« Les mots perdus » dans la fureur…de lire

Posté par traverse le 21 septembre 2012

« Les mots perdus » mettent en scène un Grand-père et l’Enfant …
Entre eux, le vieux qui perd la tête…ou autrement: comment traiter de l’Alzheimer qui prend ses quartiers dans la tête de papy et comment voient-ils tous les deux, les mots ficher le camp et les récits s’envoler?
PS: j’avais aussi en tête la langue de l’époque avec ses mots perdus chaque jour, ses simplismes, les simplifications démocratiques, les lissages de  différences, les écrasements d’aspérités, bref, le vide qui prend la place du plein…
Pour marionnettes, lecture publique… Editions Lansman.
Communiqué Centre de la Marionnette:
Pour promouvoir la nouvelle Edition commune « Première(s) Fois » et dans le cadre de la Fureur de Lire, nous organisons une lecture publique de la pièce « Les mots perdus » de Daniel Simon le vendredi 12 octobre – 19h30 au Centre de la Marionnette,  Tournai.
Aurélie Montignie
Chargée de projets d’édition
pour le Centre de la Marionnette de la Fédération Wallonie-Bruxelles
47, rue Saint Martin
7500 Tournai
0032 (0)69 88 91 40
www.maisondelamarionnette.be

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Quand vous serez/20 septembre 18h30-20h30

Posté par traverse le 15 septembre 2012

 

 

Quand vous serez Daniel-Simon-peinture-300x240

 

Le jeudi 20 septembre de 18h30 à 20h30

à la Librairie Cent Papiers Schaerbeek

(23 avenue Louis Bertrand- 1030 Schaerbeek)

présentation de « Quand vous serez » par Eric Piette

et projection du film (10 minutes)

« La dernière fois que me mère est morte » 

(Réalisation: Jacques Deglas, Ecriture, jeu: Daniel Simon)…

Bienvenue!

Vient de paraître dans :

http://lesbellesphrases.skynetblogs.be/archive/2012/09/15/deux-poetes-de-l-ailleurs-arnaud-delcorte-et-daniel-simon.html

Deux poètes de l’ailleurs: Arnaud DELCORTE et Daniel SIMON

par Philippe LEUCKX

Vingt ans les séparent. L’aîné, Daniel Simon (né en 1952) n’est pas au banc d’essai. Il est l’auteur d’une douzaine de livres. Il est revuiste et éditeur.

Arnaud Delcorte, professeur à l’université, vient de publier un quatrième de recueil de poèmes.

Chez l’un comme chez l’autre, le goût des ailleurs et des voyages, le goût aussi d’une langue gourmée, riche en consonances et en métaphores.

Quand vous serez/20 septembre 18h30-20h30 images

OGO d’Arnaud Delcorte, que publie L’Harmattan (1), se compose de quatre parties, autant de facettes pour cerner l’homo sans distinction des temps anciens, mythiques et d’aujourd’hui. Guerrier, amant, fou ou passeur.

Dans une langue féconde, le poète de « Ecume noire » rameute les figures africaines, l’homme de toujours, arqué au sceau de la sensualité et de la lutte, dans un corps à corps de peaux, de joutes, de cœurs. Delcorte chérit les métaphores sonnantes, semble puiser aux contes les images nourries de sang, de sève, de salive.

Qu’il fasse manger « les pierres l’eau qui ruisselle/ et l’appétit …la prière et l’explication », qu’il s’identifie, à la manière d’Ayguesparse au « loup à l’affût du gibier », au « battement au côté de la jument » ou à « la parole dans la bouche de l’aveugle », le poète a l’art d’ombrer les paysages de fièvres lentes, de s’ancrer « des parois du soir ».

Les images de pure trouvaille (« comme des oies divulguées/ au chagrin » ou « tes femmes pleuvent d’ivresse obèse ») réjouissent le lecteur, enflent la quête du « je » sensible à ce qui perdure dans l’être. Nombre de passages jaillissent comme des implorations d’aube, de fleurs chargées de « sourire ». Nombre de vers révèlent « du guerrier la pointe sombre de l’iris », l’étrangeté d’être homme, la vertu de l’être aux marges, quand l’amant « arrime sagement l’esquif pourpre y monte cette douce violence ».

Une tendresse mouillée de lèvres, de langues et de regards, la vertu des tatouages des rencontres, le sel et le suc des voyages et des manques, tout signale le talent d’un homme qui se dit, se déclare, assume ses aveux de chair, ses allaitements aux corps.

Et comment oublier ce distique éblouissant de vérité :

« Lève-toi

Dans la lèpre du soleil »

 

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Daniel Simon prospecte « à la lisière des villes » et à répéter en anaphore le « Quand vous serez » qui donne titre à son ouvrage (2), on sent l’imprégnation de sa langue pour des ailleurs que sa conscience bouscule, ramène au jour, comme l’on peut chanter des airs « de l’Orient », ou « le goût des enveloppes ouvertes comme un cœur ».

Comme le mot l’indique, ses « Echographies » signalent de petites scènes observées au scalpel. La force des poèmes tient à ce regard incisif non dénué de tendresse. « Un village en apnée » ou « les oreilles battent jusqu’au bout des doigts ».

Une sensualité précise « dans les bras d’une femme », l’exposé des désirs d’un homme qui se sait, se connaît dans le peu, dans le manque, sachant « glaner de quoi vivre en hiver ».

Entre récit de soi et des autres, et poème du monde, Simon enchante par de longues laisses qui s’insinuent dans notre propre intimité. Cette empathie distille les perles d’une conscience habitée :

« vous serez encore hésitants dans le soleil qui tombe en vous comme on réchauffe la mort qui vient en soufflant sur ses mains ».

Une place pour la lumière, une autre pour l’enfance, et l’insigne présence, chaque fois, des ailleurs rêvés ou commentés. Avec une prose patiente.

(1)   A. Delcorte, OGO, L’Harmattan, 2012, 130 p., 14€.

http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogu…

(2)   D. Simon, Quand vous serez, M.E.O., 2012, 96 p., 14€.

http://www.meo-edition.eu/quand-vous.html

°°°

et déjà paru dans: http://traversees.wordpress.com/2012/06/20/daniel-simon/

« Quand vous serez » suivi de échographies I/II et de « la dernière fois que ma mère est morte »

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Daniel Simon – Bruxelles : Editions M.E.O, 2012 – Dans ce recueil, Daniel Simon évoque la beauté fugace du monde, la fuite du temps(« le temps est notre plus précieux ennemi et nous devons l’aimer comme un amour qui s’éloigne ») et l’instabilité socio-économique ambiante. Mais plutôt que de se livrer à une « radiographie » du monde comme il va, le poète part de l’observation minutieuse de notre quotidien afin de dresser un portrait tantôt onirique tantôt réaliste de notre petite communauté humaine et mettre au jour la grandeur des âmes et des choses. Ainsi, à travers ces textes nés de rencontres et de perceptions diverses, Simon fustige un monde dans lequel l’individu a tendance a disparaître dans la masse monétaire et est séparé de ce qu’il est vraiment. Bref, en faisant le procès d’une époque où l’on a de plus en plus de mal à dissocier la réalité formelle de la réalité objective et où la superficialité voire la vulgarité deviennent la norme, le poète dénonce les falsifications de la vie et nous invite à dépasser le stade des représentations pour sortir de l’ignorance dans laquelle on est maintenu et saisir toutes les potentialités de l’existence. Car, et c’est l’originalité du propos de ce livre, si  le poète déplore la déshumanisation qui gangrène nos sociétés modernes, il excelle également à mettre en valeur les « beaux fruits » que nous offre le monde…

Quand vous serez dissipés dans la brume exhalée des vivants, que vous prendrez la mesure d’une infinie coudée votre vie passée, que vous direz en murmurant à l’oreille des enfants des choses entendues qui sauvent parfois des bouches trop goulues, que vous ferez mine de rien entre deux saules ici et deux ombres là-bas, que vous irez dans la vulgaire engeance des colères anciennes à califourchon sur de fières injustices, vous vous direz peut-être : va et note le chemin de ces quelques poèmes tombés de la poche du farouche claudiquant. 

« Quand vous serez » est un recueil d’impressions dans lequel le poète s’emploie à questionner le réel (devenu de plus en plus…virtuel !) pour s’interroger sur le vrai sens de la vie, se découvrir autre(« écrire, c’est détruire toutes les façons de percevoir existant déjà ») et saisir au vol l’ivresse de vivre de ses contemporains. Bref, par la grâce d’une écriture élégante et parfaitement maitrisée, Daniel Simon transfigure la réalité voire la recompose pour mettre en avant les forces actives de la vie et recueillir l’enthousiasme des utopies qui chantent dans la nuit du monde.

Pierre Schroven

 

 

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Un an Cent Papiers

Posté par traverse le 15 septembre 2012

Pour cette première année de « service librairie » et de « relations lecteurs »,

La Librairie Cent Papiers

(23 avenue Louis Bertrand 1030 Bruxelles)

et ses lecteurs fêtent l’An 01!

Des textes en saluts amicaux…mais ça peut continuer et vous pouvez déposer sur ce Blog (en m’envoyant avant), je regrouperai à chaque fois vos contributions sous le même lien « Feuillets de corde spécial 15 et 16 septembre 2012. Librairie Cent Papiers – L’An 01″

MERCI!

http://100papiers.be/blog/


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Librairie

Cent Papiers

An O1

Les Feuillets de corde

(Hors série -15-16 septembre 2012) 

 

Et un raton laveur… 

 

La librairie, le livre, la rencontre, des lieux, des désirs, des promenades, quelques impertinences, des rêveries, de la mélancolie, de la colère, des « impasses de l’imagination » (ruelle de Lisbonne), des auteurs, des auteures, des passants, des passantes, un peu de temps, aucune valeur sonnante et trébuchante, de la fraternité, des idées nouvelles, un espace à soutenir, des femmes et des hommes qui s’y retrouvent, des enfants aussi, un café, une bière, une liseuse et des conversations, une commune qui environne et qui a suscité, des fleurs au balcon, de la pluie souvent et des rayons de soleil comme des rayons de librairie, c’est Cent Papiers

 

DS 

 

Merci à …..Marc Bolly, Marc Guiot, Léo Beeckman, Bérénice Castiau, Jack Keguenne, Daniel Simon, Michel Berlin, Samir Benhamou, Günther Goethe, Jean-Claude Legros, « Carla » Suzy Cohen, Milady Renoir et à Jean-Claude Salémi

 

Et bien sûr à David, à Ram , Véronic, à celles et ceux qui soutiennent le projet…

fichier pdf Cent Papiers-Un an _Schaerbeek-Textes de soutien et de complicité

 

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                                                                                                                                       Gravure Jean-Claude Salemi

 

Un an sans papier

 

Comment redorer la noblesse d’un authentique négoce de savoir et de culture dont pouvait se prévaloir un honnête libraire au temps où les livres étaient encore des produits de l’esprit et non cette fanfaronnade exaspérante de fumisterie littéraire qui s’étend sur les rayonnages reculés de monoprix et autres parcours de caddies et qui par contagion est venu souiller les soubassements d’un métier généreux et édifiant ?

La clé de cette réhabilitation n’est certes pas à chercher dans un traité de marketing, mais au concret, dans une constante sollicitude du libraire envers ses clients, ces âmes tourmentées par des angoisses existentielles qui cherchent des balises intellectuelles à leur conscience, ou au mieux désirent simplement s’appuyer le coude un moment sur un comptoir et abattre le brouillard avec le maître des lieux.

Évidemment question balises, « peut mieux faire ! ». Le libraire nous loge carrément à l’enseigne du doute : 100 papiers, sans papiers, sans papier. « 100 papiers », c’est peu face à la pression consumériste,  « sans papiers » rime souvent avec « sans argent », « sans papier » mérite-t-on encore le qualificatif de « librairie » ? J’ai demandé l’avis de confrères marocains, chinois, américains, tchèques et polonais et j’ai posté leurs réflexions à l’adresse de l’établissement à Bruxelles. Au Maroc on s’est tourné vers la Mecque pour me calligraphier une définition empreinte de spiritualité, mais je ne me souviens plus du contenu. À Taïpei, on m’a appris qu’il existe un « 100 pages tofu ». En Amérique « It’s OK, if it is a buzz ». Au pays de Kafka, on estime qu’une librairie sans papier est comme une réserve naturelle où les mots vivent en liberté (cqfd).

Chez les Polonais, une librairie sans papier est comme un livre sans pages, une vie sans histoires… ce serait comme attendre le bus sur une île déserte où les mots poussent comme des champignons à l’ombre d’arbres hallucinogènes. Ces petits mots encourageants récoltés aux quatre coins de la planète ornent désormais le seul refuge de la librairie où le papier est VRAIMENT indispensable.

Léo Beeckman

°°°

Cent Papiers. Cent, au moins

S’assoir et choisir. Attendre ou ne pas attendre. Lire ou écrire, quand même. Se signer entre les pages ou décliner son identité,  locale ou universelle. Dire tiens, oui, évidemment, sûrement, bien entendu, ah c’est vous, ah c’est ça ou garder silence même si les volets sont ouverts. Glisser sur les tapis élimés, trébucher sur une envie d’être là et tomber, quand même de tout son long sur la table d’hôtes, en bois, en nœuds et en annonces. Il y a un coin (de rue), des cases, des carrés, des rectangles, des cubes, au sol, sur les murs, c’est une question de lignes. Une fois quelques lignes empilées, on loge dans une histoire, pire, une vie. Chaque morceau de cette histoire-vie est un livre. Là, c’est une maison qui contient quelques livres et des gens, mélangés. Et des choses en moins. Et des choses en plus.

© Milady Renoir

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Un libraire blond et un libraire brun, du bois blond et du café noir, des habitués qu’on dirait tous cousins d’esprit, de la lumière, du calme et de l’ambiance, un petit coin d’un bonheur rescapé de l’ennui au milieu d’une des plus belles avenues de Bruxelles, des amis et des bouquins, choisis avec amour et une grande ouverture, puis des concerts, des conférences, une délicieuse conteuse : 100 papiers, c’est un peu la maison, une maison idéalisée où l’on laisse ses soucis à la porte pour un moment, un projet qui doit vivre parce que l’on ne sait plus trop bien comment on ferait sans lui…

Bérénice Castiau

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J’ai pris un livre, il y a longtemps, pour la première fois, après Le Livre. Il était lourd dans ma main, difficile à lire, c’était ma première lecture silencieuse comme on disait. Un livre dur et rempli de larmes et de joie, « Les Misérables ».J’ai frémi et pleuré quand Gavroche est mort. Puis j’en ai lu d’autres, beaucoup, mais jamais je n’ai retrouvé le sentiment d’être dans le monde et en  même temps si protégé de lui par la lecture…

Dans une librairie, c’est un peu ça, tous ces livres qui nous protègent du dehors et nous accompagnent pour y retourner. C’est très maternel un livre, je pense plus à la main de ma mère qu’à celle de mon père quand je serre un livre.

Cent Papiers, c’est une maternité de vieux enfants…

Samir Benhamou

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Librerrance

je n aime pas le mot libraire, je lui préfère celui de librerrance

qui donne au principe de jouissance de la lecture un goût d infini…

j ai grandi en grande partie, chez ma tante, entre les livres qui furent mes amis invisibles pendant les siestes infinies de ma tantine, les pages piquées de ses bouquins  et les trésors qu’ils recelaient m’offraient des univers où je pénétrais comme une voleuse et que je squattais avec bonheur

je les feuilletais, commençais pas lire la fin

et quand j’aimais alors j y pénétrais de plain pied

je me souviens de l’importance qu’avaient les titres, je regardais les tranches dans l’espoir de sentir un appel

« le livre c’est l âme de celui qui l’a écrit et de ceux qui l’ont lu, ont vécu et rêvé avec lui. Chaque fois qu’un livre change de mains, promène son regard sur ses pages, son esprit grandit et se renforce »

le merveilleux des librerrances ou librairies comme « cent papiers », c’est la possibilité de s y attarder, de boire un verre, de discuter, et d’aller explorer derrière chaque couverture de livre tandis qu’au delà de ces richesses, s’ouvre le monde, la vie d’un quartier, le reste du monde satisfait de n’avoir pas à regarder plus loin que son nombril

tandis que vous, vous êtes là dans toute cette richesse à découvrir…


Carla Garfield Karlagarfield
 

http://suzy-alanis.skynetblogs.be

°°°

J’ai été libraire spécialisé en livres d’Art à la FNAC pendant 7 ans avant de devenir professeur de dessin dans une des nombreuses « École des Arts du soir » à Bruxelles.

