Les écrits biographiques et la photographie

Posté par traverse le 10 septembre 2007

Atelier d’écriture à PassaPorta en 2008

par Kalame (www.kalame.be

Les écrits biographiques et la photographie 

Georges Pérec a poursuivi toute sa vie le projet d’une encyclopédie biographique et ses romans et récits apparaissent en quelque sorte comme des bornes à cette expérience infinie. 

Nous allons en une soirée et un we, travailler nous aussi à partir d’éléments biographiques puisés dans le patrimoine photographique familial de chaque participant. 

Ecrire des récits, fléchis par la fiction, arrimés aux fantômes que la photographie recèle et narrateurs des séquences biographiques de chaque participant, voilà le projet de ces trois rendez-vous. 

Les textes et photographies choisis par chaque auteur et l’animateur serviront de base à une publication et à une exposition centrées sur le récit biographique et la photographie. 

Aucune expérience requise n’est nécessaire. Un portefeuille de lectures préparatoires sera remis à chaque participant dès inscription.  Animation par Daniel Simon, 

Ecrivain (récemment L’échelle de Richter, D’un pas léger,…), metteur en scène, éditeur, animateur d’une Revue et d’une collection de Récits de vie, JE,  formateur en ateliers d’écriture depuis vingt cinq ans en Belgique et à l’étranger.

Trois rendez-vous pour écrire des récits biographiques à partir du patrimoine photographique de chaque participant. Notre référent commun sera Georges Pérec et son travail sur les vestiges photographiques familiaux et ses textes biographiques. Un portefeuilles de lectures sera remis à chaque participant dès inscription. Les textes et photos serviront de base à une publication et une exposition 

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Rencontre Bibliothèque Mille et une pages le 19 septembre

Posté par traverse le 9 septembre 2007

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Schaerbeek Mercredi 19 septembre 2007  19h30 

Rencontre avec et autour de l’auteur,  éditeur et animateur d’ateliers d’écriture Daniel Simon 

Bibliothèque communale   Mille et une pagesPlace de la Reine 1  1030 Schaerbeek 

Depuis près d’une dizaine d’années, Daniel Simon, écrivain et éditeur développe des ateliers d’écriture à Schaerbeek. Il a publié récemment des nouvelles (L’échelle de Richter, chez
Luce Wilquin), des poèmes (D’un pas léger, au Taillis Pré), des récits de vie, des articles,… 
Il anime également une collection et une Revue de Récits de vie, JE aux éditions Couleur Livres où il donne la parole à des auteurs qui témoignent d’une expérience particulièrement forte en ce début de 21ème siècle. Plusieurs titres déjà : L’usine, La dernière fois, Parle-moi de ton absence, le Bureau,…  Cette soirée s’articulera aussi autour du denier numéro de la Revue trimestrielle JE qui accueille des textes d’auteurs n’ayant jamais publié…  Daniel Simon s’entretiendra avec les auteurs de sa collection : Vincent de Raeve, Jean-Claude Legros, Saber Assal, Thierry Ongenaed, Claire Ruwet,… INFO : 02/240.32.80 (Bibliothèque Mille et une pages) – 02/216.15.10 (Traverses asbl) 

A l’initiative de Georges Verzin, Echevin de l’Instruction publique, de la Culture et es Bibliothèques 

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Conte des nuits blanches et bleues

Posté par traverse le 7 septembre 2007

Conte des nuits blanches et bleues 

de Anna Stelkowicz                                                                      

La pièce « Conte des nuits blanches et bleues » de Anna Stelkowicz est une pièce rare, elle touche autant à la parole épique, qu’à la parole prophétique et au dialogue philosophique. Elle puise sa substance dans une nouvelle réflexion sur la question juive              Cette écriture entrecroise trois fils forts que sont le regard rétrospectif sur
la Naissance d’une Nation et le prix de cette naissance, les paradoxes et les mystères que les hommes de la Cité doivent traverser quand ils construisent la cité de leurs rêves et… le rêve de l’avenir qui s’exprime aussi sous la forme du conte. 
           

Cette pièce est aussi une rencontre entre deux personnages assis sur un banc, évoquant la douleur et la joie d’être en route vers le meilleur de l’homme, sa capacité à régler le fait de vivre ensemble en paix même si la paix est l’aube la plus difficile à contempler… 

      Et l’image vidéo est là, en permanence révélant cette fine frontière du visible et de l’invisible, marquant le pas sur l’intériorité des mots, elle projette des visions, de littérales visions que les hommes portent en eux.

     C’est de cet entrecroisement que la lecture doit être faite, comme le ferait un chœur confronté au protagoniste.      L’histoire racontée est simple et inextricable. L’histoire à raconter doit être faite avec simplicité et avec le souci de renvoyer chacun su sentiment de l’inextricable. Qu’est-ce qui rompt l’inextricable ? L’évidence que le temps transforme en loi, la nécessité que le temps transforme en système… 

Cette pièce est un conte…      C’est-à-dire qu’elle raconte quelque chose qui n’a pas eu lieu et qui pourrait avoir lieu si toutes les conditions du conte étaient rassemblées.     Cette pièce est un conte…     Comment raconter l’inextricable si le conteur ne démêle pas certains fils. Comment raconter si le narrateur n’a pas une certaine idée de la fable, comment raconter, enfin, si le narrateur n’est pas traversé d’une expérience intime de ce qu’il met en jeu ?  Cette pièce est un conte…  Et comme dans tous les contes, des pièges, des embûches, des enjeux, des défis… Cette pièce est un conte… Et il s’agit dès lors de faire l’économie de ce que nous appellerons la psychologie pour ne retenir des personnages que les axes moteurs des figures de tout conte.  Cette pièce est un conte…  Et nous pourrions donc en faire une version rêvée de ce qui a eu lieu… Coordination et mise en espace : Daniel Simon 

Comédiens-lecteurs : Morgane Moriau, Laurence Bruley, Marie-Laure Vrancken, Alain Mlynck, Danierl Simon, …

Images : Jacques Deglas Scénographie : Daniel Simon 

Secrétariat de production : Traverse asbl

Cette pièce est parue 2007 aux éditions Traverse (« Les feuillets de corde ») 

Prix public : 12,50 euros (à virer au compte 068-2144376-24 de Traverse asbl.). 

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La Vita

Posté par traverse le 17 août 2007

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Une création dans le cadre du Festival Village Nomade, Création le 24 août à 18h, Parc royal, sous la tente berbère. Organisation : Les Nouveaux Disparusr www.theatresnomades.be       

Réservations : 02.219.11.98.  

                   La Vita 

                                       De Annick Narahuvye et Daniel Simon 

Jeu : Annick Narahuvye 

Dramaturgie et Mise en scène : Daniel Simon 

Production et promotion : Traverse asbl et Centre culturel de Schaerbeek 

                                                      Vidéaste: Jacques Deglas

Coproduction : Commune de Saint-Josse (projet FSE  Equal-Vitar 2).  

                         Une création dans le cadre 

de Village nomade ! 

Une jeune femme burundaise quitte l’université de Bujumbura où elle était assistante et reçoit une Bourse de son pays pour poursuivre sa formation en Belgique ! Elle prend l’avion et vogue vers
la Belgique. Dans l’avion, elle pense, elle revoit ce qu’elle quitte et entrevoit ce qu’elle va rencontrer. Tout se joue en fait dans les avions pour les gens qui partent, avions dans toutes les directions, avions de départ et de retour, avions réels ou tellement désirés,… 

Elle se demande ce qu’elle va faire chez nous sans sa famille… La faire venir ici, l’installer pour un temps, inscrire les enfants à l’école et puis, une fois les études terminées, que faire ? Comment abandonner à nouveau  ses nouvelles racines alors que le pays attend avec impatience le retour de celles et ceux qui sont partis se qualifier à l’étranger… 

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Transmettre, ce n’est pas donner.

Posté par traverse le 29 juillet 2007

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Pour la magasine Reliures, hiver 2006-2007

            Transmettre, ce n’est pas donner, c’est alerter, faire un signe, tenter de déchirer l’indistinct et le confus qui nous rassemblent,  dégager des éléments que nous jugeons utiles, singuliers, importants ou même urgents de renvoyer à l’avenir. Transmettre, c’est décider de léguer et non laisser en héritage. Transmettre c’est faire le choix de trier, d’octroyer de la valeur de transmission, une plus-value de la chaîne collective, transmettre, c’est affirmer un sens et une idéologie familiale, sociale, civilisationnelle. Et la transmission me semble des plus en plus appartenir au politiquement correct sociétal. « On » le dit mais « on » ne le fait pas. C’est le paradoxe de la double morale. Pourquoi ne le ferait -« on » pas vraiment ? Pour une raison simple : nous sommes, occidentaux, et donc, de plus en plus velléitaires en matière de valeurs culturelles. Nous savons, intimement, qu’une valeur c’est une « chose » un comportement, un état, une idée…circonscrites dans un espace et un temps. Et ces valeurs contextuelles nous font peur, elles supposeraient que nous soyons capables de les identifier, de les nommer, de les défendre. Ce dont je doute chaque jour un peu plus.             L’autocensure que nous vivons en ces temps de confrontation aux débordements religieux de tous ordres dans l’espace public laïc, et surtout aux affrontements sémantiques radicalement différents entre l’espace-temps de l’Islam et le contexte occidental nous oblige à penser et à repenser sans cesse cette question des valeurs et les conditions de leur transmission. Nous y pensons mais nous hésitons à les nommer : temps pusillanime où la critique donne droit à accusation de jugement blasphémateur (et à l’abjecte fatwa) et où la transmission des dites valeurs correspondrait à une quelconque protection civilisationnelle. Bref, n’importe quoi pour ne pas parler. Et parler, débattre, nommer, c’est transmettre. Cette transmission apparaît à nombre d’acteurs de la vie intellectuelle et sociale comme de plus en plus difficile dans l’espace démocratique. Dans les élites, la transmission est un acte de foi, un acte de base, un réflexe. Dans l’espace démocratique, la transmission apparaît comme un acte traditionaliste, conservateur, presque archaïque alors que nous sommes dans le temps de la superposition du passé, du présent et de l’avenir. Les technologies de l’information et de la communication nous leurrent suffisamment à cet endroit… 

            Transmettre, c’est un acte de foi, un acte politique, un acte qui touche au mystère de la fondation et à la perpétuation de la mémoire, donc du choix…                                                                         

                                                                       1. 

