des personnes qui voulaient soutenir le projet de Italia Gaeta en train de rédiger Laide, à paraître en novembre dans la collection Je, www.couleurlivres.be.
Un récit fort, dans l’univers de la peintre mexicaine Frida Kahlo.

N’hésitez pas à envoyez vos mails, lettres, témoignages sur cette sensation « Laide », dont nous ferons une matière qui accompagnera ce livre né dans un atelier d’écriture d’été à Schaerbeek.

La laideur est moins horrible chez un démon que chez une femme.
[William Shakespeare], Extrait de Le Roi Lear

Italia Gaeta a baigné dans le monde des histoires…
Histoires narrées par son grand-père venu de son Italie natale
Histoires relayées par ses parents
Histoires agrémentées de récits de vie.

Aujourd’hui, elle est conteuse à son tour.
Elle plonge dans l’univers des contes traditionnels et ouvre la porte aux récits de vie… Elle nous entraîne dans Laide, son premier livre, son premier récit, jusqu’au doute, jusqu’à la confusion du réel et de l’imaginaire, jusqu’aux rires et aux larmes acides.

Elle aime s’attacher à ceux qu’on appelle les petites gens, qui sont souvent de terribles personnes, pour les faire (re)vivre à travers des récits qui semblent friser la légende qui est souvent l’héroïsme des humbles.

Avec Laide, elle explore un sujet brûlant, un « non-dit » presque inexprimable et qui renvoie chacune et chacun à son seuil : qui suis-je et que vais-je devenir ?

Esperanza vit en Belgique, d’origine italienne, entre les grands-parents, les enfants, les amants perdus. Elle est laide, d’une laideur à faire peur, comme on dit, mais son corps est désirable, sensuel et ne se prive pas de pousser à bout celles et ceux qui semblent tentés. Un jeu avec le Diable donc. Mais la diablesse est humaine et aime, dans sa laideur offerte.

Un extrait de son spectacle… »Mme sbatte ‘ o core »

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Dans le chaud des histoires : L’Atelier d’écriture d’été

Posté par traverse le 25 juillet 2010

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L’atelier a été un moment fort: théâtre et récit ont été mis en chantier. Plus d’information sur les textes issus de cette semaine en octobre( lectures publiques et podcast audios)

Fictions à 1001 pages, Schaerbeek

En cinq rendez-vous, laissez-vous aller au cœur de ce que l’été permet : un recul sur soi, une vacance où l’on peut se promener et écouter le monde et ses bruissements, un temps d’arrêt avec la reprise ». Ces rendez-vous de l’été sont des temps de rencontres où l’on peut aller au plus « chaud des histoires »….Ecriture, lectures de textes en atelier, réactions, accompagnements, prolongements….voilà les mots-clés de cet atelier d’été animé par Daniel Simon.

Animation : Daniel Simon, écrivain, animateur et formateur en atelier d’écriture, éditeur de la Revue et de la Collection Je.

Bibliothèque Mille et une pages – Place de la Reine 1 à 1030 Schaerbeek
PAF: 110€ payables en plusieurs fois au compte 068-2144376-24 de Traverse asbl

Renseignements/inscriptions : Daniel Simon – 86/14 avenue Paul Deschanel – 1030
02.216.15.10 ou 0477.76.36.22 daniel.simon@skynet.be

A l’initiative de Georges Verzin, Echevin de l’Instruction publique, de la culture et des bibliothèques

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Ateliers d’écriture d’été

Posté par traverse le 7 juillet 2010

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En ce moment, un atelier d’écriture en cours pour les jeunes à Schaerbeek…Je fais mon cinéma (complet)
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L’atelier vient de se clôturer et les courts-métrages issus de cette semaine passionnante seront déposés à la rentrée sur ce Blog et montrés en public à la Bibliothèque Sésame en automne…

Merci à l’équipe des Bibliothèques et aux jeunes participants.
Merci à Christian Van Tuijcom et Jacques Deglas.
A suivre pour une prochaine édition.

Déjà un film que vous pouvez découvrir, celui d’Emilie Pesci

http://www.youtube.com/watch?v=-QjGLA83Byg

http://traverse.unblog.fr/ateliers-et-formations/

Et bientôt…

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L’Atelier du voyage à la Maison du Livre (L’Atelier vient de se clôturer et les textes issus de cette semaine seront déposés prochainement sur ce Blog et sur le Site www.traverse.be)

Rien de pire que les récits de voyages où l’explorateur devient l’exploraseur, faisant défiler ses films ou ses photos devant un public captif.
La famille, les amis se mettent alors à rêver à d’autres voyages, à ceux qu’ils n’ont pas faits ou qu’ils rêvent d’entreprendre. Voyager, c’est souvent se déplacer pour rêver d’être ailleurs.
Et l’écriture de récit de voyage a pour vocation de tenter de saisir ce qui a disparu. Par l’écriture, le dessin, le collage, la photo numérique, les blogs… tous les moyens sont bons pour capturer le temps évanoui des itinérances et
des bivouacs. Voyager, c’est un rite, une invocation des anciennes transhumances ou des odyssées intimes et l’atelier du voyage s’offre comme
une auberge de passages…

(Aucune expérience d’écriture n’est requise)

Animé par : Daniel SIMON
Dates : du 12 au 16 juillet de 14h à 17h
Prix : 110 euros, acompte de 60 euros, possibilité de payer le solde en effectuant 2 mensualités de 25 euros.

www.lamaisondulivre.be

Responsable des Ateliers: Madame Gitla Szyffer: 02/543.12.22

Un site…http://www.babelio.com/

°°°°
Ateliers d'écriture d'été dans carnets
Dans le chaud des histoires : L’Atelier d’écriture d’été

du 2 au 6 août de 14h à 17h ; Fictions à 1001 pages, Schaerbeek

En cinq rendez-vous, laissez-vous aller au cœur de ce que l’été permet : un recul sur soi, une vacance où l’on peut se promener et écouter le monde et ses bruissements,

un temps d’arrêt avec la reprise ». Ces rendez-vous de l’été sont des temps de rencontres où l’on peut aller au plus « chaud des histoires »….

Ecriture, lectures de textes en atelier, réactions, accompagnements, prolongements….voilà les mots-clés de cet atelier d’été animé par Daniel Simon.

