J’ai plus pu

Posté par traverse le 20 décembre 2012

J’ai plus pu karagoz-et-hacivatphoto-782x1024-229x300

(Entendu, réécrit)

1 : J’ai plus pu.

2 : Qu’est-ce qui t’ a pris ?

1 : J’ai plus pu.

2 : Et quand tu n’en peux plus, tu frappes ?

1 : J’sais pas, quand je me sens trop mal, vraiment trop mal alors, c’est la misère, je me sens plus, je sens que ça tremble tout à l’intérieur, je sens que ça vibre jusqu’à craquer et pour pas craquer, j’ai frappé, j’ai bien essayé de ne pas le faire mais c’était comme ça, y avait une barre qui traînait, par hasard, je l’ai vue, par hasard j’lai prise et j’ai frappé, ça c’était pas un hasard, pour pas craquer ou je ne sais pas quoi, pour répondre quand même à ce … qui venait encore avec ses histoires de dialogue et toute la merde qui va avec, j’en ai plus pu de l’entendre celle-là, bla-bla-bla, dialogue, bla-bla-bla et son sourire, sourire d’hypocrite, elle vient avec son sourire et chaque fois j’en peux plus, cette fois, c’était trop, j’ai plus pu j’ai plus pu. Voilà. Ca tremblait trop, fallait que ça cesse, je lui en ai foutu une, pas de chance, j’ai frappée trop fort. Voilà.

1 : Mais ce n’est pas possible ! C’est monstrueux !

2 :Monstre, oui, peut-être. C’était pas un couteau, encore heureux. Oui, j’ai d’la chance, là. Monstre ? Si tu veux, oui, si tu veux.

1 : C’est grave ce que tu dis, tu te rends compte de ce que tu dis ?

Excuse-moi, je ne voulais pas dire « monstre », je voulais, je tentais de te dire…

2 : « Monstre ».

Tu l’as dit.

1 : Ne te moque pas, ta mère, ton père, ta famille, tous ceux qui t’ aiment…

2 : Pas grand monde…

1 : Comment ça ?

2 : Ca m’a échappé.

1 : Moi aussi, ça m’a échappé.

2 : Monstre ?

(Un temps)

Non, le coup de barre – à – mine, tout à l’heure.

Ca m’a échappé.

1: Mais ce n’est pas possible, entendre ça « Ca m’a échappé ! »…

Il faut parler, pas cogner, frapper et, bientôt, tuer…Parler, dialoguer, s’expliquer…

2 : Pas appris.

1 : Et à l’école, les cours, les professeurs ? Ca ne compte pas tout ça ?

(Un temps)

Je tente de garder mon calme, je suis calme, je cherche à t’ aider : tu es au bord du précipice et si ta mère…

2 : Tombée dedans.

1 : Quoi ?

1 : Dans le précipice, ma mère.

1 : Excuse-moi.

2 : Image, métaphore, cliché, tristesse, protection, distance, ironie, émotion.Ca te va ?

1 : Ne te moque pas tout le temps. Pense à ta mère.

2 : C’est pour ça que je cherche la sortie.

J’y pense à ma mère : hydropisie et dépression. Vieille depuis toujours. Ses rides, on dirait du henné tellement elles sont noires. Moi, je cherche la sortie, pas ce parc humain où tu sais plus comment faire pour remonter les clôtures sans qu’elles se voient de l’extérieur. Pas simple ça : enfermer sans pouvoir le dire, alors tu parles de décrochage, de dérive, d’agressivité, de débordement, de manque d’objectif, tout le bazar du mensonge qui sonne bien sur la musique de la fuite. Ca deale, ça échange, ça menace et ça cède, ça promet et ça ne tient pas ses promesses mais ça cherche à sortir de ce bazar maudit.

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Ce soir, ce soir, j’étais, ce soir j’étais

Posté par traverse le 19 décembre 2012

 

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J’étais ce soir, ce soir oui ce soir j’étais ce soir j’étais ce soir à une soirée ayant, pour

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J’étais, mais ce soir c’était ce soir, j’étais donc ce soir à une soirée, ce soir, oui, c’était

Ce soir, donc, ce soir, j’étais, à une soirée, ce soir et c’était un thème très intéressant,

la ponctuation.

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Récits de Vie APABel/Traverse

Posté par traverse le 17 décembre 2012

Rappel 18 décembre 14h (jusque 16h30), demain à Uccle

http://traverse.unblog.fr/2012/12/04/recits-de-vie-apabeltraverse-asbl/

 

 

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Podium Poétique : « Voyage(s) »

Posté par traverse le 17 décembre 2012

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Au Cercle des Voyageurs…
Podium Poétique : « Voyage(s) »
Mercredi 19 Décembre • 20:00  
•participation libre (Bibliothèque)
Vous écrivez de la poésie ? Vous désirez la faire partager ? Venez lire vos textes autour du thème « Voyage(s) » lors de cette soirée ouverte à tous.

Un voyage, votre voyage, tous les voyages.

Qu’ils soient réels ou rêvés, passés ou futurs, mobiles ou immobiles… 3 minutes de lecture par participant.

Bienvenue à tous ! Lecteur ou spectateur !

Inscriptions sur place le soir-même à partir de 19h30.

Lancement : Eric Piette, Catherine Ysmal et Daniel Simon

Animé par Frédérique Longrée.

Une participation financière libre vous sera demandée à l’entrée.

Renseignements auprès de la Mipah : a.marchand@mipah.be / 02 511 91 22

Organisé en partenariat avec la Maison Internationale de la Poésie – Arthur Haulot. www.mipah.be

 

Je lirai un extrait de « Quand vous serez » et de « D’un pas léger »...
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Cabanes/8

Posté par traverse le 17 décembre 2012

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Dans cette forêt, l’ogre comprend que la nuit ressemble à la nuit, à la vraie, la terrible, l’éléphantesque nuit de bruits, de gémissements et de dangers encore inconnus, une nuit que le jour a posé dans le cœur de chaque chose pour se métamorphoser, une nuit bleue, une nuit sous les étoiles et la lune toute emplie de buée.

Dans cette forêt, l’ogre entend les petits se coucher sous la menace des grands, les faibles se serrer les uns contre les autres, dans la forêt, l’ogre découvre la nuit qui ne ressemble en rien au passage dans le noir qu’on appelle la nuit dans toutes les maisons. Ici, la nuit ne se livre pas à la paresse, elle grogne et se bat et attaque et combat sans broncher les dernières traces du jour qui vont lui tomber sur les épaules bientôt.

Dans cette forêt, l’ogre avance à petits pas et en serrant les fesses, derrière, devant, à ses côtés, le danger est partout et l’ogre se prépare à la lutte en tenant fermement son bâton de chef. Mais il sait que le temps sera bref quand il y aura combat, le tout est de durer, de rester sur ses gardes, de regarder les traces et de commencer à apprendre à quoi ressemble l’empreinte d’un ennemi qu’on n’a jamais vu mais qu’on connaît depuis tellement longtemps.

Dans cette forêt, l’ogre courbe le dos, ouvre grand ses oreilles et écarquille les yeux, il est tout présent à ce qui le dévore déjà et prend toute la place, la peur, le souffle court et de légers tremblements. Mais l’ogre n’a pas le choix, il poursuit son chemin en ouvrant une piste qui s’éloigne de la cabane.

 

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Cabanes/7

Posté par traverse le 13 décembre 2012

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Des craquements, des feulements, des silences soudain, la forêt accompagne l’ogre dans sa chasse. Il marche courbé et regarde les feuilles au sol, les brindilles, les banches cassées et ne lit pas grand-chose dans ce fouillis nouveau mais il guette et il a le nez fin.

Des inouks au loin pleurent dans les zones des hommes et l’ogre se dit qu’il ne doit pas se rapprocher trop près, qu’on pourrait le surprendre et le faire prisonnier.  Alors, il s’assied contre le tronc d’un arbre et réfléchit.

La nuit est tombée et l’ogre pense toujours, ses yeux s’habituent à la lumière bleutée qui flotte entre les arbres. On dirait des nuages trop lourds qui tombent des hauteurs et vont s’accrocher aux feuilles des taillis. Des araignées apparaissent et disparaissent dans l’obscurité transparente qui voile ce qui l’entoure.

L’ogre se relève brusquement, des yeux scintillent dans la forêt. Il se cache derrière le premier arbre venu et attend en retenant sa respiration. Il se dit qu’il rentrerait bien chez sa mère mais cette idée disparaît après quelques secondes, le courage remonte en lui et il serre les poings. Il n’a plus peur et est prêt à tout.

Dans le silence bruyant de la forêt il entend maintenant des sons jamais entendus, des miaulements, des sifflements, des roucoulements et des battements d’ailes affolés.

L’ogre s’apprête à passer la nuit dans le vacarme qui s’éveille.

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Escales hivernales/Lille

Posté par traverse le 12 décembre 2012

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A Lille ce week-end, un Salon du Livre…

GRANDE LIBRAIRIE
CAFÉS LITTÉRAIRES
ATELIERS D’ÉCRITURE
LECTURES SPECTACLES
TABLES RONDES ET DÉBATS
ESPACE LITTÉRATURE JEUNESSE
CCI GRAND LILLE
PLACE DU THÉÂTRE (OPÉRA)
15 et 16 décembre 2012
À PARTIR DE 13H - ENTRÉE LIBRE

Samedi, 16h, Stand MEO je serai présent et ferai lecture sur podium.

D’autres auteurs MEO…Monique Thomassetie, Jasna Samic

Escales hivernales/Lille 2QUAND-VOUS-SEREZ-COUV-CPLTweb-300x211
DANIEL SIMON (extrait programme)
Poète, dramaturge et metteur
en scène, professeur
d’Histoire et de philosophie du
théâtre, auteur d'une quinzaine
d'ouvrages, il affectionne le
texte bref et le poème en
prose qui lui permettent de
vouer à l’étrangeté du monde
son regard perplexe de faux
naïf. Notons parmi ses
récentes publications : Quand
vous serez (M.E.O. éditions,
2012) ; Dans le Parc (M.E.O.
éditions, 2011) ; D’un pas
léger (Le Taillis Pré, 2007).

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Cabanes/6

Posté par traverse le 9 décembre 2012

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La pomme de terre est toute brûlée et presque creuse en sa chair, les flammes ont bien mangé et l’ogre reste sur sa faim.

Il faudra de nouvelles chasses pour que l’ogre soit rassasié mais la forêt est vaste et l’ogre partita bientôt à la chasse aux inouks. Ce sont des animaux terribles qui prennent l’allure et des poses d’enfants qui se transforment en bêtes féroces quand ils sentent attaqués.

D’abord ils grimacent comme s’ils allaient pleurer, se jettent sur le sol et tapent des pieds en reniflant et criant. Leurs cris ont déjà tué bien des grandes personnes car ils peuvent hurler longuement et geindre et se plaindre pendant qu’ils gardent un  sourire dans la morve qui coule.

Sous l’œil humide brille une flamme effrayante qui fait fuir de nombreux adultes. Les inouks sont nombreux mais versatiles et un rien  parfois peu les calmer, le sucre surtout et des images qu’on leur passe devant les yeux en faisant beaucoup de bruit. Ces bêtes-là font le malheur de tous.

L’ogre se prépare donc à chasser, il prend son bâton à la pointe durcie au feu, son coutelas et ses allumettes, on ne sait jamais.

Il camoufle sa cabane et regarde vers l’horizon. La maison de maman est éteinte maintenant et on ne voit plus que des draps qui flottent dans le jardin, tout petits et si lointains qu’on dirait des papillons jaunes et rouges sur un arbre bleu.

L’ogre crache par terre comme tous les chasseurs, remontent ses culottes et part dans la forêt après avoir fait pipi sur le feu. Une haute colonne de vapeur se dissipe dans les arbres.

Il couvre sa cabane d’une branche, il part.

 

 

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Cabanes/5

Posté par traverse le 9 décembre 2012

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Dans ce  roulis de vent tiède, l’ogre songe, il songe comme un ogre  qui songe et son nez le chatouille.

Il a faim, il gargouille et bredouille des histoires sans fin de bonne chère et de sucre fondant. Il a le ventre creux et il doit le remplir avant que l’ogre en lui ne se fâche avec lui.

Alors il ouvre les yeux et cherche de quoi calmer le petit ogre qui dort en lui et qui le rappelle à l’ordre plusieurs fois par jour.

Il ouvre les yeux avec délicatesse parce que les yeux des ogres sont délicats et fragiles. Il distingue dans l’ombre de la cabane sa belle gourde remplie encore de lait de tigresse et son coutelas  ouvert.

C’est son canif qu’il appelle « coutelas » car chez les ogres c’est un mot plus lourd pour découper toutes ces choses qu’il choisit de manger.

L’ogre a faim encore plus qu’à la phrase précédente et il se dit que la pomme de terre qu’il a prise dans la réserve de maman sera parfaite pour son petit ogre affamé.

Il allume un feu avec les allumettes qui sont dans la boîte en fer-blanc et s’assied tout au bord en glissant ses chaussures sur les braises qui fument.

Ca sent fort et il retire ses pieds mais il aime cette odeur, il aime toutes les odeurs qui lui montent aux narines.

Les patates cuisent et bientôt il pourra manger comme un ogre sait le faire.

A pleines dents.

 

 

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Cabanes/4

Posté par traverse le 8 décembre 2012

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Ah, l’ogre est bien dans sa cabane qui est la plus solide contre le vent, la pluie et les bêtes sauvages, belle aussi avec ses branches plantées comme là-bas les sioux le font depuis toujours, et un trou au-dessus pour le feu,

C’est fatiguant de garder les yeux presque fermés et dormir à moitié, alors il pense.

L’ogre pense à son cartable qu’il aimerait torturer et attacher par le cou jusqu’à ce qu’il tousse et crache et demande pardon.

L’ogre a les oreilles grandes ouvertes pour laisser entrer les craquements, les grattements et les battements aussi, de tout, de ce qui court et qui rampe sur le sol, dans la terre et dans l’air.

Il a les oreilles grandes ouvertes et le son du sommeil fait un bruit comme le vent léger qui marche sur la pointe des pieds autour de la cabane.

Il entend encore le bus qui passe mais de plus en plus loin, là-bas, derrière la maison des voisins et la maison s’éloigne avec le bus jusqu’au coin qu’on ne voit plus.

Si jamais on le retrouvait pas, ici, ce serait bien, il faudra qu’il y pense à remettre des branches sur le toit, des vertes, des fraîches et des solides.

L’ogre a un plan et il va s’y tenir.

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Cabanes/3

Posté par traverse le 7 décembre 2012

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Dans sa cabane, l’ogre prend toute la place, sa tête, son corps, ses bras, ses jambes, tout y est.

Et ce qui est dedans : foie, reins, cœur, poumons, rate, intestins et des grands trous parfois qu’il va devoir remplir le reste de sa vie.

A côté de sa tête, sur les feuilles mortes un lacet, une bille, un canif et une boîte d’allumettes, une gourde aussi et un paquet de Petit Lu, des chiques et des images de collection.

A ses pieds, des fougères séchées, une nappe cirée et une boîte à tartines.

Devant la cabane, son bâton pour dire qu’il est le chef.

Et plus loin, la maison, la pompe à essence et le supermarché, pas loin assez mais on les entend plus.

En ce moment, l’ogre fait semblant de dormir et il regarde entre ses cils pour voir sans être vu.

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La fragilité de l’éditeur

Posté par traverse le 7 décembre 2012

 

http://politique.eu.org/spip.php?article2193

LE THÈME

La fragilité de l’éditeur

Jean-Luc OUTERS

Responsable du Service de la Promotion des lettres du ministère de la Culture de la Communauté française de 1990 à 2011.

En Belgique francophone, dans le poids des livres vendus par les éditions belges, la littérature ne représente que 2%. Mais ce très faible poids économique se compense par un rôle culturel non négligeable. Une production fragile mais nécessaire.

Quand vous avez pris vos fonctions au Service de la Promotion des Lettres, l’édition belge francophone se portait-elle bien ?