            Qu’en est-il en matière de transmission quand il semble que le présent, déjà, n’est perceptible et compréhensible que par très peu, c’est-à-dire, par une élite, qui est de moins en moins…une élite du peuple ? Car c’est de l’élite qu’il s’agit souvent quand on parle de transmission : la formation, l’apprentissage,…sont le fruit d’une relation d’enseignement appelée anciennement relation du Maître au Disciple et que nous cherchons à définir aujourd’hui avec le maquillage sémantique qui convient à l’époque : écrivant, apprenant, arrivant,…et Formateur, Pédagogue, bref, plus de statuts, rien que des fonctions et des rôles.             La transmission est donc dans une crise banale mais vite repérable : qu’est-ce qui semble le plus important à une petite partie de
la Planète aujourd’hui (très petite en fait, disons les quelques millions de personnes en paix relative, dans une société post-industrielle et suréquipée par les nouvelles technologies de la …transmission) ? La prétendue et éventuelle disparition de notre Planète, justement. Ce n’est pas rien comme information, cela devrait nous arrêter de mener toute action hors celle de la sauver et de nous sauver et justement, cette transmission ne fonctionne pas. Nous sommes convaincus que le spectacle de notre disparition est fascinant, chargé d’émotions, mais nous n’intervenons pas (
la Belgique en la matière peut juste se taire, semble-t-il, quand nous lisons les rapports d’Experts à propos de son laxisme en la matière. Ne parlons pas de la puce, évoquons l’éléphant : les USA, la nouvelle Russie et consorts, une grande partie de l’Asie,…). Bref, on s’en fout littéralement. La transmission est là un vain mot, c’est juste l’occasion d’organiser le spectacle du Titanic, on se met sur le quai, on voit le Navire couler, les victimes appeler à l’aide et on applaudit. Le problème, c’est que dans
la Société du Spectacle, le Quai, c’est le Titanic et il n’y a plus personne alors pour applaudir. 

             La transmission est là en panne, elle participe d’un processus d’alerte, elle se met en scène, elle annonce elle-même ses vertus mais elle est inopérante. 

                                                                      

            Pour la première fois, une génération (ceux que nous appelons « nos enfants », nous les enfants du « baby-boom ») semblent hériter d’un bien-être ou d’un sentiment de bien-être plus bas que celui que nos parents transmettaient de générations en générations. Peut-être que le temps, justement est un facteur de désintégration du phénomène de transmission ? Peut-être que ce qui demeure, est ce qui a résisté à l’écrasement du temps (il n’y a plus suffisamment de temps, justement, pour… l’usure) et convenons que cela est de l’ordre de l’aporie et non de l’excès.             Ce qui est étrange dans ce phénomène de vitesse de l’oubli c’est probablement le sentiment que, au-delà du discours sur la transmission, ce qui se transmet chaque seconde, c’est justement des règles de bon usage, mais pas nécessairement de bien commun ou de morale collective. Ce qui semble se transmettre, ce sont des manières de faire usage mais pas de trouver sens à cet usage. Ce qui semble évident pour moi, comme enseignant, écrivain, praticien dans le champ de la formation c’est la fabuleuse capacité des nouvelles générations d’éviter l’information, d’esquiver le sens de la transmission, d’échapper au circuit des relais. Chacun pour soi sonne avec une réelle évidence pour les moins cyniques. Des pré-requis sont nécessaires pour que la transmission fonctionne : par exemple, l’éducation, la culture, la nécessité de se relier, le sentiment que cette reliance est une bonne chose et non un « fardeau public ». 

            Et que constate-t-on aujourd’hui, dans les débats médiatiques, dans la presse, dans les écoles, dans la vie ? Les nouvelles générations accusent les anciennes de ne rien leur avoir légué, si ce n’est des dettes (la dette publique de
la Belgique par exemple…qui a permis tant de développement industriel, urbanistique, universitaire, …mais au prix d’un endettement public colossal). Et ces dettes, il faudra qu’elles les payent. Avec quoi, disent-elles ? Avec des emplois précaires, une non culture, une non éducation (pauvre post Mai 68 !) et un sentiment très nettement partagé d’un « on y a droit »,  que « sans cela, ce sera très difficile », etc.…. 

                                                                      

            Qui a dit le contraire ? Qui a dit que ce serait facile ? Qui a dit que le bonheur individuel était au sommet de la pyramide individuelle et collective ? Qui a prétendu cela, si ce n’est les « voleurs de temps » ? Ceux que j’appelle les « voleurs de temps » sont ces voleurs de la perception de la durée, ces trafiqueurs des horloges historiques qui ont renvoyé l’histoire au battement de la pendule actualités,  ce sont ceux qui annoncent une société de droits alors qua la définition de cinq de ces droits fondamentaux n’est pas du tout évidente pour la plupart de ceux qui sont dans l’endroit de la paix relative…Les migrations sauvages et accélérées nous montrent à quel point nous ne sommes à peu près d’accord…sur rien à propos de ces cinq droit fondamentaux…   

            Mais ce que ces Voleurs ont détruit c’est le sentiment qu’il fallait travailler en permanence avec deux vitesses : celle de sa propre histoire, faite d’événements, d’expériences…et celle de l’histoire collective qui renvoie nos désirs et croyances au rayon des « cerises sur le gâteau ». On a longtemps, depuis trente ans, confondu la cerise et le gâteau. Si tant est que nous soyons en état d’évoquer le moindre gâteau…             Nous avons longtemps été dans la confusion de ces instances majeures que sont le droit au bonheur et le devoir d’égalité. Nous avons fait comme si les deux valeurs étaient étales, s’harmonisaient, s’égalaient presque. Nous n’avons pas rappelé assez semble-t-il le prix et le poids de ces deux valeurs en matière de transmission. Par exemple que le bonheur est une « idée neuve en Europe » (1) et que ce bonheur, pour qu’il se transmette dans un autre état que celui que nous lèguent la publicité et le marketing des émotions, doit appartenir à un ensemble plus vaste, que condamne toute marchandisation, tout consumérisme (qui se rallient, comme nous le savons chaque jour, uniquement à des pulsions à assouvir ou à des frustrations plus ou moins alambiquées).       

                                                                      

            Cet état général, c’est le bien commun, le sens du bien commun,  fabriqué de ces actes, pensées, sentiments, rumeurs, angélismes, diabolisations, terreurs, utopies nécessaires au lien social et non nécessaires à un éros individuel…La transmission de cette matière (réelle et virtuelle, c’est-à-dire imaginaire) passe par des actes de reconnaissances réciproques. 

            Pour qu’il y ait transmission, il doit y avoir des synapses culturelles, autrement dit, des endroits dans les connexions neurologiques de la civilisation qui décident de s’aboucher pour faire passer des flux. Sans ces synapses, pas de transmission, le flux roule, coule mais ne transmet rien puisqu’il ne s’arrête à rien, qu’il ne s’interrompt pas. Ces synapses sont de plus en plus difficiles à créer en ce sens où le discours mondial médiatique et mondial, médiatique et démocratique mondial est, grossièrement énoncé, comme dans le long et infini ruban cathodique, « ne quittez pas ». C’est-à-dire, restez pour la pub, ne prenez pas distance, n’interrompez rien, restez confondus…             Pour qu’il y ait transmission, il doit y avoir projet d’avenir, utopie, vision, sentiment d’appartenance. Pour qu’il y ait transmission, on pourrait dire qu’il est nécessaire de ne pas confondre le lexique du Dialogue avec les bienséances de la servitude consensuelle. La transmission, ce n’est pas faire passer un message quelconque (pour cela, il y a (vait)
la Poste, diraient certains…), non, i l s’agit de passer le sens de la présence de cette valeur, le pourquoi de sa présence dans un ensemble plus vaste, le comment de son application, et les risques du passage à l’acte. 

                                                                      

            La transmission, aujourd’hui dans la matière du récit de vie, dont je m’occupe plus particulièrement (2) pointe toutes ces questions. De nombreux auteurs de textes de récits de vie veulent transmettre mais ne savent pas très bien à qui (hormis la famille proche qui s’empressera souvent de ne pas lire ou, mieux, de détruire, les actes de transmission…car ils dérogent à la parole collective familiale par exemple…). Alors, il écrivent, enferment leurs écrits (dans un coffre…) et attendent. Ce n’est pas transmettre, cela, c’est espérer, attendre, supposer.             En matière d’écriture de récits de vie, la question s’est donc posée du comment transmettre, du quoi et à qui ? Des initiatives individuelles et institutionnelles ont vu le jour et la recherche dans le champ des écrits de l’intime s’est nettement développée depuis les années 80 (3). Mais les questions de base demeurent. Comment faire en sorte que la transmission, pour atteindre à quelque vertu communicationnelle de base en ces temps multimédia, puisse échapper à la mise en spectacle, à la folklorisation même, et se réhabiliter en affrontant la question du sens de cette transmission. 

            C’est-à-dire : quel monde voulons-nous et pourquoi désirer le projeter dans l’avenir ? 

(derniers livres parus, L’échelle de Richter, nouvelles, aux éditions Luce Wilquin et D’un pas léger aux éditions le Taillis Pré) 

(1)   Gracchus Babeuf, Le Cadastre perpétuel, 1789 (2)   Les éditions et
la Revue Je (Collection de récits de vie dirigée par Daniel Simon aux éditions Couleur Livres, Charleroi. www.couleurlivres.be, www.traverse.be

(3)   Le Professeur Philippe Lejeune et son travail sur les Journaux intimes… http://www.autopacte.org/ 

 Questions du magasine Reliures

1. Je sais déjà que vous êtes écrivain, metteur en scène, auteur dramatique, co-directeur de la revue Je où l’on trouve entre autres des récits de vie, que vous animez des ateliers d’écriture et de la parole en Europe, en Afrique… Pourriez-vous, à ce tableau imposant, ajouter quelques traits significatifs de votre caractère ? 

            Tout ce que je fais et ferai encore, s’il m’est donné de continuer, c’est de tenter de dégager dans le bouillon des lieux communs, quelques traces d’authenticité et d’intégrité. Il me semble que nous n’avons jamais autant bavardé des questions les plus lourdes, les plus graves en nous foutant royalement. 