Animation : Daniel Simon, écrivain, animateur et formateur en atelier d’écriture, éditeur de la Revue et de la Collection Je.

Bibliothèque Mille et une pages – Place de la Reine 1 à 1030 Schaerbeek
PAF: 110€ payables en plusieurs fois au compte 068-2144376-24 de Traverse asbl

Renseignements/inscriptions : Daniel Simon – 86/14 avenue Paul Deschanel – 1030
02.216.15.10 ou 0477.76.36.22 daniel.simon@skynet.be

A l’initiative de Georges Verzin, Echevin de l’Instruction publique, de la culture et des bibliothèques

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La vallée perdue:Hunza engloutie

Posté par traverse le 2 juillet 2010

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Il y a un an, je déposais sur ce Blog un article à propos du dernier roman de Jean-Claude Legros, Hunza, paru aux éditions Glénat. C’est un roman comme un polar à deux voix, une histoire de quête étrange et fantomatique dans la vallée de la Hunza que connaît si bien L’auteur pour y avoir vécu souvent lors de ses expéditions dans la région (Himalaya).

Il y connaissait des femmes et des hommes enracinés depuis des générations à une vallée non loin de Gilgit, du Pakistan, des violences de frontières, de la guerre des idéologies…mais cette vallée était sous haute protection: celle des montagnes et de l’eau qui coulait là, vitale pour les habitants.

Une rivière? Un torrent plutôt, une veine d’eau dans la gorge de pierre himalayenne.

Le roman de Jean-Claude Legros est fort et douloureux à certains endroits. Il écrit une histoire où on sent un renoncement: celui de l’auteur pour une partie de la vie qu’il partagea là-bas avec ses amis montagnards.

Souvent il m’a parlé de ces personnes qui étaient si finement engagées dans une vie sans limites, celle qui se confond avec la puissance de la nature qui tend les cordes des êtres plus qu’ailleurs.

Soudain, le 16 mars, une montagne s’est effondrée, à provoqué un éboulement majeur qui a barré le cours de la Hunza. L’eau monte de 15 cm par jour et la vallée est perdue. Des barques mises à disposition par les Tibétains pour les habitants rescapés de cette catastrophe passent aujourd’hui sur la crête des arbres de l’ancienne vallée. Tout est perdu.

Il reste la culture de la Hunza, des habitants dispersés, une profonde tristesse devant cette tragédie si lointaine…et le beau livre de Legros.

Demeure également l’étrange sensation d’assister en direct aujourd’hui aux éblouissements et aux anéantissements de si loin parce que tout semble si près. Tout s’éloigne à force de regarder le même plan trop longtemps. Il surexpose nos sensations, nos perceptions et donc nos émotions. Elles deviennent de courts instants d’étonnements avant un autre bref et lumineux chagrin qui s’éteint aussi vite qu’il semblait s’allumer. Une civilisation de lucioles…

Au fait, que devient Haïti où tournent les vautours évangélistes?

Une vidéo, parmi d’autres…

Pour rappel…

Dans Trekmag

[Livres] Hunza, le nouveau roman de Jean-Claude Legros
18/03/09 par : Jocelyn Chavy

Jean-Claude Legros plante son roman dans un décor qu’il connaît bien – le Karakoram pakistanais – et au milieu d’une faune dont il a lui-même fait partie – les alpinistes.

Ceci posé, Hunza n’est pas un « roman de montagne » mais bien plutôt un polar à deux voix, celle d’Azrar, soldat buzzatien en diable qui se trouve confronté à son propre désert des tartares, et celle de Paul, alpiniste « banal » qui part à la recherche d’un couple disparu… dans une mystérieuse vallée en pays Hunza, au fin fond du Pakistan.

L’écriture – talentueuse- prend le temps de nous (dé-)peindre les lieux, et le balancier Azrar / Paul ajoute à la voix des deux protagonistes le rythme du narrateur, une sorte de « voix-off » sur la forme.

Un livre que l’on vous recommande sans même avoir fini de lire la dernière page – oui, cela ne se fait pas, mais à Trek mag, on ne se contente pas de la quatrième de couverture..!

éditions Glénat, Collection Hommes et montagnes
264 pages. Prix : 19.95 €
Parution en février 2009

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Récits de vie, récits de soi, écriture du moi…entre Parenthèses

Posté par traverse le 24 juin 2010

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L’attention a ce que l’on appelle les écrits du moi ne suppose en aucune façon le souci ou l’attention à une relation de type thérapeutique, comme si l’attention au Sujet, au Je était ipso facto le signe d’une incapacité à écouter le monde et à être traversé par ses secousses dans le cadre de la fiction. Ecrire de la fiction se fait évidemment toujours à partir de soi mais dans un autre Pacte (cf Philippe Lejeune…et Stendhal…). La fiction se glisse dans les pliures du réel, dans ces frictions que provoquent les incohérences de l’Histoire,…et les écrits de l’intime portent sur le Sujet une attention peut-être plus frontale que ne le font les récits de la fiction. Les traverses, les enjambements sont le fait naturel di fictif, le dit, le fait probablement naturel du biographique.

Ce qui est intéressant dans la confrontation des genres c’est de constater à quel point la tentation du thérapeutique revient dans le discours général. Comme si, il fallait passer par cette Zone thérapie pour légitimer des écrits qui n’auraient pas suffisamment de corps littéraire…

La création a étrangement à voir avec celle manne thérapeutique depuis les ravages du Développement personnel. Une nov langue, une langue opaque est à oeuvre et se manifeste , entre autres, par le généralissime « pas de souci ».

C’est peut-être ça aussi l’obsession thérapeutique: inoculer, ou faire surgir dans le Sujet une langue créée pour ne rien dire…

Enfin, Aristote (La Poétique) nous appelle à prendre en compte les effets de bouleversements dans la perception et la représentation du Drame par le truchement d’une forme, d’une dramaturgie.

Dans les ateliers de récits de vie, c’est le Récit du Sujet qui fait matière et non les inquiétudes ou affects du Sujet. Une distinction à prendre sans cesse en considération…

DS

Un des critères qui permettent de distinguer les ateliers d’écriture tient à « ce qui y est raconté » : récit de vie ou !ction/poésie ? Les participants opèrent leur choix en fonction de leur réponse à des questions assez élémentaires : ai-je décidé d’écrire sur moi, ou non ?