Début des années quatre-vingt, le secteur de l’édition littéraire et des sciences sociales était plutôt diversifié. La bande dessinée était florissante avec Casterman, Dupuis, le Lombard. Des maisons comme De Boeck ou Duculot étaient performantes dans le livre universitaire et les sciences humaines. Il y avait de petits éditeurs littéraires comme les Éperonniers, des éditeurs moyens comme Complexe et Labor avec un chiffre d’affaires honorable et un certain nombre d’employés. Complexe réussissait à occuper le terrain du livre historique avec une forte exportation vers la France, tandis que Labor travaillait le livre scolaire et patrimonial.

Au fil du temps, par le jeu des concentrations et absorptions, d’imposantes maisons d’édition ont fini par concentrer 90% du chiffre d’affaires de l’édition belge francophone tout en étant rachetées par des groupes étrangers, Casterman par Flammarion, De Boeck par Editis (avant d’être racheté par un groupe… belge).

Avec quelles conséquences pour le secteur ?

Ces grosses maisons d’édition exportent environ 60% de leur production, condition de leur survie et de leur développement. Elles n’ont plus qu’un faible ancrage en Belgique, les décisions se prenant hors du pays. Ce phénomène s’est couplé avec la disparition d’éditeurs de taille moyenne tandis que des structures artisanales ont réussi à se maintenir souvent dans des niches assez marginales.

Mais cette « petite » édition souffre terriblement. Si en France l’édition littéraire vit surtout grâce à son patrimoine (Beckett, Duras, Camus), et ses bestsellers (Nothomb, Millenium), ce phénomène est inexistant chez nous.

« [...] D’imposantes maisons d’édition ont fini par concentrer 90% du chiffre d’affaires de l’édition belge francophone tout en étant rachetées par des groupes étrangers [...]. »

Il faut constamment jouer des coudes sur les tables des libraires et au-delà des frontières, la survie de l’éditeur belge dépend de l’accès au marché français. Or y obtenir une couverture dans la critique est terriblement compliqué, surtout en littérature. La rentrée en France représente 700 livres. Les libraires sont saturés. Alors, pourquoi faire un effort pour des livres suisses, belges ou québécois très peu médiatisés, mononationaux  ? Les éditeurs belges vacillent face à ce réseau inexpugnable. Un rapport de l’Observatoire des politiques culturelles a démontré la fragilité du secteur : 60% des maisons littéraires sont dans le rouge ! Leur chiffre d’affaires moyen en 2009 pour la littérature générale est de 150 000 euros avec un pourcentage moyen de 70% de recettes propres. Pour la poésie, ces chiffres tombent à 18 000 euros avec un pourcentage moyen de 25% de recettes propres.

Sans la France, point de salut ?

Le dynamisme des éditeurs n’est pas en cause et à cet égard, on peut saluer certaines maisons dont les ventes progressent chaque année. Cette situation est liée au tassement du marché du livre ces deux dernières années tant en Belgique qu’en France, à l’érosion du lectorat face à la multiplication des offres, notamment dans le domaine numérique, à la surproduction de titres et à la rotation accrue des ouvrages en librairie. Ces différents facteurs expliquent que les éditeurs français de taille comparable éprouvent les mêmes difficultés entraînant la fin de certaines collections jugées peu rentables ou la cessation d’activités pure et simple.

Un rapport de l’Observatoire des politiques culturelles a démontré la fragilité du secteur : 60% des maisons littéraires sont dans le rouge !

À ce contexte général, s’ajoute, pour les éditeurs belges, le problème endémique de la distribution de leurs ouvrages en France qui constitue, on le sait, le principal marché du livre de langue française et un centre de légitimation essentiel. Il n’y a cependant pas de fatalité à ce phénomène. Le Québec, par exemple, a un marché local consistant avec un puissant phénomène identitaire. Là-bas, au Salon du livre, j’ai été frappé de voir des files de signatures d’écrivains dont je n’avais jamais entendu parler. Mais les Québécois s’exportent très peu. Contrairement au Québec ou en Flandre, il n’y a chez nous aucun sentiment « identitaire  » par rapport à la littérature belge, comme c’est le cas également pour les autres arts, le cinéma notamment qui souffre d’un manque de public malgré des prix prestigieux récoltés à l’étranger.

La plupart des auteurs belges consacrés publient leurs livres en France. À quoi bon dès lors maintenir à bout de bras un secteur éditorial en Communauté française ?

D’abord parce que des écrivains importants y ont publié la plupart de leurs livres : Marcel Thiry, Gaston Compère, Guy Vaes, Liliane Wouters, Corine Hoex, par exemple.

Ensuite parce qu’il s’y publie chaque année des livres remarquables dans des domaines souvent peu médiatisés : poésie, théâtre, ouvrages associant écrivains et plasticiens… Le premier éditeur de théâtre en francophonie est Émile Lansman [1], basé à Morlanwelz.

Enfin, dans le domaine patrimonial, l’éditeur a un rôle capital. La collection Espace Nord qui regorge de « classiques » belges met ainsi le patrimoine littéraire à disposition du monde scolaire.

Au-delà des auteurs reconnus, le rôle de l’éditeur n’est-il pas aussi, avant tout, d’être un dénicheur de talents ?

Oui. Et il semble impensable qu’une littérature se développe en Belgique francophone sans maisons d’édition sur son territoire. La proximité auteur-éditeur est primordiale pour créer les conditions d’un échange, d’un dialogue sur le livre.

À cet égard, l’éditeur belge joue souvent un rôle de défricheur. François Emmanuel a publié son premier roman aux Éperonniers, Véronique Bergen et Kenan Gorgün ont fait pareil chez Luce Wilquin.

Ces dernières années, de nouveaux venus sont apparus dans le monde de l’édition avec une réelle compréhension du métier d’éditeur. Ils développent une vision originale. Les Impressions Nouvelles ou Aden [2], par exemple, ont pensé ce qu’était un livre, ils ont soigné l’objet. Avec un catalogue diversifié et une bonne distribution en France, ils s’en tirent, dans la douleur, mais ils s’en tirent. Ils ont compris ce qu’est éditer et diffuser un livre.

« La proximité auteur-éditeur est primordiale pour créer les conditions d’un échange, d’un dialogue sur le livre. »

Malheureusement, tous n’ont pas ce profil chez nous et certains ne lisent que les chèques alors qu’un éditeur lit l’œuvre, dialogue avec l’auteur avant de publier son texte. C’est ce dialogue qui hélas fait souvent défaut chez nous.

Mais l’éditeur doit-il être avant tout un homme de lettres ? Ou un commerçant ?

L’éditeur constitue la porte d’accès au libraire parce que son nom constitue un label, une marque qui, à travers son catalogue et son savoir-faire, garantit au lecteur un engagement dans le choix et la publication de l’ouvrage. Il est le passeur entre l’auteur et le lecteur auquel, en quelque sorte, il souffle dans le creux de l’oreille : « j’ai aimé ce manuscrit au point de vous le confier pour que vous le découvriez à votre tour. » À condition que l’éditeur soit lui-même un lecteur mu par la passion de découvrir et de transmettre. Hubert Nyssen (Actes Sud [3]), Gallimard ou Jérôme Lindon (Éditions de Minuit) sont avant tout des amoureux du livre. Hubert Nyssen, par exemple, a publié les livres qu’il voulait lire et ensuite a ajouté à sa passion un réel sens de la gestion, ce qui est plutôt rare. Chez nous, Didier Platteau, ancien directeur de Casterman, avait aussi ce profil pour la BD.

Malgré leur dynamisme, beaucoup d’éditeurs pourraient-ils s’en sortir sans subsides ?

Le rôle culturel ou symbolique de ces acteurs du livre doit peser plus lourd dans la politique culturelle de la Communauté française que leur poids économique. Et si les maisons d’éditions belges paraissent condamnées à vivre sous perfusion, il n’y a pas de honte à subsidier un secteur.

C’est en raison de leur rôle culturel que la Communauté française fournit à la plupart de ces éditeurs, dix-neuf en 2010, un soutien régulier le plus souvent dans le cadre de conventions (avec la proposition de sortir autant de titres par an, d’avoir un chiffre d’affaires minimum, l’obligation d’être distribué en Belgique et en France…).

« Le rôle culturel ou symbolique de ces acteurs du livre doit peser plus lourd dans la politique culturelle de la Communauté française que leur poids économique. »

Certes ces aides apparaissent insuffisantes au regard des besoins puisque leur montant total est d’environ 700 000 euros, soit la moitié de la subvention accordée à un théâtre comme le Varia ou le Rideau de Bruxelles, par exemple [4]. Cette insuffisance de moyens se renforce par l’absence d’une politique d’achats d’ouvrages (pas seulement des manuels scolaires) à destination de l’enseignement, par l’insuffisance du soutien à l’exportation et par les carences endémiques de l’Association des éditeurs belges (Adeb), qui ne joue aucun rôle par rapport au secteur littéraire.

C’est pourquoi nous ne pouvons que nous réjouir du regroupement d’une cinquantaine d’éditeurs littéraires au sein de la structure Espace Poésie qui va mutualiser les ressources des petits éditeurs en vue de promouvoir leurs ouvrages en Belgique et en France.

Reste à parler du défi de l’édition du XXIe siècle : la numérisation.

La révolution numérique touche évidemment l’édition littéraire. Si la vente de contenus numériques reste aujourd’hui marginale (1% en France, 6% aux États-Unis), sa croissance est vertigineuse à tel point qu’on annonce que d’ici cinq ans elle représentera de 15 à 25% des ventes de livres. Les contenus professionnels, scientifiques et techniques ont ouvert la voie, mais la littérature générale n’a pas tardé à suivre le mouvement. Certes l’offre numérique entraîne l’érosion de la vente de livres imprimés, mais dans une proportion limitée, les lecteurs numériques déclarant « consommer » plus de livres qu’avant. Le marché du livre numérique, qui, pour l’essentiel, demeure une transposition du livre papier (livre homothétique), compense le déclin de ce dernier. Bref, contrairement au séisme qui a ébranlé l’industrie du disque et de la vidéo, on assiste ici à une évolution en douceur.

Cependant, cette mutation radicale va obliger les acteurs de la chaîne du livre, auteurs, éditeurs, libraires, bibliothécaires, à redéfinir leur rôle et leurs relations.

Pourra-t-on un jour imaginer un livre sans éditeur ?

Sans doute. Avec la technologie actuelle, tout le monde peut publier un livre sur papier ou sur la toile. Mais sera-t-il lu ? De nombreux auteurs, lassés des refus en cascades de leur manuscrit par les éditeurs, se lancent dans l’aventure. Les libraires sont familiers de ces visites d’écrivains auto-édités tentant de placer leur opus forts de cette annonce : « Voilà, j’ai écrit un livre ». Au lieu de cris d’enthousiasme, ils ne recueillent au mieux que la moue du libraire absorbé par l’ouverture des caisses contenant les sept cents titres de la rentrée littéraire et le casse-tête de leur présentation sur des tables déjà saturées d’ouvrages. Et voilà notre auteur désenchanté par le douloureux constat que le livre est un marché et que sa diffusion est combien plus ardue que sa production même. L’éditeur restera un maillon essentiel de la création littéraire, l’aiguillon.

Plutôt que de prédire la mort de l’éditeur, il s’agira de repenser les métiers et l’organisation du travail dans les librairies, les maisons d’édition. Il s’agira de protéger les droits des auteurs et de mutualiser les services à partir de structures communes, comme cela se pratique déjà en Flandre à travers Boek.be…

Il est grand temps mais il n’est pas trop tard que les éditeurs littéraires prennent ce train en marche. Ils en sont conscients mais en Belgique francophone, nous ne sommes pas encore très loin dans la pratique. Les « Journées numériques » organisées par la Promotion des Lettres attirent à chaque fois une centaine de personnes, car tout le secteur le sait : il va être bouleversé, ce sera une mutation comparable à l’apparition de l’imprimerie.

Propos recueillis par Olivier Bailly.

Mots Clés : Edition

[1] Que nous avons rencontré. Voir pages 44-45.

[2] Que nous avons également rencontré. Voir pages 42-44.

[3] Maison d’édition de Jean-Luc Outers. (NDLR)

[4] La Communauté française consacre au Livre 3,78 euros par habitant (chiffre de 2005). Le « poids » financier du livre parmi les autres dépenses de ce qui est appelé le « noyau dur » de la culture est de 3,84%. Plus que les arts plastiques (2,85%) mais bien moins que les arts de la scène (16,91%), la Jeunesse/Éducation permanente (11,56%) ou l’audiovisuel/ multimédias (52,55%).

 

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Cabanes/2

Posté par traverse le 7 décembre 2012

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Du vent  se glisse à travers les branches et tourne en rond dans la cabane, du vent coulis, du vent tournis, du vent d’ici qui retourne là dans la prairie en filant sur les blés.

L’ogre se voit en ogre grand, immense et terrifiant, l’ogre a des faims d’ogre mais les jambes trop courtes pour manger les nuages de mousse et de meringue en défilé sur le faîte de la forêt.

Le petit ogre dort en reniflant souvent comme les chiots emmêlés dans les poils des tétins.

Des fourmis lui rentrent dans la culotte et l’ogre crie, l’ogre se fâche, l’ogre tempête et l’ogre se gratte aux endroits les plus tendres.

Mais l’ogre a le courage de retarder ses pleurs, c’est une vertu qui demeure encore chez les ogres.

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Cabanes/1

Posté par traverse le 6 décembre 2012

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L’ogre ne pense plus à rien dans sa cabane où il digère.

Culottes courtes et cheveux en brosse, l’ogre arrache des fougères en se coupant les paumes aux lames préhistoriques.

Il se lèche les coupures et a besoin de faire pipi.

Alors, l’ogre sautille sur place en se débraguettant, c’est long et c’est petit.

Il vise les chenilles au pied de l’arbre.

Elles se tortillent dans l’acide dont il menace les insectes alentour.

L’ogre est puissant avec son jet fumant.

Heureux, l’ogre se roule en boule et laisse flotter en lui des odeurs de pourriture et de musc.

Il voudrait pénétrer le sol de bave et de moisissure, il renifle les feuilles mortes amalgamées dans des boues noires et piquantes.

L’ogre se mouche entre ses doigts et nettoie sa main dans l’herbe haute.

L’ogre a sommeil,  il rejoint des festins d’aventures et entend sa mère au loin l’appeler pour le goûter.

L’ogre s’est endormi.

 

 

 

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Sur le chemin, des lames

Posté par traverse le 5 décembre 2012

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Sur le chemin, des lames, des pics, des sabres anciens, des griffes laissées en un tournemain

Obscur, de quels abordages font-ils grise mine, ces vertiges enfoncés dans la tourbe

D’hier, ces mâtures immergées dans le temps des fontaines,

Des sucs et des gorges fragiles, de quel tremblement annoncent-elles

La fin, le silence et la joie de sombrer ?

De quelle aventure dressée sur le devant du vent font-elles la sourde oreille ?

 

De quel enfantillage suis-je encore héritier.

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Récits de vie…APABel/Traverse asbl

Posté par traverse le 4 décembre 2012

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Les Archives du Patrimoine autobiographique

vous invitent à une rencontre thématique

Récits de vie...APABel/Traverse asbl apabellogo-300x300

Je, tu, elle ou il :

les mots pour se dire…

 

Nombre d’entre nous écrivent leur vie, en tout ou en partie, ou tiennent un journal intime. Enfance, amours, guerres et combats, fuite du temps… ces récits abordent tous les sujets, graves ou légers. Tout comme l’ont fait Marguerite Duras, Julien Gracq, Dominique Rolin ou d’autres autobiographes, dont la publication assure la pérennité.

Mais nous, les voix anonymes, comment préserver de la disparition et de l’oubli nos récits de vie ?

En les déposant auprès des Archives du Patrimoine autobiographique (APA-Bel) qui recueillent, préservent et font vivre les documents autobiographiques non publiés.

Nous vous invitons à découvrir notre travail et nos activités.

Mais surtout, venez savourer les récits que des écrivants comme vous ont déjà confiés à l’APA-Bel, et leurs pendants dans la littérature autobiographique.

Venez découvrir aussi des ateliers d’écriture autobiographique et certains textes écrits par leurs participants.