            Je tiens à cette « grossièreté », elle n’est rien en regard du flux d’âneries consensuelles qui mettent en place quelque chose que nous voyons avancer de toutes parts, la grande médiocratie européenne.             J’insiste tant que je le peux sur ce formidable et confortable sentiment de culpabilité qui nous renvoie avec allégresse aux « tous victimes » qui nous permet de ne plus sortir dans le monde mais de nous protéger du monde. Pascal Bruckner en parle très précisément dans son récent livre (1) et je suis, sans cesse, en lutte contre cette sorte de refoulé que l’Européen moyen ( la classe moyenne européenne issue des avancées démocratiques de la culture et de l’enseignement) qui nous interdit aujourd’hui le combat. 

            Quel combat ? Celui pour les valeurs qui sont les nôtres (celles des Lumières, par exemple) et qui sont chaque jour plus fragilisées par manque de détermination de notre part.  Cela permet, cette sorte de mea culpa, de ne pas affronter, de ne pas se projeter, de ne pas imaginer, mais de pardonner, d’aller dormir et de ne plus construire (toujours au risque des tourments de l’Histoire)….             Voilà mon trait de caractère, celui que l’histoire forge en moi. 

            L’autre : une extrême paresse, un goût pour ne rien faire, me promener, flâner, laisser filer les pensées, accueillir des images, vivre en marchant « d’un pas léger » (c’est le titre de mon prochain recueil de poèmes à paraître en décembre au Taillis Pré…).    

2. Pourquoi s’inscrit-on dans un atelier Récits de vie ? Pour y trouver le sens de sa propre vie? Pour transmettre ? Et transmettre quoi ? 

            La participation à un Atelier d’écriture de récits de vie est souvent liée à trois motivations essentielles, différentes et non contradictoires. Ammemarie Trekker (2), qui vient de publier un livre essentiel à ce propos, décrit très précisément motivations et étapes. Je la rejoins sur de nombreux points, et entre autres sur cette croyance que l’écriture de récit de vie participe de la résistance au grand « on » général…             La première, qui me semble la plus généralement partagée : mettre de l’ordre dans le chaos de sa mémoire, réorganiser la perception puis le souvenir du cursus de sa vie. Cette motivation est essentielle puisque nous sommes dans un double mouvement : pour vivre, il est capital d’oublier, c’est notre condition, notre socle commun. Etre homme, c’est oublier. 

            Et par ailleurs, il est essentiel de nous souvenir pour pouvoir projeter, survivre et peut-être vivre. Cette mémoire (mieux qu’un « devoir ») est un travail. Cela ne va pas de soi. C’est souvent embarrassant la mémoire. Surtout dans une époque sans mémoire.             Celle que nous vivons est dans la transe de la mémoire alors que tout nous montre (même les technologies « nouvelles » sont des technologies de l’effritement, de l’effacement, du fragile…) que nous n’en n’avons cure. Juste quelques souvenirs, des incidences, des épisodes perdus dans le flou, bref, de la poudre de mémoire jetée aux yeux des enfants du siècle (pour consommer, accepter la perte, renoncer aux valeurs de base, il faut que nous soyons isolés de la mémoire dans le fatras des souvenirs événementiels et sans consistance…). 

            C’est la société du spectacle, nous le savons, qui l’a emporté, de façon radicale et démocratique (la soirée de commémoration et de fête des 50 ans du JT, par exemple, renforçait encore cette impression. Tout était digne, sobre et les images de la guerre, de
la Serbie,…étaient encadrées des paillettes et du décorum…Bref, cette mort-là ne faisait pas mémoire, seulement événement. Cette guerre d’il y a à peine dix ans en Europe était égale au grand Eddy Merckx ou à Jacques Brédael. Ces morts là, ce soir-là, c’était de l’illustration conviviale.). 
            Donc, la mémoire, c’est essentiel mais pas nécessaire. Nous vivons très bien dans l’oubli et le flottement. Les personnes qui cherchent à faire ce travail sont animées d’une volonté farouche de traverser les opacités, de révéler les éblouissements anciens, de faire trace. Cette écriture, nous le savons, ranime la mémoire, l’organise, revivifie les flux neuronaux et crée de nouvelles synapses. Bref, cette motivation entraîne les auteurs à de nouvelles ouvertures mémorielles et les engage dans un creusement souvent passionnant. Il est entendu que cette démarche n’exclut en rien douleurs et mécomptes, c’est le prix du ticket pour accéder à ce niveau. Mais le bonheur de (re)découvrir est toujours plus fort. 

             La deuxième motivation, c’est la transmission. Sous toutes ses formes. C’est-à-dire que la transmission, comme nous le savons, se fait très souvent à l’aveugle en matière de récit de vie ou de journal intime. C’est le professeur Philippe Lejeune (3) qui rappelle que la famille est un haut lieu de dangerosité pour les écrits intimes et singuliers. 

            En général, la famille liquide cette mémoire singulière, elle ignore la voix privée au profit du consensus familial. La façon de préserver cette mémoire et de faire acte de transmission, c’est justement de rendre public le texte. Cette publicité interdit la liquidation ou le déni aussi facilement. Enfin, la transmission interroges les liens familiaux. Qui suis-je pour prétendre léguer quoi que ce soit. A qui, directement ou indirectement… ?             La solution souvent adoptée par les personnes avec qui je travaille consiste à écrire, souvent à illustrer de documents iconographiques privés, de photocopier ou de matérialiser en livre (petit tirage digital) et/ou de placer dans un coffre le document jusqu’à la disparition de l’auteur. Que de précaution, donc, pour transmettre. 

            C’est le philosophe Walter Benjamin, qui écrit dans le Narrateur que « aujourd’hui, les hommes ne savent plus raconter d’histoires ». Il ne parlait pas de talent, mais de nécessité et de légitimité dans le fait de transmettre en racontant. Je pense que nous sommes nombreux aujourd’hui à prendre conscience de ce flux vers le grand oubli et que nous réagissions de toutes parts.             Cette transmission est essentielle pour nous relier à l’histoire, pour lui donner le visage polymorphe de nos expériences et témoignages, pour résister à la parole commune, pour faire état des liens humains et culturels, pour ne pas nous croire « remplaçables » comme on dit « jetables », ainsi que l’époque le prêche, même si nous sommes fragiles et volatiles… 

            La troisième voie, c’est l’édition, le passage au public, la volonté de faire état d’une création. C’est la voie la plus complexe car elle pose autrement la question du Je et de la responsabilité de l’auteur. Mais ça, c’est une autre histoire, c’est l’histoire de la littérature, alors que précédemment, nous étions strictement dans le champ de l’écriture. 

   3. Vous voyagez dans de nombreux pays. L’idée de la transmission est-elle plus ancrée dans certains pays que dans d’autres ? 

            Bien entendu, nous sommes en cette matière au plus bas. Prenons un exemple, nous ouvrons le tiroir à photos, celui où aboutissent les photos de famille, de vacances, etc (bientôt les films digitaux) et très vite, nous ne connaissions plus la génération…des grands-parents ! 

            Ce n’est pas une outrance que de rappeler cela, les failles décomposées et recomposées connaissent ces trous de liens familiaux. Le texte, le tissu familial a des accrocs, de plus en plus lâches et parfois, la déchirure a lieu. Comme nous ne sommes pas dans un temps de la réparation, mais dans celui du remplacement, on passe à autre chose…             Et il ne s’agit pas de citer uniquement l’Afrique pour nous confronter à cette question. Là aussi, les maladies épidémiques ou endémiques, les guerres les déplacements de population, l’absence très souvent d’une administration fiable et organisée creusent les trous de mémoire. 

             Les pays nouvellement entrés dans l’Europe des vingt-cinq doivent aussi faire ce travail, je pense à
La Pologne et la question juive,
la Roumanie et la collaboration de certaines fractions de la population, …sans oublier le travail de mémoire en regard des exactions et crimes des polices secrètes et politiques,…Bref, c’est aujourd’hui, me semble-t-il le travail de deux ensemble : les écrivains, les artistes et le monde associatif.      
            Les Institutions, les Etats sont très embarrassés dans ce processus. Ce qui compte, c’est la croissance à n’importe quel prix. Pensons au Chili, à l’Argentine, au Brésil, …partout le travail de mémoire a été volontairement gelé, pour aider à l’union nationale économique. 

            Mais les morts, dans le terre remontent, les spectres nous mordent le bout des pieds et d’autres se souviennent à notre place avec opiniâtreté. C’est de cette transmission que nous devons aussi parler me semble-t-il, la transmission de l’horreur, de la commune et banale horreur historique dont nous sommes les acteurs cachés.              Nous sommes donc fortement liés à cette question en matière de qualité des réseaux de transmission et de leur légitimité sociale et culturelle. Et chez nous, en Belgique  plus précisément, nous savons à quel point nous avons fait une formidable économique de l’étude de l’histoire. 

            Le Trou de Mémoire chez nous est un art national. C’est peut-être la condition absurde de la continuité…   

4. Qu’aimeriez-vous personnellement transmettre en priorité ? 

            Quelques questions…             Quel est le prix que chacun d’entre nous paye pour être aimé, comment ne pas trahir le matin ce qui importait le soir, pourquoi la parole éveille en nous, plus que du sens, des échos d’avant, des poèmes, quelques livres, des recettes de cuisine et le sentiment que tout va si vite…Mais ça ne set à rien, et nous le savons. 

             Mais plus concrètement, j’ai décidé d’agir en tant qu’éditeur pour soutenir ce mouvement des écrits du JE…Aux éditions Couleur Livres (4) j’ai créé une collection de livres de récits de vie. Le premier paru, L’usine, de Vincent de Raeve  fait événement parce qu’il participait de cette mise à jour de ce qui semblait confus et presque secret, le travail en usine et le prix humain et familial quotidien à payer.. Cela dans une écriture forte, décantée de tout effet, lapidaire parfois (5). Et aujourd’hui,la Revue Je, la première revue trimestrielle de récits de vie, permet l’accueil de textes, de témoignages, de réflexions et d’informations. Cela participe du travail du Petit Poucet, mais cela existe et excite l’intérêt de plus en plus de lecteurs… (6)…Je m’en réjouis, évidemment. 