Est-ce que je cherche à « exprimer le monde » ou à « m’exprimer » ?

Et c’est en fonction de ces objectifs (faire écrire, ou faire s’écrire) que l’animateur construit ses consignes, prépare ses retours et commentaires. Ceux-ci, dans les deux cas, porteront toujours sur le texte, sur l’écriture, la formulation(1). Ce qui change c’est que, dans le cas de l’écriture de action/poésie, les participants — à la fois auteurs-lecteurs-auditeurs — considèrent, par convention explicite, les personnages comme de pure invention, et ne vérifent pas si ce qui est raconté est plus ou moins issu d’un vécu ; alors que dans le cas d’écriture de soi, chacun sait qu’il est là pour partager un texte qui parle de lui.

Nous voyons comment, au-delà d’une apparente simplicité, les questions déjà se complexi!ent. Car nous créons tous à partir de nous, sommes présents dans nos oeuvres de !ction/poésie ; d’une manière ou d’une autre, plus ou moins distanciée, mais nous y mettons notre patte. Or, une (auto)biographie, un récit de vie même objectivé reste un témoignage singulier. Autrement dit, la frontière entre le réel et l’imaginaire est floue et mouvante ; et qu’il parle ou non de lui, l’auteur ne se départit pas d’un regard particulier.

Comment et pourquoi distinguer biographie et action/poésie ?

Comment accompagner un travail d’écriture aussi intime ?

En quoi le groupe agit-il ? Comment la forme y-est-elle travaillée ?
Pourquoi entamer une telle démarche d’écriture, voire de publication ?
Pour briser les nombreux clichés et a priori et pour illustrer la diversité des approches, nous avons posé ces questions à trois praticiens ayant construit, sur ce type de réflexions, leurs outils personnels d’animation.
Annemarie Trekker s’appuie sur ses activités de sociologue mais aussi d’auteure, d’animatrice, d’éditrice au sein de l’association Traces de vie, pour circonscrire le secteur : son article définit sa pratique et la situe dans son évolution au sein des sciences humaines et de la littérature.

Marie-Ève Palin expose son parcours à travers le récit de son
expérience, tandis qu’Adrienne Nizet referme ce dossier avec un entretien-portrait de Daniel Simon, auteur, animateur, formateur et directeur de la collection et de la revue Je.
Chacun, nous l’espérons, pourra, au carrefour de ce triple regard, se faire une image plus nette de cette écriture très pratiquée ; avant de se pencher, dans le prochain numéro, sur les écritures collectives,
professionnelles, et les récits d’expériences en ateliers.

Réjane Peigny

(1) Kalame fédère en effet des animateurs qui doivent être praticiens de l’écriture pour adhérer au réseau, et qui mettent l’écriture au centre de leurs ateliers. Cette pratique diffère de certains ateliers de récit de vie où l’écriture n’est qu’un des moyens d’accès — comme l’oralité — à un récit dont la forme importe moins que ce qu’elle révèle.

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L’atelier du voyage

Posté par traverse le 4 juin 2010

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Rien de pire que les récits de voyages où l’explorateur devient l’exploraseur, faisant défiler ses films ou ses photos devant un public captif.
La famille, les amis se mettent alors à rêver à d’autres voyages, à ceux qu’ils n’ont pas faits ou qu’ils rêvent d’entreprendre. Voyager, c’est souvent se déplacer pour rêver d’être ailleurs.
Et l’écriture de récit de voyage a pour vocation de tenter de saisir ce qui a disparu. Par l’écriture, le dessin, le collage, la photo numérique, les blogs… tous les moyens sont bons pour capturer le temps évanoui des itinérances et
des bivouacs. Voyager, c’est un rite, une invocation des anciennes transhumances ou des odyssées intimes et l’atelier du voyage s’offre comme
une auberge de passages…

(Aucune expérience d’écriture n’est requise)

Animé par : Daniel SIMON
Dates : du 12 au 16 juillet de 14h à 17h
Prix : 110 euros, acompte de 60 euros, possibilité de payer le solde en effectuant 2 mensualités de 25 euros.

www.lamaisondulivre.be

Responsable des Ateliers: Madame Gitla Szyffer: 02/543.12.22

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…la problématique de…

Posté par traverse le 4 juin 2010

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Pas de souci ne cesse de gagner du chemin, le tic « problématique » a déjà fait ses preuves, ….

Il suffit d’écouter et de comprendre ce qui se dit en-dessous de ces psittacismes interculturels….

Moins je dis en articulant n’importe quoi, moins je prends le risque de froisser.

Il faut absolument disparaître aujourd’hui dans le langage et oublier sa propre langue au profit d’un simulacre citoyen: la langue de bois.

Mais à propos de ça, Flaubert nous en a dit déjà de bien belles dans son Dictionnaire des idées reçues. Décidément, la Bêtise, le Grand Sujet.

Ce clip est court, drôle, féroce, un peu comme un reportage d’Arte Belgique…

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Curieux dimanches 20 juin à Schaerbeek, bibliothèque Sésame

Posté par traverse le 30 mai 2010

14H00 MEMOIRE D’UNE MUSIQUE JAMAIS JOUEE
Lecture-performance (avec vidéo) de et par Daniel Simon

Cette musique de la mémoire, jamais jouée, toujours en répétition, cette musique toujours hors du temps, en soi et jamais complètement chantée parce que le temps passe et la musique change…

Une lecture en PREMIERE d’un texte en un « je me souviens » verbal qui cherche la musique de la langue.

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Mais aussi un Café littéraire

Pour rencontrer des auteurs en toute simplicité tout particulièrement les
écrivains ayant participé à l’édition « Ecrivains du monde pour Haïti »
(lectures par des auteurs présents, en soutien à la culture en Haïti)

cf : Espace livres :

http://www.demandezleprogramme.be/Des-ecrivains-du-monde-pour-

Haiti?rtr=y.

Animation : Traverse asbl

Un Curieux dimanche par trimestre, une journée où les générations se rejoignent autour du livre, de la musique, de la parole, des auteurs et des lecteurs…

Tout un programme que vous pouvez dès à présent télécharger…

http://www.mabiblio.be/wp-content/uploads/2010/05/Programme.pdf

Bienvenue.