J’ai donc un lien extrêmement sensuel avec l’objet-livre.

Dans ce coin, avenue Louis Bertrand, c’était le désert culturel.

Lorsque j’ai appris l’ouverture possible de la librairie, je me suis mis à genoux devant David et j’ai dit « pitié ; ouvrez-la cette librairie ! »

A peine ouverte, j’y ai découvert toutes sortes de personnalités, diverses et aussi riches les unes que les autres ; un monde contemporain sensible et cultivé.

Je me suis mis à écrire ; d’abord dans le roman collectif « La jeune fille au pendentif », et je ne me suis pas senti plus mauvais que les autres collaborateurs…

Mais c’était surtout la musique des mots qui me venait en tête, même si les phrases semblaient insensées.

J’ai osé un premier « Feuillet de corde » en public, à ma grande surprise j’ai été applaudi ; on m’a dit que j’étais dans le veine de l’Oulipo…

Voici ma troisième participation et j’espère qu’elle vous fera au moins sourire bien qu’il y ait un côté scatologique impossible à lire pour certaines personnes.

Marc Bolly

Le 4 septembre 2012

PILE

Parti des Intestins Libres Européens

Indécrottables Déféqueurs, Déféqueuses ;

Nous faisons Appel à votre déférant sens du fondement.

De notre acte quotidien, faisons un acte politique !

Chieurs et chieuses, Unissons-nous !

Assis sur notre trône, nous sommes les rois et reines de la Journée à Venir ; Et les tracts, en rouleaux, à notre portée.

Ne les jetez plus dans votre Cabinet – Ministériel !

Distribuez-les !

Leurs rédhibitoires taches, dessins à Messages Uniques sont les porteurs de vos espérances et de vos individualités profondes.

Nos ennemis principaux :

-      les Cuisiniers, démons de notre goinfrerie.

-      les Mangeurs, c’est-à-dire nous-mêmes.
Méfions-nous, nous faisons de l’entrisme !

°°°

MES CENT PAPIERS

Papier glacé, papier buvard ou papier de verre?

Puisqu’il y en a cent, allons-y gaiment.

Il y avait autrefois à l’angle Bertrand-Ruche une antique épicerie italienne, ensuite un prosaïque magasin de peintures, désormais une librairie.

Une librairie, à Schaerbeek, enfin et précisément dans ce fabuleux quartier et avec un concept en plus. Le pied!

Mais quel concept, au juste? Un lieu où l’on cause, où on se pose, où on dépose son PC en buvant son kawa, en lisant sa gazette. Lieu d’échange et de partage animé par deux libraires inattendus pas vraiment du métier.

On y trouve quoi? On ne se le demande pas. Assurément ce qu’on n’y cherche pas et c’est déjà ça!  Mais encore? Des échanges, des rencontres, des livres improbables bref tout ce qu’on n’attend pas. Des écrivains en herbe, un poète philosophe, un vrai libraire à la retraite, des musiciens, des paumés du soir et du petit matin, d’impénitents bavards et quelques dévoreurs de bouquins. Chacun a son propre regard sur les Cent Papiers mais tant d’idées contradictoires ne sont pas solubles dans quarante mètre carrés.

C’est sans importance, il existe un comité de lecture qui lit, qui cause, qui commente et réforme à tort et à travers.

Pourquoi se poser toutes ces questions?

Puisqu’on y retourne et qu’on y est peinard, comme chez Xavier un peu plus haut ou dans la cantine d’en face ou au parc Josaphat ou à la boucherie Chaffaoui réputée pour la qualité de sa viande et de l’accueil.

Un an déjà! Que de choses à raconter. Un bourgmestre toujours pressé venant faire sa provision de quotidiens, une factrice ruandaise au sourire d’ébène, quelques riverains sans âge, une poignée de flâneurs en quête de nouveaux lieux. Surtout une pléiade d’enfants de tous les âges, plus lucides, plus matures, plus inspirés, plus motivés que la somme des clients adultes qui les observent pantois.

Mon seul désir est que Cent Papiers ne ferme pas, qu’il se cherche et surtout qu’il ne se trouve pas.

Marc Guiot

°°°

Un café ?

Ce qui est limpide dans une librairie, c’est la suspension du temps. Ca marmonne, ça chuchote des « Combien vous dois-je ? Merci… » . Le plus charmant encore est de voir rassemblées toutes ces œuvres qu’on ne lira pas. Ces chefs-d’œuvre qui le resteront sans nous. Ces vedettes qui gargouilleront  leur égo loin de notre compassion, ces poètes malheureux et ces romanciers échevelés.

Ce qui est plus séduisant encore, c’est de découvrir que rien n’est pur, que tout est commerce, que le livre n’est pas  une exception mais une « exception culturelle ». Les livres sont autant de façons de ne pas s’inquiéter de la vitesse du monde. Je connais aussi un autre remède contre la férocité du changement, « relire ses classiques »…

Toutes ces attitudes biscornues, alambiquées, tournicotées et subreptices font le lecteur, le vrai, le fort, le sacré lecteur ! Il vogue de « couves » en « quatrièmes », il palpe, il repose, feuillette et saisit soudain, ça y est, il a sa dose, il est accro, il ne peut le lâcher celui-là. C’est déjà presque un ami, même s’il n’est encore qu’entraperçu.

Dans la lecture, les amitiés vont vite et les inimitiés tout autant. La fidélité, par contre, met des années à se construire dans la revisitation des pages entrevues, dans la recherche de celles désirées mais toujours manquées.

Dans une librairie, c’est le monde mais amidonné de bonnes habitudes. Et puis, soudain, une phrase rompt la relation convenue… « Un café ? ».

Avec plaisir, à Cent papiers, tout n’est pas là, mais là c’est un tout !

Michel Berlin

°°°

Pas trop s’il-vous-plaît

Non, je ne les lirai pas tous, je le sais depuis longtemps, mais au début, dans l’enfance, cela me semblait possible. L’adolescence, c’était l’âge de la dévoration. C’est dans les livres que nous découvrions les mondes qui nous étaient interdits, (lourdes et ennuyeuses années soixante).

J’achetais alors des livres pour survivre à l’apnée de l’époque des villes de provinces. Et toutes les villes étaient alors de provinces…Sauf Londres, Paris, New-York, Berlin et celles au nom si doux : Rio, Zanzibar et Marrakech. Mais elles n’existaient pas. C’étaient des noms, comme Maubeuge ou Syracuse, des chansons, des mélodies mélancoliques. Et dans les livres, nous suivions Henry de Monfreid sur la Mer rouge et lisions Maurice Leblanc et Conan Doyle. Le bonheur pur.

Puis, l’âge adulte et c’est là que les ennuis commencent. La lecture change de statut, elle devient le lieu de la Distinction et des Querelles nous divisent : Sartre contre Camus, Malraux contre Hemingway…Et toujours des librairies et des bouquineries qui nous donnent à lire l’interdit : Henry Miller, Anaïs Nin, les collections de Jean-Jacques Pauvert et les érotiques d’Eric Losfeld. Du gâteau aujourd’hui…

Quelques années encore, les libraires-éditeurs (qui tentent de revenir…) de combat, les Samizdats, les tirages pirates, les libraires-refuges pour les mal baisés que nous étions. Nous apprenions à écrire, fréquentions les premiers ateliers d’écriture et très vite les animions…Des libraires complices, des librairies écrasées par le Commerce du livre et les grandes surfaces. Un désert et quelques Temples luxueux dans chaque grande de ville. Peu à peu, les borgnes et les éclopés disparaissent, ne demeure que le Luxe et le Populaire. Le Mépris passe aussi par la littérature.

Le Net arrive et les autoroutes de l’information sont comme toutes les autres : encombrées, ennuyeuses et dangereuses. Des Discours, des Crédos, des Bêtises. La librairie crève. Et les Bobos s’agitent mais lisent assez peu sauf pour s’Indigner un beau matin devant seize pages…

La Toile se resserre et devient incontournable, les eBooks tentent des percées jusqu’ici hasardeuses (Combien de Foires et de Salons du livre avec Débats sur le sujet et aucune borne de téléchargement, risible…) mais l’idée est ancrée : on lit de diverses façons, c’est bien, c’est moderne, c’est démocratique, ça ratisse plus large et le Marketing travaille.

Des illettrés en pagaille qui donnent du boulot aux formateurs surfent dans la vitesse et s’ennuient vite de ne pas saisir ce qui apparaît « soudain aux yeux du lecteur » : du temps distendu et le bonheur de disparaître dans le récit.

Des libraires s’y mettent : limonades, garderies, cafés serrés et musique douce. On se vautre dans l’écrit et le Commerce ne fait pas de « quartiers ». Mais trop, c’est trop. Des livres partout, souvent les mêmes un peu partout, la librairie vole au secours du succès !

Et les chiffres s’effondrent, le numérique affole, le papier se racornit et les lecteurs maigrissent. Alors, alors, la Crise est là pour nous mettre d’accord. Et à cet endroit précis, dans des Boutiques claires et ouvertes aux chalands, des livres apparaissent avec ou Cent papiers, ils ne tirent pas la greule, ils restent même discrets et attendent un pas de celles et ceux qui les désirent…Allons-y !

Daniel Simon

°°°

 

Libres errances en librairie

J’avais dix-sept ans. Verviers, petite villette belge, 1967. Dans les galeries Voos existait la librairie « Le Monde en poche ». Y allais-je pour les livres ou pour la libraire, si belle, si charmante mais si mariée? J’économisais les quelques sous que ma maman me donnait pour l’avoir aidée à faire la vaisselle ou replier les draps de lit. Je m’efforçais de travailler comme un forçat pour recueillir, tous les deux jours, les 27 francs (0,675 euro) que coûtait alors un livre de poche. Je ne savais qu’acheter, n’ayant lu, à l’époque, que les livres retraçant les aventures de Bob Morane, offerts par un ami de mon père alors que j’étais sur un lit d’hôpital, opéré d’une appendicectomie. Le premier livre acheté fut « Dix petits nègres » d’Agatha Christie (Je le garde comme un fétiche). Vinrent ensuite ces conneries écrites par Cronin, puis Cesbron (J’étais élève chez les Jésuites de Verviers).

Plus que les livres, j’aimais le lieu. L’odeur, la pléthore de ce qui était proposé – eu égard à mes possibilités financières. Plus tard, j’appris que la maîtresse de l’un de mes oncles était responsable du rayon « librairie » du Grand Bazar. Je m’y rendais tous les jours, avant les cours, et feuilletais presque n’importe quoi. La maîtresse de mon oncle était belle mais n’y connaissait pas grand-chose, en littérature. En fait, elle était vraiment conne. J’étais jeune et voulais acheter tous les livres de poches, pour les collectionner – du n° 1 au n° 2874 (à l’époque). Pour paraître intelligent ? Pour me sentir intelligent ? Pour me croire tel ? Je n’en sais rien.

Maintenant que j’entre dans des librairies où qu’elles se trouvent (Je n’ai plus d’élan pour les femmes-libraires, ayant trouvé ailleurs ce qui me convenait). Il en existe de plus en plus, de ces boutiques à livres, qui ne sont autre chose que des épiceries. Je n’en connais que quelques-unes, qui échappent à cette règle, à Liège. Et une ou deux, à Bruxelles, où les gens vous aident, vous guident, vous conseillent, vous incitent, vous livrent des secrets. Des libraires qui aiment partager leurs amours littéraires, sans nécessairement mettre en avant leur bénéfice financier. « Cent papiers » en fait partie. Et j’en suis heureux. Pour eux, pour moi et pour tous ceux qui peuvent rencontrer cet amour commun. J’y retrouve là mes 17 ans. Le plaisir d’une adolescence ébahie. Le choix déjà préétabli pour donner à lire des œuvres parfois discrètes mais ô combien intelligentes. C’est assez rare pour le souligner.

Jc Legros   

°°°

Non loin d’ici

de l’endroit où j’écris

un, deux, trois, quatre, cinq, six,

et caetera

en avant pour cent pas

librairie 100 papiers

on y va

 

une terrasse et un bar

et surtout des sourires et des livres

 

100 papiers ?

en fait, des milliers

pour émerveiller le quartier

 

Jack Keguenne

°°°

De la graisse, c’était partout de la graisse dans la maison. Des frites, des sauces qui collaient au plafond, des restes de saucisse, tout ce qu’il fallait pour nous faire rester chez nous, on mangeait, on se gavait, on grossissait et un jour, on n’a plus pu sortir.

Coincés qu’on était. Des masses, des tas, des encombrements graisseux. Alors, on s’est vite ennuyés. On a tourné en rond et puis on n’a plus pu. On était calés dans notre cabane de saindoux. On s’est mis à fondre d’ennui, à rétrécir mentalement. Fallait faire quelque chose. On a d’abord décollé le papier-peint pour s’occuper, on l’arrachait en lambeaux et en-dessous on est vite arrivés aux couches de journaux de fond. Des centaines d’articles collés sur les murs pour faire une bonne base pour la colle. On a tout lu. Puis on s’est encore plus ennuyés. Ca nous manquait. Mais on bouffait toujours.

Un jour, on a pu passer nos bras par la fenêtre et on les a tendus très fort jusqu’à la librairie voisine, on a un peu sali les fenêtres, des taches de doigts, mais ils nous ont vite compris. Ils nous ont refilé des livres qui nous ont permis de calmer notre faim. On s’est mis à se remplir d’autres nourritures, on s’est mis à dévorer des bouquins de tous les genres. Depuis, on a maigri et on va toutes les semaines à Cent papiers, pour garder la forme…

Günther Goethe

°°°

Dans une forêt, brouillard. Près de l’étang, l’été refroidit, les libellules sont déjà mortes et l’eau va geler bientôt. Des brindilles, des mousses et le chemin qui part vers la maison là-bas.

Une porte. Des fenêtres sans nuages. J’entre et me réchauffe auprès du feu dans la cheminée qui pétille comme une bouilloire trouée. Des linges qui pendent, un tapis, des étagères, une cuisine et deux chats.

Un fauteuil, un coffre. J’ouvre. Des livres. Une dizaine. Je passe la nuit à lire, à m’assoupir et à lire encore.

Le matin, je quitte la maison et emporte les livres sur mon dos. Le feu est éteint. La route est longue vers le village. Les arbres se penchent sur mon passage. Mes chaussures sont solides, mon sac est léger, je vais vers des histoires entrevues.

Gil Croft

°°°

Librairie cent papiers An 01

Je n’habite pas le quartier, pas même la région…

Je ne connais la librairie aux cent papiers que via le moteur de recherches, le robot qui sait tout, qui voit tout et qui peut, en un clic, me la dessiner. Devenue livre ouvert, elle dévoile ses murs parme, son mobilier de bois clair, de grandes baies vitrées, une table conviviale, quelques chaises pliées aux couleurs vives (au moins une verte et une mauve !!), un bar inattendu, des étagères colorées…

Des feuillets pendent aux cordes tendues, comme des taches de lumière, des tables rondes autour de lectures vives…

Et des livres, évidemment…

C’est là une description bien sommaire, on ne peut plus objective.