            Nous avons plusieurs livres à propos du deuil en préparation et nous venons de faire paraître La dernière fois, de Jean-Claude Legros, écrivain et voyageur alpiniste, qui nous a offert une suite de « dernières fois ». Ce sont des actes de transmission à l’état pur. (7)             C’est cela aussi le paradoxe de la transmission. Nous transmettons souvent des choses que nous ne pouvons reconnaître qu’à l’âge où nous les transmettons, avant, elles semblent invisibles…Et cela est juste. 

(1)    Pascal Bruckner, La tyrannie de la pénitence, Grasset, 2006 

(2)    Annemarie Trekker, Les mots pour s’écrire, éditions L’Harmattan, Paris, 2006. (3)    Philippe Lejeune, site Autopacte, http://www.autopacte.org/ 

(4)    Couleur Livres, Charleroi (www.couleurlivres.be(5)    Vincent de Raeve, L’usine, (préface de François Bon) éditions couleur Livres, collection Je, 2006 

(6)    Je, la revue des récits de vie (le deuxième numéro est consacré à La première fois, le suivant à Ecrire le deuil…). Abonnement : (7)    La dernière fois, Jean-Claude Legros, (préface de Jean-François Salmon) éditions couleur Livres, collection Je, 2006 

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Une rançon, ce n’était que cela

Posté par traverse le 27 juillet 2007

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Une rançon, ce n’était que cela, malgré les typhons de discours sur la compassion de l’Islam…

Quels mots prononcer calmenent à ce propos, en dehors des lieux communs des intérêts particuliers?

La Lybie est aux abois, et nous tout autant.

Belle rançon de la diplomatie…

 

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Traverse – Ateliers et formations 2007- 2008

Posté par traverse le 23 juillet 2007

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Traverse  – Ateliers et formations 2007- 2008 

                    

                      Le Récit de Voyage « Carnets de route »        

    L’époque est aux voyages, aux pérégrinations, aux sauts d’espace et de temps. Partir suppose qu’on se retrouve le plus souvent dans la rencontre et non dans le retrait…     Autour de l’idée de voyage (réel ou imaginaire), deux journées consacrées à l’écriture de notre expérience singulière dans le temps dilaté du voyage. Deux journées pour coudre les fragments de mémoire et les vides du souvenir…Le Récit de voyage comme un Carnet de Route d’un temps traversé d’autres lieux…   (Un recueil de textes poétiques récents à propos du voyage et de la marche, D’un pas léger, aux éditions Le Taillis Pré) 

Les participants recevront un portefeuille de textes de références sur le sujet et une bibliothèque consacrée au voyage sera présente lors de l’Atelier. Atelier d’écriture 1 et 2 septembre de 10h à 17h 

A la Dolce Vita (Rue de la Charité, 37A, 1210 Saint-Josse)  PAF : 60 euros 

En bref et en été…Ecrire des récits, des contes, des nouvelles

  Cinq séances consacrées à l’écriture de récits et de formes courtes…
Ecrire, c’est laisser émerger des souvenirs, des faits, des dates, des émotions et s’employer à accorder ces fragments d’expériences personnelles à l’époque, à notre temps…Aucune expérience préalable n’est requise.
 
Les  27, 28, 29, 30 et 31 août de 14 h à 17 h  PAF : 110 euros/personne 

En long et en hiver…Atelier d’écriture de récits, contes et nouvelles     Dix séances consacrées à l’écriture de « formes brèves »: nouvelles, contes, récits de vie…pour tenter de témoigner de notre expérience d’être au monde…    Raconter une histoire, c’est aussi prendre pied dans l’espace et le temps autrement, avec une certaine légèreté qui nous permet de regarder les êtres et les choses d’une autre façon.    Ecrire un récit, c’est laisser émerger des souvenirs, des faits, des dates, des émotions et s’employer à accorder ces fragments d’expérience à la représentation de notre « histoire » personnelle et collective…    Dix séances pour écrire mais pour lire aussi les textes produits et bénéficier d’un accompagnement de manuscrits…  Tous les mercredis, à partir du 26 septembre, 10 séances de 2h30 de 18h30 à 21h. PAF : 135 euros. 

A la Bibliothèques Mille et une pages  Place dela Reine 1030 Schaerbeek   

Atelier d’accompagnement de textes en cours 

Le projet n’est pas d’animer un atelier pour aider à l’émergence de textes mais bien de renforcer et d’interroger le processus de création et d’écriture de chaque participant (e) à travers les manuscrits en chantier. Un suivi individuel se fera à la carte, en fonction des besoins. Comment ?    Six demi-journées de 3h pour des états des lieux collectifs des travaux et des suivis individuels, pour confronter les questionnements, les pratiques, les solutions de chacun. Une seule condition : témoigner d’un travail en cours.    Si vous êtes intéressé(e) par cette proposition, faites-vous connaître et livrez-nous vos suggestions, vos questionnements, vos demandes par écrit… Les dimanches 18 octobre, 9 décembre, 10 février, 13 avril, 15 juin de 14h à 17h.
Lieu à déterminer. 
PAF : 130 euros 

Entendre sa voix et la parole relationnelle 

   Six séances autour de la voix et de la parole relationnelle, du souffle, de la respiration, de la gestuelle,…
    Six séances pour (re)trouver sa voix, en douceur, dans son propre déploiement, sans modèle, à « sa place»…
   Travail par exercices individualisés et de groupe, gestion du stress et du trac, équilibre émotionnel et parole relationnelle… Un atelier de travail sur la parole, la relation, la gestuelle, la lecture publique, le souffle, la relaxation…
   Un atelier où la pratique d’exercices collectifs alterne avec de nombreux exercices individuels…Un atelier ouvert à toute personne, quels que soient âge, culture, pratique professionnelle…
   Un atelier basé sur une longue et multiple expérience du formateur qui s’adresse autant aux étudiants qu’aux personnes qui utilisent professionnellement la parole quotidiennement… 
6 séances de 3 heures au Centre culturel de Schaerbeek les samedis 20 octobre, 3, 10 et 17 novembre, les 1er et 15 décembre de 14h à 17h PAF : 130 euros 

 Possibilité de paiements échelonnés pour toutes les formations. Les formations sont données par Daniel Simon (écrivain, éditeur, formateur en prise de parole et animateur d’atelier d’écriture) Compte 068-2144376-24 de Traverse asbl    

Une soirée à la bibliothèque Mille et une pages 

Le 19 septembre à 19h30, autour de l’auteur et éditeur Daniel Simon 

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   Depuis près d’une dizaine d’années, Daniel Simon, écrivain et éditeur développe des ateliers d’écriture à Schaerbeek. Il a publié récemment des nouvelles (L’échelle de Richter, chez Luce Wilquin), des poèmes (D’un pas léger, au Taillis Pré), des récits de vie, des articles,…  

   Il anime également une collection et une Revue de Récits de vie, JE aux éditions Couleur Livres où il donne la parole à des auteurs qui témoignent d’une expérience particulièrement forte en ce début de 21ème siècle.    Plusieurs titres déjà : L’usine, La dernière fois, Parle-moi de ton absence, le Bureau, …     Cette soirée s’articulera aussi autour du denier numéro de
la Revue trimestrielle JE qui accueille des textes d’auteurs n’ayant jamais publié… 
Daniel Simon s’entretiendra avec les auteurs de sa collection : Vincent de Raeve, Jean-Claude Legros, Saber Assal, Thierry Ongenaed, Claire Ruwet,…  Lectures performances des auteurs                                                                       Le Bureau des Manuscrits    Le Bureau des Manuscrits offre un service de lecture-diagnostic pour les textes littéraires, les écrits universitaires et les ouvrages professionnels. La lecture-diagnostic comprend une rencontre ou un entretien avec l’auteur. Les lectures-diagnostics peuvent être prolongées par un accompagnement personnalisé. Coût :• 250 € jusqu’à 100 feuillets d’environ 2000 signes + 3 € par feuillet supplémentaire, pour la lecture-diagnostic et un entretien de 2 heures.  35 € l’heure (particuliers) Institutions : 50 €  Aide à la conception, réécriture, … coût déterminé suite à un premier entretien gratuit. Des auteurs, écrivains, éditeurs constituent l’équipe du Bureau des Manuscrits de Traverse asbl
 
TRAVERSE asbl 86/14 avenue Paul Deschanel
1030 Bruxelles
00 32 2 216 15 10
00 32 477 76 36 22
traverse@skynet.be
www.traverse.be 

Avec le soutien de l’Echevinat de la Culture et des Bibliothèques de Schaerbeek, Georges Verzin ainsi que du Centre culturel de Schaerbeek 

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Formations été Centre culturel

Posté par traverse le 25 juin 2007

 
TRAVERSE  Ateliers et formations  Au Centre culturel de Schaerbeek
 

Ecrire des récits, des contes, des nouvelles 

Cinq séances consacrées à l’écriture de récits et de formes courtes…
Ecrire, c’est laisser émerger des souvenirs, des faits, des dates, des émotions et s’employer à accorder ces fragments d’expériences personnelles à l’époque, à notre temps…Aucune expérience préalable n’est requise.
 