Last but not least….Le clip Curieux dimanches 25 avril 2010 réalisé par Jacques Deglas.

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TraverseASBL a partagé une vidéo avec vous sur YouTube :

lien Youtube du clip Curieux Dimanches:

ou sur le Site des Bibliothèques de Schaerbeek:

http://www.mabiblio.be/2010/06/08/curieux-dimanches-2/

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Qôta Nih avec Gérard Adam à Plumes Croisées

Posté par traverse le 30 mai 2010

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Le 3 juin 2010- Plumes Croisées – Dialogue Interculturel
Organise une rencontre littéraire avec l’écrivain Gérard Adam pour la présentation de son nouveau roman Qôta-Nih

Gérard Adam a écrit un livre-somme, un livre-monstre, un livre-monde…
Les excès de notre temps y côtoient les espérances en une matière humaine plus spirituelle, plus « à hauteur d’homme »…

J’aurai le plaisir d’animer cette rencontre…

Rendez-vous à 18h00 à la Librairie « Au Fil des Pages », rue des Combattants 106 à 1310 La Hulpe

En partenariat et avec le soutien du service Livres de la Communauté française et la Commune de La Hulpe

www.plumescroisees.be

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Le Marchand de caresses à Schaerbeek

Posté par traverse le 30 mai 2010

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Festival Les Zin Cases Sables

Le dimanche 20 juin 2010 de 13h30 à 20h

Il était une fois… Les Nomades…
Un festival d’arts de rue pas comme les autres !

A 17h, sous tente (Rue de Locht, 1030) :

LE MARCHAND DE CARESSES

un conte « d’apaisement et d’avertissement » pour tout petits…Un spectacle de conteur-acteur
de et par Daniel Simon pour tout public à partir de 3 ans

L’histoire

C’était un temps où les Ogres étaient de retour…
Plus personne ne faisait appel au Marchand de caresses et plus personne n’osait donner la moindre petite caresse de rien du tout …
La peur des Ogres était revenue, vous dis-je…
Un jour, le Marchand eut une idée…
Il fit sa publicité dans tous les villages et les villes où il passait : « Attention, vivre sans caresses est mauvais pour la santé ! Attention ! ».
Et le Marchand aida les habitants des villes et des villages à combattre les Ogres. Peu à peu, la peur des Ogres diminua et la vie renoua avec le goût tendre des caresses, papouilles et autres chatouilles…
Et le Marchand de caresses reprit son chemin…

Par Le Magasin des histoires

Le Magasin des histoires propose, outre des spectacles, des animations en écoles maternelles, primaires et secondaires.
Ces animations sont à chaque fois adaptées à la demande de l’enseignant ou de l’animateur du public concerné.
Ces animations sont : ateliers d’écriture (contes, poésie,…), ateliers d’expression théâtrale, ateliers d’improvisation théâtrale,
ateliers de réalisation de films vidéo (de l’écriture de scénario jusqu’à la réalisation finale), ateliers de techniques de conteur,…

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Etre belge, c’est avoir besoin de l’autre pour se définir

Posté par traverse le 21 mai 2010

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Chers amis,

Face à ce qui se passe en Belgique, nous avons décidé de prendre notre plume. Non pas pour râler, ni accuser. Non, juste pour laisser sortir notre cri de colère, avec douceur et apaisement.

Ce vendredi sort dans la Libre Belgique mon texte. Il s’intitule « Être belge, c’est avoir besoin de l’autre pour se définir » (http://www.lalibre.be/debats/opinions/article/583968/qu-est-ce-qu-etre-belge.html). De Morgen a publié la version neerlandaise.Rejoins par des amis, le texte est cosigné par 3 jeunes concitoyens des différentes Régions/Communautés.

Une envie de toucher les gens, de sortir des questions techniques, de reparler d’idéal et du coup de vision. De temps en temps, cela fait du bien, non ?

Pour vous mettre l’eau à la bouche, voici l’introduction :

FR : Face aux discours du genre « mais, nous n’avons rien en commun, tout nous sépare », nous répondons par la question suivante : « qui peut se prétendre belge aujourd’hui ? » Personne. Tout le monde. Etre belge, n’est-ce pas cette humilité d’accepter d’avoir besoin de l’autre pour se définir. De ne pas pouvoir représenter à soi tout seul un modèle type. Nous vivons à l’heure de la multiculturalité, et les belges ont été, dans le passé, précurseurs d’une identité multiple, complexe, floue, fragile, mais tellement belle. Etre belge, c’est accepter ne pas être belge à soi tout seul. C’est accepter qu’une partie de nous nous échappe. Etre belge, c’est reconnaitre, en nous, notre part d’étranger. « Un pays n’est pas quelque chose de géographique » disait Brel. Etre belge, c’est plus qu’une réalité, c’est un état d’esprit.

NL: We horen tegenwoordig vaak het argument “we hebben niets gemeenschappelijk, we zijn zo anders”. Wij reageren vandaag met een wedervraag: “wie kan zich vandaag identificeren als de typische Belg?” Niemand. Iedereen. Is ‘Belg zijn’ niet de typische bescheidenheid om te aanvaarden dat je de ander nodig hebt om jezelf te bepalen; dat wij alleen geen typevoorbeeld vertegenwoordigen? We leven meer dan ooit in een multiculturele omgeving, en Belgen zijn steeds een complexe, breekbare, maar ook mooie identiteit gekend. ‘Belg zijn’ is aanvaarden dat je niet alleen Belg kan zijn. “Etre belge, c’est reconnaitre, en nous, notre part d’étranger.” Jacques Brel heeft ooit gezegd dat een land veel meer is dan een geografisch gegeven. ‘Belg zijn’ bestaat niet. ‘Belg zijn’ is een opvatting, een levenshouding.

J’espère que ce texte apolitique fera germer en vous des envies semblables d’exprimer vos pensées les plus profondes face au défaitisme qui règne actuellement. Je serai ravi, et très flatté, de lire vos réactions, mêmes si elles devaient s’avérées très brèves.

A lire et à faire lire sans modération… car la politique doit générer des espérances !