Mais que dire de l’atmosphère, celle qui fait qu’on se sente bien, une fois la porte franchie ? Non, ce n’est pas seulement parce qu’on est à l’abri des bourrasques de l’automne… Pas seulement. Que dire du regard du libraire ? Des échanges autour des livres ? Du vent frais qui entre au printemps ou du soleil trop vif qui éblouit le lecteur ? Quel écho auront ces mots d’auteurs chez les passants d’un jour ? Répondront-ils à l’invitation au voyage cachée dans leurs écrits ? Comment traduire à distance cette ambiance du concert apéritif ou celle, envolée, du concert de jazz manouche ? La pluie qui ruisselle n’a pas l’air si triste…

Quelle saveur aura ce chinotto que je n’ai encore jamais goûté ? Un jour je peux être proseco et le lendemain zinnebier, au fil de mes envies… et au fil de mon temps libre, entre l’aube et l’heure de l’apéro du soir…

A mes étudiants, j’apprends que, dans d’autres pays, naissent des bibliothèques que l’on appelle « de troisième lieu » en distinction des deux premiers : le foyer et le travail. Des lieux où les personnes, ayant déposé leur stress au vestiaire, peuvent rompre avec la solitude et échanger en prenant un petit café ou un verre de vin italien dans un espace confortable et douillet… Une large amplitude de la grille horaire leur permet une belle accessibilité. Garant de la liberté d’expression, cet établissement veut présenter à certains usagers, moins habitués, le visage d’une culture chaleureuse et vivante.

Et de citer comme exemple Chicago, Québec, Toronto, Amsterdam…

L’herbe est-elle toujours plus verte chez son voisin ?

Je leur dirai, dorénavant, d’aller faire un tour à un saut de puce du parc Josaphat, à la librairie cent papiers de Schaerbeek.

Marie-Hélène  Van Haesdonck

 

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« Le sport m’a tuer » Feuillets de corde N°7

Posté par traverse le 9 septembre 2012

 

Présentation le 23 septembre par Daniel Simon et Jack Keguenne

de Jean-Claude Legros (texte) et Jean Coulon (gravure) dans le cadre 

des Feuillets de corde N°7 « Le Sport m’a tuer » 

à la Librairie 100 Papiers

(23 Avenue Louis Bertrand- 1030 Schaerbeek) à 16h30- 19h).

http://www.traverse.be/feuillets-de-corde.php

 

 

Bienvenue, lectures, verre de l’amitié, cheval d’arçon et anneaux.

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Quand vous serez

Posté par traverse le 6 septembre 2012

Quand vous serez Daniel-Simon-peinture-300x240

2QUAND-VOUS-SEREZ-COUV-CPLTweb-300x211

 

Le jeudi 20 septembre de 18h30 à 20h30 à la Librairie Cent Papiers Schaerbeek

(23 venue Louis Bertrand- 1030 Schaerbeek)

présentation de « Quand vous serez » par Eric Piette et projection du film (10 minutes)

« La dernière fois que me mère est morte » de Jacques Deglas (écriture, jeu: Daniel Simon)…

 

Bienvenue!

 

 

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Le Léon de Léa – Marianne Kremer

Posté par traverse le 2 septembre 2012

Le Léon de Léa - Marianne Kremer fenetre

Photo Laurence Biron

Cette année, j’ai rencontré Marianne Kremer dans l’Atelier d’écriture « Tables de Mémoires »…

(Les lundis après-midi à et avec la Bibliothèque Sésame de Schaerbeek)

http://traverse.unblog.fr/ateliers-et-formations/

Un sensibilité, une force, une écoute exceptionnelles.

Et je découvre ses textes de séances en séances.

Un jour, elle nous propose « Le Léon de Léa »…

Lecture. Réactions, enthosiasme. Elle peaufine son texte et l’envoie à Femmes d’aujourd’hui.

Qui le publie il y a quinze jours. Bravo Marianne!

fichier pdf Le_Leon_de_Lea

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Ateliers d’écriture 2012-2013

Posté par traverse le 1 septembre 2012

http://traverse.unblog.fr/files/2009/12/DanielSimon-septembre.pdf

 fichier pdf DanielSimon septembre

Ateliers d'écriture 2012-2013 P1000761-300x225

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(Forêt Mirwart 08/2012)

 

 

 

 

 

 

 

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Checkpointfestival,à Bruxelles 21-28 septembre

Posté par traverse le 24 août 2012

C’est parti! Kenan Görgün à la création et à la programmation de ce Festival deuxième et majestueuse édition…

Littérature, arts, musique, rencontres, plusieurs lieux, à toutes les heures, dans toutes les ondes…

http://www.checkpointfestival.com/

 

Checkpointfestival,à Bruxelles 21-28 septembre HORAIRESPOUVOIR

danielss
danielshadow

Atelier fiction et récit de vie animé par Daniel Simon, écrivain, animateur et formateur (Traverse asbl).

LDEI
denis
shadow
Atelier d’écriture de scénario, animé par Laurent Denis, scénariste des Fourmis Rouges et de la mini-série Le Kot.

 

TPNPtpnnh
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Performance et défis ludiques par les francs-tireurs de la Troupe Poétique Nomade.

 


HDIALOGUES

Une rencontre littéraire animée par Daniel Simon, avec Johan de Boose, Kenan Görgün et un invité surprise.

HJOHAN

johanshadow

Un des écrivains majeurs de Flandre, romancier des violences de l’Histoire, arpenteur infatigable de ses champs de bataille, de ses trahisons et de ses résistances, il est une voix urgente, épris de justesse littéraire et de justice humaine.

HKENANkenan
shadow

Romancier, réalisateur, scénariste, belge, turc, né flamand, écrivant en français et en turc, en équilibre, toujours, entre ici et ailleurs, hier et demain, au croisement des générations et des modes d’expression. Cadet des quatre mousquetaires de ce soir, il est passeur d’un message adressé à l’homme universel.

 

INVITES

surpriseshadow

Un grand nom de la littérature francophone nous fera l’honneur d’être l’invité surprise de notre journée et rencontrera son public dans le cadre de notre débat Dialogues de l’audace.

 

 


 

HBOXON


pouvoir

Poésie et musique flamenco, toutes deux poussées à des paroxysmes d’intensité, en un métissage des formes d’expression et des influences, sur le bord ou à la limite du chant, du conte urbain, de l’écriture théâtrale contemporaine qui font du nouveau spectacle de Récital Boxon un voyage vers une destination inconnue.
Impossible à enfermer dans une case…. Ils ne se laissent pas si facilement emmurer. Ils nous emmènent en dehors des frontières, convoquant une zone libre, un voyage non sans tempête, là où la rage n’est pas négociable, où l’humour et la satyre surgissent soudain comme une vague.
Autour de Maïa Chauvier et de Marolito, de nouveaux musiciens pour une nouvelle RéEvolution poétique !

LE LIEU
  • logo-Tentation
    La Tentation
    Rue de Laeken 28 – 1000 Bruxelles
    www.centrogalego.be
    T. +32 (0)2 223 22 75

    Métro lignes 1 et 5 / Tram 3, 4, 31, 32
    Bus 29, 38, 46, 47, 63, 66, 86, 88
    > arrêt De Brouckère
    VILLO station 21, place De Brouckère

TARIFS
  • Les ateliers sont gratuits mais uniquement sur inscription.

    Attention, le nombre de places est limité.

    Réservation :
    Kadir Demir :
    0486/67 09 30 – checkpoint.festival@gmail.com


    A PARTIR DE 19H 

    Entre € 3 et € 7.
    Le prix d’entrée sera déterminé par une Roue de la Fortune

    Gratuit pour les – 12 ans.
    Art 27 : € 1,25

 

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Ateliers d’écriture et littéraire UDA

Posté par traverse le 21 août 2012

Ateliers d'écriture et littéraire UDA retour-des-mineurs.JPEG-300x184

A l’Université des Aînés à L-L-N

(2012-2013)

http://www.universitedesaines.be/fiche-formation.php?categorie=210

Récit de vie : première étape

Description :

Aujourd’hui, la parole ne suffit pas, la parole ne suffit plus. Elle glisse imperceptiblement vers un nous, pire, un on qui ne veut plus rien dire. Ça glisse et puis ça se dilue, avant de disparaître? écrire un récit de vie chez soi, doucement, à son rythme puis le proposer à la lecture (par l’animateur ou un(e) autre participant ( e)) pour mieux le faire entendre. Et puis, prendre le temps des commentaires, soutenir le travail en cours, laisser éclore l’intime, la mémoire, les échos d’une vie que le récit restaure? Il est important de souligner que jamais il n’y aura d’intrusion dans la vie des personnes. Nous travaillons sur les textes, les relations orales autour de ces textes, nous nous réjouissons d’apprendre de nouvelles façons « d’être au monde »? Aucun prérequis. Un livre rassemblant les récits choisis par les auteur ( e)s paraît à la fin du cycle.

Date(s) : Le vendredi
- 28 septembre 2012
- 19 octobre 2012
- 23 novembre 2012
- 14 décembre 2012
- 11 janvier 2013
- 22 février 2013
- 15 mars 2013
- 19 avril 2013
- 24 mai 2013
- 7 juin 2013

Horaire : De 09h30 – 12h30

Lieu : Salle Magritte à LLN — Plans des auditoires de Louvain-la-Neuve

Prix : 146 €  -  Code d’activité : 7640

Récit de vie : deuxième étape

Date(s) : Le vendredi
- 28 septembre 2012
- 19 octobre 2012
- 23 novembre 2012
- 14 décembre 2012
- 11 janvier 2013
- 22 février 2013
- 15 mars 2013
- 19 avril 2013
- 24 mai 2013
- 7 juin 2013

Horaire : De 14h00 – 17h00

Lieu : Salle Magritte à LLN — Plans des auditoires de Louvain-la-Neuve

Prix : 146 €

Code d’activité : 7642

Formateur / trice : Daniel Simon

Description :

Ecrire et lire ou se faire lire? en dix séances dans la connivence et le respect de chaque singularité, voilà le projet de cet atelier d’écriture de récits de vie. Ici, une certaine expérience de travail de l’écriture relie les participant(e)s. Nous soutenons donc plus de nouvelles exigences pour atteindre ainsi de nouveaux lieux du souvenir et de l’émotion. Les ateliers d’écriture sont des moments de nouveaux apprentissages de quelque chose qui se tend entre l’écriture, la littérature et le rêve, de « saisir » ce qui encombre ou flotte en nous. Ce sont aussi des lieux pour s’abandonner au doux voisinage des mots qui font entendre la vie de celles et ceux qui prennent le temps de la « déposer » dans des récits. Un livre rassemblant les récits choisis par les auteur(e)s paraît à la fin du cycle.

Atelier littéraire (lectures)

Le monde en pages

Date(s) : Le vendredi
- 5,26 octobre 2012
- 16 novembre 2012
- 7 décembre 2012
- 18 janvier 2013
- 8 février 2013
- 8 mars 2013
- 26 avril 2013
- 17 mai 2013
- 14 juin 2013

Horaire : De 14h00 – 17h00

Lieu : Salle Magritte à LLN — Plans des auditoires de Louvain-la-Neuve

Prix : 146 €

Code d’activité : 7644

Formateur / trice : Daniel Simon

Description :

Chaque mois, l’atelier littéraire « Le monde en pages » sera consacré à un auteur d’un pays différent. Un dossier (à propos du livre, de son contexte historique, littéraire?) est envoyé avant chaque séance aux participants. Débats, coups de coeur, traversées dix fois par an » Chaque mois, un auteur, un livre, une époque, une culture? Chaque mois, « Le monde en pages » ouvrira ses portes à un rendez-vous littéraire où chacune et chacun pourra réagir à une lecture proposée par l?animateur et certaines propositions des participant(e)s. Cet atelier littéraire nous permettra de voyager dans les littératures d’Europe, d’Amérique, d?Asie, et d’Afrique. Une façon de briser les lieux communs de la mondialisation culturelle? et de découvrir des livres forts et variés? Les littératures du monde sont des ponts magnifiques entre les cultures et nous faisons de l’atelier « Le monde en pages » une sorte d’embarcadère permanent? Cette pluralité de lectures fait la richesse et tout le sens d’un atelier littéraire.

Livres proposés pour Le Monde en pages

(Premières livraisons à lire dans l’ordre)

- Yoko OGAWA, Cristallisation secrète, (traduit du japonais pat Rose-Marie Makino), Actes Sud (coll. « Lettres japonaises »), 2009 – Japon

- La liseuse de Paul Fournel, POL éditions, 2012 – France

- La malédiction des colombes de  Louise Erdrich,  Albin Michel,   2010 – Etats-Unis d’Amérique

- Cette vie de Karel Schoeman, Editions Phébus, 2009 – Afrique du Sud

- Les anges ne reviendront pas, Firouz NADJI-GHAZVINI  pas – Denoël 2005- Iran

- Istanbul est un conte de Mario Levi, éditions Sabine Wespierser, 2010  –  Turquie

 

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En bref, quelques infos de rencontres

Posté par traverse le 20 août 2012

En bref, quelques infos de rencontres 2QUAND-VOUS-SEREZ-COUV-CPLTweb-300x211

Présentation le 20 septembre de mes proses poétiques « Quand vous serez »

(Editions MEO) par Eric Piette à la librairie 100 Papiers (23 Avenue Louis Bertrand-

1030 Schaerbeek) à (18h-20h).

Lectures, projection en première mondiale !!!!!!!!!!!!

du film de Jacques Deglas

(Vidéo 10 minutes)

« La dernière fois que ma mère est morte » 

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Texte, scénario, voix et jeu: Daniel Simon

Entrée gratuite. Verre de l’amitié. 

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Présentation le 23 septembre par Daniel Simon et Jack Keguenne de Jean-Claude Legros (texte) et Jean Coulon (gravure) dans le cadre des Feuillets de corde N°7 « Le Sport m’a tuer » à la Librairie 100 Papiers (23 Avenue Louis Bertrand- 1030 Schaerbeek) à 16h30 (-20h). http://www.traverse.be/feuillets-de-corde.php

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Journée d’Atelier d’écriture de prose dans le cadre de « Checkpoint Festival » à Bruxelles le 24 septembre (10h-17h) et lectures publiques le soir dans le cadre du Festival.http://www.facebook.com/pages/CHECKPOINT-Festival

 

0486/670930      checkpointfestival@gmail.com

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(Pavé-Mosaïque indiquant un lieu d’exposition (trottoirs annonces…)

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Toile Calligraphismes.

Participation au « Parcours d’artistes » les deux week-ends du 29-30 septembre et 6-7 octobre 2012 de 14 à 18h à La Brasserie (10, avenue Paul Deschanel – 1030  Bruxelles) avec des Calligraphismes (Des textes, des signes, des tracés sur toiles, greffages photographiques et matières.) www.traverse.be et Service culture : 02/240 34 99

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Présentation de Daniel Simon le 6 octobre au Grenier Jane Tony par Piet Linkens: « Quand vous serez » (roses poétiques , MEO éditions) et « Ne trouves-tu pas que le temps change ? » (Nouvelles, Le Cri) à la « Fleur de papier doré » à 16h. à 16h. 

http://traverse.unblog.fr/2012/07/26/ne-trouves-tu-pas-que-le-temps-change-radio/

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Présentation par Daniel Silmon de Yves Namur (« La tristesse du Figuier ») le 21  novembre à 18h à l’AEB.

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Présentation par Joseph Bodson de « Ne trouves-tu pas que le temps change et Quand vous serez lors de la séance du 20 février de l’AEB.

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Des écarts de lumières

Posté par traverse le 6 août 2012

Pour Ben Weisgerber.

Des écarts de lumières 09_Symbiose_018-300x199

Allez voir son site (je vous invite par sa page Feuillets de corde. Merci Ben!):

http://www.benweisgerber.com/?25_Symbiose_|_Feuillets_de_corde_|_Femme_a_la_mer

 

La vie ne suffit pas, le regard ne capte rien, la parole se disperse, la main hésite et le cœur n’y est pas si la forme manque pour accueillir le monde. Les photographies de Ben Weisgerber tentent de rassembler dans un cadre ce qui flotte en nous et se dilate dans l’impassible fuite du temps. La photographie a un ennemi fatal : la vie littérale.