Les  27, 28, 29, 30 et 31 août de 14 h à 17 h  Des ateliers de récits et nouvelles seront animés par Daniel Simon à Schaerbeek dès le mois d’octobre (10 séances de 2h) et un Atelier d’accompagnement des écrits en cours commencera également en octobre à raison d’une séance par mois (8 séances de 3h). Plus d’infos dès juin sur le Site www.traverse.be  

Entendre sa voix et  la parole relationnelle 

Cinq séances autour de la voix et de la parole relationnelle, du souffle, de la respiration, de la gestuelle,…
Cinq séances pour (re)trouver sa voix, en douceur, dans son propre déploiement, sans modèle, à « sa place »…
Travail par exercices individualisés et de groupe, gestion du stress et du trac, équilibre émotionnel et parole relationnelle… 

Les 9, 10, 11, 12, 13 juillet de 14 h à 17 h  Possibilité de paiements échelonnés. Les deux formations sont données par Daniel Simon (écrivain, éditeur, formateur en prise de parole et animateur d’atelier d’écriture) au Centre culturel de Schaerbeek (91-93, rue de Locht, 1030 Bruxelles) Compte 068-2144376-24 de Traverse asbl     PAF : 110 euros/personne/stage

 

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Atelier d’écriture été. Carnets de route

Posté par traverse le 28 mai 2007

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L’époque est aux voyages, aux pérégrinations, aux sauts d’espace et de temps… Nous voyageons, nous écrivons, comment partager ces « choses vues » ? Partir suppose qu’on se retrouve dans la rencontre et non dans le retrait. Marcher s’accorde de plus en plus avec le désir de se fondre et non de se poser dans le paysage…

Ce stage explorera les « carnets de route » où le texte sera majoritaire mais où pourront également prendre place les collages, les photos, les dessins,…

Écrire un récit de voyage, c’est une façon de se réapproprier du temps dispersé, de laisser flotter son regard et de saisir ce qui nous révèle, singulièrement…

Animé par : Daniel Simon, écrivain, auteur dramatique, metteur en scène et professeur. Anime des ateliers d’écriture depuis une quinzaine d’années en Europe et en Afrique.
Dates : Du 13 au 15 juillet, vendredi de 18h30 à 20h30

et samedi et dimanche de 10h à 17h
Prix : 110 € non remboursables

à la Maiosn du livre, rue de Rome 1060 Saint-Gilles

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Ateliers et formations

Posté par traverse le 18 mai 2007

TRAVERSE  Ateliers et formations Au Centre culturel  de Schaerbeek
 

Ecrire des récits, des contes, des nouvelles 

Cinq séances consacrées à l’écriture de récits et de formes courtes…
Ecrire, c’est laisser émerger des souvenirs, des faits, des dates, des émotions et s’employer à accorder ces fragments d’expériences personnelles à l’époque, à notre temps…Aucune expérience préalable n’est requise. 

Les  27, 28, 29, 30 et 31 août de 14 h à 17 h 

 Des ateliers de récits et nouvelles seront animés par Daniel Simon à Schaerbeek dès le mois d’octobre (10 séances de 2h) et un Atelier d’accompagnement des écrits en cours commencera également en octobre à raison d’une séance par mois (8 séances de 3h). Plus d’infos dès juin sur le Site www.traverse.be  

Entendre sa voix et  la parole relationnelle 

Cinq séances autour de la voix et de la parole relationnelle, du souffle, de la respiration, de la gestuelle,…
Cinq séances pour (re)trouver sa voix, en douceur, dans son propre déploiement, sans modèle, à « sa place »…
Travail par exercices individualisés et de groupe, gestion du stress et du trac, équilibre émotionnel et parole relationnelle… 

Les 9, 10, 11, 12, 13 juillet de 14 h à 17 h 

Possibilité de paiements échelonnés. Les deux formations sont données par Daniel Simon (écrivain, éditeur, formateur en prise de parole et animateur d’atelier d’écriture) au Centre culturel de Schaerbeek

(91-93, rue de Locht, 1030 Bruxelles)

Compte 068-2144376-24 de Traverse asbl     PAF : 110 euros/personne/stage
asbl 86/14 avenue Paul Deschanel 1030 Bruxelles
00 32 2 216 15 10       00 32 477 76 36 22     traverse@skynet.be

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…de la marche et du voyage…

Posté par traverse le 30 mars 2007

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Poèmes 

 vient de paraître aux éditions Le Taillis Pré

68 pages, (Expire, Inspire, Les gorges nouées, Lisbonne dernière étape

D’un pas léger, nous allons vers ce qui nous semble périlleux et utile, d’un pas léger nous allons vers cet endroit des limites que certains nomment l’évidence et la nécessité, d’un pas léger, nous allons vers un temps dilaté dans lequel nous disparaissons. Quatre étapes dans ce périple. Les deux premières (Expire, Inspire) appartiennent à Brancusi, le Sculpteur roumain  qui accomplit en 1904 une longue marche de la Transylvanie à Paris où il offrira la sculpture moderne à notre ébahissement. C’est de cette marche revisitée que le poème s’inspire pour en scander le rythme et l’étonnement. L’Atlantique, au bout du chemin de l’Ouest apparaît avec les Gorges nouées, troisième étape avant la grande dissolution. Et enfin, Lisbonne, aujourd’hui, à la couture atlantique, où l’Occident tremble dans son poing liquide. Ces poèmes sont de l’ordre d’une commémoration, celle du voyage, de la durée et de notre joie d’être au monde. 

Daniel Simon emploie la majeure partie de son temps à diverses tâches d’éducation et de formation dans les domaines de l’écriture et de la parole. Metteur en scène, éditeur, il publie du théâtre, des nouvelles, des articles, des essais divers et achève un premier roman. Il anime l’association Traverse (www.traverse.be) qui croise textes, images et vidéo. Il livre régulièrement de courts récits sur son blog littéraire (Je suis un lieu commun, http://traverse.unblog.fr). Vit et travaille entre Bruxelles et Lisbonne.                                                                                                                              

Commande aux particuliers: en libraire ou chez l’auteur, daniel.simon@skynet.be (Prix de vente port compris, 11 euros) à virer au compte Traverse asbl 068-2144376-24.  Il sera envoyé dans les 3 jours.  ( pour l’étranger : par virement international à Traverse asbl, 86/14 avenue Paul Deschanel 1030 Bruxelles))

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Parle-moi de ton absence

Posté par traverse le 17 mars 2007

 

Soirée Passa Porta du 30 mars, 20h

autour du livre de Saber Assal, 

                         « Parle-moi de ton absence » 

Saber Assal vient de publier un livre magnifique et terrible à propos de la violence faite aux femmes marocaines et à leur condition. Ce récit fait le grand écart entre le Maroc et
la Belgique. Une histoire commune en somme mais écrite avec un talent et une sensibilité qui portent le sujet exceptionnellement…
Un Maroc heureux pour Inès qui n’a que treize ans. Arrive l’imposé mari. Viennent les enfants. L’enfer n’est pas sournois: il n’a pas de masque. Il n’a rien à cacher. La vie d’Inès, grâce au livre de son fils, Saber Assal, devient une infortune qui ne se prive ni de honte ni de pudeur. Elle se dit, magnifique littérature, comme un conte réel si effrayant qu’on se surprend à penser qu’il serait temps de rejeter la couette sous laquelle nous étions si bien endormis…en Belgique.Invités :Saber Assal, écrivain

Gérard Adam, écrivain (auteur de la préface)

Daniel Simon (Directeur de la Collection Je)et Jean-Claude Legros (écrivain, animateur dela Revue Je)

Une représentant de Amnesty international Belgique, Section Femmes Monsieur Mohammed Belmaïzi (juriste), sous réserve

« Parle-moi de ton absence » de Saber Assal, est paru dans la collection Je aux éditions Couleur Livres (www.couleurlivres.be)

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La semaine du récit de vie

Posté par traverse le 17 mars 2007

Encore quelques places pour…

La semaine du récit de vie

à la Maison du Livre de Saint-Gilles

Ecrire un récit de vie, c’est ouvrir une caisse de résonance dans le cours de son histoire : écrire pour donner à entendre.

Nous vous proposons un stage d’écriture d’une semaine dont l’enjeu sera de (re)connaître son histoire et d’en marquer les traces…

Des lectures, des moments d’écriture en atelier alternent et donnent lieuà des conversations critiques et renforçantes…

Il s’agit de soutenir chez chaque membre du stage un « projet », c’est-à-dire une volonté d’aboutir à un résultat : créer une dynamique d’écriture…

Dates : Du 9 au 13 avril de 14 à 17h et le 11 avril de 18 à 20h
Prix : 100 euros non remboursables

Si vous êtes intéressé(e), faites-vous connaître et livrez vos suggestions, vos questionnements, vos demandes par mail à daniel.simon@skynet.be 

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Au cœur de l’incertain

Posté par traverse le 1 mars 2007

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Hölderlin écrivait que la philosophie et la poésie étaient l’hôpital des âmes blessées…Nous savons que cet hôpital est à la mesure du monde, du nôtre, de celui où nous tentons de vivre en commun des moments d’exception où l’homme se rétablit lentement parmi les hommes à la condition de ne jamais ignorer que la vie ne suffit pas, à personne, où que ce soit, pour avoir le sentiment de la vie. 

La poésie et la philosophie sont ces mystérieuses inventions que nous portons au devant de nous pour éclairer ce qui est sombre en nous et nous rend souvent si opaques. 

La poésie, au nom de lieux communx littéraires que le présent nous renvoie sous formes de clichés bien tempérés n’est en rien exempte de l’obligation de prendre place dans cette chose qui advient chaque matin, percluse de tensions, rabotée d’amères expériences, gonflée d’illusions comme bulles de savon et qui a la Cité pour nom et pour lieu. 

Certains veulent faire de cet espace un enclos climatisé, d’autres un parc humain, d’autres encore une vaste chambre où chacun aurait le choix d’user et d’abuser des uns et des autres, tantôt des âmes, tantôt des cœurs tantôt des corps, au choix des caprices liberticides. 

Ce temps d’une Cité réconciliée avec l’ambition qu’elle se donne depuis ses origines est le temps de la poésie, de cette fabrique d’hymnes intérieurs que l’homme chuchote à l’oreille de ses contemporains dans les temps de glaciation ou dans des déserts à l’horizon flou et incertain. C’est dans cette Cité que la poésie peut le plus alors que les dieux s’encombrent mutuellement d’aspirations funestes, c’est dans cette Cité que la poésie connaît paradoxalement souvent le souffle du mépris ou d’une ignorance qui tend aujourd’hui tellement à rassembler qu’on se surprend souvent à la considérer comme l’ultime invention démocratique !

Dans le vacarme la Cité, la poésie entrouvre souvent de subtiles fissures d’où filtrent des musiques nouvelles inconfortables à l’oreille parfois, échappant à la commune mesure du sens et de l’entendement, mais qui vite s’imposent quand elles sont nourries du battement irréfragable des hommes et des idées conscients de leur disparition… 

C’est de ces trous dans des mythologies de certitudes que la poésie s’occupe, elle fore là où ça se prend pour de l’éternité, elle frappe là où le tympan se ramollit à l’écoute des chants les plus beaux, elle brise ce qui se croit précieux et opportun, elle rapièce des morceaux que l’usage rejetait, elle coud des souffles les uns aux autres afin que celui des morts arrivent enfin et toujours jusqu’à la bouche des vivants. 