Où ?

Bibliothèque-médiathèque « Le Phare »,

935 chaussée de Waterloo à 1180 Bruxelles

Quand ?

Le mardi 18 décembre de 14h30 à 16h30

Entrée libre et gratuite

Programme

Présentation de l’APA-Bel et introduction à l’autobiographie

(Rolland Westreich – président APA-Bel)

Lectures croisées

(Lectures par Jean Loubry, conteur ; présentations par Marie Larrieu etFrançoise Osteaux, membres d’APA-Bel)

Présentation d’un atelier autobiographique et de textes d’écrivants

(Daniel Simon / Traverse ASBL)

Questions-réponses - Verre de l’amitié

 

Avec le soutien de la Ministre de la Culture de la Fédération Wallonie-Bruxelles

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LES ECRITURES DE SOI

Posté par traverse le 2 décembre 2012

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(en préparation d’une rencontre le 18 décembre à Bruxelles  avec les Archives du Patrimoine autobiographique  APA Bel (pour préserver de l’oubli nos récits de vie).

avec Rolland Westreich et Daniel Simon)

(Information)

Le Pacte Autobiographique 

Un problème voit le jour dès lors que l’on parle d’autobiographie. En effet, pour la définir, aucun critère linguistique ne semble pertinent car rien ne semble distinguer a priori une autobiographie d’un roman à la première personne. Le  » je  » n’a de référence actuelle qu’à l’intérieur du discours : il renvoie à l’énonciateur, que celui-ci soit fictif ou réel (attesté par l’état-civil) . Le  » je  » n’est d’ailleurs nullement la marque exclusive de l’autobiographie puisque, par exemple, Jorge Semprun utilise le  » tu  » pour son Autobiographie de Fédérico Sànchez, de même que Claude Roy (dans certains passages de Nous), Michel Leiris (Frêle Bruit) ou Roland Barthes (dans Barthes par Roland Barthes) utilisent le  » il « .

C’est pourquoi, le fait de recourir à la définition de Philippe Lejeune dans son Pacte autobiographique désigne moins une entreprise qu’un genre, avec le risque de se couper des genres voisins que sont les mémoires, biographies, autoportraits…, à moins alors de se livrer à de perpétuelles rectifications. En effet, P. Lejeune définit l’autobiographie comme  » un récit rétrospectif en prose qu’une personne réelle fait de sa propre existence, lorsqu’elle met l’accent sur sa vie individuelle, en particulier, sur l’histoire de sa personnalité « . Dès lors, comment qualifier les récits autobiographiques de Simone de Beauvoir puisqu’ils ne sont pas exclusivement le récit d’une vie individuelle, comment qualifier aussi les Mémoires d’Outretombe de Châteaubriand puisqu’elles ne sont pas toujours rétrospectives, ou encore, comment qualifier la Vie Ordinaire de Georges Perros qui est écrite en vers ?

Il conviendrait donc de s’en tenir à la garantie formelle de l’identité de l’auteur, du narrateur et du personnage, attestée par la signature, le nom ou le pseudonyme, pour certifier la présence de l’autobiographie. On appellera  » pacte autobiographique  » l’affirmation dans le texte, voire dans ses marges (le paratexte) de cette identité, quelle que soit l’opinion que le lecteur puisse avoir sur la vérité ou la réalité des énoncés.  » Le lecteur pourra chicaner sur la ressemblance, mais jamais sur l’identité  » nous dit Philippe Lejeune. Et en effet, par l’intervention du nom propre, l’autobiographie affirmerait sa nature essentiellement référentielle et contractuelle et imposerait un mode de lecture distinct de celui qu’inpose le  » pacte romanesque  » ou  » fantasmatique « .

Et d’ailleurs, si la notion d’identité est primordiale, c’est parce que celle de vérité est bancale. Tout d’abord la notion de vérité, ainsi que celle de la sincérité ne peuvent être appliquées inconditionnellement dans l’autobiographie puisque l’auteur qui fait le récit de sa vie en la connaissant déjà, la raconte d’un point de départ dont il fait semblant d’ignorer l’issue au moment où il le relate. Se mettre en position d’autobiographie serait accepter d’avance le principe d’une coïncidence entre celui qui tient la plume et celui qui, vivant, ne la tenait pas. Une coïncidence qui signale un clivage entre vivre et écrire, à moins que l’on ne transfère le vivre tout entier dans le moment de l’écriture (auquel cas on aboutit alors à une autographie).

Mais, quand bien même il y mettrait toute la sincérité du monde, la vérité qu’il exposerait alors ne serait malgré tout que sa vérité du moment, celle que sa mémoire veut bien lui restituer ou simplement celle qu’il s’autorise à dévoiler. On comprend dès lors que cette notion de vérité que l’auteur désire passer comme un pacte au lecteur ne peut être garante du genre autobiographique. L’auteur peut dire qu’il dit la vérité, il peut y croire très fort, son récit n’en sera pas authentique pour autant. C’est pourquoi la définition faite par Philippe Lejeune doit être relativisée quant à cette notion de vérité puisqu’elle nous dit que l’autobiographe est censé faire un récit de sa propre existence et que cela implique pour le lecteur, quel qu’il soit, qu’il s’attend à retrouver des faits réels, des éléments référentiels.

Il semble donc bien que seule l’identité auteur /narrateur/personnage puisse se porter garante du genre. Et pourtant, ici aussi, le propos doit être nuancé. En effet, Philippe Lejeune ajoute, dans son Pacte autobiographique, un tableau démontrant que cette identité peut engendrer d’autres genres que celui de l’autobiographie et que certains même n’ont encore, d’après lui, jamais vu le jour en littérature. Pour que l’identité entre ces trois instances soit garante de l’autobiographie, il faut nécessairement que l’on trouve, quelque part dans le texte ou le paratexte, un pacte qui soit autobiographique et garantisse que l’auteur a voulu faire le récit de sa propre existence et que le sujet de son récit, c’est lui. Sans ce pacte, pas d’autobiographie, à moins qu’il n’y ait aucun pacte du tout – ni autobiographique, ni romanesque – et que dans ce cas, on se réfère uniquement à l’identité auteur/narrateur/personnage pour garantir du genre autobiographique.

L’autobiographie n’existe alors que dans trois cas : lorsqu’il y a pacte autobiographique et que le nom de l’auteur égale celui du personnage, ou que le nom du personnage n’est pas du tout mentionné dans le texte. Et enfin, lorsqu’il n’y a pas de pacte autobiographique et que le nom de l’auteur égale celui du personnage. En dehors de ces trois cas, l’autobiographie selon Philippe Lejeune n’existe pas et devient alors roman, excepté dans trois autres cas, qualifiés dans son tableau de cases aveugles ou (pour l’un des cas) d’indéterminé. En effet, à quel genre avons-nous affaire lorsque l’auteur établit un pacte romanesque et que, néanmoins, le nom de son personnage est le même que le sien? Inversement, existe-t-il un genre littéraire qui corresponde à l’affirmation d’un pacte autobiographique sans la coïncidence de l’identité entre le nom de l’auteur et celui du personnage ? La réflexion de Lejeune aboutit là à un  » no man’s land  » littéraire.

Ce sont deux exemples a priori possibles d’écriture que la littérature semble n’avoir jamais mis au monde. Un troisième existe, que Lejeune appelle  » indéterminé  » et dans lequel on n’a affaire à aucun pacte et aucune identité. L’indétermination est alors totale et c’est au lecteur selon son humeur de lire ce texte sur le registre qu’il préfère.

Quoiqu’il en soit, on s’aperçoit à travers ces différentes tentatives de caractérisation de l’autobiographie que l’on a affaire à un genre qui se définit par son opposition au genre fictionnel. Le tableau de Philippe Lejeune nous montre d’ailleurs bien, à cet égard, que l’autobiographie trouve sa réalisation grâce au pacte autobiographique, éventuellement grâce à l’absence de pacte, mais en tout cas certainement pas dans l’affirmation d’un pacte romanesque. Et c’est bien là que réside la différence fondamentale entre ces deux genres: dans l’intention, plus ou moins avouée ou reconnue, de l’auteur, d’écrire le récit de sa propre existence ou de quelqu’un d’autre. À la limite, le texte, qu’il soit fictif ou référentiel, peut tout à fait être identique; seul le pacte conclu avec le lecteur permet de le faire pencher davantage de l’un ou de l’autre côté. Mais, bien entendu, tout ceci repose sur la conviction que l’auteur souhaite  » éclairer  » son lecteur sur tel ou tel pacte, ce qui n’est pas forcément toujours le cas (nous y reviendrons ultérieurement).

Ariane KOUROUPAKIS et Laurence WERLI

 

… et bien entendu, la Collection Je http://auberge.unblog.fr/

 

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Ateliers d’écriture 2013

Posté par traverse le 2 décembre 2012

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Programme complet des Ateliers d’écriture de Traverse asbl de janvier à août 2013

en collaboration avec les Bibliothèques de Schaerbeek…

http://traverse.unblog.fr/ateliers-et-formations/

http://traverse.unblog.fr/files/2009/12/danielsimon-janvier2013.pdf

 

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« A pied d’œuvre ! » (Ateliers écriture dans Musées)

Posté par traverse le 28 novembre 2012

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Photo Ben Weisgerber

L’asbl « Arts et Publics » vous propose de visiter un musée

par mois qui adhère à la « gratuité du premier dimanche »…

Des visites organisées sont proposées aux amateurs également…

Dans le cadre de ces journées d’animations muséales…l’asbl Traverse vous propose de participer à un Atelier d’écriture particulièrement original…

Cinq fois jusque en juin 2013, nous nous retrouverons dans un Musée bruxellois qui participe à l’ensemble de ces activités.

Nous visiterons l’expo, nous nous baladerons à l’aise et puis, une bonne heure plus tard, rencontre autour d’un thème : « Une œuvre, un texte ».

Daniel Simon (écrivain, éditeur animateur d’ateliers d’écriture) animera la session de trois heures. Vous avez choisi une œuvre qui vous a particulièrement touché (e) et l’écriture va tenter de créer un récit à partir de cette expérience…

Les textes écrits serviront également plus tard à un  projet éditorial mené par « Arts et Publics »…

La coordination de chaque journée est faite par  « Arts et Publics » et celle de l’Atelier (Comment se retrouver, où, quand, …) par l’asbl Traverse

Coût des Ateliers : 30 euros/séance – Abonnement aux 5 séances : 125 euros

Compte 068-2144376-24 de Traverse asbl

Renseignements : 0477/763622   02/2161510  traverse@skynet.be

Pas d’expérience nécessaire, pour jeunes et moins jeunes.

Chaque Visite/Atelier se fera en fonction des heures d’ouverture des Musées.

L’heure de rendez-vous au Musée sera décidée de séance en séance.

Infos : www.artsetpublics.be     – www.traverse.be  Infos régulières sur le Blog : http://traverse.unblog.fr

« A pied d’œuvre »

 

  1. 1.      Musée Wiertz  (dimanche 3 février 2013)

 

Antoine Wiertz, le peintre romantique, décède en 1865. Son atelier, que l’État

avait financé, est réouvert fin 2009 après une importante rénovation.

Découvrez les toiles gigantesques ou petits formats qu’il recèle : « La révolte des

enfers contre le ciel »,« Faim, folie et crime », etc.

Gratuit chaque « premier dimanche du mois », mais uniquement pour les

groupes de 10 à 20 visiteurs, et sur réservation (visite guidée payante

facultative).

l 62, rue Vautier – 1050 Bruxelles    ) 02 / 648 17 18

* info@fine-arts-museum.be    8 www.fine-arts-museum.be

 

  1. 2.     ESPACE PHOTOGRAPHIQUE CONTRETYPE (HÔTEL HANNON) (3 Mars 2013)

 

Contretype propose des expos de photos créatives : de Mapplethorpe (en 1980

déjà !) à Bernard Descamps. Son écrin est un hôtel de maître érigé pour Edouard

Hannon, l’un des pères de la photo d’art en Belgique : balcon d’angle en forme de

fleur, mosaïque végétale au sol, splendide cage d’escalier avec fresque, etc.

Un rare lieu Art Nouveau où prendre des photos est autorisé !

Gratuit le « 1er dimanche du mois » de 13H00 à 18H00.

l 1, avenue de la Jonction – 1060 Bruxelles    ) 02 / 538 42 20

* contretype@skynet.be     www.contretype.org

 

  1. 3.     Cinematek (2 avril 2013)

 

Lauréat du Prix des Musées 2010, l’ancien Musée du Cinéma, désormais

Cinematek, restauré en 2009, propose son Cabinet de curiosités pour évoquer

la préhistoire du cinéma : des objets significatifs, valorisés dans des vitrines.

Certains dispositifs mécanisés peuvent être manipulés.

Accès gratuit à l’exposition, notamment le « 1er dimanche du mois » de 14H30

à 22H00. Dans deux salles tout confort, projections de films les plus variés (si

muets, avec pianiste), payantes (3 €), généralement vers 15H00, 17H00, 18H00,

19H00, 20H00 et 21H00 (mieux vaut réserver).

l 9, Rue Baron Horta – 1000 Bruxelles    ) 02 / 551 19 19

* info@cinematek.be    8 www.cinematek.be

 

  1. 4.     Musée juif de Belgique (5 mai 2013)

 

Le parcours évoque l’histoire d’une communauté en s’appuyant sur des récits

de vie. Il explique notamment le culte et les objets rituels. Les expos temporaires

« grand public » sont souvent aussi accessibles gratuitement le 1er dimanche.

Gratuit le « 1er dimanche du mois » de 10H00 à 17H00.

l 21, rue des Minimes – 1000 Bruxelles    ) 02 / 512 19 63

* edu@mjb-jmb.org    8 www.new.mjb-jmb.org

 

  1. 5.     Parlementarium (2 juin 2013)

 

Le Centre des visiteurs du Parlement européen est l’un des plus grands musées

bruxellois. Visite interactive avec cartes en 3D, vidéos à 360°… Ouvert et gratuit 7

jours sur 7 (sauf jours fériés). Accessible en 23 langues ! Enfants bienvenus, ainsi

que les visiteurs à mobilité réduite, les sourds et les malvoyants.

Sujet : comment les décisions sont prises au Parlement européen et comment

elles influencent notre quotidien.

Gratuit le « premier dimanche du mois » de 10H00 à 17H00.

l 60, rue Wiertz, Willy Brandt building – 1047 Bruxelles  )  02 / 283 22 22

* parlamentarium@europarl.europa.eu   8 www.europarl.europa.eu/parlamentarium

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Dans les arbres des nids de brume

Posté par traverse le 28 novembre 2012

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Dans les arbres des nids de brume, des choses accrochées aux branches que je ne reconnais plus dans la vitesse du jour, de ces anciennes cavalcades qui me tenaient des heures devant le mur de ma chambre, enfant sans respiration, des vagues qui vont vers l’horizon dans un silence de marée basse, des visages heureux, des silhouettes familières, entremêlées des songes de la sieste ou d’un chagrin si dur, dans les arbres, des berceaux de buée où nous flottons dans la quiétude des renoncements.

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Les Feuillets de corde en 2013

Posté par traverse le 19 novembre 2012

Les Feuillets de corde en 2013

Belgeonne

Les Feuillets de corde N°8

(Gravure : Belgeonne – Texte : Alain Germoz)

 20 janvier 2013 de 15 à 18h

Librairie 100 Papiers

(Schaerbeek, 23 avenue Louis Bertrand)

Présentation : Daniel Simon avec Jacques Deglas à la caméra)

Et Feuillets N°9, nouvelle série :

Un photographe, un auteur.