Ben Weisgerber sait que le biais, l’étonnement retenu sont des points d’appui du regard pour qui veut nous aider à voir… Le temps des artistes est de nous concentrer dans l’avenir qui vient vers nous, à chaque instant. Un avenir imperceptible sans ceux qui inaugurent des illusions de stabilité arrachées à l’entremêlement des choses. Ben Weisgerber photographie la lumière au travail dans les corps, les visages, celle qui nous rend un court instant étrangers à nous-mêmes dans un reconnaissable éloigné des évidences. Il saisit la nature dans des enchantements qui vont comme l’homme, le sourire offert et les yeux grands ouverts. Il a du temps, pense-t-il, alors il le prend, naturellement, pour photographier ce qui vient à lui…et dépose ces « écarts de lumières » dans la matière qu’il nous redonne à vivre.

Juin 2012

http://feuilletsdecorde.unblog.fr/

 

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Moutons Cochons (de Vincent Tholomé) en portugais

Posté par traverse le 3 août 2012

Moutons Cochons (de Vincent Tholomé) en portugais MC1_NEWweb1-216x300

Carneiros Porcos

 

CARNEIROS

sóbrio

é

nosso

exterior

de

fino

corte

os nossos

rostos

quadrados

escanhoados

de

perto

nada

nem

ninguém

ultrapassa

os

limites

que impõem

os

corrimões

das escadas

nos

lançando

propulsando

para

o espaço

um

rebanho

de

foguetes

esfuziantes

dentro

do

mundo

sóbrio

e

perfeito

escanhoado(s)

de

perto

são

os nossos

interiores

sem

nuvens

submersas

de repente

pelas ondas

sem

redemoinhos

sem

remorsos

nos

inundam

e

nos

banham

e

nos

lavam

das escórias

e

das poeiras

desembaraçando

o

prado

nos

deixando

como

um

vazio

uma

lacuna

calma

e

sobre

nós

seduzindo

esfuziante

ela

dentro

do

mundo

um

dia

sim

ela

nos

preencherá

a nós

aqueles

da

fila

da

linha

do autocarro

ou

da

caixa

do

supermercado

NÓS

A CÓPIA EXACTA

DOS NOSSOS TEMPOS

PORCOS

NÓS

A CÓPIA EXACTA

DOS NOSSOS TEMPOS

nós

tão

sóbrios

e

de

fino

corte

vistos

de

fora

dentro

dos nossos

fatos

de cerimónia

quadrados

e

todo

o sorriso

nada

nem

ninguém

do

seu interior

ultrapassa

os

nossos

lábios

fuselados

sem nuvens

filando

dentro

do

mundo

sóbrio

perfeito

o rebanho

primorosamente

escanhoado

e

branco

levado

para o

grande

caldeirão

das

águas

escoando

fluídas

em

vagas

sem

idade

agitadas

e

furiosas

banhando

as

falhas

fissuras

do

nosso interior

amordaçando

nossos

cães

nossas

matilhas

interiores

transbordando

todavia

às vezes

das

cubas

dos

carris

se

derramando

depois

comboio

fluido

e

furioso

travando

o

mundo

sim

reduzindo

o

branco

perfeito

e o

branco

do

mundo

esse

estimado

autocarro

esse

bólide

cilíndrico

compressor

que nos

amordaça

o interior

Tradução, Helder Wasterlain

 

MERCI Helder!

Traduction: Helder Wasterlain (publié en français dans les Feuillets de corde N°2 avec Jean-Claude Salemi à la gravure…)

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Ecrire le biographique!

Posté par traverse le 28 juillet 2012

 

 

 

 

 

 

Ecrire le biographique! Lettre-de-Magritte-259x300

Lettre de Magritte (du Blog de Paul Emond)

Un atelier d’écriture du 23 au 27 juillet à la Maison du livre se termine… Patrimoine photographique et récit de vie. Semaine splendide, rencontres au coeur du travail et des échanges. Merci à celles et à ceux…

Bientôt…

RÉCIT BIOGRAPHIQUE, FICTION ET PHOTOGRAPHIE…. (COMPLET)
Du 6 au 10 août de 14 à 17h - Bibliothèque Sésame

Des photographies familiales, privées qui servent de bases à des récits biographiques

ou de fiction…Faire de l’intime une histoire à transmettre…

Animation: Daniel Simon

PAF: 110 euros Compte: 068-2144376-24 de Traverse

 

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Ne trouves-tu pas que le temps change? Radio…

Posté par traverse le 26 juillet 2012

Le mardi 31 juillet à 11h, RV à l’émission Culture Club (RTBF) avec Laurent Dehossay pour

parler avec moi de mon livre « Ne trouves-tu pas que le temps change? » aux éditions le Cri.

(Prix   Gauchez-Philppot  2012)

MERCI à Laurent Dehossay pour la qualité de l’entretien…

Podcast radio de l’émission: http://www.rtbf.be/radio/podcast/player?id=1748158

Ne trouves-tu pas que le temps change? Radio... rectoweb

 

http://www.lecri.be/lecri.acgi$CriCat_fr?art=LC004188fr&Session=S58790&Skin=Cri

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Le sport m’a tuer

Posté par traverse le 20 juillet 2012

Les Feuillets de corde arrivent bientôt au N° 7 avec présentation le dimanche 23 septembre dès 16h30 à la Librairie 100 Papiers (23 avenue Luis Bertrand 1030 Schaerbeek) de « Le sport m’a tuer » de Jean-Claude Legros (écrivain, alpiniste, jardinier,…A publié récemment, « La montagne à mots choisis » chez Glénat et prépare un nouveau manuscrit pour la collection Je …Sortie pour la Foire du Livre 2013) avec Jean Coulon à la gravure…(fantastique univers narratif, poétique et si maîtrisé du « maître des miniatures »). Vous pouvez déjà bloquercette date…Une rentrée en formes grâce aux Feuillets de corde -:) Verre de l’amitié offert et gâteries éditoriales…

En attendant vous pouvez toujours visiter les anciens numéros, les commander ou les commenter sur

http://www.traverse.be/feuillets-de-corde.php

 

et vous balader dans les films et photos issus des Rencontres de lancements des Feuillets…

http://feuilletsdecorde.unblog.fr/

 

Enfin, last but not least, la traduction par l’ami Hélder Wasterlain en portugais des « Enfants chiants » et de l’Edition du premier numéro des Feuillets…

Traduction qui vient de m’arriver du Portugal.

Hélder Wasterlain est un artiste portugais rencontré là et qui vit aujourd’hui ici…Merci Helder!

Le sport m'a tuer Feuillets1-209x300
Les enfants chiants / As crianças chatas

As crianças terríveis
Ajudam-nos a esquecer
As crianças chatas.

Não duvidem, eu fui uma,
Não duvidem, vocês também o foram,
Dessas crianças invencíveis
Que nós éramos e que continuaremos a ser
Uns empecilhos na mixórdia espérmica,
Entre óvulos tristonhos
E amores pick-nick
Fizemos o nosso nobre destino,
Putos pobres e putos chochos,
Mas o tempo passou
E o pior do grupo
Já percebeu que passar e repassar
As lágrimas sob a máquina de arar
Faz crescer um idiota ou um triste imbecil
Dessa antiga criança dissolvida na ilusão
Das infinitas festas. “Eu quero, eu quero, eu quero!”

E vejam quem entra em cena
Os pais, frescos e novos, os heróis de hoje,
Progenitores apressados,
Anafados e felizes por concentrarem o mundo
Mais uma vez em líquidos amnióticos,
Um bebé está a caminho, um pequeno deus risonho
Ouvidos tapados,
Já está, a criança nasceu e a felicidade é pontual,
Enfim, começa a farsa.

Muito depressa, elas engolem, e fungam e emborcam
Litros de soda, rebuçados e açúcar,
Enquanto o Senhor – pelo menos ao Domingo está presente –,
Cavalga a nobre esposa, e o contrário também acontece,
O cansaço é amigo das igualdades frouxas,
E as crianças, querido? E as crianças, querida?
Esparramadas diante dos plasmas
Sorvendo, babadas, imagens sem valor,
Gritam, choramingam e comandam
A tropa parental que se põe logo em sentido
Para acalmar a passarada insolente e risonha
Às vezes traumatizada por antigos males,
Basta escutar no meio do barulho das famílias,
Estas crianças sem piedade têm nomes encantadores,
Heróis do seu tempo, nomes que damos aos nossos caniches,
Crianças de calendário e crianças de Domingo,
Dizemos-lhes bem dos pintores e escritores enfadonhos,
Crianças repetitivas e do “não há azar”,
Crianças entediantes e de longas ausências.
Crianças chatas…
E vem-nos o sorriso.
Melancolia, sentimento de partilha,
Vingança, enfim, mínima,
Sejamos honestos, desejo de liquidação
(“saldos, fim de stock”)
Estupefacção diante das crianças Titanic,
Tristeza por vê-los atrás da falsidade,
Pais tão tolerantes, tão, como dizê-lo…
Vaporosos, voláteis, volúveis,
Munidos de ajudas psíquicas e de argumentos sociais,
Pais frustrados e tristes,
Pais marcados pelo indefinidamente
(correr, levantar, conduzir…),
Pais interessados, ligados, conectados,
Recompostos, abandonados, arruinados, vazios.

Crianças chatas, por toda a parte reconhecíveis:
Nos corredores das lojas, na escola,
Nos comboios, eléctricos e aviões,
Salas de espectáculo e de espera,
Visitas familiares, festas anuais e parques de atracções…
A vossa violenta presença dá-nos às vezes
Vontade de cravar os vossos pais às placas
Com a seguinte inscrição: “Aqui pagamos a pronto”.
Elas cercam-nos perigosamente
E seus caninos brilham
Em dias tristes é quando elas rondam.
Vemo-las a uivar à Lua
Todas as noites reclamam uma parte, um pedacinho da parte
Do que não está à venda: o tempo, a escuta e as respostas claras.
Mas nós não estamos aqui
Para lançar galhos de moral para a fogueira.
Temos lembranças muito vivas dessas crianças
E nós às vezes conhecemos a mágoa desse tempo.

Das novas crianças afogadas entre as vagas
E o açúcar assassino, traçámos aqui
Um retrato fiel, não as vemos
Como monstros em miniatura mas antes como crianças devoradas
Pelo Bicho-Papão, que ontem à noite já encheu
A pança com os exaustos pais.
O Diabo está vivo e anda por perto.
O flautista já nos tinha avisado:
Às vezes basta uma melodia para encaminhar
As crianças fascinadas para as profundas florestas
De onde não vêm mais… olhando à distância
O nosso mundo vazio no qual somos numerosos,
Agitados e infelizes, o coração tão longe do coração
E no bico a palavra que às vezes nos cai
Como um queijo mole no pequeno deserto
De faz de conta que é o nosso país.

CONTRA – ÉDITO
“Lentamente, examino as vossas ruínas.”
Achille Chavée

A publicação dos “Folhetos de cordel” pretende ser uma publicação “efervescente”, que crepita quando consumida… Um sonho com alguns anos: escrever regularmente um texto acerca dos podres do mundo em que vivemos… E de repente, pronto, aparece nos meses de Outono a “Literatura de Cordel” brasileira e a ideia fica clara: um gravador, um texto.
Esta divisão faz avançar o projecto. Primeiro com Jack Keguenne, que me propõe alguns artistas seus conhecidos que aceitaram, também eles, jogar o jogo e de crepitar connosco… Depois vem Pierre Bertrand que associa a sua editora nesta aventura (Couleurs Livres). Obrigado a todos.
Este primeiro número, “As crianças chatas”, impunha-se-me e deu mote: sem provocação, sem insolência gratuita, mas tentando captar o “ar do tempo”, esse que La Fontaine nos descreve tão bem: “Eles não morriam todos mas todos estavam doentes”(Os animais doentes da peste).
Duas vezes por mês lançamos um tema, um escritor, um gravador (e evidentemente que tudo isto por ser no feminino).
Os textos e as gravuras serão colocados na página / site da Associação Traverse e disponível em formato áudio (Podcast). Boa leitura, crepitem e até já!

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Elle passe dans la rue

Posté par traverse le 17 juillet 2012

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(Gravure: Johanna Matlet – Feuillets de corde

« Pas de souci avec Eric Piette au texte)

Elle passe dans la rue, son petit garçon à la main, le ciel est bas et des poussières piquent les yeux,  les murs sont noirs du temps des pauvres et le tram cahote au loin en stridulant, elle passe en pensant à son amour défait, aux livres qu’elle aimait, aux vaisselles à faire et son enfant accorde son pas à ses talons qui sonnent, le tram est bientôt là, la journée se détend dans des secousses lentes, une main se saisit du camé d’une mère lointaine, un bijou qu’elle porte pour traverser le jour et atteindre la nuit dans le brouillard des hommes, une main forte et jeune l’arrache d’un seul coup, une marque légère lui découpe la gorge dans les rires qui dévalent, elle lâche son enfant un instant et vite reprend son pas dans des frissons salés.

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Mémoires et notes diverses à Joli Mai

Posté par traverse le 13 juillet 2012

Je lis .... Mémoires et notes diverses à Joli Mai coverbxlseconte016danielsimon.vignette lundi 16 juillet à la librairie Joli Mai 
à Saint-Gilles...dès 18h...

Cette invitation pour vous proposer de participer à une présentation 
de la collection Bruxelles se conte de Maelström 
Présentation de la collection
"Bruxelles se conte"   Editions Maelström - booklegs

www.maelstromreevolution.org
avec des lectures de David Giannoni,Tom Nisse & Daniel Simon

Pratiquement, la librairie se situe au 29 avenue Paul Dejaer 1060 Bxl 
(barrière de St. Gilles en face de l'arrêt du tram 81 - 83 qui descend), 
la soirée commencera à 18h et commencerait un peu plus tard avec 
une présentation de la série booklegs Bruxelles se conte et ensuite 
lectures...
(environ 10 à 12 minutes chacune)

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Dans le Parc/Le Non-Dit par Michel Voiturier

Posté par traverse le 11 juillet 2012

 

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Le Rêve du Jardin à Coïmbra en juillet

Posté par traverse le 6 juillet 2012

Le Rêve du Jardin à Coïmbra en juillet Foto-2

J’ai écrit et mis en scène cette fable pour enfants, Le Rêve du Jardin, il y a une dizaine d’années. Elle a été traduite et adaptée à la scène en flamand par le Taptoe Theater de Gand ainsi qu’en portugais par la troupe Cameleon de Coïmbra,…La revoilà en scène cet été…dans le cadre du Festival des Arts de Coïmbra.

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Si vous passez par la belle ville de Coïmbra….n’hésitez pas….

Le spectacle est très visuel et vous comprendrez le portugais…

http://www.festivaldasartes.com/o-sonho-do-jardim/

 

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Quand vous serez

Posté par traverse le 1 juillet 2012

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Le livre sera présenté en septembre 2012 à la Librairie 100 Papiers par Eric Piette…

On vous dira.