C’est de ces arrangements avec notre condition d’être au monde que la poésie s’occupe, elle se doit de fréquenter les culs de basse fosse comme les greniers, elle va au bras du temps* et le précède souvent, elle immobilise cette perception du fluide et du vaste et nous rend l’univers discontinu et neuf dans chaque vie, à nouveau. 

Dans le ramdam et les cacophonies, quelque chose de presque inaudible perce comme une voix discordante, un son dégagé du sentiment d’appartenance à la symphonie majeure, une brisure dans ce qui se veut lisse, une griffe dans les miroirs rassembleurs et cette poésie-là n’a que faire de l’air rare des poumons cacochymes. 

Cette poésie dégage de l’innommé des masses élémentaires, elle rédige le texte incertain qui flotte en nous et que nous rêvons confusément d’écrire au nom de ce qui manque ici et en souvenir de cet ici qui nous manque sans cesse. 

Cette poésie corrompt l’abjecte idée de pureté qui est comme un ferment sinistre qui renvoie dos à dos ceux qui n’ont que leur paumes et leur dos justement pour les coups de bâton de l’arrogance et des vertus qui ne vont jamais seules et sont alors comme des harpies qui mettent à mal l’idée même des bonheurs insoupçonnables d’être ensemble. 

Et dans la Cité des hommes des voix fusent de partout pour dire l’empêchement, l’horreur, le malheur et l’irréductible mépris que certains portent à la plupart. Ce n’est ni le fer, ni le feu qui sont alors les plus vifs mais la parole confuse, le déni et l’amalgame ; ce sont des poisons qui n’ont plus pour enclos les égouts mais les Sénats, les Tribunes et les assemblées libres. Ce sont des vents délétères qui ont toujours soufflé et qu’il s’agit de détourner dans des gouffres sans fin, ou plus simplement de traiter comme de la pestilence, une gale récurrente, une sale maladie transmissible par l’envie, la frustration, la misère et le dégoût de soi. 

C’est la poésie qui peut alors le plus en conjurant ce qui advient en nous à chaque instant et qui nous porte hors de nous dans la colère et l’imbécillité tranquille des hommes impatients. C’est dans cette agitation que nous menons nos affaires, que des ponts se tendent entre deux rives, que des Océans glissent vers d’autres fonds, que des courants froids et chauds se mêlent en faisant surgir la barre qui met à mal les hommes mal embarqués. 

Dans ce fatras de choses grandioses et dérisoires c’est d’oxygène et d’espoir que les hommes ont le plus grand besoin et ils savent aujourd’hui que l’un ne va pas sans l’autre alors, un peu partout, sous toutes les latitudes, certains s’arrêtent de parler et de mal respirer. Ils plongent dans l’azur un regard moins certain, ils se remettent au coude à coude pour tenter d’échapper à cette fascination du pire qui est leur bien commun. 

Édouard Glissant dans un magnifique Tout-Monde nous fait l’éloge des archipels de savoirs et de pensées qui sont autant de chapelets d’îlots de non-savoir et de méconnaissances que les hommes ont à partager depuis qu’il savent que les continents sont comme des forteresses de sable… 

C’est dans ces interstices entre terres fermes et océans que la poésie circule, c’est là qu’elle réside comme un banc de corail qui est la trace d’un équilibre antérieur et qui nous prolongera. C’est dans ces flux intermittents, ces soudaines interruptions de vie où la mort peut voiler jusqu’au souvenir du ciel, c’est dans ces compromissions de matière et de flots, ces entremêlements de tropiques et de pôles que la poésie fait son nid, dans l’incertain qu’il s’agit de prononcer. 

La poésie a sa place dans tous les lieux où les hommes se croisent, dans le vide ou dans le plein, elle murmure à l’oreille des hommes des choses nouvelles ou très anciennes que le temps ne lisse jamais. 

1. Je vais au bras du temps, Alain Rémond, éditions du Seuil, 2006.

(Lu le 28 février à l’Hôtel Métropole dans le cadre des soirées de la Maison internationale de la poésie, à l’invitation de Madame Moussia Haulot) 

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…ma Foire du Livre

Posté par traverse le 22 février 2007

…à Tour et Taxis Bruxelles du 28 février au 4 mars 2007

C’est toujours l’opportunité d’une rencontre mais parfois la grâce d’un livre la transforme en un moment inoubliable… 

Vous y comptiez y aller ?  J’y serai en permanence au stand de Couleur Livres Asbl (Stand N° 137) où je présenterai les deux numéros de la Revue de Récit de vie Je et la Collection que je dirige où sont déjà parus : 

L’usine de Vincent de Raeve 

La dernière fois de Jean-Claude Legros 

Parle-moi de ton absence de Saber Assal   

A l’espace Forum, le 2 mars à 20h, une rencontre « Le Récit de vie entre fiction et réalité » avec Saber Assal, Jean-Claude Legros, Vincent de Raeve, Gérard Adam, et des participants aux ateliers d’écriture de récits de cie… 

Sur le stand de 20h45 à 22h, dédicaces et rencontres avec Saber Assal, Jean-Claude Legros, Daniel Simon,… 

(Prochaine rencontre autour du Livre de Saber Assal, à Passa Porta, Maison internationale des Littératures, Rue Antoine Dansaert le 30 mars à 20h en présence de l’auteur, de responsables d’Amnesty international, de Daniel Simon, de Jean-Claude Legros et de personnes venant témoigner de la violence faite aux femmes dans l’écart Maroc-Belgique)                        

Par ailleurs, comme écrivain, je présenterai mon récent recueil de nouvelles L’échelle de Richter paru aux éditions Luce Wilquin (Stand N 116) 

Le 3 mars, sur le Stand de 17h-18h: Daniel Simon et Jean Jauniaux. Je rencontrerai le public et dédicacerai l’échelle de Richter… 

Le 3 mars à 15h au Compartiment auteurs J’animerai le débat « Et si vous nous donniez des nouvelles? » Rencontre  » avec Jean Jauniaux, Aurelia Jane Lee, Agathe Gosse

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Conte des Nuits blanches et bleues

Posté par traverse le 22 février 2007

de Anna Stelkowicz

Depuis plusieurs mois, l’équipe de Traverse asbl met en production la pièce de Anna L’édition du texte accompagné d’un DVD est programmée pour le printemps.            

La pièce « Conte des nuits blanches et bleues » de Anna Stelkowicz est une pièce rare, elle touche autant à la parole épique, qu’à la parole prophétique et au dialogue philosophique.             

Cette écriture entrecroise trois fils forts que sont le regard rétrospectif sur la Naissance d’une Nation et le prix de cette naissance, les paradoxes et les mystères que les hommes de
la Cité doivent traverser quand ils construisent la cité de leurs rêves et… le rêve de l’avenir qui s’exprime aussi sous la forme du conte. 
            

Cette pièce est aussi une rencontre entre deux personnages assis sur un banc, évoquant la douleur et la joie d’être en route vers le meilleur de l’homme, sa capacité à régler le fait de vivre ensemble en paix même si la paix est l’aube la plus difficile à contempler…                

Cette pièce est un conte…qui paraîtra en mars 2007 aux éditions Traverse (« Les feuillets de corde ») accompagnée d’un DVD ( la lecture polyphonique du texte par les acteurs, un entretien avec l’auteur et un entretien avec le metteur en scène et en ondes, Daniel Simon) 

Prix public : 15 euros (prix en souscription : 10 euros TTC à virer au compte 068-2144376-24 de Traverse asbl.). 

 Vous trouverez le livre à sa « première  » sortie publique à l’occasion de la 21ème Journée du Livre et des Arts organisée par la Fédération WIZO – Belgique – Luxembourg

Patronnée par les plus hautes instances politiques du pays

le 11 mars de 14 à 18H – HOTEL HILTON  - 

38, Bd de Waterloo à 1000 Bruxelles (entrée libre)

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JE La revue des récits de vie

Posté par traverse le 19 février 2007

Une nouvelle revue dans le paysage éditorial belge :


JE, La revue des récits de vie


dirigée par
Daniel Simon

Vous venez de partout…
Des écoles, des usines, des bureaux, des bibliothèques, des lieux de vie qui sont les vôtres, vous en rêvez, vous voulez passer à l’acte, vous vous dites “pourquoi pas moi ?”. Alors, un jour, ça y est, vous vous décidez, vous vous éloignez un temps du monde et des rumeurs, vous hésitez, la page est blanche, trop blanche, l’écran de l’ordinateur tellement volatile, vous vous cramponnez pour ne pas vous enfuir, vous vous dites que ce que vous deviez absolument faire pourra encore attendre, vous jetez les premiers mots, c’est étrange, tout de suite quelque chose se passe, ailleurs, là où vous ne comptiez pas aller, des phrases se mettent en place, un texte se dessine, ça y est, la machine est lancée, vous écrivez…

JE La Revue des Récits de Vie publie textes et réflexions, annonce des manifestations ou des créations autour du Récit de vie, des écritures du moi, de l’intime.
La Revue JE est le résultat d’un constat et d’un pari. Si chacun aujourd’hui veut écrire (ateliers d’écriture, blogs sur Internet,…), c’est aussi pour résister à un “nous” décervelant. Le je redevient une façon de s’opposer au lissage des fausses émotions. Et c’est, pour nous, un pari que de relier ces écrits, de les mettre en réseau, de les questionner, d’en faire une matière de débat public.
La Revue JE paraît quatre fois l’an. En alternance, deux numéros seront essentiellement consacrés à la réflexion, à l’analyse et aux enjeux, deux autres numéros donneront priorité aux textes et récits de vie.
JE se déclinera enfin sur d’autres lieux : un site où l’information à propos du Récit de vie sera à la disposition de chacun, où les lecteurs pourront réagir, et une collection de livres de récits de vie, de témoignages, d’expériences à transmettre…

JE La Revue des Récits de Vie
Trimestriel (paraît 4x l’an)
Directeurs : Pierre Bertrand et Daniel Simon
Rédacteur en chef : Daniel Simon

Adresses
• Edition et abonnements : Couleur livres, 4 rue Lebeau, B – 6000 Charleroi
couleurlivres@skynet.be, tél : 0032 (0)71 32 63 22
Rédaction :
daniel.simon@skynet.be, tél : 0032 (0)2 216 15 10

Abonnement 2006 (Quatre numéros)
Belgique : abonnement de soutien et institutions : 60 euros ; normal : 45 euros ;
sans emploi et – de 25 ans : 35 euros
Étranger : U.E. : 70 euros ; autres pays : tarif sur demande
Vente au numéro : 14 euros

Avec la collaboration de Traverse asbl

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D’un pas léger

Posté par traverse le 13 février 2007

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Poèmes 

A paraître aux éditions Le Taillis Pré en mars 2007 

68 pages, 10 euros (Expire, Inspire, Les gorges nouées, Lisbonne dernière étape

D’un pas léger, nous allons vers ce qui nous semble périlleux et utile, d’un pas léger nous allons vers cet endroit des limites que certains nomment l’évidence et la nécessité, d’un pas léger, nous allons vers un temps dilaté dans lequel nous disparaissons. Quatre étapes dans ce périple. Les deux premières (Expire, Inspire) appartiennent à Brancusi, le Sculpteur roumain  qui accomplit en 1904 une longue marche de
la Transylvanie à Paris où il offrira la sculpture moderne à notre ébahissement. C’est de cette marche revisitée que le poème s’inspire pour en scander le rythme et l’étonnement. L’Atlantique, au bout du chemin de l’Ouest apparaît avec les Gorges nouées, troisième étape avant la grande dissolution. Et enfin, Lisbonne, aujourd’hui, à la couture atlantique, où l’Occident tremble dans son poing liquide. Ces poèmes sont de l’ordre d’une commémoration, celle du voyage, de la durée et de notre joie d’être au monde.
 