Premier invité photographe :

Ben Weisgerber

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Yves Namur à l’AEB

Posté par traverse le 19 novembre 2012

SOIRÉE DES LETTRES à l’Association des Écrivains belges

Yves Namur à l'AEB

21 novembre 18h

YVES NAMUR, La tristesse du figuier, poésiePrésentateur : Daniel Simon

DANIEL CHARNEUX, Comme un roman-fleuve. Présentateur : Christian Libens 
CORINNE HOEX, Le ravissement des femmes, romanPrésentatrice : Claire-Anne Magnès

AMBIANCE MUSICALE ASSUREE PAR LAURA TORREGROSSA (PIANO)

 http://ecrivainsbelges.be/index.php?option=com_content&view=article&id=505:nos-activites&catid=2:cataeb

Tristesse du figuier, entretien avec Yves Namur et Daniel Simon:

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Lettres du désir/ « Oh! Oh? Oooh… »

Posté par traverse le 16 novembre 2012

« Oh! Oh? Oooh… »

Lettres du désir/

Découvrez gratuitement

Les lettres du désir à la

Bibliotheca Wittockiana

 « Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement »…Boileau n’y voyait pas malice en énonçant ces règles de l’Académie, mais comment dire le désir, cette pulsion,  ce sentiment, cette émotion, ce mouvement, ce tropisme, cette envolée, cette tension, ce trait, cette voilure, cette emphase ou ce retrait, cette théâtralité, cette boucherie, cette séquestration et celle liberté, cette charge et cette embuscade, ce retenu et cette embardée, ce penchant et cette obsession, ce… ? 

Quelques textes sur ces questions, quelques lettres sur ces tétons, quelques mètres sur ses talons…

 Deux textes de Colette Decuyper…

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Arts et Publics vous propose de visiter un musée qui a récemment adhéré à la ‘gratuité du premier dimanche’ : la Bibliotheca Wittockiana ce dimanche 2 décembre de 14 à 17 heures.
C’est le seul musée au monde consacré à la reliure d’art dont une collection unique de décors de reliures témoignant de l’évolution des styles de la Renaissance aux créations contemporaines. Un lieu vaste, magique, très étonnant. À découvrir vraiment.

En plus, le musée propose une collection étonnante de hochets (pour bébés) à travers les siècles et les continents !

Ce musée nous offrira la découverte de sa nouvelle exposition « Les lettres du désir ».
Plus d’infos : http://www.brusselsmuseums.be/fr/exposition/677-les-lettres-du-dÉsir

Le catalogue (60 pages et 20 images) vous sera même offert.

Un guide trilingue (français, néerlandais et anglais) se tiendra à votre disposition.

À 14H, 15H et 16H, vous pourrez suivre une présentation de quelques coups de cœur de Michel Wittock, le président de la bibliothèque. Ou suivre une visite guidée de l’exposition. Ou découvrir l’atelier de reliure (des démonstrations visant un public non initié sont prévues). Ou encore assister à des lectures par trois écrivains : 

Thierry Defize,

Daniel Simon

et Bernard Hennebert,

en lien avec le thème de l’exposition.

Une après-midi très animée en perspective.

Bibliotheca Wittokiana, rue du Bemel 23 à Woluwe-Saint-Pierre.

Accès : ligne 39 ou 44 à prendre au Metro Montgomery. Arrêt Jules César (à trois arrêt de Montgomery)

Infos : www.art

http://artsetpublics.wordpress.com/2012/11/14/decouvrez-gratuitement-les-lettres-du-desirs-a-la-bibliotheca-wittockiana/

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Achille chavée (et non Chavez)

Posté par traverse le 15 novembre 2012

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A bientôt…

« Le projet est le brouillon de l’avenir.

 Parfois, il faut à l’avenir des centaines de brouillons.  »

Jules Renard,

Journal

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Editions numériques chez MEO éditeur

Posté par traverse le 15 novembre 2012

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MEO Editions ( http://www.meo-edition.eu/) vient de « traduire » tout son catalogue papier

en édition numérique (PDF et ePub) que vous pouvez déjà commander en vous rendant

sur la plate-forme de la librairie i-Kiosque.fr

http://librairie.i-kiosque.fr/liste-editeur/m-e-o.html

Vous pourrez y commander mes livres parus chez cet éditeur:

Dans le Parc », 2011  et « Quand vous serez », 2012

http://librairie.i-kiosque.fr/catalogsearch/result/?q=daniel+simon

 

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Foire du Livre belge Uccle

Posté par traverse le 15 novembre 2012

BIENVENUE

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Programme des 16, 17, 18 novembre de la Foire du livre belge à Uccle

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Vendredi 16, 18h30: Je serai présent lors de la soirée Prix littéraires (Prix Gauchez-Philippot, 2012 pour « Ne trouves-tu pas que le temps change? », Nouvelles, Le Cri éditeur)

Dimanche 18, dès 11h (Débat Marginales) et Signature au stand MEO  à 15h (« Dans le parc » et « Quand vous serez »)

ASBL Association Culturelle et Artistique d’Uccle – Rue Rouge, 47 – 1180 Bruxelles

Administration : 02/374 04 95 – Fax : 02/374 29 32 – email : foiredulivrebelge@ccu.bewww.ccu.be

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Ce qui bouge encore peut-être

Posté par traverse le 13 novembre 2012

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Ce qui bouge encore peut-être ce sont les arbres intérieurs, les champs hachés de pluie, le soleil sur ses hanches, le jour qui s’étire jusqu’aux terrasses, des choses vite perdues et qui comptaient tellement, ce qui bouge encore dans la photo d’hier, je le cherche dans les images d’aujourd’hui mais ça se fige lentement, ça prend forme, ça s’arrête pour qu’on voie mieux ce qui n’est plus déjà et qui remplit le livre à venir.

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Parler, écrire à la place de l’autre ?

Posté par traverse le 11 novembre 2012

Notes d’ateliers d’écriture. Des questions traitées dans l’atelier.

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Photo/ Ben Weisgerber

 

En fait, pourquoi parler, écrire à la place de l’autre ?

L’autre étant vite emprisonné dans l’Autre, dénié, ratifié comme sujet d’attention…

Pourquoi s’obstiner à parler à la place de l’autre ?

Dans l’écriture et l’histoire de la littérature, l’autre est le SUJET de désir, le sujet d’exploration idéal parce que loin de soi, justement (Clément Rosset)1. Cet autre est donc une possibilité, par la tierce, par le biais, de parler de ce qui nous obsède, de ce qui nous touche et qui serait indicible dans notre bouche. Parler loin de soi et soudain se rapprocher de ce qui ne peut être dit dans le « connais-toi toi-même »…

Ensuite, et c’est peut-être le plus matériel des arguments, c’est que l’autre n’existe pas, il est imaginé. Entièrement. Sur des hypothèses plus ou moins valides. Donc, l’imaginer c’est le créer tel que nous le voulons dans telle ou telle situation. Quand je dis nous le voulons, j’entends, nous « pensons »  qu’il est tel que nous l’écrivons…C’est un topos, un cliché, un lieu commun.

Mais comment faire alors ?

Peut-être que le 20ème siècle (Walter Benjamin, le Narrateur)2 nous a appris à raconter des histoires du point de vue de ceux qui ne savent plus raconter des histoires puisqu’ils ne peuvent plus les écouter…

Donc, les mouvements de « prise en charge «  de l’autre sont toujours fortement marqués de cette dimension de colonisation de l’autre 3. Comme s’il fallait ramener l’autre à ce que l’on connaît de soi, pour parler de lui.

Donc, ce vingtième siècle nous apprend à raconter une histoire sur l’autre dans le regard que nous portons sur lui et qui est inscrit dans le récit.

Cette relation à ce qui se voir est le point d’appui narratif et moral du récit.

Se filmer en train de filmer ou filmer ce qui nous a amenés à filmer.

Peut-être mettre des personnages « autres »  en scène ? Oui, bien sûr, mais nous savons que clichés et accommodements seront les entrées dans la lecture…C’est le cas de la plupart des livres historiques etc.…

Ecrire du point de vue d’un autre sexe ?

Une je féminin pour un homme et inversement ? Tout est possible mais rappelons que nous sommes alors toujours suspects de « ne pas savoir »…

La littérature m’apparaît aussi positivement, c-comme une façon d’envoyer « l’autre » dans sa représentation et de créer ainsi chez « l’autre », une sortie de cliché…

C’est compliqué parfois, mais ça marche.

On peut bien faire parler un goéland ou des oies…

Mais comment pensent les goélands et les oies, on s’en fiche un  peu, pourvu que ça se rapproche de ce qu’on imagine que pensent les…goélands et les oies…

 

1. http://konstellations.net/asmb/asmb_pdf/0501.19.pdf

2. http://la-plume-francophone.over-blog.com/article-20504433.html

3. http://www.lexpress.fr/culture/livre/clement-rosset_807568.html

 

Et… Susan Sontag, « Devant la douleur des autres », http://revuedebordements.free.fr/spip.php?article60

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La nuit, le vent, ou presque le silence parfois

Posté par traverse le 10 novembre 2012

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Laurence Biron

La nuit, le vent, ou presque le silence parfois, dans le sommeil des arbres qui remuent au-dessus des images du jour encore sous le glacis du froid, la nuit je me rappelle, c’est elle qui soulève ma tête et la pose à cet endroit si doux que les années reculent dans un miroir au loin, où je me fonds dans la brume des premières expériences et vais délié de toute peur dans les couleurs du monde. La nuit, je pourrais dire la tristesse des gares où le temps rétrécit les étreintes avant de nous défaire.

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Juste peut-être ce vieux livre glané

Posté par traverse le 7 novembre 2012

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Juste peut-être ce vieux livre glané je ne sais où, jamais lu et ouvert si souvent sur le départ des choses importantes, vers ce vieux livre ma main va pour feuilleter des pages qui parlent de chalets, de montagnes, de vaches aux yeux si doux où roulent des amours qui ne se disent pas et passent dans le lait, juste ce vieux livre de voyage à la couverture collée de chromos, ces images quand les ais-je vues pour la première fois, dans ma chambre si froide, alors étendant mes jambes prudemment en me serrant les coudes ? et puis un jour, c’est décidé, je le lirai dans l’ombre d’une lampe, je m’en souviens déjà, ça brille comme un souvenir qui n’est pas encore cuit.

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Ca veut dire à peu près ceci quand le vent souffle

Posté par traverse le 7 novembre 2012

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Ca veut dire à peu près ceci quand le vent souffle dehors et la rouille se fait dedans, ça veut dire comme un repas qui traîne sur la table et qu’on regarde ailleurs, les choses qu’on doit faire et qui attendent en bas si près des pieds qui ne bougent plus et pourtant on voit bien tout ce qu’il reste à déplier, le linge, la vie, le lit des amis qui arrivent, et on reste là dans ce bruit des poumons dans une oreille et l’autre écoute le vent mais rien ne vient, les fenêtres sont soudées par la nuit glacée et les choses restent là, sur le sol à attendre que nous les empoignions mais les mains sont encore dans la rêverie d’une mélancolie qui ne renonce jamais à écraser le cœur dans une poigne d’orties qui nous pique et réveille, c’est reparti un temps, on va tenir encore jusqu’à l’aube et les bizarres chansons qui s’étouffent au parloir des vivants.

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Modeste proposition pour les enfants perdus

Posté par traverse le 4 novembre 2012

A propos de l’original… »Modeste proposition pour les enfants des classes pauvres d’Irlande »

L’ironie politique dans Une modeste

proposition de Swift

Le 2004 par Valérie Pérez

L’ironie politique dans A modest proposal for preventing the children of poor people in Ireland from being a burden to their parents or country, and for making them beneficial to the public de Jonathan Swift .

L’activité d’écrivain de Swift est le reflet de ses préoccupations politiques et religieuses. Son œuvre est autant empreinte de son histoire personnelle que de l’Histoire de l’Irlande. Ainsi, de 1720 à 1729, Jonathan Swift dénonce la misère humaine et sociale qui touche au quotidien la population irlandaise. Cette dénonciation prend forme dans des textes courts, chefs-d’œuvre de l’ironie swiftienne. Elle trouve son origine dans le regard que Swift pose sur la société. En effet, ces textes ne manquent pas de renvoyer à l’ensemble de la société irlandaise et à la défense virulente des intérêts du pays. Sensible à la misère des Irlandais, Swift se livre avec patriotisme à une défense de son peuple dans des discours où domine la satire politique et religieuse. Les dissensions politiques, les querelles d’église, la corruption des classes dirigeantes sont insignifiantes et grotesques si on les compare à la misère du peuple. Ainsi, les Drapier’s Letters publiées de 1724 à 1725 lui acquirent une grande popularité auprès des Irlandais. Dans ces lettres, il accuse à la fois les Anglais et les Irlandais d’avoir ruiné l’Irlande.
Ces dénonciations, sous la forme de pamphlets, sont à leur apogée en 1729, lorsque, doyen de la cathédrale Saint-Patrick à Dublin (depuis 1713) et grand défenseur de la cause irlandaise, Swift publie A modest proposal for preventing the children of poor people in Ireland from being a burden to their parents or country, and for making them beneficial to the public. Dans cette œuvre, il défend les intérêts de son église et de sa classe sociale, et, par conséquent, son pays, contre ce qu’il finit par reconnaître comme un colonialisme britannique.

A Modest Proposal est un texte profondément ironique et humaniste par ce qu’il dénonce, et rendit son auteur très célèbre. Swift propose que les pauvres du pays vendent leurs enfants âgés d’un an à ceux qui auront les moyens de s’offrir ce « delicious, nourishing, and wholesome food ». Cette proposition provocante dénonce l’égoïsme, l’inhumanité et l’injustice de l’économie politique : si les pauvres sont dévorés, au sens figuré, par les politiques et les riches, autant proposer qu’ils le soient aussi au sens propre. L’exclusion devient ingestion. Elle révèle aussi une certaine conception de l’être humain dont la raison et le bon sens sont douteux. En ce début du XVIIIème siècle, il est plus que jamais nécessaire que la raison triomphe.

(…)

http://serieslitteraires.org/site/L-ironie-politique-dans-Une

La mienne, « Modeste proposition pour les enfants perdus »,

une adaptation, déjà présentée en -lecture-spectacle

au Festival de Seneffe en 2006 avec Jean-Claude Derudder.

fichier pdf Modeste proposition

 

 

 

 

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De l’horrible danger de la lecture

Posté par traverse le 4 novembre 2012

 

De l'horrible danger de la lecture danger

Nous Joussouf-Chéribi, par la grâce de Dieu mouphti du Saint-Empire ottoman, lumière des lumières, élu entre les élus, à tous les fidèles qui ces présentes verront, sottise et bénédiction.Comme ainsi soit que Saïd-Effendi, ci-devant ambassadeur de la Sublime-Porte vers un petit État nommé Frankrom, situé entre l’Espagne et l’Italie, a rapporté parmi nous le pernicieux usage de l’imprimerie, ayant consulté sur cette nouveauté nos vénérables frères les cadis et imans de la ville impériale de Stamboul, et surtout les fakirs connus par leur zèle contre l’esprit, il a semblé bon à Mahomet et à nous de condamner, proscrire, anathématiser ladite infernale invention de l’imprimerie, pour les causes ci-dessous énoncées.
1° Cette facilité de communiquer ses pensées tend évidemment à dissiper l’ignorance, qui est la gardienne et la sauvegarde des États bien policés.
2° Il est à craindre que, parmi les livres apportés d’Occident, il ne s’en trouve quelques-uns sur l’agriculture et sur les moyens de perfectionner les arts mécaniques, lesquels ouvrages pourraient à la longue, ce qu’à Dieu ne plaise, réveiller le génie de nos cultivateurs et de nos manufacturiers, exciter leur industrie, augmenter leurs richesses, et leur inspirer un jour quelque élévation d’âme, quelque amour du bien public, sentiments absolument opposés à la saine doctrine.
3° Il arriverait à la fin que nous aurions des livres d’histoire dégagés du merveilleux qui entretient la nation dans une heureuse stupidité. On aurait dans ces livres l’imprudence de rendre justice aux bonnes et aux mauvaises actions, et de recommander l’équité et l’amour de la patrie, ce qui est visiblement contraire aux droits de notre place.
4° Il se pourrait, dans la suite des temps, que de misérables philosophes, sous le prétexte spécieux, mais punissable, d’éclairer les hommes et de les rendre meilleurs, viendraient nous enseigner des vertus dangereuses dont le peuple ne doit jamais avoir de connaissance.

5° Ils pourraient, en augmentant le respect qu’ils ont pour Dieu, et en imprimant scandaleusement qu’il remplit tout de sa présence, diminuer le nombre des pèlerins de la Mecque, au grand détriment du salut des âmes.