Critiques

Des carrés de pensées denses, tantôt fleuries de poésie, tantôt piquées de philosophie, mais toujours denses à déchiffrer, où chacun, finalement, lit ce qu’il veut lire entre les lignes en pointillés. C’est ça, la poésie, la liberté. Les textes ont beau être brefs, ils prennent du temps à lire. Puzzles de mots à démêler. Pas simple. Daniel Simon nous balade à travers ses écrits. « Quand vous serez… »… : des carrés-promenades touffus – sans points, sans points de repère – mais délimités au cordeau, où s’alignent rêves et pensées entremêlés, où l’on est « étonné de ne plus rien comprendre » comme le dit l’auteur. Mais, conclut-il au bout de ses errances dans le potager de la vie où il cultive ses idées, « ça je le sais et quelques choses encore. » On passe ensuite aux Echographies 1 et 2. La vie passée à l’échographie…de la pensée ? Après Babel  poubelle, une succession de phrases éclatées, de bribes de pensées jetées au vent, et des images, des anecdotes, piquées ça et là dans le quotidien et qui nous sont livrées telles quelles, au petit bonheur des jours. Malgré le jasmin du jardin, l’auteur « tombe lentement dans un vaste chagrin ». Mais il écrit. Il se nourrit d’encre. Ecrire est  rassurant. Se poser sur des mots pour s’envoler plus haut, si l’on peut. « Passer à travers en laissant une trace, le poème ». Une trace. Ou davantage. Ca aide à vivre. Quand vous serez bien vieille le soir à la chandelle… c’est toujours de mise. L’amour, le temps qui passe, la mort qui suit, remuer des mots pour tenter d’extraire de ce bouillon de culture la substantifique moelle de la vie. Quel doux plaisir…

Isabelle Fable
, Reflets Wallonie-Bruxelles

 

Dans ce recueil, Daniel Simon évoque la beauté fugace du monde, la fuite du temps(« le temps est notre plus précieux ennemi et nous devons l’aimer comme un amour qui s’éloigne ») et l’instabilité socio-économique ambiante. Mais plutôt que de se livrer à une « radiographie » du monde comme il va, le poète part de l’observation minutieuse de notre quotidien afin de dresser un portrait tantôt onirique tantôt réaliste de notre petite communauté humaine et mettre au jour la grandeur des âmes et des choses. Ainsi, à travers ces textes nés de rencontres et de perceptions diverses, Simon fustige un monde dans lequel l’individu a tendance a disparaître dans la masse monétaire et est séparé de ce qu’il est vraiment. Bref, en faisant le procès d’une époque où l’on a de plus en plus de mal à dissocier la réalité formelle de la réalité objective et où la superficialité voire la vulgarité deviennent la norme, le poète dénonce les falsifications de la vie et nous invite à dépasser le stade des représentations pour sortir de l’ignorance dans laquelle on est maintenu et saisir toutes les potentialités de l’existence. Car, et c’est l’originalité du propos de ce livre, si  le poète déplore la déshumanisation qui gangrène nos sociétés modernes, il excelle également à mettre en valeur les « beaux fruits » que nous offre le monde…

« Quand vous serez dissipés dans la brume exhalée des vivants, que vous prendrez la mesure d’une infinie coudée votre vie passée, que vous direz en murmurant à l’oreille des enfants des choses entendues qui sauvent parfois des bouches trop goulues, que vous ferez mine de rien entre deux saules ici et deux ombres là-bas, que vous irez dans la vulgaire engeance des colères anciennes à califourchon sur de fières injustices, vous vous direz peut-être : va et note le chemin de ces quelques poèmes tombés de la poche du farouche claudiquant.  »

« Quand vous serez » est un recueil d’impressions dans lequel le poète s’emploie à questionner le réel (devenu de plus en plus…virtuel !) pour s’interroger sur le vrai sens de la vie, se découvrir autre(« écrire, c’est détruire toutes les façons de percevoir existant déjà ») et saisir au vol l’ivresse de vivre de ses contemporains. Bref, par la grâce d’une écriture élégante et parfaitement maitrisée, Daniel Simon transfigure la réalité voire la recompose pour mettre en avant les forces actives de la vie et recueillir l’enthousiasme des utopies qui chantent dans la nuit du monde.

Pierre Schroven, Traversées

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« Ne pas mourir idiot (e) »

Posté par traverse le 23 juin 2012

Ca continue!!!

Les Feuillets de corde N°6

avec Elisabeth Bronitz à la gravure

et Milady Renoir au texte:

« Ne pas mourir idiot (e) »…

Ouverture et performances à 17h30 à la Libraire 100 Papiers

(23 av Louis Bertrand 1030 Schaerbeek)

le dimanche 1er juillet…

Invitation et verre de l’amitié offert. Lectures,

présentations, textes et lectures des invités bienvenus…

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Poussières d’étoiles

Posté par traverse le 18 juin 2012

 

Poussières d'étoiles c_musique_fdm2012

 Le 23 juin, 15h, Place Jambline de Meux, Schaerbeek

« Poussières d’Etoiles »

Petit opéra de quartier 

« Poussières d’Etoiles » est un opéra de quartier initié par Diana Gonnissen,

professeur de chant à l’Académie de Musique Instrumentale de Schaerbeek.

Son objectif était de rassembler des personnes d’horizons et d’âges différents

dans une création collective.  Des ateliers préparatoires ont pu être organisés

en collaboration avec certains comités de quartier et les Bibliothèques francophones

de Schaerbeek.

Des amateurs et des professionnels ont ainsi pu créer un nouveau chorus,

chanter et écrire tout en se projetant ensemble dans la rigueur d’un cadre artistique.

Poussières d’Etoiles est joué pour la première fois à l’occasion de la Fête

de la Musique à Schaerbeek.

www.lasalamandreproductions.be

 

 

 

 

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M’enfuir m’amuse

Posté par traverse le 14 juin 2012

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Petite Poucette

Posté par traverse le 13 juin 2012

Petite Poucette

discours prononcé par M. Michel SERRES
délégué de l’Académie française

Séance du mardi 1er mars 2011

LES NOUVEAUX DÉFIS DE L’ÉDUCATION

PARIS PALAIS DE L’INSTITUT

 

   Avant d’enseigner quoi que ce soit à qui que ce soit, au moins faut-il le connaître. Qui se présente, aujourd’hui, à l’école, au collège, au lycée, à l’université ?

- I -

Ce nouvel écolier, cette jeune étudiante n’a jamais vu veau, vache, cochon ni couvée. En 1900, la majorité des humains, sur la planète, s’occupaient de labourage et de pâturage ; en 2010, la France, comme les pays analogues au nôtre, ne compte plus qu’un pour cent de paysans. Sans doute faut-il voir là une des plus immenses ruptures de l’histoire, depuis le néolithique. Jadis référée aux pratiques géorgiques, la culture change.

Celle ou celui que je vous présente ne vit plus en compagnie des vivants, n’habite plus la même Terre, n’a donc plus le même rapport au monde. Il ou elle ne voit que la nature arcadienne des vacances, du loisir ou du tourisme.

- Il habite la ville. Ses prédécesseurs immédiats, pour plus de la moitié, hantaient les champs. Mais il est devenu sensible aux questions d’environnement. Prudent, il polluera moins que nous autres, adultes inconscients et narcissiques. Il n’a plus le même monde physique et vital, ni le même monde en nombre, la démographie ayant soudain bondi vers sept milliards d’humains.

- Son espérance de vie est, au moins, de quatre-vingts ans. Le jour de leur mariage, ses arrière- grands-parents s’étaient juré fidélité pour à peine une décennie. Qu’il et elle envisagent de vivre ensemble, vont-ils jurer de même pour soixante-cinq ans ? Leurs parents héritèrent vers la trentaine, ils attendront la vieillesse pour recevoir ce legs. Ils n’ont plus la même vie, ne vivent plus les mêmes âges, ne connaissent plus le même mariage ni la même transmission de biens.

- Depuis soixante ans, intervalle unique dans notre histoire, il et elle n’ont jamais connu de guerre, ni bientôt leurs dirigeants ni leurs enseignants. Bénéficiant des progrès de la médecine et, en pharmacie, des antalgiques et anesthésiques, ils ont moins souffert, statistiquement parlant, que leurs prédécesseurs. Ont-ils eu faim ?

Or, religieuse ou laïque, toute morale se résumait à des exercices destinés à supporter une douleur inévitable et quotidienne : maladies, famine, cruauté du monde.
Ils n’ont plus le même corps ni la même conduite ; aucun adulte ne sut ni ne put leur inspirer une morale adaptée.

- Alors que leurs parents furent conçus à l’aveuglette, leur naissance fut programmée. Comme, pour le premier enfant, l’âge moyen de la mère a progressé de dix à quinze ans, les enseignants ne rencontrent plus des parents d’élèves de la même génération. Ils n’ont plus les mêmes parents ; changeant de sexualité, leur génitalité se transformera.

- Alors que leurs prédécesseurs se réunirent dans des classes ou des amphis homogènes culturellement, ils étudient au sein d’un collectif où se côtoient désormais plusieurs religions, langues, provenances et mœurs. Pour eux et leurs enseignants, le multiculturalisme est de règle depuis quelques décennies. Pendant combien de temps pourront-ils encore chanter l’ignoble « sang impur » de quelque étranger ?

Ils n’ont plus le même monde mondial, ils n’ont plus le même monde humain. Autour d’eux, les filles et les fils d’immigrés, venus de pays moins riches, ont vécu des expériences vitales inverses.
Bilan temporaire. Quelle littérature, quelle histoire comprendront-ils, heureux, sans avoir vécu la rusticité, les bêtes domestiques et la moisson d’été, dix conflits, blessés, morts et affamés, cimetières, patrie, drapeau sanglant, monuments aux morts, sans avoir expérimenté dans la souffrance, l’urgence vitale d’une morale ?

- II -

Voilà pour le corps ; voici pour la connaissance.

- Leurs ancêtres cultivés avaient, derrière eux, un horizon temporel de quelques milliers d’années, ornées par la préhistoire, les tablettes cunéiformes, la Bible juive, l’Antiquité gréco-latine. Milliardaire désormais, leur horizon temporel remonte à la barrière de Planck, passe par l’accrétion de la planète, l’évolution des espèces, une paléo-anthropologie millionnaire. N’habitant plus le même temps, ils entrèrent dans une autre histoire.

- Ils sont formatés par les médias, diffusés par des adultes qui ont méticuleusement détruit leur faculté d’attention en réduisant la durée des images à sept secondes et le temps des réponses aux questions à quinze secondes, chiffres officiels ; dont le mot le plus répété est « mort » et l’image la plus reprise celle des cadavres. Dès l’âge de douze ans, ces adultes-là les forcèrent à voir plus de vingt mille meurtres.

- Ils sont formatés par la publicité ; comment peut-on leur apprendre que le mot relais, en français s’écrit -ais, alors qu’il est affiché dans toutes les gares -ay ? Comment peut-on leur apprendre le système métrique, quand, le plus bêtement du monde, la SNCF leur fourgue des s’miles ?

Nous, adultes, avons doublé notre société du spectacle d’une société pédagogique dont la concurrence écrasante, vaniteusement inculte, éclipse l’école et l’université. Pour le temps d’écoute et de vision, la séduction et l’importance, les médias se sont saisis depuis longtemps de la fonction d’enseignement.

Les enseignants sont devenus les moins entendus de ces instituteurs. Critiqués, méprisés, vilipendés, puisque mal payés.

- Ils habitent donc le virtuel. Les sciences cognitives montrent que l’usage de la toile, lecture ou écriture au pouce des messages, consultation de Wikipedia ou de Facebook, n’excitent pas les mêmes neurones ni les mêmes zones corticales que l’usage du livre, de l’ardoise ou du cahier. Ils peuvent manipuler plusieurs informations à la fois. Ils ne connaissent ni n’intègrent ni ne synthétisent comme leurs ascendants.
Ils n’ont plus la même tête.

- Par téléphone cellulaire, ils accèdent à toutes personnes ; par GPS, en tous lieux ; par la toile, à tout le savoir ; ils hantent donc un espace topologique de voisinages, alors que nous habitions un espace métrique, référé par des distances.
Ils n’habitent plus le même espace.

Sans que nous nous en apercevions, un nouvel humain est né, pendant un intervalle bref, celui qui nous sépare de la Seconde Guerre mondiale.

Il ou elle n’a plus le même corps, la même espérance de vie, n’habite plus le même espace, ne communique plus de la même façon, ne perçoit plus le même monde extérieur, ne vit plus dans la même nature ; né sous péridurale et de naissance programmée, ne redoute plus la même mort, sous soins palliatifs. N’ayant plus la même tête que celle de ses parents, il ou elle connaît autrement.

- Il ou elle écrit autrement. Pour l’observer, avec admiration, envoyer, plus rapidement que je ne saurai jamais le faire de mes doigts gourds, envoyer, dis-je, des SMS avec les deux pouces, je les ai baptisés, avec la plus grande tendresse que puisse exprimer un grand-père, Petite Poucette et Petit Poucet. Voilà leur nom, plus joli que le vieux mot, pseudo-savant, de dactylo.

- Ils ne parlent plus la même langue. Depuis Richelieu, l’Académie française publie, à peu près tous les quarante ans, pour référence, le dictionnaire de la nôtre. Aux siècles précédents, la différence entre deux publications s’établissait autour de quatre à cinq mille mots, chiffres à peu près constants ; entre la précédente et la prochaine, elle sera d’environ trente mille.

À ce rythme linguistique, on peut deviner que, dans peu de générations, nos successeurs pourraient se trouver aussi séparés de nous que nous le sommes de l’ancien français de Chrétien de Troyes ou de Joinville. Ce gradient donne une indication quasi photographique des changements majeurs que je décris.

Cette immense différence, qui touche toutes les langues, tient, en partie, à la rupture entre les métiers des années cinquante et ceux d’aujourd’hui. Petite Poucette et son frère ne s’évertueront plus aux mêmes travaux.
La langue a changé, le travail a muté.

- III -

L’individu

Mieux encore, les voilà devenus des individus. Inventé par saint Paul, au début de notre ère, l’individu vient de naître seulement ces jours-ci. Nous rendons-nous compte à quel point nous vivions d’appartenances, de jadis jusqu’à naguère ? Français, catholiques ou juifs, Gascons ou Picards, riches ou pauvres, femmes ou mâles… nous appartenions à des régions, des religions, des cultures, rurales ou villageoises, des groupes singuliers, des communes locales, un sexe, la patrie. Par les voyages, les images, la toile, les guerres abominables, ces collectifs ont à peu près tous explosé. Ceux qui demeurent continuent aujourd’hui, vite, d’éclater.

L’individu ne sait plus vivre en couple, il divorce ; ne sait plus se tenir en classe, il remue et bavarde ; ne prie plus en paroisse ; l’été dernier, nos footballeurs n’ont pas su faire équipe ; nos politiques savent-ils encore construire un parti ? On dit partout mortes les idéologies ; ce sont les appartenances qu’elles recrutaient qui s’évanouissent.

Cet individu nouveau-né annonce plutôt une bonne nouvelle. À balancer les inconvénients de l’égoïsme et les crimes de guerre commis par et pour la libido d’appartenance – des centaines de millions de morts –, j’aime d’amour ces jeunes gens.

Cela dit, reste à inventer de nouveaux liens. En témoigne le recrutement de Facebook, quasi équipotent à la population du monde.

Comme un atome sans valence, Petite Poucette est toute nue. Nous, adultes, n’avons inventé aucun lien social nouveau. L’emprise de la critique et du soupçon les déconstruit plutôt.
Rarissimes dans l’histoire, ces transformations, que j’appelle hominescentes, créent, au milieu de notre temps et de nos groupes, une crevasse si large que peu de regards l’ont mesurée à sa vraie taille.

Je la compare, je le répète, à celles qui intervinrent au néolithique, à l’aurore de la science grecque, au début de l’ère chrétienne, à la fin du Moyen Âge et à la Renaissance.
Sur la lèvre aval de cette faille, voici des jeunes gens auxquels nous prétendons dispenser de l’enseignement, au sein de cadres datant d’un âge qu’ils ne reconnaissent plus : bâtiments, cours de récréation, salles de classe, bancs, tables, amphithéâtres, campus, bibliothèques, laboratoires même, j’allais même dire savoirs… cadres datant, dis-je, d’un âge et adaptés à une ère où les hommes et le monde étaient ce qu’ils ne sont plus.

- IV -

Trois questions, par exemple : Que transmettre ? À qui le transmettre ? Comment le transmettre ?

Que transmettre ? Le savoir !

Jadis et naguère, le savoir avait pour support le corps même du savant, de l’aède ou du griot. Une bibliothèque vivante… voilà le corps enseignant du pédagogue.

Peu à peu, le savoir s’objectiva d’abord dans des rouleaux, vélins ou parchemins, support d’écriture, puis, dès la Renaissance, dans les livres de papier, supports d’imprimerie, enfin, aujourd’hui, sur la toile, support de messages et d’information.

L’évolution historique du couple support-message est une bonne variable de la fonction d’enseignement. Du coup, la pédagogie changea trois fois : avec l’écriture, les Grecs inventèrent la paideia ; à la suite de l’imprimerie, les traités de pédagogie pullulèrent. Aujourd’hui ?

Je répète. Que transmettre ? Le savoir ? Le voilà, partout sur la toile, disponible, objectivé. Le transmettre à tous ? Désormais, tout le savoir est accessible à tous. Comment le transmettre ? Voilà, c’est fait.