Daniel Simon emploie la majeure partie de son temps à diverses tâches d’éducation et de formation dans les domaines de l’écriture et de la parole. Metteur en scène, éditeur, il publie du théâtre, des nouvelles, des articles, des essais divers et achève un premier roman. Il anime l’association Traverse (www.traverse.be) qui croise textes, images et vidéo. Il livre régulièrement de courts récits sur son blog littéraire (Je suis un lieu commun, http://traverse.unblog.fr). Vit et travaille entre Bruxelles et Lisbonne.  

 

 

 

Sous le signe du pélerin
par Jack Keguenne
Le Carnet et les Instants n° 150

Avec D’un pas léger de Daniel Simon, nous pourrions nous mettre sur les traces d’un pèlerin, d’un cheminant qui sait son peu de poids – et sa charge de doutes –, d’un marcheur qui, en taillant sa route, n’ignore en rien qu’il va égarer son passé à mesure qu’il va découvrir son présent et ne s’illusionne sur aucune valeur, y compris la sienne propre : « Parler doucement comme pour rien, pour s’éloigner de ce dégoût de soi que le voyage allume. / Parler en somme pour s’effacer ». Mais il s’agit surtout de « parler doucement » pour continuer à être et parce que la parole va servir à manifester (pour ne pas dire justifier) cette existence que rien n’interrompt et qui se poursuit dans le « vivre par inadvertance et aller les yeux clairs dans des embuscades de vocabulaire ». Comme le vocabulaire, la marche, le voyage en train ou le seul jeu des pensées à part soi tendent des embuscades, des pièges qu’il faut contourner pour continuer ; c’est le moment, sans doute, où s’affirme cette parole effaçante, celle qui s’aperçoit qu’il est inutile de conserver un écho passé lorsqu’il s’agirait d’afficher un présent ou, mieux encore, de recomposer un projet. Puisque « la débâcle du temps s’embourbe dans une durée perdue », il faut aller « convaincu d’espace, de vide et de silence », « marcher d’un soleil à l’autre, réinventer chaque jour le sens de la marche ». Quelles que soient les ambitions de chacun, Daniel Simon les amène, « dans l’agonie permanente des formes », à hauteur de souffle, les dit dans un style qui bat au rythme du coeur, ou s’accorde à la mécanique des corps, sachant ceux « qui renoncent à leur part » et ceux « qui apprennent lentement le temps de la durée ». Aucun jugement ici, mais la possibilité d’entrer « sans le savoir […] dans le bonheur ». Daniel Simon témoigne magnifiquement de ce refus d’une défaite qui ne mènerait qu’à des regrets et de ce « frisson du bien commun » qui irrigue le « plus beau poème ».

(…)

 

 

 

Le Taillis Pré                  Commande aux particuliers                                 
Yves Namur                         au siège de l’édition ou en librairie.
Rue de la Plaine, 23           Compte ING : 360-0434166-97
6200 Châtelineau           ( pour l’étranger : par virement international)
fax : 00 32 71 391415     BELGIQUE 

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L’auberge espagnole…

Posté par traverse le 13 février 2007

L’auberge espagnole… des écrits

en cours…à la Maison du Livre

De nombreuses personnes fréquentant des ateliers d’écriture ou écrivant en solitaires expriment depuis longtemps le désir d’être accompagnées dans leur travail d’écriture.

Le projet n’est pas d’animer un atelier pour aider à l’émergence de textes mais bien de renforcer et d’interroger le processus en cours.

Cet accompagnement de manuscrits et/ou de travaux en cours est complexe (les manuscrits sont déjà en cours) et simple (des questions communes et récurrentes se posent)…

Les auteurs ressentent le besoin de poursuivre cette réflexion ou ce travail dans une relation plus individuelle avec l’animateur qui devient ici lecteur accompagnateur. Des séances collectives permettent de mettre à jour et de commenter les difficultés de chacun quand elles résonnent pour tous…

Un suivi individuel pourra se faire «à la carte», en fonction des besoins de chacun. Une seule condition : témoigner d’un travail en cours.

Dates : Les mardis 27/2, 20/3 et 22/5 de 18h à 21h
Les mardis 13/3, 24/4 et 8/5 de 10h à 17h
Prix : 180 euros non remboursables + 20 euros supplémentaires pour le suivi individuel (facultatif).
Si vous êtes intéressé(e), faites-vous connaître et livrez vos suggestions, vos questionnements, vos demandes par mail à daniel.simon@skynet.be 

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Quelque chose est en cours

Posté par traverse le 11 janvier 2007

Quelque chose est en cours, quelque chose qui sonne neuf à l’oreille, les hommes préfèrent l’intelligence à la langue racaille des idéologues qui sont les deuxièmes couteaux de la misère. 

Quelque chose résonne dans les débats, les rencontres, les affrontements miteux entre le la gauche et la droite qui seraient comme le chaud et le froid d’un même robinet. Des phrases à l’emporte-pièce apparaissent de plus en plus comme des épouvantails à moineaux alors que les prédateurs essayent leurs ailes dans d’autres cieux. 

Un porte-parole affolé par ses propres slogans ne cessait d’interrompre comiquement son monde en répétant qu’il fallait « un débat », et pour se faire entendre, ne cessait de l’interrompre, de le réduire, de le maltraiter, de le trahir.

Ce « débat » tentait de se tenir dans une autre atmosphère incitant plus à la repiration, celle de l’intelligence partagée et qui était très spectaculairement malmenée par les rodomontades des hommes  bruissant de leurs clichés satellitaires.  Soudain, des deux bords, un court silence s’est fait, des yeux sont tombés dans des yeux et on pouvait y lire « Pourquoi sommes-nous donc condamnés à répondre à cette désespérance ? »   

Oui, pourquoi ne pas briser en direct, allant même contre les clivages les plus sourds et les plus racoleurs, comme la société citoyenne le réclame tellement, les lieux communs des litanies de tranchées ?  Cette fameuse parole vraie qui dirait à la langue de bois ce qu’elle en pense et de façon bien sentie ?

Probablement parce que de l’autre côté, celui du spectateur, cette apnée de l’intelligence dans l’arène semble incongrue, comme un raté dans le flux, une griffe dans l’image, parce que la langue ce n’est jamais lisse, ça échappe, ça secoue, ça file entre les dents, ça glisse dans la glotte et ça fait un ramdam de tous les diables quand ça en finit avec les bondieuseries. 

Qu’elles soient alors chaudes ou froides, nous en reconnaissons à l’instant la fadeur. 

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Ateliers d’écriture à la Maison du livre

Posté par traverse le 7 janvier 2007

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Animés par Daniel SIMON, écrivain, animateur d’ateliers d’écriture, dirige la revue JE et la collection de Récits de vie.

www.lamaisondulivre.be

Infos et inscriptions: 02/543.12.20

Responsable des ateliers et stages : Gitla Szyffer  au 02/543.12.22

Attention, en cas de désistement, les frais d’inscription ne seront pas remboursés.

Le Récit de vie 

Ecrire un récit de vie, c’est laisser émerger des souvenirs, des faits, des dates, des émotions et s’employer à accorder ces fragments d’expérienceà l’idée, à la représentation de notre« histoire » personnelle…
Ecrire un récit de vie, c’est aussi raconter une vie qui aura « infusé » dans notre mémoire et de tenter de la mettre « à distance de soi ».
Écrire un récit de vie, c’est peut-être s’approprier une partie du sens du labyrinthe…

Dates : Du 18 janvier au 29 mars
10 jeudis de 18h30 à 20h30
Prix : 80 euros non remboursables

La semaine du récit de vie

Ecrire un récit de vie, c’est ouvrir une caisse de résonance dans le cours de son histoire : écrire pour donner à entendre. Nous vous proposons un stage d’écriture d’une semaine dont l’enjeu sera de (re)connaître son histoire et d’en marquer les traces… Des lectures, des moments d’écriture en atelier alternent et donnent lieuà des conversations critiques et renforçantes…
Il s’agit de soutenir chez chaque membre du stage un « projet », c’est-à-dire une volonté d’aboutir à un résultat : créer une dynamique d’écriture…

Dates : Du 9 au 13 avril de 14 à 17h et le 11 avril de 18 à 20h
Prix : 100 euros non remboursables

L’auberge espagnole…

des écrits en cours

De nombreuses personnes fréquentant des ateliers d’écriture ou écrivant en solitaires expriment depuis longtemps le désir d’être accompagnées dans leur travail d’écriture.
Le projet n’est pas d’animer un atelier pour aider à l’émergence de textes mais bien de renforcer et d’interroger le processus en cours.
Cet accompagnement de manuscrits et/ou de travaux en cours est complexe (les manuscrits sont déjà en cours) et simple (des questions communes et récurrentes se posent)… Les auteurs ressentent le besoin de poursuivre cette réflexion ou ce travail dans une relation plus individuelle avec l’animateur qui devient ici lecteur accompagnateur. Des séances collectives permettent de mettre à jour et de commenter les difficultés de chacun quand
elles résonnent pour tous…
Un suivi individuel pourra se faire «à la carte», en fonction des besoins de chacun. Une seule condition : témoigner d’un travail en cours.
Dates : Les mardis 27/2, 20/3 et 22/5 de 18h à 21h
Les mardis 13/3, 24/4 et 8/5 de 10h à 17h
Prix : 180 euros non remboursables + 20 euros supplémentaires pour le suivi individuel (facultatif).