6° Il arriverait sans doute qu’à force de lire les auteurs occidentaux qui ont traité des maladies contagieuses, et de la manière de les prévenir, nous serions assez malheureux pour nous garantir de la peste, ce qui serait un attentat énorme contre les ordres de la Providence.

A ces causes et autres, pour l’édification des fidèles et pour le bien de leurs âmes, nous leur défendons de jamais lire aucun livre, sous peine de damnation éternelle. Et, de peur que la tentation diabolique ne leur prenne de s’instruire, nous défendons aux pères et aux mères d’enseigner à lire à leurs enfants. Et, pour prévenir toute contravention à notre ordonnance, nous leur défendons expressément de penser, sous les mêmes peines; enjoignons à tous les vrais croyants de dénoncer à notre officialité quiconque aurait prononcé quatre phrases liées ensemble, desquelles on pourrait inférer un sens clair et net. Ordonnons que dans toutes les conversations on ait à se servir de termes qui ne signifient rien, selon l’ancien usage de la Sublime-Porte.

Et pour empêcher qu’il n’entre quelque pensée en contrebande dans la sacrée ville impériale, commettons spécialement le premier médecin de Sa Hautesse, né dans un marais de l’Occident septentrional; lequel médecin, ayant déjà tué quatre personnes augustes de la famille ottomane, est intéressé plus que personne à prévenir toute introduction de connaissances dans le pays; lui donnons pouvoir, par ces présentes, de faire saisir toute idée qui se présenterait par écrit ou de bouche aux portes de la ville, et nous amener ladite idée pieds et poings liés, pour lui être infligé par nous tel châtiment qu’il nous plaira.

Donné dans notre palais de la stupidité, le 7 de la lune de Muharem, l’an 1143 de l’hégire.

Voltaire

Lecture par René Depasse:

http://www.bacdefrancais.net/mp3/Voltaire_de_l_horrible_danger_de_la_lecture.mp3

 

 Et son Traité sur la Tolérance, autrement nommé « l’Affaire Calas »:

fichier pdf VOLTAIRE-Traité sur la tolérance

 

et…

fichier pdf L’intolérance et la Justice-Voltaire

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Comment peut-on être persan?

Posté par traverse le 3 novembre 2012

fichier pdf MONTESQUIEU-Lettres persanes

« Les habitants de Paris sont d’une curiosité qui va jusqu’à l’extravagance. Lorsque j’arrivai, je fus regardé comme si j’avais été envoyé du Ciel : vieillards, hommes, femmes, enfants, tous voulaient me voir. Si je sortais, tout le monde se mettait aux fenêtres ; si j’étais au Tuileries, je voyais aussitôt un cercle se former autour de moi : les femmes mêmes faisaient un arc-en-ciel, nuancé de mille couleurs, qui m’entourait ; si j’étais aux spectacles, je trouvais d’abord cent lorgnettes dressées contre ma figure : enfin jamais homme n’a tant été vu que moi. Je souriais quelquefois d’entendre des gens qui n’étaient presque jamais sortis de leur chambre, qui disaient entre eux : « Il faut avouer qu’il a l’air bien persan. » Chose admirable ! je trouvais de mes portraits partout ; je me voyais multiplié dans toutes les boutiques, tant on craignait de ne m’avoir pas assez vu.

Tant d’honneurs ne laissent pas d’être à charge : je ne me croyais pas un homme si curieux et si rare ; et, quoique j’aie très bonne opinion de moi, je ne me serais jamais imaginé que je dusse troubler le repos d’une grande ville où je n’étais point connu. Cela me fit résoudre à quitter l’habit persan et à en endosser un à l’européenne, pour voir s’il resterait encore dans ma physionomie quelque chose d’admirable. Cet essai me fit connaître ce que je valais réellement : libre de tous mes ornements étrangers, je me vis apprécié au plus juste. J’eus sujet de me plaindre de mon tailleur, qui m’avait fait perdre en un instant l’attention et l’estime publique : car j’entrai tout à coup dans un néant affreux. Je demeurais quelquefois une heure dans une compagnie sans qu’on m’eût regardé, et qu’on m’eût mis en occasion d’ouvrir la bouche. Mais, si quelqu’un, par hasard, apprenait à la compagnie que j’étais Persan, j’entendais aussitôt autour de moi un bourdonnement : « Ah ! ah ! Monsieur est Persan ? c’est une chose bien extraordinaire ! Comment peut-on être Persan ? »

De Paris, le 6 de la lune de Chalval, 1712
Lettres persanes : Comment peut-on être Persan ? (Lettre 30) -

Montesquieu, 1721

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Dérèglement de comptes/Marginales 284

Posté par traverse le 1 novembre 2012

 

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Ma nouvelle: « Des murs nus »

 

Abonnements, distribution, … http://espace-livres-creation.be/editeur/marginales/

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Bruxelles, Babel, babil et sabir

Posté par traverse le 29 octobre 2012

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Promenade

 

Version PDF fichier pdf Bruxelles, Babel, babil et sabir-D.Simon

 

                                               1

 

 

Le temps, en cet endroit, est rare et frais.

 

Un vrai temps de fin de journée, mal tourné mais parfois le soleil tombe entre les façades et flotte alors sous la vague des ramures en léchant les terrasses.

 

De vertes allées fendent la ville en deux. Ce sont des figues aux bords drus, des saignées dans la pierre et la brique, des lézardes de verdure où nous allons courbés sous des arbres chassieux.

 

Coule au milieu une durée ancienne, une dislocation des courreries obligées et un monde à l’abri des canailleries flagrantes se disperse le soir dans des immeubles cousus de fenêtres et de lumières douces.

 

Des trams emmitouflés de grotesques images descendent et montent en emportant leur lot d’écoliers, de mères amidonnées d’étoffes tristounettes et de travailleurs engourdis vers des côtes lointaines et ses vastes chantiers.

 

Nous allons, nous venons, des vieux, des vielles, des gens de baragouins lointains, des élégantes en équilibre sur des talons tordus dans les racines des arbres qui soulèvent les trottoirs en grimaçant le soir, des enfants que rappellent leur mère dans la crainte des bus qui plongent d’un seul coup dans le bruissement des promenades, des coureurs aux oreillettes capitonnées, des chiens qui tirent leurs maîtresses et vont poser leurs chiures dans l’herbe des allées, des amoureux qui fredonnent sous les ailerons des baraques complices, un facteur encombré, une femme qui court derrière son mari qui court derrière on ne sait quoi, des marelles sur les trottoirs parfois mais plus souvent des téléphones mobiles auxquels s’accrochent des adolescents redoutables d’ennuis, des fantômes aussi de nos amours ratées et des âmes errantes que nous reconnaissons à leur babil en sourdine de l’aube au crépuscule, ils parlent pour eux-seuls mais nous les entendons.

 

Une ville se mange par quartiers et la panse du promeneur ne rechigne pas aux mélanges improbables. On mange un peu partout de très tôt à la nuit dans des snacks, des ngandas, des troquets, des bistrots, restos et petite restauration, on déguste du poulet, des ailes, des croupions, des poissons fumés et salés , têtes et queues, avec les yeux parfois, on raffole du porc braisé, léché par des flammes de miel, le riz, le coco, le mouton et l’agneau, le singe fumé tout d’une pièce et recroquevillé, à Matongué souvent j’en ai vu sur des tables et j’y ai gouté, on mange avec ses doigts , dans l’assiette de l’autre, on mange sur le pouce, entre deux chaises ou en coup de vent, on mange sans chichis et son mari souvent, on mange comme on se couche, en faisant le plat dans lequel on se trempe des yeux au grand colon, on en bave, chie et bouffe sur tous les tons et dans tous les cornets, sachets et barquettes de merde, on en raffole, on s’en gave, on se les cale, et on a déjà la ceinture qui serre, à Bruxelles, on mâchonne, on rogne, on ronge, on pourlèche car la langue est muette, ou estropiée souvent, on parle comme on boite, on se remet trop tard d’une phrase mal tournée, on avance masqué dans des intempéries de vocabulaire et de grammaire chagrine, on marche sur une jambe, on bouffe et déblatère pour ne pas s’entendre dire qu’on n’y comprend grand chose mais qu’on s’y fait chaque jour au bazar de Babel…

 

 

2

Et un jour on s’en va, chacun où il rêve et c’est de là qu’on cherche encore à s’évader et on marche et l’ici se dissipe, j’étais là, à Lisbonne et Bruxelles soudain s’est faite plus présente…

 

Lisbonne où je marche

fait résonner Bruxelles

doucement,

dans l’ombre de la statue de Pessoa

face à la coque muette

de la radio d’hier,

superbe I.N.R.,

centre du monde

et de la place Flagey!

L’amiante et le silence

règnent en maître aujourd’hui

dans cette ancienne

Maison dela Parole…

Les tramways qui cahotent

et ferraillent dans les deux capitales

se renvoient l’écho

d’un siècle à un autre

ces deux villes ont la même échéance

qui est de réconcilier un univers

qui se chamaille à plusieurs voix.

« Bruxelles, c’est le monde! »,

dis-tu souvent en rentrant de voyage,

c’est un monde où les grandes gueules

flirtent avec les petits aboyeurs,

un monde qui hésite encore à choisir

la pacification des langues somptueuses

qui se mêlent sans ne nier

en riant à pleine gorge

des esperantos de l’avenir!

Bruxelles cherche son plaisir

dans la décomposition des grammaires

et des syntaxes arrogantes,

elle cherche dans ses cafés sans ramage,

ses restos à deux sous,

dans les cours et les impasses,

une langue à baragouiner

à côte des exigences du commerce,

Bruxelles apprend au jour le jour

et encore plus la nuit

à parler un babil qui rêve de Babel,

une langue que Racine bat du pied

et que Lope de Vega entonne

en dressant ses tréteaux,

une langue que Ghelderode

éclaire de son encanaillement,

une langue farouche et douce

comme le miel du Maroc,

verte comme les campagnes

et les gorges roumaines,

une langue où les vignes du Porto

sont ouvertes à tous vents,

une langue piquée d’olives de Sicile

et de citrons des Asturies,

la musique de Bruxelles

cherche son tempo

dans cette magnifique cacophonie,

elle vibre des raclures de gorge

et des you-yous perdus,

c’est en marchant la nuit

au coeur de l’Alfama

que les Marolles laissent entendre de loin

des refrains d’insultes

et des chansons d’amour.

Babel est en chantier,

Babel est généreuse

pour qui veut la défendre,

Babel postillonne, éructe,

cherche querelle

aux escrocs en tous genres

qui mêlent le strass au stress

et jouent les amnésiques,

oui, Bruxelles a la mémoire des gens

qui vivent sans dorures.

Mais lorsque Babel

est sous les bombes,

Babel a froid, Babel a faim

et Bruxelles reconnaît

la cadence des bottes,

Babel se cache

et Bruxelles parle au pas

en réveillant en elle

ses injures les plus graves,

elle connaît la souillure,

l’usure et la fatigue

mais Bruxelles,

capitale et faubourgs,

donne à entendre aussi

un étrange credo,

elle croit en la lenteur des choses,

elle marche au milieu des cris et des appels

en balançant des hanches

qu’elle croit toujours belles,

elle fait la sourde oreille

à la colère de ceux

pour qui la dignité

est la seule beauté,

elle s’enfonce dans un rêve

où Babel rutile de ses plus beaux atours,

où le babil s’articule

le petit doigt en l’air

un Babel sans sabir

et parlant d’une seule voix.

Peu importe!

Bruxelles au parler guttural

sait aussi résister

à l’appel des sirènes,

elle est fouettée des mille langues

qui la poussent hors du couvre-feu du jour,

elle rit et parle fort

dans l’étuve des nuits électriques,

elle jazze de bières en bières,

de terrasses en caves enfumées,

au milieu de la nuit,

c’est une certitude,

soudain tout se met en place,

les enfants s’envolent

dans un ciel embrumé,

les vieux marchent en marmonnant

leurs premiers mots d’amour,

les passants ronchonnent en accusant le temps

des pires avanies,

mais ils vont sans crainte

entre les apostrophes des saoulards infinis

et les cris colorés des commerces.

Bruxelles n’a rien à perdre

à laisser ses frontières flotter

dans les eaux dela Senne,

elle coule sous les arches

d’un Boulevard carotide,

Bruxelles emporte ainsi

dans ses eaux catacombes,

un siècle finissant,

Babel commence enfin,

au centre de Bruxelles.

 

septembre 97 – février 98

 

3

 

Aujourd’hui Bruxelles qui radote, répète et psalmodie, rabiboche et conclut ce qui n’est que morceaux à coudre plus lentement et à mettre en mouvement dans des valses de rapiéçage qui valent toujours mieux que de vastes discours du vide sur le vide…

 

 

Je suis celle qui refuse d’entendre,

de comprendre,

je suis sourde,

mais je regarde,

j’écoute et

je refuse encore de comprendre,

je réclame chaque jour

ma part,

je me dis qu’il faudra bien

entendre et comprendre

mais chaque jour,

c’est plus difficile,

il y a des moments

où, décidément,

je n’y arrive plus,

à être sourde,

ça fait trop de bruit,

ça parle dans tous les sens,

ça échappe

au bon entendement,

c’est assez monstrueux,

ça cogne doucement là,

au centre,

c’est parfois répugnant même

mais assez simple,

chacun s’en aperçoit,

résiste à ce qui pousse

en soi,

tente de s’en distraire,

d’aller jouer ailleurs,

de se rapprocher,

et ça repart,

ça fiche le camp

dans tous les sens,

faut bien vivre,

ouf!

on l’a échappé belle,

c’est passé ric et rac

ça continue pourtant,

c’est difficile

mais ça continue,

alors, un soir, un jour,

qu’est-ce qui s’est passé,

qu’est-ce qui se passe,

qu’est-ce qui est en train d’arriver?

un jour, un soir,

je vois enfin

que c’est en train d’arriver,

que la membrane se déchire,

que je vois mieux

que j’entends distinctement

ce qui est ma part,

et quelque chose tente d’arriver

jusqu’à moi,

et cette impression

me laisse un peu hagarde,

je me dis qu’il va falloir y aller,

que cette chose toute simple,

il va falloir s’en préoccuper

un peu plus,

qu’il ne sera plus aussi simple de vivre

chaque soir et chaque matin,

que tout ce silence qui est en moi,

va falloir l’ouvrir

pour accueillir

les bruits du monde

et tous ces bruits

entrent en moi,

et ça commence un soir, un jour

à prendre forme

tout ce remue-ménage,

le bruit s’organise,

les silences se posent,

des mots, des phrases, des personnages

commencent à troubler

l’ancien silence

et je me retrouve soudain trop petite,

trop à l’étroit

avec toute cette nouvelle tribu

en moi,

alors le moment est venu,

de me mettre à raconter,

il faut bien que tout cela trouve sa place,

il s’agit simplement

d’accueillir le bruit des autres

en moi

jusqu’à la fin et de ces bruits racoleurs

et sans gloire,

de ces borborygmes orduriers,

de ces crachats et de ces injures,

de ces roucoulements et de ces embrassades,

de ces singeries et de ces paroles claires,

de ces coups de gueule en coups de couteaux

et de ces voix ouvertes,

de ces cœurs amers et sans avenirs

et de ces fenêtres qui prennent l’horizon d’assaut,

de ces paroles vides et peureuses à ces combats

d’où sortiront les vertus et pestes de demain,

tout cela, en moi, trouve sa place

et des récits sans fin font la matière d’itinérances

sans escales dans le parler de cette basse capitale

enfoncée dans des airs délétères et trouée

de pertes de mémoires qui font de ce corps

en quartiers, nord, sud, ouest, est,

communes périphériques et bastions éloigné,

pentagone comme étoile au revers du manteau

d’Europe la bancale, la malmenée,

la trop et mal aimée,

Europe, fille d’Agénor, Roi de Tyr,

emportée par Zeus,

le taureau affamé, avec lui

l’Orient vient  par les flots

dans le contours érodés des côtes

balkaniques, il vient, part et revient,

prend place au milieu des tribus,

il est ici

et nous allons dans l’inquiétude,

l’amour et la nostalgie

d’un temps invisible et sans corps,

d’une machine de désirs

qui broie un grain ancien

et ne trouve pas de formes originales

pour se répandre,

toutes ont été empruntées, sont usées

et toujours héritées, de qui, pour qui ?