Une version allemande et anglaise sont consultables sur http://tobelornottobel.blogspot.com/

Faites circuler. En partageant ce texte, vous donnez vie à une autre voix/voie… (Forward, Collègues, familles, amis, Facebook, Twitter, Blog)

Très belle journée à vous tous,

Quentin Martens

+32 (0) 496 71 16 75

quentin.martens@coleurope.eu

Etre belge, c’est avoir besoin de l’autre pour se définir

Face aux discours du genre « mais, nous n’avons rien en commun, tout nous sépare », nous répondons par la question suivante : « qui peut se prétendre belge aujourd’hui ? » Personne. Tout le monde. Etre belge, n’est-ce pas cette humilité d’accepter d’avoir besoin de l’autre pour se définir. De ne pas pouvoir représenter à soi tout seul un modèle type. Nous vivons à l’heure de la multiculturalité, et les belges ont été, dans le passé, précurseurs d’une identité multiple, complexe, floue, fragile, mais tellement belle. Etre belge, c’est accepter ne pas être belge à soi tout seul. C’est accepter qu’une partie de nous nous échappe. Etre belge, c’est reconnaitre, en nous, notre part d’étranger. « Un pays n’est pas quelque chose de géographique » disait Brel. Etre belge, c’est plus qu’une réalité, c’est un état d’esprit.

On trouvera toujours des raisons de se séparer. Aujourd’hui, ce sont les tensions linguistiques sur fond d’écarts sociaux, demain cela pourrait être les questions religieuses.

L’autre, par définition, nous est toujours différent. Faire ce chemin de nous-mêmes vers l’autre n’est pas une question linguistique, c’est une question d’épanouissement réciproque qui se présente à nous en voyage, dans nos familles, entre collègues, dans nos couples. L’essence de nos vies n’est-elle pas faite de cela ?

Nous vivons à une époque où nos identités sont davantage à construire qu’il y a cinquante ans. Mais, comment ne pas comprendre que l’identité belge n’a jamais été une évidence statique. Elle a toujours été à chercher, à inventer, et à réinventer et cela depuis que la Belgique est née. Cette identité en recherche et en reconstruction permanente est créatrice. Cela vaut pour les francophones et les néerlandophones, les germanophones, mais aussi pour les italiens, les espagnols, les marocains, les congolais, les turcs qui, hier, ont choisi la Belgique. Aurions-nous fait naître des personnalités comme Toots Thielemans, Jacques Brel, Arno, James Ensor, Jan Fabre, Magritte, Hergé, si nous n’avions pas eu ces brassages, cette complexité, cette non-évidence ? La Belgique est surréaliste, et pourtant elle représente un projet auxquels des générations ont consacré leur vie.

La Belgique, le miroir de l’Europe

L’Europe est un idéal de vivre ensemble. Ce qui se passe dans notre pays nous dépasse. L’enjeu est bien plus grand que nos frontières. Aujourd’hui, l’Europe a besoin de nous, non pas seulement comme Etat membre, mais comme modèle d’un vivre ensemble.

De par notre mixité, notre diversité de cultures, la rencontre des mondes latin et germanique, nos richesses linguistiques, la Belgique a été et reste un des laboratoires de l’Europe. Notre histoire n’est-elle pas la plus européenne de toutes les histoires ? Depuis toujours, nous sommes un carrefour de civilisations. Nous sommes, que nous le voulions ou non, un symbole. C’est notamment, en nos terres et dans nos esprits, tel que celui de Paul-Henri Spaak, que l’idéal européen d’unité a germé.

Ce qui se passe en Belgique, la méfiance de l’autre et le repli sur soi, est la boite de Pandore de tous les Etats membres. Les minorités linguistiques existent partout en Europe, à l’exception du Portugal. Demain ce seront l’Ecosse, la Catalogne, les minorités slovènes en Autriche. Comment pouvons-nous admirer le projet de paix, de réunification avec les pays de l’Est, célébrer la chute du Mur de Berlin, symbole de rassemblement et d’union, et ne pas être prêts à faire le travail nécessaire sur nous-mêmes pour comprendre l’autre et travailler ensemble? Si nous ne sommes pas capables de vivre ensemble, qui en Europe l’est encore ? L’Europe est un idéal, que nous lui avons, en partie, inspiré. Si nous perdons cet idéal, où va l’Europe ?

De par notre histoire, de par l’actualité marquée par les crises et les doutes et de par notre présidence à venir, nous avons un devoir d’exemple.

L’inspiration des consciences dirigeantes

Il y a 50 ans, Paul-Henri Spaak proclamait, lors de la signature des Traités de Rome : « tâchons de léguer au futur la source d’inspiration que nous puisons dans l’immortel passé ». Il est légitime de se demander où est l’inspiration de la classe dirigeante aujourd’hui ?

C’est un fait : les espaces de rencontres et d’échanges entre francophones et néerlandophones se rétrécissent : les universités et les partis politiques ont été scindés. Et nous n’avons jamais eu de médias unitaires bilingues. Nous sommes aujourd’hui dans une centrifugeuse qui s’accélère. Nous nous côtoyons, sans vraiment nous connaître. Mais est-ce une raison pour tout abandonner ? Abandonner notre idéal d’union, et ce que nous avons construit ensemble, n’est-ce pas se mentir à nous-mêmes, et nous embarquer dans la perte de sens que toute la société déplore aujourd’hui ? Ces espaces sont à réinventer. Tous, nous devons y travailler : les artistes, les universitaires, les enseignants, les journalistes, les hommes politiques, les jeunes. Il en va notre responsabilité à tous. Transformons notre désarroi en véritable action commune.

Malgré tout, les hommes politiques ne portent-ils pas une très lourde responsabilité dans la crise actuelle ? La politique est une vocation difficile, certes, trop souvent décriée et méprisée. Mais cette fonction, dont nous nous désintéressons trop souvent, à tort, semble se vider, de jour en jour, de tout idéal. La preuve en est qu’elle n’inspire plus, ni les citoyens, ni leur confiance. Du coup, les frustrations citoyennes se radicalisent depuis des années à force de statu quo et de dégradations. Nous allons vers de nouvelles élections. N’est-ce pas le meilleur moyen de faire perdre le dernier filet de confiance et d’espoir qui rattachait les citoyens à leurs représentants ? « De nouvelles élections : d’accord, mais avec quels nouveaux visages ? » Quelles nouvelles voix ? Quelles nouvelles idées ?