Si vous êtes intéressé(e), faites-vous connaître et livrez vos suggestions, vos questionnements, vos demandes par mail à daniel.simon@skynet.be

 

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Bonne fête du Sacrifice

Posté par traverse le 30 décembre 2006

Imaginons cette ancienne histoire d’Abraham au pays des girafes. Imaginons que la tragédie originelle ait eu lieu sur les bords de l’océan indien, imaginons que ce soit au cœur de la savane que le bras ancestral se soit suspendu, imaginons que ce soit encore plus tôt, au temps de Salammbô, un Moloch dévorant ses enfants, sous l’œil amusé de Flaubert devant tant de littérale croyance, imaginons un mythe légèrement déplacé dans d’autres circonstances, imaginons… Imaginons un sacrifice de bêtes moins communes, la Fête de
la Girafe, ou de l’Eléphant ou du Requin, la Fête de l’Ours blanc…

Comment abattre l’Ours blanc ?  Il y a des abattoirs réservés à cet usage dans toutes les communes, des containers qui déborderont de carcasses, de viandes avariées et de graisses sanguinolentes, des sacs poubelles déposés sur le bord des trottoirs, des puanteurs qui vont se mêler aux cotillons, des cris mal étouffés par des couteaux mal tranchants. Vous imaginez, un Ours blanc dans un appartement, comment l’égorger selon la règle, dans la douceur de la lame du sacrificateur ? Vous imaginez le sang d’un Ours blanc dans la cuisine ou la salle de bains ? Le cri d’un Ours blanc sentant la mort et la panique, le regard joyeux des enfants devant la bête garrottée dans le coffre de la voiture, vous imaginez ces Ours blancs à la queue leu leu avant la liquidation finale dans les abattoirs consacrés à la Fête de l’Ours blanc ? 

Vous imaginez les embarras de ceux qui aiment l’Ours blanc ou qui pensent que quelques siècles de pensée, de traductions des actes les plus littéraux de nos cultes sont offensés par le passage à l’acte. Vous imaginez l’embarras de ceux qui pensent que l’image l’icône, le mot, la représentation de l’acte et non l’acte lui-même, sont des signes fort de l’évolution, vous imaginez leur embarras devant tant de crasse évidence? 

Vous imaginez leur embarras, alors qu’ils sentent la Fête dans le cœur de leurs semblables et qu’ils voudraient en partager une toute petite part, vous imaginez leur embarras ?   

Bonne Fête.

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A propos du théâtre et de son obscène impatience…

Posté par traverse le 30 décembre 2006

   Cette mise en spectacle de tout ce qui est immédiat, cette façon de contracter la vérité obscure des gens pour la rendre populaire et consensuelle, soyons clairs, pour avoir un public, un moment, opportuniste et stupéfait devant tant de lieux communs, confirme l’inversion de la catharsis, cette mise en feu de l’expérience du spectateur grâce à la représentation.  Cette façon d’agrandir la tension de l’ombre et de la lumière de toute choses est perdue dans la plupart des spectacles bien pensants de la société de la communication généreuse et tellement à l’écoute du réel…. Le théâtre contracte alors la surface du réel dans une farce des apparences où rien n’est vrai sauf le faux.

   Le théâtre ne s’embarrasse pas de communication, mais bien des impasses, des dérèglements, des contre-allées de la pensée commune. C’est à un spectacle navrant de la misère intime et sans nom, joué par des théâtres impatients et sans l’ambition du poète qui se risque dans des territoires peu fréquentés, que nous assistons, désolés, un peu honteux devant le face-à-face du spectacle et de la misère, plus grave encore du jeu avec la misère comme objet…

   Ce théâtre cherche sa niche dans les caprices du cœur démocratique. 

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dernières parutions…

Posté par traverse le 14 décembre 2006

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L’échelle de Richter   

 Nouvelles   de  Daniel Simon

Paru aux éditions Luce Wilquin en septembre 2006. 

http://www.wilquin.com/nouveautes/

« Des histoires à propos du temps qui passe et me dépasse.  Des incidents, des secousses, des effondrements, des façons de faire renaître le tremblement,  petit ou grand qui me remue depuis le début…  L’échelle de Richter, c’est une sorte d’inventaires des périls d’un homme à tout venant, d’un lieu commun en quelque sorte… 

La mémoire ne survit pas, elle invente des raisons de se transformer en histoires pour mieux nous balader dans le dédale du monde. Écrire des histoires suppose, quelle qu’en soit la manière, que l’on soit doté d’une certaine dose d’humour… » 

Des tremblements, des fissures, des effondrements, des naufrages de toutes sortes, des mots dispersés sur des corps délabrés, ce pourrait être ça le monde…  L’échelle de Richter permet d’évaluer, tant soit peu, l’ampleur des désastres. 

Chez moi, chez vous, dans ce qui résiste à la corrosion générale. 

Ce premier recueil de nouvelles, dont beaucoup ont paru en Revues (Marginales, Archipel,…) doit beaucoup à la rapidité moderne, à cette façon dont le temps disparaît dans les décombres des événements, de plus en plus vite emportés par des ritournelles émotionnelles de toutes sortes. 

Ces nouvelles sont nées de regards, de voyages, de rencontres et d’une grande confiance dans la capacité d’illusion des hommes. 

L’échelle de Richter, c’est une sorte de cartographie des sentiments à la charnière des siècles. Une façon de s’y retrouver dans ce qu’on nomme de plus en plus difficilement, le réel.

Daniel Simon (Charleroi, 1952) vit et travaille entre Schaerbeek (Bruxelles) et Lisbonne. Il a surtout publié des poèmes (L’Arbre à paroles, Ambedui, Le Taillis Pré,…), du théâtre (Lansman, …) et des nouvelles et articles en revues (Marginales, Archipel, …). Il dirige par ailleurs la Revue et la Collection Je (éditions www.couleurlivres.be) consacrées aux Récits de vie. 

Met en scène des textes contemporains, organise des lectures publiques, réalise des vidéos de création, il travaille à une suite d’événements liés aux lieux communs…) Anime des ateliers d’écriture et est formateur en communication. 

 

 

Séquences monde
par Thierry Detienne
Le Carnet et les Instants n° 145

Daniel Simon est un homme de parole, lui qui jusqu’ici a surtout écrit pour le théâtre et la radio. Mais on le connaissait déjà comme poète et au travers de quelques nouvelles publiées çà et là. Ce recueil de nouvelles est donc son premier volume publié en prose et il y jauge le monde des hommes en vingt-trois textes assez brefs qui semblent dresser une cartographie sentimentale et surréaliste de l’espèce. Le récit liminaire s’ouvre sur la vision d’un homme qui, mettant en œuvre à la lettre un précepte paternel, dresse un mur derrière lequel il s’abrite du monde et puise la force d’exister dans ce premier pas franchi. Le suit un autre qui met en scène un président des États-Unis qui ne nous est pas inconnu. Un rien mystique, la Bible à la main, il survole sans cesse son pays en quête de hauteur, pour échapper au grondement du monde dont il est le dramaturge. Et puis d’autres figurants se dressent : l’un est abandonné par sa femme et respire à nouveau sur la terrasse d’un café, un autre part en Afrique à la recherche d’une fille aimée et vit de loin le passage à l’euro qui le laisse quelque temps sans argent dans un bled. Un autre encore visionne sans fin et en sens inverse l’enregistrement vidéo de l’effondrement des tours jumelles de Manhattan et, bouillonnant de rage impuissante devant les corps qui se jettent dans le vide, entame une croisade qui fait long feu parmi les cannettes de bière vides. Ailleurs, deux sœurs que la guerre a laissées orphelines et folles de douleur vivent recluses parmi les chats dans un rituel invariable et insoupçonné des voisins jusqu’au jour où la vieillesse les sépare et livre leur secret. Un patron d’entreprise s’est écroulé devant ses employés et il contemple le monde dans la position des impuissants.

Mais il est surtout question d’Afrique et d’Europe dans ce volume coloré. Des hommes et des femmes qui arrivent ici pour échapper à la misère, emportant avec eux leur chaude culture qui envahit les hôpitaux et les bordels, irritant tout d’abord les autochtones mais très vite irrésistible de vitalité et de rire. Le regard de Daniel Simon s’attarde aussi dans les rues de Wallonie et de Bruxelles. Voici que le niveau de la mer monte jusqu’à submerger Bruxelles et que nos voisins du nord investissent les collines par-delà le sillon Sambre-et-Meuse pour régir les campings. Suit encore un Gille de Binche qui s’épanche avec force bières spéciales sur le temps qui va et le passé qui n’est plus, sur le carnaval qui seul permet de survivre. Et puis apparaissent des prostituées africaines du quartier de la gare du Nord qui contemplent les dégâts après une razzia de revanchards. Et ce chaos lamentable leur rappelle soudain le pays fui.

De ces portraits qui déboulent en quelques pages à peine, une vision généreuse du monde se dégage tout à la fois acerbe et chaleureuse : le désarroi d’une modernité chancelante côtoie la douceur de la solidarité dans le croisement des cultures. Tantôt réaliste, tantôt onirique et fantastique, ce kaléidoscope humain prend consistance au fil des pages. Daniel Simon a le verbe fort et coloré des conteurs qui écrivent à voix haute et qui manient de longue date les ficelles de l’art du récit. L’essai – mais peut-on encore vraiment parler d’essai? – est concluant et il donne envie d’en lire plus. N’y a-t-il qu’au spectacle que les artistes entendent les rappels? 

   

 

A paraître en décembre 2006, aux éditions Taillis Pré, un recueil de poèmes,

D’un pas léger…

Commande auprès de l’éditeur, en librairie ou chez l’auteur.

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