Nous en sommes aujourd’hui

les usagers nouveaux,

la table est large et marquée de canifs,

en se poussant un peu, les plats rouleront mieux

et la langue, enfin se dégraissera des boursouflures,

bondieuseries et amours décharnées de chérubins si tristes,

roulons la pâte jusqu’au ventre et laissons les langues

se mêler aux haleines nouvelles.

 

septembre 2012

Le texte « Lisbonne où je marche… » a déjà été enregistré lors d’une création produite

par l’ACSR (Atelier de Création Sonore et Radiophonique), Bruxelles et dans une mise en onde

de l’auteur, 1998.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Beaux et ouverts

Posté par traverse le 21 octobre 2012

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(USA, www.liberation.fr)

« Comme ils sont beaux, ouverts au monde et attentifs aux autres. Comme ils sont beaux… », reprit Grand-mère en désignant les images de l’album qu’elle tenait sur les genoux. « Comme ils vont bien ensemble !…. ».

Le petit garçon l’écoutait avec attention, la petite fille enroulait une boucle de ses cheveux autour du doigt, le regard perdu. Ils étaient assis sagement sur le canapé de chaque côté de la Grand-mère, l’harmonie était parfaite. Le regard du garçon, tendu vers l’image, le regard de la fille flottant dans ce qui en émanait.

La Grand-mère reprit son histoire en adoucissant chaque mot, chaque phrase, chaque chute, c’était presque une mélopée, la lumière rosit tout autour d’eux, la musique se mit à gondoler dans l’espace du salon et on entendit au loin des applaudissements soutenus mais suffisamment bien contrôlés pour que le tout soit délicieux. L’histoire avançait dans le bonheur et la béatitude des vœux exaucés, le monde content et satisfait consentait enfin à la plénitude des sentiments sans accrocs.

Grand-Mère était aux anges, pas une mouche ne volait, ses petits-enfants étaient de vrais petits-enfants silencieux et souriants quand elle parlait. Ils avaient depuis longtemps déjà épuisé les diverses interruptions dont ils étaient friands, les « Pourquoi ? » « Comment ça se fait ? » et autres « Qui c’est ? » s’étaient évaporés dans la foulée liquide du récit. C’tait un silence où ne vibraient que les voluptés de la langue, les épisodes évidents des personnages du livre d’images qui pesait dans se mains comme un ouvrage sacré. Là était la vie des hommes, des animaux et des plantes, là était le ciel et la terre, là, les océans et les montagnes, là, enfin, tout ce qui était en train de disparaître dans les sales habitudes des conteurs de malheurs.

Grand-Mère détestait son époque où le sombre l’emportait sur le lumineux, la complexité sur la simplicité et le mal sur le bien. Alors, elle tentait de toutes les façons de mettre ses petits-enfants si fragiles à l’abri de la violence du temps. Qui le lui aurait reproché ? Qui souhaitait le désastre en lieu et place de l’abondance ? Elle en était certaine maintenant, il fallait que le récit du monde transforme la matière du monde. Il fallait que la beauté et le bien retrouvent leur place dans des récits où avaient trop régné l’aigre, le veule, le sale et la discorde.

La petite fille soupira. Le petit garçon renifla et la Grand-mère poursuivit son histoire. Les épisodes s’accrochaient les uns aux autres avec cette merveilleuse vertu des enchantements. La maladie s’effaçait lentement des corps, les orages s’adoucissaient dans les cieux et les avalanches n’emportaient que des nuages dans les vallées. Les guerres avaient disparu de l’histoire jusqu’au cœur des dictionnaires, peu à peu, les hommes ne rencontraient d’ennemis que dans la puissance d’un bref ennui ou dans des excès de douceurs qui les amollissaient parfois jusqu’à l’excès. Mais dans l’ensemble, tout avançait vers un âge de paix que les pénitents de tous horizons n’avaient même osé rêver.

Elle referma le livre doucement et se tourna vers ses deux anges endormis.

Ils étaient si calmes et si beaux, si délicieusement calmes. Elle respira longuement et dans ce léger mouvement la tête des deux enfants posées sur ses épaules roulèrent sur le côté.

Ils étaient maintenant couchés chacun sur leur avant-bras et semblaient dormir. Elle se rapprocha pour leur donner un baiser. Elle posa ses lèvres sur la joue de la petite fille et ensuite du petit garçon. Ils étaient glacés.

Elle se leva d’un bond, le livre tomba à ses pieds, elle porta la main à sa bouche pour étouffer un long cri qui ne viendrait jamais. Elle s’agenouilla, les prit dans ses bras en se balançant d’avant en arrière, longtemps.

 

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M’avez-vous connu

Posté par traverse le 20 octobre 2012

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M’avez-vous connu

Dans la lumière du colza sur la route

Hier j’étais heureux le temps

De rentrer dans ce nuage gris

Je suis allé dans la vitesse du retour

Sur la dorsale des terres glacées

Et le jaune s’est mêlé à l’ombre

Des paysages béants dont on s’échappe

En regardant l’horizon qui fleurit

De rouge éparpillé sur le béton mouillé

 

M’avez-vous connu

Alors que je m’évadais du schiste

Des années de fougères et de peur

Pour entrer dans le temps déchiré

Des villes de parole et des fuites bancales

Là-bas une offrande de chaque instant

Nécessaire à l’ordre des injustices

Chacun paie son obole à ce qui le ravale

Et le tient dans des souffles trop courts

Nous marchons déjà sans regards vers le ciel.

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Toute photographie renvoie à un récit antérieur

Posté par traverse le 17 octobre 2012

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(Smuid)

Toute photographie renvoie à un récit antérieur, elle réveille un cliché endormi, une forme préexistante qui n’était pas encore révélée avant que l’image ne la sorte de l’instance de disparition que produit la mémoire.

La chambre noire ouvre alors la chambre claire où flottent des fragments de récits.

Nous sommes devant cette dissimulation qui est le centre de la photographie, un tropisme tire le regard vers une illusion nécessaire à mon récit ?- et me condamne à reconstruire des circonstances, des sons, des bruits, des paroles chuchotées, une effraction ?
Quelque chose dépasse, il suffirait de tirer cette forme fantomatique vers soi et d’y lire enfin ce que les personnages que j’imagine ont fait pour que cette trace soit là et n’y soit pas.

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Sur quoi nous allons

Posté par traverse le 14 octobre 2012

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La mer emporte nos châteaux si longs à accrocher au sable du présent, tire les hommes vers des plaines lointaines où ils se jettent dans un dernier galop, la mer qui passe devant le seuil des maisons les plus basses en chuchotant l’ordre des recommencements, la mer un jour nous abandonne pour consacrer la nuit où nous filons dans de faibles lueurs des suaires toujours neufs.

*

Sur quoi nous allons, une planche, une ombre, une vague, un amour ? Sur quoi poser ce temps qui se dénoue en nous en piquant nos genoux d’éclats si douloureux ? Sur quoi poser sa tête, une dune, un sein, un nuage surnuméraire tombé à point ? Sur quoi nous allons, une promesse trahie, une joie si rapide Sur quoi ?

*

Elle venait d’hier et marchait comme avant, d’un pas sans attention, la tête encore défaite d’un baiser à rallonges, elle ajustait son coeur aux accents du dehors et faisait bonne mine à l’automne qui vient, elle venait d’hier et prenait comme on flâne l’avenir par la main, et soudain, la journée est passée et les doigts se détachent du temps qui se promène libre sans détourner la tête.

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Marionnettes morales

Posté par traverse le 11 octobre 2012

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Frankenstein avait raison.

De plusieurs corps, peut-être un seul, parfait, allait naître ? On connaît la suite, la débandade générale, la fureur, la violence, la revanche, la fuite, la fin.

Dans ce mythe du 19ème siècle, Mary Shelley crée un des personnages les plus importants de la littérature populaire. Les deux siècles qui suivirent lui ont donné raison : guerres mondiales, atome, destructions, clonage, cellules souches, virtualité, tout est en place pour un nouveau genre : le transhumain.

 

Les marionnettistes connaissent cette histoire. Ils la poursuivent pacifiquement depuis des millénaires. Une forme est brandie, manipulée et ce qui était informe en nous se met à jouer. La chose est faite de pièces ramenées de tous les savoirs, de toutes les matières.

La marionnette est une figure qui a du jeu, comme on le dit d’un engrenage usé. Et c’est de ce jeu-là aussi que nous nous réjouissons. Rien ne tient parfaitement, tout est ajusté, mais la triche l’emporte. Cette fameuse triche qui permet de représenter le vécu en échappant au réel, comme dans toute entreprise artistique. De cette mise en pièces naît la vie, de ce jeu naît la vérité.

 

Et dans cet entre-deux du vivant et de la vie, de l’inerte et du joué se donne à voir et à entendre ce que les hommes obscurcissent et voilent à l’infini : la morale. Cette loi non écrite qui consiste à nous éclairer intimement sur les façons de nous supporter et si possible de nous projeter vers l’avenir. La morale.

 

La marionnette est toujours morale. Elle concentre en elle le moins et le plus, le monstre et la foule, l’unique et le néant. La marionnette ose, nous donne la force d’aller vers ces endroits que les corps ne peuvent atteindre, elle ouvre alors en nous des perspectives anciennes, celles de nos origines, quand nous ne nous croyions pas encore parfait ni éternels.

 

Octobre 2012

 

 

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Maroc 2012/La parole errante

Posté par traverse le 10 octobre 2012

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DABA Maroc 2012 – A propos de la littérature orale du Maroc…

 

La parole errante

 

« Tous les pays qui n’ont plus de légende seront condamnés à mourir de froid »

Patrice de la Tour du Pin.

 

Dans le langage commun, « on mène  sa vie », d’un terme à un autre, comme si, d’une main habile, on faisait prendre à cette étrange et singulière histoire qui se démène là, au bout du filin que l’on tient fermement, les tours et contours de nos désirs et de nos volontés. C’est ce que l’on dit, c’est ce qu’on feint d’entendre et c’est ce que nous ne croyons pas  totalement.

Cette expression, « mener sa vie » est plus une prédiction qu’un constat : une nouvelle tentative pour conjurer le sort de l’impuissance humaine. Et que « ce soit écrit » ou non, que nous nous pensions libres ou non d’aller et de faire, d’être et de vivre ce que nous pensons et décidons, nous savons, où que nous soyons, que le récit de cette vie dira tout autre chose que le vécu de celle-ci.

Le récit ne sera pas le fidèle géomètre des déplacements et des impasses d’une existence mais plutôt le tissu dans lequel des fils, les nôtres et ceux de tous, s’entremêleront et se resserreront au fur et à mesure du tissage que nous appelons la vie.

Les histoires de chacune et chacun s’emplissent d’échos, de redondances, de similitudes et, au bout du conte, se démarquent par une étrange et radicale différence : la façon de la mettre en récit et, si l’occasion se présente, de le faire entendre ou lire.

Cette transmission est le moteur des peuples, la vitalité des générations reliées. Il nous importe en permanence de faire entendre les péripéties, de les mettre en scène, de les rappeler à la mémoire commune, de les esquisser parfois pour passer soudain à autre chose et de les relier enfin à une autre histoire, une  sorte « infra-histoire », , plus intime, plus ancienne, plus floue, le récit que nous nous inventons dans le cadre du récit de la tribu…

Ce passage de l’intime au collectif, dans l’expérience du récit est ce qui nous fonde et nous instruit des errances obligées de chacun,

Les itinérances des sujets, des personnages, des héros que nous sommes à nos yeux dans ce double récit (intime et collectif) ravivent sans cesse la mémoire collective et modifie en permanence, rendent donc vivante, la narration qui nous tient debout.

Ce que nous entendons, lisons, partageons n’est qu’une part exhibée, que nous allons dilater, transformer, déplacer (itinérance encore) vers ce que avons comme récit intime de l’expérience du monde. Et c’est réappropriée par le lecteur ou l’auditeur dans cette relation au « texte » (écrit/oral), ce partage de la parole livrée au contexte (l‘auditoire), que la narration  nous relie et nous fait signe. Nous avançons alors dans l’espace et le temps, cousus de récits et, d’une certaine façon, protégé par eux.

Chacune et chacun se met en mouvement, s’approprie, détourne, agence, difracte, assemble et raconte ce qu’il a cru entendre, en écho à un récit intime, souvent informe et flottant en nous.

Lorsque les récits collectifs s’appauvrissent ou disparaissent, nous sommes livrés, orphelins, sur une banquise en déroute, voguant ensemble dans l’horizon des glaces ou des rives lointaines et disloquées. Les écrits collectifs sont des liens qui font une mémoire dans laquelle nous logeons nos propres itinérances qui renforcent certains traits communs tout en en dégageant de nouveaux assemblages.

Le dit et l’écoute, l’entendu, le perçu, le vécu et le remémoré font en permanence la trilogie forte de cette germination. Ces itinérances sont des façons de « changer d’endroit », de se situer dans un espace d’écoute autre, de se mettre en jeu et de se servir du « jeu » (comme on parle d’un jeu dans une mécanique usée) des oublis fragmentaires (ou des dénis historiques, des trous de mémoire liés aux catastrophes, par exemple…).

La relation intime au récit  ne traduirait donc pas un territoire privé mais plutôt une chambre d’échos qui nous laisse entendre ce qui ne peut être dévoilé ou mis à jour collectivement et cependant structure en nous toutes nos perceptions et relations aux autres.

Nous allons alors dans des chemins imprévus, dans des lieux qui sont la marge du récit, l’endroit où les choses adviennent hors les stéréotypes ou les lieux communs.

 

Dire en peu de mots

Le proverbe est probablement la forme la plus courte du récit. Lapidaire, en référence à un patrimoine culturel précis, il s’élargit dans la conscience commune du conte ou de la légende.

Ces récits (je parle ici des contes et légendes) sont en général des textes nus, prêts à accueillir le lecteur et la voix qui les déplieront à nouveau dans la grande oreille du monde.

Ces paroles errantes, dispersées, en partie perdues, inachevées, rapatriées d’urgence de la mémoire des pères dans celles des filles et des fils est un phénomène que le philosopheWalterBenjamin a longuement étudié depuis les années trente et principalement mis à jour dans « Le Narrateur ».

 

Que raconter et à qui ?

Dans le « Narrateur »[1], Benjamin commence son texte par :  « Nous vivons un temps où les hommes ne savent plus raconter ni écouter des histoires ». Il écrit à la même époque son fameux texte « L’art à l’ère de la reproductibilité technique » qui laisse entendre que les chants de la mer et de la terre, qui avaient toujours été la matière narrative qui reliait et divisait les hommes, n’étaient plus vivants et donc expansifs. Ils ne se nourrissaient plus du fait d’être sans cesse racontés et transmis dans leur éternelle transformation.

Le disque, la radio, les enregistrements, le cinéma et bientôt la télévision et Internet sont venus, dans la glaciation des modèles (chaque type narratif est écrasé par un mode narratif mondialisé) distraire les hommes de l’écoute des autres hommes. Des « revivals » ont eu lieu, bien sûr des « retours du conte », bien entendu, mais, il s’agissait aussi d’un phénomène lié à la socio-culture, à la recherche d’authenticité culturelle, de valeurs écologiques qui s’exprimait sous la forme de spectacles, de représentations. Dans ce sillage, on a assisté également à la création d’emplois  et de fonctions  artistiques nouveaux.

Les chercheurs et les praticiens ne sont pas dupes, la transmission naturelle (confiée aux prestations des conteuses et conteurs « naturels », issus du tissu social et reconnus comme tels) a systématiquement dû affronter le système des médias nouveaux, les dislocations sociales et peu à peu être digérés par les récits dominants (les rumeurs du net, les récits compactés des séries »,…).