Avec l’accès aux personnes, par le téléphone cellulaire, avec l’accès en tous lieux, par le GPS, l’accès au savoir est désormais ouvert. D’une certaine manière, il est toujours et partout déjà transmis.

Objectivé, certes, mais, de plus, distribué. Non concentré. Nous vivions dans un espace métrique, dis-je, référé à des centres, à des concentrations. Une école, une classe, un campus, un amphi, voilà des concentrations de personnes, étudiants et professeurs, de livres, en bibliothèques, très grande dit-on parfois, d’instruments dans les laboratoires… ce savoir, ces références, ces livres, ces dictionnaires… les voilà distribués partout et, en particulier, chez vous ; mieux, en tous les lieux où vous vous déplacez ; de là étant, vous pouvez toucher vos collègues, vos élèves, où qu’ils passent ; ils vous répondent aisément.

L’ancien espace des concentrations – celui-là même où je parle et où vous m’écoutez, que faisons-nous ici ? – se dilue, se répand ; nous vivons, je viens de le dire, dans un espace de voisinages immédiats, mais, de plus, distributif. – Je pourrai vous parler de chez moi ou d’ailleurs, et vous m’entendriez ailleurs ou chez vous.

Ne dites surtout pas que l’élève manque des fonctions cognitives qui permettent d’assimiler le savoir ainsi distribué, puisque, justement, ces fonctions se transforment avec le support. Par l’écriture et l’imprimerie, la mémoire, par exemple, muta au point que Montaigne voulut une tête bien faite plutôt qu’une tête bien pleine. Cette tête a muté.

De même donc que la pédagogie fut inventée (paideia) par les Grecs, au moment de l’invention et de la propagation de l’écriture ; de même qu’elle se transforma quand émergea l’imprimerie, à la Renaissance ; de même, la pédagogie change totalement avec les nouvelles technologies.
Et, je le répète, elles ne sont qu’une variable quelconque parmi la dizaine ou la vingtaine que j’ai citées ou pourrais énumérer.

Ce changement si décisif de l’enseignement, – changement répercuté sur l’espace entier de la société mondiale et l’ensemble de ses institutions désuètes, changement qui ne touche pas, et de loin, l’enseignement seulement, mais sans doute le travail, la politique et l’ensemble de nos institutions – nous sentons en avoir un besoin urgent, mais nous en sommes encore loin ; probablement, parce que ceux qui traînent encore dans la transition entre les derniers états n’ont pas encore pris leur retraite, alors qu’ils diligentent les réformes, selon des modèles depuis longtemps évanouis.

Enseignant pendant quarante ans sous à peu près toutes les latitudes du monde, où cette crevasse s’ouvre aussi largement que dans mon propre pays, j’ai subi, j’ai souffert ces réformes-là comme des emplâtres sur des jambes de bois, des rapetassages ; or les emplâtres endommagent le tibia comme les rapetassages déchirent encore plus le tissu qu’ils cherchent à consolider.
Oui, nous vivons un période comparable à l’aurore de la paideia, après que les Grecs apprirent à écrire et démontrer ; comparable à la Renaissance qui vit naître l’impression et le règne du livre apparaître ; période incomparable pourtant, puisqu’en même temps que ces techniques mutent, le corps se métamorphose, changent la naissance et la mort, la souffrance et la guérison, l’être-au-monde lui-même, les métiers, l’espace et l’habitat.

- V -

Face à ces mutations, sans doute convient-il d’inventer d’inimaginables nouveautés, hors les cadres désuets qui formatent encore nos conduites et nos projets. Nos institutions luisent d’un éclat qui ressemble, aujourd’hui, à celui des constellations dont l’astrophysique nous apprit jadis qu’elles étaient mortes déjà depuis longtemps.

Pourquoi ces nouveautés ne sont-elles point advenues ? J’en accuse les philosophes, dont je suis, gens qui ont pour métier d’anticiper le savoir et les pratiques à venir, et qui ont, comme moi, ce me semble, failli à leur tâche. Engagés dans la politique au jour le jour, ils ne virent pas venir le contemporain. Si j’avais eu, en effet, à croquer le portrait des adultes, dont je suis, il eût été moins flatteur.

Je voudrais avoir dix-huit ans, l’âge de Petite Poucette et de Petit Poucet, puisque tout est à refaire, non, puisque tout est à faire.

Je souhaite que la vie me laisse assez de temps pour y travailler encore, en compagnie de ces Petits, auxquels j’ai voué ma vie, parce que je les ai toujours respectueusement aimés

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Poussières d’étoiles

Posté par traverse le 13 juin 2012

….à l’initiative de Diana Gonnissen de de La Salamandre asbl, en partenariat avec de nombreux partenaires publics Schaerbeekois, l’administration communale, Les Bibliothèques de Schaerbeek, avec le soutien de M. Georges Verzin, Échevin de la Culture, le Centre Culturel de Schaerbeek et Mme l’Echevine Afaf Hemamou,..

 

Poussières d’étoiles

le samedi 23 juin 2012 à 15h

un petit opéra de quartier
Place Jamblinne de Meux

On peut lire sur son site…

Poussières d’étoiles

Le 23 juin 2012

Un petit opéra de quartier « Le Petit Opéra de Schaerbeek » sera créé grâce à la complicité et la collaboration des bibliothèques de Schaerbeek, l’échevinat de la Culture, l’asbl Traverses (Daniel Simon écrivain) et Bénédicte Moreau (scénographe)
et des professeurs et élèves de l’académie.

Où: Place Jamblinne de Meux
23 juin 2012 14H

Dans ce cadre-là, des ateliers sont proposés pour initier un tout public au chant:
« Le chant SA-ME-DI » à la bibliothèque Sésame (Bld. Lambermont à Schaerbeek).

Musiciens professionnels et amateurs de tous genres sont conviés pour cette réalisation. Dans ce cadre-là, Diana Gonnissen, professeur de chant à l’académie propose certains samedis matins des ateliers qui se veulent une initiation au chant. Ces ateliers sont ouverts au tout public et surtout à ceux qui ont toujours rêvé de s’essayer au chant mais n’ont jamais osé…
Construire ensemble quelques lignes de chant…
Pourquoi pas participer au spectacle ?
Démystifier l’opéra !
Tester sa voix !
Respirer…
Oser…

Opéra= « opere »= agir !

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Ateliers d’été…

Posté par traverse le 10 juin 2012

RĖCIT BIOGRAPHIQUE, FICTION ET PHOTOGRAPHIE….
 Du 6 au 11 août de 14 à 17h - Bibliothèque Sésame

Des photographies familiales, privées qui sert de bases à des récits biographiques

ou de fiction…

Faire de l’intime une histoire à transmettre…

Animation: Daniel Simon

PAF: 110 euros Compte: 068-2144376-24 de Traverse

« Je fais mon cinéma »

Du 2 au 6 juillet 2012 de 10 à 17h

Après le succès de l’été dernier, nous proposons une nouvelle semaine « Je fais mon cinéma » : de l’écriture du scénario à la réalisation, au jeu et au montage.(Les films seront projetés en public dans le cadre de Curieux dimanches)

Avec trois animateurs et professionnels de l’écriture et du cinéma, offrez-vous un voyage dans l’image et dans votre rêve de cinéma. Des films courts seront produits durant la semaine sans aucune obligation de matériel. Tout est disponible sur place. Ecrire, jouer, réaliser et construire son rêve en son et en images, c’est possible dans le cadre de « Je fais mon cinéma ». Pour jeunes (ou moins jeunes) à partir de 15 ans.

Début de l’été: un stage ados et jeunes adultes « Je fais mon cinéma » : du 4 au 8 juillet, de 10 à 17h à Sésame

Ecrire du son, des images, faire des films à placer sur le Net Pour jeunes dès 13 ans et adultes..
Lieu : Bibliothèque Sésame :boulevard Lambermont 200, Schaerbeek
Animateurs:Jacques Deglas et Daniel Simon

(les films réalisés l’été dernier sur le site www. traverse.be  onglet: Multimédia)

10 personnes maximum

Prix : 150 EUR Payables en trois fois au compte 068-2144376-24 de Traverse asbl

Accès Handicap : oui

000

« Dans le chaud des histoires »

Stage d’écriture de fictions (adultes)
Du 9 au 13 juillet de 14 à 17h à Mille et une pages (Schaerbeek)

Des textes de formes brèves ou plus longues, des fictions en contrepoint du monde, une semaine d’écriture et de lecture dans une bibliothèque comme un écrin au coeur de la ville…

Animation: Daniel Simon

PAF: 110 euros Compte: 068-2144376-24 de Traverse

Animation: Daniel Simon (Les textes écrits en atelier seront lus lors d’un futur Curieux dimanche
(Bibliothèque Sésame) et placés dans Biblio-textes de www.traverse.be

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Quand vous serez

Posté par traverse le 29 mai 2012

Quand vous serez 2QUAND-VOUS-SEREZ-COUV-CPLTweb-300x211

 

 

 

 

 

 

 

http://www.meo-edition.eu/quand-vous.html

 

Une lecture critique d’Isabelle Fable…

Quand vous serez

Proses poétiques, 2012

Photo de couverture : Daniel Simon
96 pages.
ISBN: 978-2-930333-49-6
14 EUR


“Quand vous serez” sonne comme l’annonce d’une époque à venir : le présent est toujours renvoyé au futur et nous allons dans des mondes instables. Le temps est notre plus précieux ennemi et nous devons l’aimer comme un amour qui s’éloigne… Comme un temps que l’on rêve 
de vivre, encore.
Des échos nous parviennent de ces récits d’aventures incomplètes et le réel, par l’écriture et la lecture, se change en nous.
Je vais chaque jour dans des temps disparus. Écrire me venge de cette disparition.…
“Quand vous serez” signe la joie de cette rude traversée…



Extraits

Quand vous serez à la lisière des villes en longeant des haies de parchemins éteints ; que vous prendrez le vent dans le creux de la main en lisant des tempêtes anciennes, que vous irez sous des auvents de paroles frémissantes vers des silences neufs, que vous douterez des chagrins qui se gonflent de joies, que les images se bousculeront en vous jusqu’au seuil des réveils, que le temps prendra quartier dans des sursauts nouveaux où vous allez écarquillés sur le fil des souvenirs, que la joie sera là où vous ne la connaissiez, des papillons furtifs, des chansons de l’Orient, des voyages immobiles, des femmes qui fredonnent aux enfants sans colère, quand vous serez une île, et la mer et la barque, une façon de rire et de dire la joie de se perdre le matin pour découvrir le soir, quand vous serez.

*


Quand vous serez passés bien au-delà du pont où vous menaient vos pas et que sans un effort vous tournerez la tête vers cet endroit lointain où vous vous prépariez à venir jusqu’ici, que votre adolescence ne fera plus obstacle aux rêves de l’enfance, que vous porterez dans le sac qui pèse à votre épaule des choses sans importance que vous abandonnez un jour sans intention particulière, l’épaule est plus légère soudain et le pas plus alerte ; quand vous ne craindrez plus la nuit qui glisse entre les hommes et les soude au plus vif de l’effroi en les jetant les uns contre les autres à coups de sexes ou de couteaux, qu’il suffira d’un souffle pour éteindre ces armes et vous laisser attendre le jour qui vient dans l’aube froide des reconstitutions, des inventaires et des listes infinies, vous hisserez alors votre corps jusqu’au seuil des lumières en laissant dans vos draps des fantômes chiffonnés que vous bordez d’un œil en ouvrant la fenêtre.

 

*


Affaire réglée

Affaire réglée, je suis un lieu commun, une histoire courte dans un passé récent, une géographie plane dans un paysage sans accidents, une parole vive dans un silence ardent, affaire réglée, je suis un corps embrouillé d’organes et de flux déraisonnables, une épopée dans un temps sans histoires, une vague perdue dans ses remous, le dommage collatéral d’une lignée enfouie dans des gènes dispersés, affaire réglée, je suis un lieu commun, pas un cliché, pas une chose indistincte emportée dans un temps soumis à la durée, un lieu commun, une zone affranchie de ses frontières anciennes, un passage obligé pour rejoindre le peu d’humanité que je crois préserver dans des allures altières, une histoire de peu et souvent de très peu, une balise enfoncée dans un vide affiché, affaire réglée, je suis l’annoncier de tout ce qui se confond avec tout, ou le contraire, l’important, c’est le contraire de tout, qui permet le débat, l’esprit, le dialogue, le destin et cette chose infime que l’on croit deviner dans l’œil des lieux communs, uniques et bien centrés les yeux, les yeux qui laissent croire qu’ils sont des miroirs ou des tiroirs, de l’âme ou bien de lames, je ne sais que dire de commun qui réunisse les signes distinctifs du lieu commun, si ce n’est qu’ils vont seuls, convaincus d’être seuls, attentifs à cette solitude plénière qui est le caractère parfait du lieu commun…

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Ne trouves-tu pas que le temps change ?

Posté par traverse le 29 mai 2012

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Remise du prix Gauchez-Philippot 2012

Daniel Simon a obtenu le prix GAUCHEZ-PHILIPPOT 2012 pour Ne trouves-tu pas que le temps change ? (Le Cri) conjointement avec Jules Boulard pour L’argile et la craie (Weyrich).
Remise officielle du prix, à l’Hôtel de Ville de Chimay, le dimanche 3 juin à 11h.

Merci à mon éditeur, Christian Lutz, (Le Cri)

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Pas de souci!

Posté par traverse le 15 mai 2012

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Lancement du n° 5 des Feuillets de corde "Pas de souci"
Gravure : Johanna Matlet - texte : Eric Piette
(auteur du récent livre de poèmes, VOZ au Taillis Pré)
Jeudi 17 mai 2012, de 18h à 20h. à la Librairie 100 papiers,
23 avenue Louis Bertrand à 1030 Schaerbeek
Lectures ouvertes, n’hésitez pas à venir lire vos contributions sur le thème
Animation: Jack Keguenne et Daniel Simon



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Stéphane et Steve, des détonateurs?

Posté par traverse le 29 avril 2012

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Le dernier numéro en date de la Revue Marginales …(Printemps 2012)

22 écrivains qui réagissent à ce thème proposé, comme chaque mois, par Jacques De Decker…

Où on y lit que les assignations à l’extase de l’indignation ou à la dégustation permanente de  la belle pomme informatique ne sont pas aussi résolues qu’on l’imagine…

Conditions d’abonnement et entretiens…  http://www.demandezleprogramme.be/Le-dernier-numero-de-MARGINALES?rtr=y

 

 

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Des poussières d’or

Posté par traverse le 27 avril 2012

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(Dans le cadre de ce volume autour du Moulin à eau…Une histoire de liberté, d’amour et de solidarité dans les Ardennes autour d’un Centre pour demandeurs d’asile…et dans la grande Forêt)

 

1. Centre 

 

Il n’a pas plu hier. La poussière vole dans l’air et la campagne se donne des airs de femme qui se repoudre. La chaleur glisse le long des murs dans des mares tremblantes et je me dis que le week-end sera encore lourd comme une cuite solitaire. Ennuis et vertiges, gueules de bois et roupillons. Avec les copains, on se traîne souvent du vendredi au dimanche soir en regrettant le lundi qui annonce le week-end suivant. On ne sait pas ce qu’on veut, même pas ce qu’on veut pas. C’est comme ça, c’est une sale époque pour les gens normaux, disait un pote, on est tous un peu feignasses et ronchonneux…

 

Mais attention, tu dois rebondir et compagnie, tout en caoutchouc que tu dois être, un homme avec un corps de gamin, du mou à la place du dur, des ressorts à la place des muscles, causer et pas cogner, bref, on n’a plus notre place dans cette région de fichus campagnards du dimanche et de pleurnicheurs.

 

On s’emmerde ferme. On glande, on zone, on se ramollit. Ca peut pas durer. Ici, il n’y a pas que les genêts et les sapins flambants neufs qui hérissent le poil des vallées et des coteaux où trottinent les marcheurs de la santé hebdomadaire. En gonflant leurs poumons, ils nous regardent tendus dans leur lifting de morale à deux balles, on leur gâche le paysage avec nos canettes et nos castagnes régulières, c’est sûr, on leur abîme le sublime avec nos sales gueules, alors ils passent comme si on était des nains de jardin, sympas et cons.