Les « égos » vont-ils laisser place à l’humilité, la méfiance à la confiance, et les disputes à l’écoute ?

Tout est encore possible. Brel ne chantait-il pas : « on a vu souvent rejaillir le feu de l’ancien volcan qu’on croyait trop vieux… ».

Ne laissons pas à une poignée de politiciens, le monopole de notre avenir.

Dans moins de deux mois, l’Europe offrira à notre pays, la Belgique, la chance de prêter son visage au projet européen en lui donnant les clefs de la Présidence de l’Union européenne. C’est un honneur et une grande responsabilité. Nous avons un devoir d’exemple. Interrogeons nous : « quel visage voulons-nous offrir au monde ? »

Refusons la fermeture et de l’intransigeance. Exigeons l’ouverture et l’entente de nos hommes politiques. Exigeons de vrais hommes d’Etat, dignes de ce nom, pas des politiciens. Recommençons à espérer. Alors, peut-être pourrons-nous porter un regard neuf sur ceux que nous sommes.

Car être belge, ce n’est pas se dévisager. C’est s’envisager.

Quentin Martens, 26 ans, Bruxelles

Louis-Alfons Nobels, 26 ans, Turnhout

Antoine de Lame, 26, Rosoux

Sandrine Siegers, 28 ans, Eupen

Version néerlandaise, allemande et anglaise sur http://tobelornottobel.blogspot.com/

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Dans le chaud des histoires : L’Atelier d’écriture d’été

Posté par traverse le 3 mai 2010

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du 2 au 6 août de 14h à 17h ; Fictions à 1001 pages, Schaerbeek

En cinq rendez-vous, laissez-vous aller au cœur de ce que l’été permet : un recul sur soi, une vacance où l’on peut se promener et écouter le monde et ses bruissements, un temps d’arrêt avec la reprise ». Ces rendez-vous de l’été sont des temps de rencontres où l’on peut aller au plus « chaud des histoires »….Ecriture, lectures de textes en atelier, réactions, accompagnements, prolongements….voilà les mots-clés de cet atelier d’été animé par Daniel Simon.

Animation : Daniel Simon, écrivain, animateur et formateur en atelier d’écriture, éditeur de la Revue et de la Collection Je.

Bibliothèque Mille et une pages – Place de la Reine 1 à 1030 Schaerbeek
PAF: 110€ payables en plusieurs fois au compte 068-2144376-24 de Traverse asbl

Renseignements/inscriptions : Daniel Simon – 86/14 avenue Paul Deschanel – 1030
02.216.15.10 ou 0477.76.36.22 daniel.simon@skynet.be

A l’initiative de Georges Verzin, Echevin de l’Instruction publique, de la culture et des bibliothèques

…et un clip de lectures publiques des textes de l’atelier d’hiver…
Merci à Jacques Deglas pour la réalisation…

http://www.youtube.com/watch?v=qFc5ENPiGv0

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Jeunes adultes et Ados, « Je fais mon cinéma »

Posté par traverse le 6 avril 2010

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Une proposition pour les jeunes auteurs passionnés d’écriture et de cinéma!

Jeunes adultes et Ados, « Je fais mon cinéma »

Du 5 au 9 juillet, 14h à 17h. Avec Jacques Deglas, Christian Van Tuijcom et Daniel Simon à la Bibliothèque Sésame, Schaerbeek

Ecrire de l’image, du mouvement, des récits, un scénario pour passer à la réalisation et au dépôt sur Internet, voilà l’objet de l’Atelier.

Ecrire une situation, créer des personnages, établir un scénario, apprendre à le critiquer, puis à la réaliser et à le diffuser sur le Net, ce sera notre Rencontre de l’été avec les Jeunes adultes et les Ados intéressés.

En cinq après-midis de 14 h à 17h, trois animateurs expérimentés (écriture, voix, images, Net) accompagneront celles et ceux qui souhaitent devenir les auteurs de leur premier film court.

Une projection des œuvres réalisées aura lieu dans le cadre de la Bibliothèque Sésame par la suite.

Organisation Traverse asbl avec Sésame (Bibliothèques de Schaerbeek)

A partir de 15 ans.

Aucune expérience requise et tout le matériel sera offert par les organisateurs.

Droit d’inscription : 110 euros payables en plusieurs fois au compte 068-2144376-24 de Traverse asbl

Renseignements/inscriptions : Daniel Simon – 86/14 avenue Paul Deschanel – 1030
02.216.15.10 ou 0477.76.36.22 daniel.simon@skynet.be

A l’initiative de M. Georges Verzin, Echevin de l’Instruction publique, de la culture et des bibliothèques

Site : www.traverse.be (Cliquez vers le 20 avril sur Avanti! Et vous arriverez à la page Ados et Jeunes adultes)

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Interculturalité et littérature

Posté par traverse le 30 mars 2010

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L’imaginaire flottant comme langue globale de la littérature

L’universel, c’est le local sans les murs.
Miguel Torga.

Exit Neandertal

L’évolution est telle que Cro-Magnon et Neandertal cohabitèrent il y a quelque centaines de milliers d’années. J’imagine que les clans cohabitaient, se rencontraient et développaient des stratégies de combat ou d’évitement. J’imagine qu’ils s’observaient, qu’ils pouvaient même échanger des objets, des signes, des émotions. Mais Neandertal disparut et ce fut Cro-Magnon qui poursuivit sa longue histoire jusqu’à nous.

Ces deux branches de l’espèce hominidé avaient l’une et l’autre des chances égales de se perpétuer, nous rappellent les paléontologues. Mais ce fut Cro-Magnon qui l’emporta dans la course de « cohabitation » car, toujours selon les experts de la question, c’est lui qui aurait développé des éléments de langage suffisant et aurait été capable de mettre en récits la vie de la Tribu.

Je ne doute pas du fait que Cro-Magnon et Neandertal ne faisaient pas que coexister même s’ils ne pouvaient se reproduire. Ils devaient rêver des uns et des autres, se craindre ou se désirer, se caricaturer, se mettre à imiter les faits et gestes de l’Autre.

Des mondes étaient associés dans des imaginaires primitifs mais ils étaient probablement contaminés par l’existence de tous.