Mais ils ont réagi, diversement, dans la plupart des régions du Monde. Le récit initial a  servi à tout, aux pires comme aux meilleures causes : hyper-nationalisme, populisme culturel,… mais aussi, et c’est ce qui nous intéresse ici : refondation, réancrage des jeunes générations dans le patrimoine des anciens, dans une culture nourricière.

Le besoin de la singularité des récits et la nécessité de revivre la relation conteur (se) – conte -  auditoire se manifeste donc un peu partout sur tous les continents. Cela peut prendre les formes les plus spectaculaires ou s’inscrire dans des relations qui renouent avec le partage de la parole plus que dans la monstration  dramatisée (rapport scène-salle, éclairage, objet scénique, durée préétablie du spectacle, heure de représentation, prix d’entrée,…).

L’exotisme facile ou des esthétismes au service de poses plus ou moins éloquentes ont miné bien des expériences de néo-conteurs. Le Moi (dans le Je du Jeu) a alors relayé un On et un Nous naturellement structurés qui avaient fonction dans l’espace social.

De vraies expériences et aventures de rencontres entre conteuses, conteurs et publics ont eu lieu et se développent aujourd’hui. Ces acteurs du renouveau et de la transmission  sont aussi de plus en plus attentifs à la qualité critique des prestations…

 

Le Grand Récit

Le Grand Récit de chaque époque ( The Narrative des anglo-saxons), devient le même et unique modèle de contage et de narration du monde. On le constate dans la littérature populaire, au cinéma, sur Internet, etc. Les cultures nationales, régionales fondent peu à peu dans cet élan de conformité narrative (hyperurbanisation et paupérisation des populations rurales, vitesses des migrations,…).

Alors, pourquoi s’occuper de sauver, ça et là, quelques histoires de plus ou de moins ? Alors pourquoi se préoccuper de tendre l’oreille vers des bouches qui longtemps se sont tues ou n’ont plus été écoutées à leur juste mesure : celle de la transmission du lien et de la joie de faire ressurgir du temps ancien dans le temps vivant ? Et donc de se donner un avenir qui est toujours de se projeter en vérifiant dans le rétroviseur que les ombres fantomatiques du passé ne demeurent pas inertes dans les replis de la mémoire et façonnent bien de nouvelles énergies. Les souvenirs sont des fragments de mémoires sans les récits qui les relient.

Au Maroc, la question s’est posée de la même façon: que faire de la parole des pères et des mères, relégués dans le silence des vieux ? Ce qui est apparu régulièrement, dans toute région où le conte semble disparaître de la pratique courante (hormis la question des spectacles et des représentations folkloriques/touristiques), c’est une sorte de dissimulation plus qu’une disparition.

Des pratiques s’éteignent aussi à force d’une trop longue dissimulation. Ces pratiques et ces compétences dissimulées dans le silence des anciens devant le malaise des jeunes à reconnaître leurs cultures rurales (alors qu’ils sont intégrés dans un temps  général, celui des technologies de la communication, des effets de mode, des représentations du monde dominantes,…) semblent s’évaporer dans un temps de communication immédiate. Le rôle des médiateurs culturels est de redonner matière à ces récits et à ces pratiques en suspension tant qu’elles sont encore repérables. Comme si une brume de paroles flottait dans l’espace social et qu’il s’agissait de provoquer à nouveau la pluie…

 

Des mémoires fragmentées

Une enquête de l’Unesco[2] souligne le fait que la plupart du temps, dans le cas des « contes arabes » (pour faire court ici), les jeunes ne connaissent plus l’entièreté des contes et légendes mais peuvent achever l’un ou l’autre ou le commencer… Des lambeaux de ces histoires trainent encore dans la mémoire des jeunes mais la pratique de l’écoute, avant toute oralisation active, manque. Les pères et les mères ont vu leur culture minorisée, si ce n’est invalidé par la « mass-culture » de l’aliénation au Grand Récit

Dès lors, ces jeunes sont comme étrangers devant leur propre patrimoine. Claude Lévi-Strauss a rappelé l’effet d’étrange étrangeté que peut vivre celle ou celui qui se met à raconter son histoire à un étranger, à l’autre. Celle-ci regagne du mérite (celui d’être écoutée), de la valeur (elle fait lien), du prestige (elle est racontée à quelqu’un qui s’y intéresse),…

Cette même enquête UNESCO rappelait, tous comme les nombreux entretiens que l’on peut découvrir sur les ondes de France Culture par exemple, de RFI, du Site Africultures[3], que les contes et légendes arabes, dans leur trajet des temps antéislamiques jusqu’à aujourd’hui, laissaient entendre des mêlements syncrétiques (Djinns, hadiths, sentences religieuses, invocations magiques,…) de temps ancestraux. Ceux-ci se retrouvent alors dans des formes oralisées comme des cocons promis à la transmutation.

La voix des jeunes générations pourra ainsi relayer des indices d’appartenance à une histoire commune (au temps de l’atomisation des histoires individuelles et collectives), participer au tissage commun du texte collectif, prendre en charge un lien reconstruit avec les anciens locuteurs et se donner donc une compétence nouvelle qui consiste à reconnaître ces paroles errantes avant que d’être perdues.

Le collectage entrepris dans l’histoire marocaine contemporaine ne sauve pas la parole, il la restitue à ces héritiers légitimes : les générations du présent. C’est dans ce sens, que ce matériau conté peut également former  une magnifique matière qui aide à se reconnecter avec sa culture d’origine. On pense ici aux migrations des familles marocaines et des incertitudes identitaires des jeunes contemporains  nés de ces itinérances.

Cette matière fait alors à nouveau sens, lien et passé. Elle donne lieu également à un avenir : celui de pouvoir à son tour léguer, transmettre et jouer le jeu de grand relais.

Nous savons que nous sommes enjoints, les uns et les autres, à nous raconter des histoires pour nous prévenir de la répétition du passé (expérience reliante), nous rassurer (le conteur est vivant quand il conte et a donc, lui aussi, échappé aux désastres ou accidents qu’il conte) et nous équiper d’expériences anciennes qui nous permettent d’accueillir l’avenir qui vient dans le présent.

Nous sommes, comme le rappelle Nancy Huston[4] une espèce fabulatrice. La fable, le récit sont des façons de résister à l’émiettement du réel, à notre dissolution dans le temps.

 

Souvenirs en quête de mémoire

Georges Perec[5] a très finement fait remonter ces « rognures d’ongles » (François Villon dans son Testament), de la mémoire ces « je me souviens » comme des bulles d’air viennent éclore à la surface du temps. Ce n’est pas de la mémoire, ce sont là de simples souvenirs. Il leur manque la machination d’un récit, le dispositif narratif d’un espace/temps qui est le noyau des histoires. Perec sait que le lecteur de ces petits fragments du temps va rejoindre les siens propres par le fait même de la connivence de la lecture.

Pour passer à l’avenir, il nous faut des récits, des formes narratives qui rendent justice à la réalité (plus besoin alors de devoir ou de travail de mémoire) : l’affaire est faite, justice est rendue, trace est gardée dans le récit individuel et collectif..

 

Rendre justice par le récit

Quel est alors le statut des textes, contes, légendes et récits de vie? Nous pensons qu’ils participent, comme nombre de récits rassemblés dans plusieurs ouvrages, construits dans la fidélité à la parole collectée[6], à un corpus en train de se constituer, aux fonctions  multiples : reconnaissance de la mémoire collective, actes de transmission, médiations dans les questions identitaires des jeunes issus de l’immigration, relégitimation d’une richesse culturelle partiellement discréditée,…,

L’ouverture d’une société consiste aussi à faire passer ces paroles errantes dans l’oreille des jeunes générations. Elle joue alors la carte de la mixité plus que du clivage, de la reconnaissance et non du constat d’une sorte de perte inévitable.

Enfin, les récits de vie collectés ou dispersés dans la mémoire collective sont marqués d’une force assez rude : violence de la perte, vitesse des séparations, trahison des passeurs, puissance obscène de l’argent, conditions d’exil (« serrés comme des sardines »), rêves éteints et retours au réel.

Bref, l’histoire en direct hors les récits médiatiques convenus. Ce qui marque dans le récit de vie, c’est qu’il passe la plupart du temps par une sorte de narration au degré zéro. La base est simplissime : un fait raconté de l’amont à l’aval sans grands commentaires. Les faits parlent fort puisque le contexte est connu du lecteur. La petite (et terrible histoire) du récit rejoint la grande histoire, plus amidonnée, elle, dans les flots médiatiques.

La matière répétée des récits de vie, là aussi, rend justice à l’expérience traumatique des narrateurs. Ce qui arriva n’est pas raconté entièrement ni fidèlement aux événements, les ellipses s’entendent, les esquisses font mouche et ce qui est mis en récit est le récit de base sur lequel l’auteur et l’auditoire pourront se rejoindre. Chacun se mettra alors à imaginer, à déplier ses propres expériences en échos,…

Ces étapes difficiles, réjouissantes, complexes, solidaires, de transhumances de langues (berbère/arabe/français), de continents, de cultures, de générations, de traductions,…finissent par constituer un autre radeau, libre, léger, infini : un livre, un berceau pour le futur.

 

Daniel Simon[7]

 


[1] BENJAMIN, W., Le Narrateur, Editions du Seuil, 1987.

[2] http://unesdoc.unesco.org/images/0008/000815/081538fo.pdf, Traditions orales arabes, «Le conte populaire arabe», Études sur la structure et la place du conte populaire dans l’imaginaire collectif arabe, 1985; 53 p., CLT.85/WS/46.

 

[3] http://www.africultures.com, L’ÉCRITURE FACE À L’ORALITÉ : D’HIER À AUJOURD’HUI, QUEL IMPACT SUR LA VIE EN SOCIÉTÉ ? Roland Colin, 2009.

[4] HUSTON, Nancy, L’espèce Fabulatrice, Actes Sud, 2008.

[5] PEREC, Georges, Je me souviens, Hachette (La bibliothèque du siècle), 1978.

[6] TAY TAY, N, Aux origines du monde, Contes et légendes du Maroc, éditions Flies, 2001.

[7] Daniel Simon est Licencié en Etudes théâtrales, formateur (ateliers d’écriture et d’oralité), écrivain.

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« Lee » une histoire d’adoption

Posté par traverse le 7 octobre 2012

 

A propos de « Lee »

Une histoire d’adoption

 (Absent lors de la première rencontre autour du livre de Italia Gaeta, voici ma part…)

Chère Italia,

 

L’aventure continue donc…

« Laide » a été publié il y a deux ans chez Couleur Livres suite à notre rencontre en ateliers d’écriture et voilà que paraît aujourd’hui chez le même éditeur, « Lee » (L’histoire d’une adoption)….Après les « bravos » et autres très sincères réjouissances, je tiens à te confier que tu as réussi quelque chose de si difficile que je ne pensais pas, tout au long de ton travail d’écriture, que tu garderais avec autant de tonus, la ligne…

Cette fameuse ligne qui est en chacun de nous, que nous suivons après l’avoir tracée, je dis bien après, dans le sillage de la forme que nous avons entrevue. « Le présent, c’est le futur qui vient vers nous », écrit Heidegger…Et ce présent, au-delà de la vie, au-delà de ce que nous appelons le « réel « , qui est plus précisément à mon sens, le « vécu » de ce temps qui fuit et qui n’existe qu’en regard du rétroviseur que nous portons en nous et qui a nom de mémoire, ce présent a été singulièrement attrapé dans ton merveilleux filet à papillons !

L’écriture est si vaste que nous ne savons pas toujours de nous à nous ce que nous voulons dire. Essayons donc de la représenter : des souvenirs sont fabriqués mais ils n’existent dans le sens que nous voulons leur donner et qui nous constitue, que dans une perspective : nous écrivons ce que nous n’avons pas complètement vécu. Peut-être même qu’il s’agit d’écrire ce que dont nous n’avons pas une réelle expérience sans l’écriture, justement…

Une adoption n’est pas une mince affaire j’imagine: c’est une histoire de deux êtres, au moins, qui se rencontrent alors que l’un a choisi et que l’autre l’a été. Une vie est nécessaire pour mettre les expériences et les reconnaissances à niveau. Du moins, c’est ce que j’entends et lis. Mais dès lors que tu as écrit cette odyssée de rencontre, tu as pertinemment triché. Tu as écrit ce qui ne pouvait exister sans ton récit.

Et l’autre, cette chère…Lee…va imperceptiblement s’immerger dans cette histoire et la gauchir, la transformer en une autre qui sera sienne. Cela s’appelle une rencontre : avec soi, avec l’autre, toujours insaisissable, même  dans l’intimité de la vie…

Le récit apprivoise cette fugue permanente. Et « Lee » est de taille à faciliter le désir de rencontre celles et ceux qui s’y sont aventurés.

Pas de plaintes,  pas de pleurs, pas de larmes, pas de regrets, pas de fuite, rien que de la matière qui résiste, qui devient drolatique, bouleversante, simple dans ton texte.

Je suis heureux de l’avoir accompagné à bonne distance, dans la connivence de ton talent que je salue ici encore.

Merci Italia.

Octobre 2012.

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Récit de vie…dernières!

Posté par traverse le 3 octobre 2012

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(Il reste trois places avant l’ouverture de l’atelier le 11 octobre…)

Écrire à partir de soi ? Écrire un récit de vie suppose que l’on puise volontairement en soi les éléments et les circonstances du récit. Cette dynamique d’écriture invite aussi à travailler une forme. Rien ne se livre sans traitement, aucune écriture sans point de vue, sans « résonances internes ». De quoi s’agit-il donc quand j’écris mon récit en « je » ou en « il » ou « elle » ?

Pourquoi écrire mon récit de vie ? Pour de multiples raisons, bien sûr, mais souvent pour transmettre, établir un bilan, écrire sans le malaise de l’imagination apparemment en panne.

C’est aussi poursuivre en dix séances l’exigence et le partage des lectures, des conversations critiques, des explorations, des nouvelles pistes. Il s’agit enfin de soutenir chez chaque membre de l’atelier une volonté d’aboutir à un résultat : créer une dynamique d’écriture.

Nous tenterons de jouer au « Petit Poucet » perdu dans la forêt cherchant sa piste dans les pierres du chemin …

Animé par : Daniel SIMON, écrivain, formateur et éditeur

Dates : 10 jeudis de 18h à 21h, du 11 octobre au 20 décembre 2012

Public : adultes

Prix : 190 euros, acompte de 90 euros, possibilité de payer le solde en effectuant 2 versements de 50 euros ou 4 de 25 euros
Nombre maximum de participants : 12

http://www.lamaisondulivre.be/

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Des murs nus

Posté par traverse le 1 octobre 2012

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Les nouvelles tournent en rond ou c’est moi, qui ne comprends plus. Ca visse et ça dévisse tous les jours et des jeunes ont encore incendié Rome, Athènes et Londres hier. Je ne parle pas des villes de province. Ca brûle, ça casse, ça avance, ça recule, ça cogne dur, la farce est terminée, on va bientôt tirer dans le tas. J’ai quitté l’école en  juin et me revoilà à pied d’œuvre. Trois collègues manquent à l’appel, ils ont abandonné, terminus, ils rendent leur tablier aux fous qui voudront encore marmonner dans des salles de sauvages égoïstes et peureux. Ils fichent le camp. Ils nous avaient prévenus à la dernière délibération de fin d’année, ça changeait ou ils partaient. Sont partis. Pouvaient plus voir les tas de fatigue de quinze ans attendant la fin du cours en craignant le suivant. Pouvaient plus.

 J’ai marché pendant près d’une heure pour rentrer chez moi, je choisissais les itinéraires les plus farfelus. C’était inutile, lentement je disparaissais du paysage, mes hanches et mes articulations faisaient bien leur boulot, je perdais du poids à chaque foulée et je pensais. Clairement et sans amertume, je revoyais ces cinq dernières années. J’entrais dans les préliminaires de la vieillesse et je commençais vaguement à m’ennuyer. Le temps se dépliait avec ostentation devant moi et je marchais sur cette vielle nappe inusable qui recouvre toute chose en traînant un peu les pieds. Je perdais les désirs de mes années d’orgueil et je foulais avec reconnaissance le grain fin qui coulait sous mes pas. Je suis arrivé chez moi étonnamment sec. Ma sueur et mes inquiétudes s’étaient évaporées, j’avais entr’aperçu ce que je convoitais encore. La nuit a été calme.