 

On s’emmerde vraiment. Heureusement qu’il y a les sans-papiers là-bas. Les Réfugiés, ça nous change des touristes. Ils sont regroupés dans le Centre, dans la ville d’à côté, une centaine de mecs, de nanas et de gamins enfermés là, et qui passent leur temps à attendre qu’on leur refile un truc et puis un autre et enfin les papiers qui leur ouvriront la porte et olé, la belle vie ! Ils se la coulent douce qui paraît, nourris, blanchis, logés, télé et fêtes le week end, toujours en train de rouscailler.  Quand on s’ennuie vraiment dans le fond du fond, on va leur rendre visite. Peuvent pas sortir, c’est le hic. On leur jette des trucs au-dessus des murs et des grilles, parfois ils nous les renvoient. Nous, on s’en fout, on n’en n’a rien à faire de leurs appels, c’est leur problème, c’est juste pour nous marrer. Faut les entendre, dans toutes les langues. Un concert gratos. Les pauvres, ça gueule toujours dans des langues qu’on comprend pas.

 

Quand on est arrivés devant les grilles ce jour-là, il y  avait un ramdam terrible. Des manifestants étaient venus d’un peu partout pour soutenir les clandestins. Ils brandissaient des banderoles, scandaient au mégaphone des slogans qu’on comprenait pas vraiment, mais c’était pas le plus important, ce qui fallait c’était de faire du bruit. Et du boucan, ils en faisaient, on n’a rien à dire. La presse était là aussi, comme presque chaque fois. A l’intérieur, les autres répondaient de la même force, on s’entendait plus, alors on s’est glissé dans le groupe et on s’est mis à crier comme tout le monde. Ca a passé le temps pendant une heure. Chouette moment.

 

La police est arrivée, combis et frises, tout s’est mis en place très vite et soudain on a entendu un grand silence. Comme un silence de film. Un truc qu’on entend pas dans la vie normalement, tellement c’est fort. Même les flics se sont regardés surpris. On les voyait mal à l’aise. Quelqu’un est sorti du Centre, un type en costume et il s’est approché  du gradé. Ils ont discuté un moment, il a accompagné l’un deux dans une bagnole et ils ont filé.

 

On a vu le groupe se défaire petit à petit, on savait pas pourquoi mais le silence se prolongeait, c’était comme des vagues qui viennent mourir à nos pieds. C’était beau.

 

Les gens ont commencé à partir, chacun de leur côté, certains en petits groupes, ils avaient une drôle de tête. On s’est approchés des flics et on a entendu un truc pas possible, qu’on pouvait pas imaginer. Il y en avait un qui s’était tiré. Un vieux truc de prisonnier : il s’était caché dans les poubelles et hop on l’avait embarqué à l’extérieur. La grande évasion version régionale.

 

C’est le père d’un pote, un flic, qui nous a refilé l’info en douce. Ils s’en sont rendu compte ce matin et tout de suite, il y a eu des fuites et les pros de la manif se sont rappliqués. Il a du cran le gars. Un tout jeune, paraît. Seize ans à peine. On n’a pas de traces, rien. Il a pas laissé de mot, il n’a rien dit à personne, c’était un taiseux, un sombre. On est rentré chez nous et le soir est venu aussi pesant qu’une vieille série télé.

 

2. Forêt

 

« Comment, comment, comment, comment…Comment je vais faire maintenant ? Je ne connais rien ici sauf le temps qui passe à attendre. Je perds mes forces. Elles étaient si grandes au début. Les vieux tiennent longtemps mais moi je ne peux plus. Ils sont patients parce qu’ils savent qu’ils n’ont plus rien à dire, plus rien, juste des histoires qu’on attend d’eux, des histoires comme il le faut, des histoires parfaitement conformes et les vieux aiment ça, ce jeu des histoires conformes, ils ont perdu le feu, alors ils sont patients. Ca fait trois jours que je cours dans ces bois, un peu d’eau, des biscuits de là-bas, des baies et encore de l’eau. Il ne fait pas trop froid, ça va. C’est le silence qui n’est pas le même que chez moi, un silence comme un bourdon, pas d’éclats, toujours le vent et les oiseaux. La nuit, c’est plus fort, ça chahute. Le jour est pour les yeux, la nuit pour les oreilles. Je ne sais pas ce qu’ils vont faire pour me rattraper, je n’ai aucune chance mais ma seule chance est de ne pas en avoir. La télé, l’Internet vont marcher à fond. C’est l’histoire d’un type qui vient pour être accueilli et qui s’évade de son centre d’accueil. Ca n’a pas de sens. C’est ma seule chance que ça n’ait pas de sens, ils vont peut-être s’arrêter et réfléchir. Les vieux, ils ont leur temps, leur vie est déjà derrière eux, il ne leur reste que de continuer à bien la jouer. Et ils viennent ici pour ça. Moi, je ne connais même pas mon rôle, et ils veulent que je commence par une vie de vieux. Ils vont comprendre pourquoi je suis parti, je suis sûr qu’ils vont comprendre, ils ne peuvent pas faire autrement. »

 

3. Village

 

Ca fait une semaine que ce type s’est fait la malle et que ça explose sur le Net. On l’a vu partout, il est génial ! Alors, avec les copains, on s’est retrouvés au bistro pour en discuter, on avait fini la semaine et le week end allait s’éterniser comme d’habitude, on s’est dit qu’on pouvait peut-être l’aider. Fallait qu’on trouve un moyen de passer le temps et jouer à la grande évasion, il n’y avait pas mieux.

 

Un de nos potes nous a raconté, celui dont le père est flic, que le jeune était sûrement dans la forêt. Il ne connaît rien à la ville. Il a très vite débarqué ici après son arrivée avec les passeurs. Il s’est fait coffrer le lendemain. Et comme il a voyagé dans le double-fond d’un camion, on peut pas dire qu’il a vu beaucoup de pays. Donc, il est dans les bois.

 

Il a aucune chance mais c’est quand même couillu de faire ce qu’il a fait. Dès qu’ils le rattraperont, j’imagine qu’ils vont le renvoyer chez lui. On n’en sait rien. Le père du copain, non plus. On se dit qu’il va retourner case départ, c’est tout ce qu’il risque. Mais c’est gros quand même. Le père a aussi rappelé la vieille histoire du bucheron accusé d’avoir tué sa femme, qui s’est enfui dans la forêt…Il courait dans les arbres, des centaines de gendarmes à ses trousses, sept-cent-cinquante a précisé le père. Ca a duré des jours et des jours, des semaines même, ils ont même envoyé un hélicoptère. Le premier qu’on voyait dans la région. Le vieux les a baladés comme ça longtemps, puis il s’est fait pincé. C’est moche.

 

La pluie s’est remise à tomber, il doit ramer, le type. On s’est dit qu’on pourrait aller à sa rencontre. On la connaît de l’intérieur, la forêt. Il y a un joueur de poker parmi nous, il est toujours en train de calculer les probabilités, les chances, les erreurs, les bonnes ou mauvaises occasions…Il nous disait que probablement il chercherait refuge dans un ou deux endroits qu’on connaît bien. On s’est dit qu’il avait raison. Enfin, ça ou autre chose, ça nous semblait la façon la plus marrante et la moins fatigante. On s’est mis en marche à la nuit tombée.

 

4. Forêt

 

« Une semaine. Peut-être qu’ils ne me cherchent plus. Je n’ai tué personne. C’est sûr, ils ont autre chose à faire. Je vais retourner au Centre et tout rentrera dans l’ordre, on me reconduira au pays et le fleuve continuera à couler. Je dois trouver un endroit pour passer encore quelques jours, le temps de réfléchir, puis je rentre. »

 

On a marché en battue en faisant le moins de bruit possible, la lune était pleine et tout était bleu, même le blanc de nos yeux. Ca craquait de partout,  on était trempés. Il y avait trois endroits où on avait des chances de le trouver : la vieille scierie, le moulin près de la rivière et la fabrique d’ardoises. Tout est abandonné depuis longtemps. Trop difficile d’accès, alors ils ont tout reconstruit en bordure de route. Il n’y a que le moulin qui a échappé à l’oubli. La commune a décidé de le restaurer cet été. On a promené nos bottes pendant des heures vers la scierie, rien, puis vers la fabrique, personne. On a attendu une bonne heure sans faire de bruit et le petit matin on est rentrés bredouilles, on était crevés, on reviendrait au moulin plus tard.

 

5. Moulin

 

« Je meurs de froid, je suis gelé et je crois que je vais me livrer demain. C’est drôle de dire se « livrer ». Comme si je livrais un colis et que j’étais ce colis. Je pense que je vais m’arrêter ici, il y a quelques murs qui tiennent debout et la rivière a toujours fait un bruit qui m’apaise, je vais pouvoir passer la dernière journée ici, peut-être encore une nuit, puis je rentre, je verrai plus tard à quoi ça a servi. Ce qui était important c’est que je l’aie fait. J’en pouvais plus là-bas. Et si je dois y retourner, je serai plus fort, je penserai à la forêt. Je me sens drôle, comme si j’avais trouvé une partie de ma maison. Trois murs, cette vieillie roue qui traine dans l’eau et la lumière qui tombe dans la rivière comme de la poussière d’or. Il paraît qu’on en trouvait par ici avant, de l’or. C’est ce qu’on racontait au Centre. Des chercheurs d’or dans la forêt, comme chez nous. C’est bizarre comme ça me plaît cette vieille baraque en ruine, on a dû être heureux ici, ça  se sent, les choses sont comme ça, surtout dans la forêt, on voit vite si les hommes ont été heureux où ils vivaient. On le voit à la façon dont les arbres sont coupés. S’ils sont hauts, c’est qu’ils avaient confiance, qu’ils étaient en paix, qu’ils n’avaient pas peur de voir quelqu’un surgir, s’ils sont coupés bas, c’est pour mieux voir qui vient. Et ça donne des idées sur la façon de vivre des hommes. Ici la forêt est partout, jusque dans le moulin, on dirait qu’ils l’ont construit autour, ou plutôt qu’ils l’ont appuyé sur la roche et l’arbre. Ils avaient confiance dans le temps. Il me reste assez de biscuits pour aujourd’hui, demain est un autre jour et je verrai bien. La nuit décidera. »

 

On a bu un café et on est allés se coucher deux heures. On avait peu de temps si on voulait retrouver le fugitif. On s’est remis en route vers midi et on a repris la direction du moulin. C’était à une bonne heure de marche. La pluie a cessé de tomber et un arc-en-ciel a surgi d’un coup. Il était venu comme pour soutenir notre marche, il faisait le pont au-dessus de la forêt et le fana de poker a dit que c’était une bonne ouverture. On a ri mais on espérait qu’il se trompait pas. Aujourd’hui, bizarrement, tout devenait plus évident, on savait qu’on avait raison de retourner dans la forêt et que ça valait mieux que tout. On s’est dit que la journée n’était pas encore jouée.

 

« L’arc-en-ciel vient de se lever, c’est bon signe, la nuit a été courte mais je me sens moins fatigué maintenant, je vais faire un feu pour sécher mes vêtements, tant pis s’ils me trouvent, il faut que je rentre au Centre, j’ai fait ce que j’ai pu, je retourne dans la vallée. »

 

Quand on l’a aperçu, il était de dos. Pas bien grand. Dans la moyenne. Il était en train d’éteindre le feu en pissant dessus. On s’est arrêtés et on n’a plus fait un bruit. Soudain, il s’est immobilisé et s’est mis à courir derrière les premiers arbres. On l’a appelé, il avait disparu. On s’est rué dans sa direction en criant comme des cons mais il s’était échappé. On s’est arrêtés, on était essoufflés, on s’est mis à s’engueuler tellement on était furieux. On savait plus quoi faire. On s’est assis sur le mur du moulin et on a attendu. Il faisait calme, on entendait la rivière clapoter contre les rochers et des mouchettes volaient dans l’air humide. Le soleil commençait à chauffer vraiment, on se sentait bien. On était plus venus ici depuis longtemps et on a bu un coup à notre gourde. Puis on, a décidé de repartir dans la forêt calmement, ça servait à rien de courir, il avait de l’avance. Tout ce qu’on pouvait faire c’était d’essayer de compter à nouveau sur la chance. Un des nôtres a dit qu’on aurait pu le pister et on s’est mis à rire tellement c’était nul. Il se croyait dans un film. On lui a dit qu’il nous restait que quelques heures avant de rentrer. Demain, la semaine redémarrait et la course dans la forêt serait du passé.

 

« Si je continue comme ça, je vais m’épuiser, faut que je m’arrête, c’est pas possible, je ne peux pas aller plus loin, j’ai fait ce que j’ai pu, je vais retourner chez les vieux du Centre et on verra. Pourquoi ils se sont approchés de moi si lentement les autres ? Comme s’ils voulaient m’observer avant de me coincer. Mais je me suis habitué au bruit du moulin depuis quelques heures, tout est devenu calme, trop calme. Pas besoin de me retourner pour comprendre qu’il y avait quelqu’un. Ce sont des jeunes. Qu’est-ce qu’ils font là ? Je ne pense pas qu’ils viennent pour moi, il n’y a pas de raison qu’ils envoient cinq jeunes me chercher dans la forêt. Ce n’est pas logique. Tant pis, je retourne vers le moulin. S’ils sont encore là, on pourra peut-être s’entendre, je suis à bout. »

 

On l’a vu marcher lentement vers nous mais il ne nous avait pas encore aperçus. Il marchait tranquillement, en écartant les branches basses d’une main et en chassant les mouchettes avec un mouchoir comme s’il voulait nous faire signe. On l’a laissé approcher et on s’est montrés. On est d’abord restés face à face sans un mot puis il a dit son nom, « Adam ». On l’a répété les uns après les autres. Puis on a donné le nôtre. C’était étrange cette façon de nous présenter au pied du moulin, de façon si naturelle, jamais on n’aurait fait ça au village. Mais ici, ça sonnait juste. On se sentait seuls au monde pendant un court instant. On en a reparlé après. On était sur la Lune, sur Mars, n’importe où mais plus dans le temps d’avant. On venait de sauter dans une autre dimension, par une poignée de mains devant les ruines d’un moulin à eau. Des astronautes ou des explorateurs qu’on était devenus.

 

Après, on s’est assis sur un pan de mur et on a ouvert nos sacs. On a partagé ce qu’on avait et il a choisi une pomme qu’il a croquée en inspirant très fort avant. On a retenu notre souffle pendant qu’il mangeait et deux des nôtres ont allumé une cigarette. Puis on a parlé. Longtemps. Il parlait bien, il nous a tout raconté et on l’interrompait pour lui, poser plein de questions et raconter comment on en était arrivés là…Mais surtout, on l’écoutait. Il avait le même âge que nous mais c’était comme s’il avait vécu plusieurs vies. On était un peu mal à l’aise avec nos histoires de traque. Finalement tout est redevenu calme et on n’entendait plus que le bruissement du vent et les grenouilles qui se répondaient. Il s’est levé le premier et a dit qu’on devait y aller, que c’était le moment de se mettre en marche. Il rentrait au Centre et nous devions rentrer chez nous. C’était comme ça, le moment était venu. Il ne passerait pas une nuit de plus dehors. On est redescendus sur terre et ça a été dur. Adam a ouvert la marche.

 

Quelqu’un parmi nous a dit quelque chose. On n’a pas bien compris et il a répété. C’était le plus jeune, avec sa casquette de rappeur : « Si on restait au moulin ? ». C’est ça qu’il a dit : « Si on restait au moulin ? ». On s’est arrêtés et on s’est regardés en silence. Il a insisté : « On pourrait le retaper un minimum pour qu’Adam puisse y habiter un moment encore. Il pourrait vivre là, c’est un bel endroit, il y a de l’eau, on lui apporterait régulièrement de la nourriture et il connaîtra bientôt la forêt aussi bien que nous. S’ils viennent le chercher, il pourra s’enfuir facilement. Adam a gardé le silence. Le plus jeune a pris la parole, très sérieusement, tout d’un coup.