Puis Cro-Magnon s’élança vers l’aventure du langage et des formes. Les langues, liées aux territoires et à l’alimentation de base naquirent. Les langues du blé, du riz, du mil se développèrent jusqu’à instiller dans chacun des membres de ce monde en marche des figures de représentation, des images, des rites qui se croisèrent régulièrement avec ceux des peuples voisins ou même singulièrement éloignés.

Les langues s’imprégnèrent les unes les autres, elles portaient des traces du langage voisin, elles développaient des représentations mixtes et dans l’Empire romain, les peuples soumis par Rome et désireux de s’inscrire dans la pax romana étaient nommés, les Flavius. Le nom romain remplaçait le nom gaulois ou perse ou germain. Les Flavius avaient été intégrés à la grande Rome en perdant une part de leur identité pour en gagner une plus large. Ils parlaient cependant leurs langues, matinées des emprunts de la langue dominante, le latin. Le gallo-romain se développait, des scénarios de cosmogonie se différenciaient, des récits évoquaient les traces des autres civilisations. Cela ne se fit pas sans casse, ni sans souffrance, ni sans lutte, mais cela se fit.

Cosmopolitisme du réel, interculturalité des imaginaires

Dans quel monde perclus de naïveté saint-sulpicienne sommes-nous aujourd’hui, pour croire qu’une interculturalité se développe dans l’assentiment et la paix, lisses comme des vœux pieux. C’est d’une relation « chaude » qu’il s’agit, d’un frottement râpeux, d’un échange violent parfois et jamais sans risque. Les discours sur l’interculturalité commencent à laisser entendre un, déni de la différence au nom de cette même différence érigée en qualité première. Pour quelles raisons ? Probablement parce que rien n’a été mis en, place pour penser cette dimension interculturelle à temps. Et qu’il ne reste aujourd’hui, sur le réel antagoniste, que des emplâtres langagiers qui ne trompent que les aveugles et les sourds.

Cosmopolitisme, pluriculturalité, oui, mais de quoi s’agit-il quand on parle d’interculturalité et précisément d’interculturalité dans la littérature ?

Cette interculturalité suppose que nous échangions, à notre insu même, des valeurs qui sont supposées, faire lever dans chacun de nous une pâte insoupçonnée, bonne comme un pain béni. L’ironie est utile aussi, me semble-t-il, quand on évoque cette dimension autant érigée en évidence qu’en obligation.

Cela suppose que nous nous empruntions des valeurs, des signes, des codes qui nous augmentent. Vaste programme que des générations contestent dans les faits. Nos tribus cohabitent, se frôlent, se mêlent aussi mais au prix de quels dénis ? Cette interculturalité, territoriale et culturelle, est politique et on sait que cela passera par la Loi. Et cette Loi sera le référent commun, né dans le débat de l’Agora.

Dans la littérature, il en va tout autrement. Des langues et des récits représentent ce que nous jouons sur l’arrière scène de notre monde. Ils sont en perpétuelle mutation et traduisent, déforment, idéalisent des rapports de force qui produisent en nous de nouvelles découvertes, si ce n’est des éclaircies de vérité. La littérature, les littératures, plutôt, obéissent à des codes et des référents civilisationnels et politiques parfois étrangement éloignés et cependant au même travail. Ces littératures racontent des lieux communs de notre humanité traversés de singulières et improbables péripéties. Quelque chose de tendu est à l’œuvre dans ces croisements et des chocs sourds se laissent deviner. La figure de l’un dans une littérature est dominante un temps pour disparaître plus tard ou se retourner en figure dominée.

« Les autres »

Dans un petit village italien aujourd’hui, les habitants, ayant pourtant tous connus les difficultés de l’immigration dans leurs trajectoires familiales, nomment les étrangers débarquant dans leur village, « Les autres ». Ca semble choquant pour les bonnes âmes tentées par la grande fusion, mais au-delà de cette nomination rude et même apparemment excluante, « les autres » semblent aussi être marqués par un désir, une érotisation même. Des récits se conjuguent dans ce désir-là et « Les autres » vont devoir montrer pattes blanches pour devenir peu à peu, Michele, Mohamed, Kenan, Diallo, etc.…Le prénom, sacre de la différence et de l’identité, est aujourd’hui revendiqué comme trace positive de multiculturalité. Flavius est mort.

La littérature française, nombre de littératures européennes, ont érotisé le rapport à l’homme noir, par exemple. Et réciproquement. Des façons d’intégrer l’autre dans le récit convenu du temps, ce qui n’excluait pas la puanteur raciste et l’aveuglement historique.

Puis le sanglot de l’homme blanc (Pascal Bruckner) contribua à agiter dans les récits des blancs des figures abjectes de l’ancien colon et, dans les récits des noirs, ceux-ci se barricadèrent dans les figures de victimes expiatoires. Puis les récits se transformèrent pour décliner des représentations plus complexes, plus subtiles, plus paradoxales. Aujourd’hui, il est mal venu de traiter l’homme blanc en figure positive, le « black » par contre monte à la Bourse des valeurs. La langue française, par exemple, se déploie dans plusieurs continents qui impriment au langage les vertus et les fantômes du temps et de l’endroit.

Gageons que nous devrons compter avec la langue française des caraïbes encore plus en ce vingt et unième siècle naissant dans le chaos. Haïti, forcément, va faire remonter dans notre langue française, après le séisme qui fait table rase apparente d’un morceau d’île, des flux qui nous traversent tous : peur, compassion, solidarité, incompréhension, désolation, …

Et les littératures vont nous confronter aux interdits que cette tragédie éveille aussi en nous. L’humanitaire du « Sauvons Haïti » sera inévitablement contrebalancé par les questions et les récits que les écrivains vont en faire. Des terreurs plus parfondes vont remonter, des espoirs plus anciens se faire entendre à nouveau. Les écrivains par ailleurs, tout de suite, nous ont dit qu’ils se posaient les questions des Haïtiens, du point de vue des Haïtiens et pas de celui de notre grand besoin de Consolation. Ils rappelaient que ce travail se faisait en français, dans une langue partagée, non dans des intersections territoriales ou nationales, mais dans une intertextualité inévitable. Nos récits sont marqués au plus profond de la langue par des empreintes locales qui viennent à nous tout naturellement dans les dispositifs littéraires qui nous renvoient à notre étrange étrangeté reflétée dans celle de l’Autre.