J’ai ressorti ma vieille machine à écrire, pas celle à boules, celle à ruban noir et rouge. J’aime regarder le texte du dessus, le voir en train de se faire, que je domine lentement au fil des phrases et des retours de tableurs. J’ai liquidé l’ordinateur qui me fait face, l’écran qui scintille, qui m’éclaire trop. Je ne peux plus le voir sans penser à toute la suite des mises pages, corrections, envois, fichiers que je vais devoir manipuler. Marre. Je tape à nouveau sur du métal, je vois du papier qui se déroule. Le texte vient mieux, il est moins présent, il se délivre par à coup, faut prendre la feuille en main, relire, corriger, recommencer, c’est meilleur à la fin.

L’écran me bloque le paysage, plus d’horizon, les mots soulignés de rouge quand je fais une faute me renvoient au vide, à une inculture heureuse, à la faiblesse, à la solitude. Cette saloperie d’écran me fait entendre le grain des dollars moulus, le prix des programmes, l’abonnement ADSL, les Modems qui clignotent…

Je retrouve enfin la matière du clavier, le cliquetis, et la rogne quand une faute d’orthographe ou de frappe nous fait tout recommencer. Petit à petit, je me suis mieux concentré et mes textes sont plus courts, plus solides. Le fluide de l’écran ne me coule plus sur les doigts. Mes yeux vont mieux. Ma tête est vide, je cherche mes mots, j’en trouve de plus solides, des choses se passent dans cette ferraille qui machine les touches et le rouleau qui tourne sur lui-même en faisant disparaitre peu à peu tout ce que je produis. La feuille s’étale en face, elle retombe, elle se recroqueville elle attend d’être pleine avant que de remontrer. Et là, c’est bon, je la retire d’un coup sec de la croqueuse de styles, de la broyeuse de mondanités intimes.

J’ai commencé par la machine, puis le Gsm, les réseaux sociaux et tout le tintouin. En trois jours, j’ai tout balancé. Je garde la ligne fixe. J’ai acheté des enveloppes et des timbres. Je me suis arrêté là, c’est déjà suffisant pour avoir la paix. Comme des vacances sans miracles à deux sous, j’ai acheté des rames de papier et je me suis mis à taper.

Hier, je me suis promené  toute la matinée, il faisait froid et je voyais les passants baisser le nez sous la bise. De lourds manteaux fendant la matière invisible de l’automne qui vient de mettre l’été aérien au tapis. Ca sent le deuil et les mélancolies noires, on se dit qu’on va tenir encore un an mais l’enthousiasme change de métabolisme. La jeunesse répare sa barque en pleine mer et se bat avec les vagues allègrement, j’avais besoin de cales sèches. Une dizaine de mendiants m’ont interrompu. Je soliloquais sans danger et leurs mains sont venues trop près, trop insistantes, trop nombreuses. J’ai farfouillé dans ma poche, j’ai donné, une deuxième fois encore puis je me suis enfui.

Je me suis arrêté devant la vitrine d’un marchand de tabac et de journaux, c’était poussiéreux. Je suis rentré, les clients feuilletaient, déposaient, feuilletaient encore et partaient sans acheter. Le patron a fait une remarque du genre « C’est pas une bibliothèque ici ! » et deux trois personnes ont enchaîné à coups de « Sans gène », « Mal éduqués » et de « Beaucoup de besoins et pas de moyen, vont devenir méchants ! »

J’ai payé mon journal et me suis assis à une terrasse déserte pour découvrir les grands titres. Ca s’accélérait décidément. J’avais l’impression de relire les mêmes articles qu’il y a cinq ans mais en plus flous. Une chose et son contraire d’un vaticinateur à l’autre. Les Experts et les Ministres affirmaient, martelaient, « Il fallait avoir confiance » sinon c’était foutu. Je me suis dit que la méthode Coué était au bout du compte la seule philosophie du temps et j’ai souri en survolant les chiures d’émotion qui se posaient un peu partout. Mon café était délicieux, je suis reparti vers chez moi.

Quand je suis arrivé devant ma porte, j’ai tout de suite compris, ils l’avaient forcée. On était entré et pendant une seconde tout s’est mis à tourner autour de moi. J’ai respiré un bon coup et j’ai ouvert. L’appartement était intact apparemment. J’ai visité toutes les pièces en trombe et à chaque pas je constatais des dérèglements, des objets changés de place, des livres par terre, des tableaux disparus. Dans mon bureau, plus d’ordinateur, d’appareil photo, plus une trace de la suite d’objets un peu coûteux que je m’étais offerts ces dernières années. Ils avaient bien ratissé. Je me suis assis dans la cuisine, la machine à expressos manquait elle aussi. J’ai bu au goulot d’une bouteille de jus de fruit et j’ai appelé la police.

Ils sont arrivés une heure plus tard. Visite, questions, déposition sommaire, rendez-vous au commissariat le lendemain. J’ai appelé un serrurier. Il est arrivé dix minutes plus tard, l’air compatissant. C’était le huitième de la journée, me dit-il en changeant la serrure. Ca n’arrêtait pas. Je l’ai payé, il est parti en me garantissant son travail et en me proposant l’installation d’une porte blindée. J’ai accepté sa carte de visite et lui ai dit que je tiendrais au courant.

La nuit a été difficile.

Le matin, je me suis enfilé deux tasses de café soluble et j’ai commencé à ranger l’appartement. Je ne me sentais pas mal en fait, plutôt rieur, j’ai mis de la musique. Ils n’avaient pas pris la radio de la salle-de-bains. La journée a passé tranquillement à faire le décompte de mes trésors perdus. Nuit calme.

Le lendemain, je suis passé à la banque. Ils avaient l’air gêné quand je leur ai dit que je voulais retirer mes économies. Ils m’ont expliqué que c’était imprudent de ma part, que mon pécule était garanti. C’est moi qui ai souri alors. Ils se sont tus un court instant et une jeune employée m’a proposé d’investir dans des fonds de pension, « vu mon âge ». J’ai répondu que vu mon âge, j’allais certainement faire autre chose. Silence. J’ai signé, les ai remerciés et suis rentré chez moi lesté d’une première enveloppe de grosses coupures. Je devais retourner trois jours plus tard pour récupérer le solde, question de délais administratifs.

Une semaine plus tard j’étais nu. Il me restait des coupures que ne savais plus où placer. Une amie m’a conseillé d’investir dans une banque propre. J’ai souri et je lui ai promis que j’allais réfléchir.

Je me suis remis à mon travail et j’étais heureux. La machine mitraillait, j’étais enivré par ce jeu nouveau dans lequel je venais d’entrer. Je ne savais plus quel serait l’avenir, tout était ouvert.

Deux mois plus tard, pendant les congés de novembre, j’ai entrepris de vider mon appartement de toutes les vieilleries que j’avais accumulées depuis tant d’années. Des murs libres, une bibliothèque ascétique, des nuits calmes. Je m’étais remis à la marche depuis deux mois et je me sentais mieux.

La nouvelle est tombée un soir, la dette avait dépassé les prévisions les plus alarmistes. Je voyais l’avion vaciller dans le ciel. J’ai fermé les yeux en imaginant l’endroit où il allait s’écraser. Tout flottait, rien n’était précis, des images s’entrechoquaient et j’ai compris que ça avait déjà eu lieu. On cherchait les survivants, simplement.

Quelques jours plus tard, j’ai invité mon amie pour une soirée à l’opéra. Nous étions main dans la main dans le temps de l’ouverture. La musique montait, enflait dans la salle et dans nos cœurs, nos doigts s’étaient abandonnés. Nous étions seuls côté à côté et quelques minutes plus tard, elle m’a regardé les larmes aux yeux. Elle a repris ma main et s’est mise à sangloter. Une voix a percé la mitraille des cuivres et a entamé un chant grave et puissant. Ses pleurs se sont calmés lentement, elle a respiré longuement et a dit « Nous sommes heureux, n’est-ce pas ? »

 

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C’était de poésie

Posté par traverse le 30 septembre 2012

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Marché médiéval Alep, 21ème siècle.(www.lemonde.fr)

C’était de poésie, de cet art du peu et de la fugue, de la langue piquée à ses endroits sensibles, de la mollesse du temps qui se ressaisit en quelques mots ou de sa rude lâcheté qui trouve toujours raison auprès des raisons d’à propos,

C’était de poésie que je croyais parler, de cette façon de ne pas esquiver ce qui meurt en soi chaque jour et qui rejoint le regret des temps irréparables, de cette lumière qui fond dans la main des vieillards et que l’enfant disperse sans compter en s’essuyant les yeux,

C’était de poésie que je voulais coudre l’horizon aux nuages et ne plus séparer le monde qui s’en va, je voulais tant vous rejoindre mes amis volatiles enlevés à la matière d’ici, vous dire que la joie est une affaire en soldes, que de tristes copies circulent sur le marché, que l’envie est majeure et la cupidité féroce, mais ça vous le savez déjà, alors vous dire que la peur arrive dans un chariot poussé par les plus pauvres, que les dieux s’y sont mis à nouveau à nous chercher des puces et que les édentés chantent en colère de terribles refrains,

C’était de poésie, de cette pose fréquente chez de fragiles esthètes, fâchés contre eux-mêmes comme uniques ennemis, c’était de poésie qui bat contre le roc et l’use sans appel, c’était de poésie que je voulais couvrir le moindre avec encore bien moins, mais les saccages, la volupté de mordre et l’élan vers le pire parfois me laissent voir que la page est blanche toujours et encore blanche, que le vent est passé emportant quelques vers dans le désert aride des enclos idéaux,

Alors de poésie, parfois, je me fais un manteau et passe mon chemin vers des hommes lointains.

 

(écrit en ce dimanche de fin septembre 2012)

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Grenier Jane Tony 6 octobre

Posté par traverse le 26 septembre 2012

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Présentation de Daniel Simon le 6 octobre au Grenier Jane Tony

par Piet Linkens: 

« Quand vous serez »

(proses poétiques , MEO éditions)

et

« Ne trouves-tu pas que le temps change ? »

(Nouvelles, Le Cri)

à la « Fleur de papier doré » à 16h.

 

Ce fut un moment magnifique, (trois invités, dont moi) de rencontre avec un public entièrement présent….Quelques photos de Pierre Moreau. MERCI Pierre!

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Expo de Calligraphismes/Parcours 1030

Posté par traverse le 26 septembre 2012

Art 1030 – Parcours d’artistes de Schaerbeek

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Parcours d’artistes de Schaerbeek

29-30/09 & 6-7/10/2012

14h > 18h – Ouverture des ateliers et lieux d’expositions

                                                              Expo de Calligraphismes/Parcours 1030 P1000170-300x225

En ce qui concerne mon exposition à « La Brasserie » (10 avenue Paul Deschanel – 1030 – Schaerbeek), une permanence aura lieu (Merci Claude Martin) quand je serai absent.

0477/76.36.22  daniel.simon@skynet.be  www.traverse.be

Deux week-ends d’animations et d’expositions

210 artistes et plus de 130 lieux à découvrir
C’est parti pour deux week-ends. Les 29-30 septembre & les 6-7 octobre, Art 1030 édition 2012, initiative de l’échevin de la culture de Schaerbeek, va mettre à l’honneur les talents de quelque 210 artistes de la commune qui ouvriront les portes de leurs maisons ou de leurs ateliers. Pour baliser le parcours de façon originale- spécificité de la cité des ânes-, la commune a fait appel à la créatrice Ingrid Schreyers pour réaliser des carreaux de mosaïque colorée (chaque pièce est unique!) qui remplaceront une dalle ou un pavé du trottoir où réside un artiste.

Organisation : Maison des Arts de Schaerbeek
Chaussée de Haecht, 147
1030 Schaerbeek

Avec le soutien de l’Echevin de la culture, IP et bibliothèques. Georges Verzin

Expo de Calligraphismes

Des textes, des signes, des tracés sur toiles, greffages photographiques et matières.

Des récits en empreintes où l’écriture infiniment se détournent du seul sens pour occuper les marges et grignoter le blanc de la page ou de la toile.

Daniel Simon : écrivain, éditeur, anime des ateliers d’écriture, réalise des vidéos autour de la lecture…

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« Les mots perdus » à Tournai

Posté par traverse le 26 septembre 2012

Dans le cadre de la Fureur de Lire  à Tournai,

Lecture publique de ma pièce pour marionnettes….

LES MOTS PERDUS,

12 octobre , 19h…

Entrée gratuite.

http://www.maisondelamarionnette.be/publications.php

 

 

 

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Ateliers d’écriture d’un jour et débat sur l’imaginaire et la littérature

Posté par traverse le 23 septembre 2012

Rappel pour le 24 septembre dès 11h à la Tentation, Ateliers d’écriture, le soir, lectures et débat, rencontre…

C’est parti! Kenan Görgün à la création et à la programmation de ce Festival deuxième et majestueuse édition…

Littérature, arts, musique, rencontres, plusieurs lieux, à toutes les heures, dans toutes les ondes…

http://www.checkpointfestival.com/

 

Checkpointfestival,à Bruxelles 21-28 septembre HORAIRESPOUVOIR 

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Atelier fiction et récit de vie animé par Daniel Simon, écrivain, animateur et formateur (Traverse asbl).

LDEI
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Atelier d’écriture de scénario, animé par Laurent Denis, scénariste des Fourmis Rouges et de la mini-série Le Kot.

 

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Performance et défis ludiques par les francs-tireurs de la Troupe Poétique Nomade.

 


HDIALOGUES

Une rencontre littéraire animée par Daniel Simon, avec Johan de Boose, Kenan Görgün et un invité surprise.

HJOHAN

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Un des écrivains majeurs de Flandre, romancier des violences de l’Histoire, arpenteur infatigable de ses champs de bataille, de ses trahisons et de ses résistances, il est une voix urgente, épris de justesse littéraire et de justice humaine.

HKENANkenan
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Romancier, réalisateur, scénariste, belge, turc, né flamand, écrivant en français et en turc, en équilibre, toujours, entre ici et ailleurs, hier et demain, au croisement des générations et des modes d’expression. Cadet des quatre mousquetaires de ce soir, il est passeur d’un message adressé à l’homme universel.

 

INVITES

surpriseshadow

Un grand nom de la littérature francophone nous fera l’honneur d’être l’invité surprise de notre journée et rencontrera son public dans le cadre de notre débat Dialogues de l’audace.

 

 


 

HBOXON


pouvoir

Poésie et musique flamenco, toutes deux poussées à des paroxysmes d’intensité, en un métissage des formes d’expression et des influences, sur le bord ou à la limite du chant, du conte urbain, de l’écriture théâtrale contemporaine qui font du nouveau spectacle de Récital Boxon un voyage vers une destination inconnue.
Impossible à enfermer dans une case…. Ils ne se laissent pas si facilement emmurer. Ils nous emmènent en dehors des frontières, convoquant une zone libre, un voyage non sans tempête, là où la rage n’est pas négociable, où l’humour et la satyre surgissent soudain comme une vague.
Autour de Maïa Chauvier et de Marolito, de nouveaux musiciens pour une nouvelle RéEvolution poétique !

LE LIEU
  • logo-Tentation
    La Tentation
    Rue de Laeken 28 – 1000 Bruxelles
    www.centrogalego.be
    T. +32 (0)2 223 22 75 

    Métro lignes 1 et 5 / Tram 3, 4, 31, 32
    Bus 29, 38, 46, 47, 63, 66, 86, 88
    > arrêt De Brouckère
    VILLO station 21, place De Brouckère

TARIFS
  • Les ateliers sont gratuits mais uniquement sur inscription.Attention, le nombre de places est limité.

    Réservation :
    Kadir Demir :
    0486/67 09 30 – checkpoint.festival@gmail.com


    A PARTIR DE 19H 

    Entre € 3 et € 7.
    Le prix d’entrée sera déterminé par une Roue de la Fortune

    Gratuit pour les – 12 ans.
    Art 27 : € 1,25

 

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