L’intertextualité, comme première étape

L’intertextualité, cette façon de faire échos dans chaque nouveau texte à un texte dispersé, enfoui, incertain mais résonnant en nous, ne serait-ce pas là, la véritable première étape de l’interculturalité dans la littérature ?

Nous avons des images, des couleurs, des accents syntaxiques qui nous viennent de la littérature du voisin, proche ou lointain, ami ou ennemi, réel ou fantasmé. Et de cette intertextualité, le monde d’aujourd’hui commence à percevoir les effets en temps réel. Les migrations accélèrent la cadence du temps, des dispositifs d’imaginaires se croisent avec une célérité jamais atteinte.

Des littératures se confondent à certains endroits dans des récits si proches qu’on ne sait plus à qui il appartiennent vraiment. A moins que cette incertitude ne forge encore plus d’arguments à l’imaginaire. Petit Poucet voit ses morceaux de pain mangés par les oiseaux et élabore alors un système plus résistant. Les cailloux le mènent droit à la Maison de l’Ogre. Voilà le résultat de ne pas s’être perdu dans la Grande Forêt. Les filles de l’Ogre y laisseront la vie et Poucet et ses frères reviennent en enfants prodigues. Un autre récit commence alors…

Cette interculturalité dans la littérature est tantôt chantée comme une ode à la rencontre poétique, tantôt analysée dans ses rapports de pouvoirs de représentations de l’Autre. Des crédos s’expriment, des pensées se développent, des désirs se dévoilent. Mais chacun parle, en ce domaine, d’une expérience intime de la langue et de la littérature. Et cette expérience est traversée par le langage, des langues, des imaginaires flottants qui ne cessent de rebondir contre d’autres imaginaires plus durs à tel ou tel endroit et qui repoussent ou intègrent en les modifiant ( comme tout système traite une nouvelle information à transmettre après l’avoir augmentée de la mémoire des mouvements précédents) ces expériences de vie et de langage.

L’interculturalité est ici chimique et non physique comme le discours culturel et politique semble vouloir nous le faire admettre. Cette chimie transforme en permanence des éléments apparemment disparates en les agrégeant ou en les déstructurant. Il ne s’agit ni de bien, ni de mal. Il s’agit simplement de reconnaître que rien d’innocent ne se trame dans cette matière.

Des rapports de force se modulent, modèlent les figures de représentation et la sauce s’élabore. Il me semble que la salade serait plus le terme à employer dans le cas de cette interculturalité littéraire. La sauce, la salsa globale, condamne les éléments épars à se désagréger et à se mélanger dans un goût unique et souvent infantile. La salade, elle, permet de distinguer tous les morceaux. Et de créer des formes combinées en empruntant des éléments à la pluralité.

La littérature est experte en cette matière de salade…Elle est créatrice de chimères. Elle met au jour ces êtres improbables et constitués de fragments d’êtres réels dispersés. La licorne n’est-elle pas une figure particulièrement parlante pour chacun, d’où qu’ils viennent, puisqu’elle n’existe que dans notre imaginaire et ses représentations ?

Notons que le pire est déjà fait en matière interculturelle, la world machine a réactivé le principe du kitsch. En gommant ce qui résiste pour le couler dans ce qui se laisse entendre sans distinction… La littérature n’a que faire de cette interculturalité-là, au contraire, elle y perdrait son pouvoir d’antidote à la Bêtise commune, de quelque culture qu’elle soit.

Des archipels contre des continents ?

En quoi la littérature-monde, ce beau programme déclaré en 2007 dans le manifeste, « Pour une « littérature-monde » en français » (Michel Le Bris, Jean Rouaud et Eva Almassy) fait la différence ? Le concept de littérature-monde devrait désigner toute littérature écrite en langue française. Le concept de « littérature francophone » est lui, en réalité, appelé à désigner les œuvres produites en français par des écrivains, dont la langue natale n’est pas le français. Nous sommes dans une interculturalité d’ouverture culturelle, dont la langue est le seul vecteur, contre le concept politique de littérature francophone.

Quand le poète et essayiste martiniquais Edouard Glissant (écrivant en français, et non, écrivain français, comme certains l’indiquent) parle de Tout-monde et développe cette belle idée de pensée archipélienne, c’est-à-dire d’une pensée faite d’ilots qu’il s’agit§ de rejoindre en nageant, en allant à gué, en prenant des risques de non-savoir d’un ilot à l’autre. C’est dans le mouvement de lien entres ces positions insulaires que la pensée contemporaine s’exprime : dans des flux plus que dans des bastions. Cette pensée archipélienne nous invite à poser les pieds sur des fragments de cultures et de savoirs épars et à en faire un archipel, un chapelet d’îles où nous allons en traversant des gués ou en nageant d’un ilot à l’autre. C’est dans ce mouvement, probablement que l’interculturalité la plus radicale s’invente. Dans la nécessité de poser le pied sur un élément connu en traversant des zones floues et incertaines. Edouard Glissant ne fait rien d’autre que d’exprimer dans une intelligence et même une pensé poétiques limpides ce qui nous arriva à chacun sur cette terre après la tragédie de la deuxième guerre mondiale, de la Chute du Mur, des mondes rapiécés et des cultures locales appuyées sur (ou contre ?) Globalia.

Enfin, la langue, débarrassée des anecdotes du récit, porte en elle les traces de cette tension entre des traitements, des cultures, des épisodes différents. Les mots s’obscurcissent ou s’éclairent, se réchauffent ou se refroidissent de l’usage du temps et du lieu. La langue est occupée de l’intérieur par l’histoire et la géographie (qui souvent se traduit de façon majestueuse dans l’oralité) et ne constitue un véritable point d’appui à la majorité que dans le cas où elle se relie à une histoire et à une expérience partagées.

Les décrets, obligations administratives et consorts ne sont que des embrouilles morales qui font que la langue devient politiquement correcte ou ce que l’on voudra mais certainement pas une langue de référence, en lien direct avec l’imaginaire. Qu’il faille forcer les imaginaires à pratiquer et à produire une autre langue, plus propre, plus nette, plus lisse, plus en rapport avec le consentement général, est une autre affaire. Et qui n’a rien à prouver. La méthode est connue. Perdre de la langue chacun le sait, c’est perdre une liberté fondamentale, celle de penser dans le retrait silencieux qui précède la parole…

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