 

- Ecoute mon pote, nous on glande depuis longtemps, trop longtemps, on ne sait pas ce qu’on va faire demain et demain n’a pas besoin de nous, semble-t-il, alors, réaliser pour une fois, pour la première fois, quelque chose que nous décidons nous-mêmes, que nous voulons vraiment, c’est pas rien.

 

On a tous approuvé, on a même applaudi. Le joueur a sorti ses cartes et a tiré deux as au hasard. Il nous a fait un signe, pouce en l’air. On s’est dit que si le poker le confirmait, rien ne pourrait nous arrêter. On a entouré Adam et on l’a serré dans nos bras, chacun notre tour, lentement, comme un rite qu’on réinventait. Puis on s’est dirigés vers la rivière, on s’est agenouillés au pied du moulin et chacun a plongé les mains en coupelle dans le courant pour offrir une gorgée d’eau au voisin. On ne savait pas ce que ça voulait dire mais on savait que c’était important de boire cette eau à ce moment-là. Adam s’est mis à parler doucement, lentement, d’une façon presque musicale…

 

- Je ne suis pas venu jusqu’ici pour vivre au milieu des bois, mais votre idée me plaît. J’aime ce moulin, toute cette eau qui coule entre les murs et sous la voûte. C’est ici que je me suis senti le plus libre depuis longtemps, c’est ci qu’on s’est rencontrés, c’est peut-être ici que je dois reprendre des forces…Je reste.

 

Tout de suite, on a retroussé nos manches et commencé à déblayer les saloperies qui traînaient dans les parages. On les a mises en tas et quelqu’un a proposé de venir avec une camionnette un de ces  jours. Il fallait aussi amener des madriers, du ciment, des tuiles, des panneaux,…On était partis pour un vrai chantier et on savait à peine planter un clou ! Il y avait un problème. Un de nous a eu une idée : « Si on mettait tous nos potes dans le coup. On pourrait arriver à quelque chose…Et si on retape le moulin avec Adam, peut-être qu’au Centre, ils comprendront qu’il a sa place parmi nous pour toujours ?

 

- Tu as raison, a ajouté le rigolo du groupe qui avait toujours des blagues pourries à nous balancer. Mais ici, il parlait sérieusement. Tu as raison, ça pourrait marcher. Qu’est-ce qu’on attend ?

 

- Allez-y, moi, je continue à nettoyer le chantier pendant votre absence, je ne fermerai pas l’œil de la nuit tellement je suis excité, alors, ne tardez pas les gars, partez vite. Adam a ajouté une phrase qu’on a emportée avec nous pendant tout le retour : « Je sais maintenant pourquoi ! Je suis venu jusqu’au moulin, c’est la vie qui tourne ici et c’est notre tour de chance, allez-y ! »

 

Au village, on a fait le tour de tous nos potes. Certains ont discuté un peu, est-ce que c’était légal ou pas notre histoire, mais quand on leur a dit que c’était comme si on aidait Robinson sur son îles et que les sauvages qui étaient venus vers lui s’étaient soudain transformés en alliés, ils ont tous marqué leur accord. On allait sauver le Robinson du moulin et c’était une façon de leur dire « Non » à tous ces emmerdeurs de la région qui nous racontaient des âneries depuis si longtemps,  comme si on était pas capables de réussir quelque chose de grand ! On savait qu’on pouvait bouger, on savait qu’on pourrait changer quelque chose mais on n’avait jamais vraiment saisi l’occasion. Maintenant, Adam Robinson était là et c’était nous aussi que nous aidions en retapant le moulin.

 

On a remonté des matériaux dans la forêt discrètement pendant quelques semaines. On racontait n’importe quoi, qu’il y avait des problèmes d’humidité à la Maison des Jeunes, que le garage du père avait été abîmé lors de la dernière tempête, qu’un autre construisait une cabane de jardin, n’importe quoi, mais ça a marché parce qu’on y croyait tellement qu’on n’avait pas le sentiment une seconde de mentir. On était enfin dans la vérité, la vérité toute simple, la plus élémentaire. Adam avait besoin d’aide et on l’aidait.

 

Au moulin, les travaux roulaient. Tous les jours il ya avait des potes, des gars, des filles qui faisaient quelque chose : clouer, cimenter, poser des tuiles…A la fin de l’été, le moulin avait retrouvé ses ailes…et la rivière tombait en saccades sur les pales qui tournaient à nouveau en cadence.

 

Il nous a fallu trois mois pour redonner vie au moulin : Adam Robinson avait élargi son île et nous y avions tous trouvé une place. Un soir, Adam nous a rassemblés et nous a déclaré qu’il voulait retourner au Centre, qu’il était prêt, que nous lui avions donné la force nécessaire et que le moulin pourrait toujours tourner sans lui. On est restés en silence, on ne comprenait pas, puis il nous a annoncé qu’il avait rencontré Béatrice, qu’elle était celle qu’il aimait et que ça valait la peine, pour la retrouver un jour, de ne plus rester dans la clandestinité. On la connaissait bien Béatrice, c’était la fille du plombier et elle nous avait vachement aidés en apportant des trucs et des machins dont on ne connaissait même pas le nom mais dont elle pouvait mieux se servir que nous. Bref, c’était elle qui avait réglé toutes les conduites et tuyaux du moulin. Ca avait plu à Adam, cette fille qui savait manier des outils et rayonnait du plus beau sourire du monde. Ils s’étaient vus en douce, depuis plusieurs semaines et c’était elle, c’était lui, ils en étaient sûrs…

 

On a fait une grande fête un soir pour leurs fiançailles d’eau, on a construit des centaines de bateaux en papier, des cocottes, des radeaux sur lesquels on posait des bougies et on a envoyé tout ça dans la rivière…Toutes ces loupiotes qui flottaient sur l’eau, c’était comme une noce ancienne qui reprenait vie.

 

Au village, ils se sont vite rendu compte que quelque choser d’anormal se passait. Ils ont vu arriver les radeaux illuminés et sont remontés jusqu’à nous. Une heure plus tard, on était plusieurs dizaines de personnes autour du moulin, de toute la région, même des flics et des gens du Centre.

 

Adam était silencieux, tout le monde lui avait tapé sur l’épaule suffisamment que pour la lui déboîter mais maintenant, après les paroles d’usage, il restait silencieux en tenant la main de Béatrice. Son père les a regardés sans rien dire, ça voulait dire qu’il était d’accord.

 

A un certain moment quelqu’un s’est approché d’Adam et lui a parlé à l’oreille. Il s’est levé et il a suivi le gars du Centre vers  la voiture. On s’est tous écartés pour le laisser passer et on a applaudi à s’en faire péter les mains…Adam s’est retourné, nous a fait un signe et il a disparu en contrebas, dans le brouillard qui flottait.

 

Il a disparu comme il était entré dans nos vies. On a regardé le moulin Il tournait dans la nuit qui reliait tout pendant que les dernières bougies s’éteignaient. Chacun est rentré chez soi en silence.

 

On attend des nouvelles d’Adam.

 

La Commune vient de terminer les travaux du moulin.

 

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JE VOUS ECOUTE

Posté par traverse le 14 avril 2012

trouvé aujourd’hui et daté du lundi 21 septembre 2009 sur le site http://www.lapetitepasserelle.com/archives/monde_des_bibliotheques/index.html

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http://www.couleurlivres.be  - 7 euros

C’est un petit ouvrage de Daniel Simon qui vient d’être publié chez l’éditeur belge Couleur Livre et le titre entier est Je vous écoute : A propos des bibliothèques, des lecteurs, des livres et des ateliers d’écriture. Je ne l’ai pas encore lu, mais le petit résumé sur mabiblio.bem’a donné envie de le commander : « A tous les lecteurs passionnés des bibliothèques, nous recommandons vivement la lecture de “Je vous écoute”, réflexions rassemblées à propos des bibliothèques, des lecteurs, des livres et des ateliers d’écriture, mais aussi lecture-performance à l’occasion de l’inauguration de la bibliothèque SESAME, par Daniel Simon, auteur et animateur d’ateliers d’écriture. »

Sur son blog, Daniel Simon nous parle de rencontres littéraires, et nous livre de beaux textes comme celui-ci :

« Il n’y a pas de lecture sans prise de positions…Des positions que prend le lecteur pour prendre possession du texte qu’il lit et qui le possède à son tour un court instant. Le plaisir est une machine au travail.

Et la lecture, ce vice impuni, ne s’organise vraiment que dans des accomplissements physiques que l’on imaginerait mal sans que tout le corps soudain passe littéralement dans le texte. « Lector in fabula » comme dit Umberto Eco, le lecteur dans la fable, dans le texte, dans le livre.

Les positions se construisent au gré des instants de la journée ou toute une journée tient pour cette position que le lecteur va enfin prendre, comme un amant sait qu’il va se plier aux exigences du corps et du désir de son amante.

La journée, ou la nuit, tient à cette position, elle tient grâce à cette position attendue.

Le lecteur lit dans un corps qui lui échappe, qui glisse vers l’absence momentanée. Le lecteur s’enfouit dans sa position pour mieux accueillir le texte qu’il lit.

Positions fortes, hautes, basses, faibles, douloureuses, exigeantes, reposantes, toutes positions que le corps administre pour mieux se hisser jusqu’au plaisir du texte. Le corps est un lecteur plastique. Le corps est un lecteur mobile. Le corps est un lecteur versatile. »

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D’autres textes à découvrir sur l’amour de la lecture, des livres, et des bibliothèques sur le blog de Daniel Simon.

[photo : Flickr, CC Nobody’s Hero, « Reading« ]

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Une semaine du Récit de vie/ La Maison du livre

Posté par traverse le 6 avril 2012

Une semaine du Récit de vie/ La Maison du livre semainerecitvie

Une semaine pour se familiariser avec le récit de vie et pour entreprendre un premier voyage sous forme de récit(s). En cinq après-midis, nous allons travailler à partir d’éléments biographiques puisés dans le patrimoine photographique familial de chaque participant.
Écrire des récits, devenus souvent de la fiction, construire des séquences biographiques ou fictionnelles à partir de photographies ou de toute autre trace de mémoire (objet, musique…) que chacune et chacun emporte au cours de cette semaine, voilà le cadre de ces cinq rendez-vous. Le principe est simple : écrire dans le continu de ces cinq séquences journalières et prendre son temps, disponible comme une main ouverte sur ce qui se passe(ra).
Une bibliothèque à propos du récit et du récit de vie sera à disposition des participants.

Animé par : Daniel SIMON, écrivain, formateur et éditeur (www. traverse.be)
Dates : du lundi 23 au vendredi 27 juillet de 14h à 17h
Public : Adultes
Prix : 110 euros acompte de 60 euros, possibilité de payer le solde en effectuant 2 versements mensuels de 25 euros
Nombre maximum de participants : 12

http://lamaisondulivre.be

 

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Atelier Littéraire avec Daniel Simon

Posté par traverse le 6 avril 2012

dans… http://www.amisdesaveugles.be/doc.php?rub_id=2&site=1&lg=1&doc_id=79

Venez découvrir le 19 avril à 15h. les textes de Daniel Simon, artiste aux multiples talents et engagé dans la citoyenneté. Daniel Simon vient de publier « Je vous écoute », un livre à propos des bibliothèques, des lecteurs, des livres et des ateliers d’écriture…

Atelier Littéraire avec Daniel Simon dANIEL%20sIMON

Biographie de Daniel Simon

Né en 1952 (Charleroi, Belgique). Nombreux voyages et travaille comme animateur culturel et éditeur pendant une dizaine d’années. Travaille également comme acteur et comédien-animateur à Liège dans les années 70. Formation d’enseignant en français, histoire puis licence en études théâtrales (Centre d’Etudes théâtrales de l’UCL, 19I86). Directeur de Centres Culturels, journaliste et encore éditeur de 1972 à 1995. Depuis 1990, professeur d’Histoire et de Philosophie du Théâtre dans la section Scénographie de l’Institut Supérieur Saint-Luc (Bruxelles), Formateur et Expert dans le domaine de la Communication (Université de Mons Fucam, Ateliers des Fucam), collaborateur au Centre de Sociologie du Théâtre de l’ULB (Université Libre de Bruxelles), animateur d’Ateliers d’écriture, conférencier, conseiller culturel pour de nombreuses associations et institutions en Belgique comme à l’étranger, metteur en scène et écrivain. Créateur et Animateur du Théâtre de la Menterie (théâtre Jeune Public) de 1986 à 1990. A été Conseiller littéraire au Théâtre National de la Communauté française de Belgique de 1989 à 1990. Directeur artistique de la Compagnie théâtrale des Zygomars (Théâtre Jeune Public, Namur de 1995 à 2000) Directeur de la Compagnie Théâtre Traverse (Théâtre pour adultes, Bruxelles, depuis 1992) Collabore à de nombreux projets artistiques et culturels en Europe et principalement aujourd’hui, avec le Portugal.


Club de lecture pour personnes déficientes visuelles

A l’initiative de Monsieur Michel ROSART, déficient visuel et de Monsieur Michel TREFOIS, Directeur honoraire du Centre Culturel de Charleroi, le service culture de l’Œuvre Fédérale LES AMIS DES AVEUGLES ET MALVOYANTS vous propose des séances de Club de lecture.

Qu’est-ce qu’un club de lecture ?
Par le biais de rencontres autour d’un livre (qu’il n’est pas nécessaire d’avoir préalablement lu) dont la lecture à haute voix d’extraits est proposée par un animateur, découvrir des textes nouveaux ou pas, connus ou inconnus.  Une occasion agréable d’entrer dans des univers littéraires variés et de partager avec d’autres participants, de manière conviviale, les réactions suscitées.

  • Date : jeudi 3 mai 2012
  • Horaire : de 15 :00 à 17 :00
  • Lieu : BE 6000  Charleroi – Rue de France, 31 « Maison de la Laïcité de Charleroi » ;
  • Animateur : Monsieur Jean-Claude Tréfois ;
  • Titre du livre : « La spectaculaire histoire des Rois des Belges » première partie ;
  • Auteur : Monsieur Patrick Roegiers.
  • Date : jeudi 7 juin 2012 
  • Horaire : de 15 :00 à 17 :00 ;
  • Lieu : BE 6000  Charleroi – Rue de France, 31 « Maison de la Laïcité de Charleroi » ;
  • Animateur : Monsieur Jean-Claude Tréfois ;
  • Titre du livre : « La spectaculaire histoire des Rois des Belges » seconde partie ;
  • Auteur : Monsieur Patrick Roegiers.

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Atelier d’écriture de récits de voyage en avril…

Posté par traverse le 6 avril 2012

Récits de voyage

Atelier d'écriture de récits de voyage en avril... recitsvoyage

Écrire avant ou après, écrire pendant et que faire des notes ? Un voyage passe toujours par le rêve du voyage, et les photos et autres films ne suffisent pas à creuser le sentiment du voyage accompli ou projeté. Il s’agit à chaque fois de croiser des façons de se rendre là où on rêve d’aller confusément. Et l’écriture peut aussi passer par des formes métissées (sous la forme du Carnet de voyage).

En une soirée et un week-end, nous allons écrire ce fameux voyage qui nous capte et nous fascine. Ecrire, coller, passer au montage, voilà les étapes que vous choisirez librement pour ramasser ces fameuses poussières de voyages qui font le chemin sur lequel nous allons… de notre chambre à l’infini.

Animé par : Daniel SIMON, écrivain, formateur et éditeur (www.traverse.be)
Dates : vendredi 27 avril de 18h à 20h, samedi 28 et dimanche 29 avril de 10h à 17h
Public : Adultes
Prix : 110 euros, acompte de 60 euros, possibilité de payer le solde en effectuant 1 versement de 50 euros ou 2 de 25
Nombre maximum de participants : 12

http://www.lamaisondulivre.be

 

 

 

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COLLOQUE: QUEL CADRE A L’éCOLE ? DU RÔLE DES RèGLES ET DES SANCTIONS

Posté par traverse le 6 avril 2012

COLLOQUE:  QUEL CADRE A L’éCOLE ? DU RÔLE DES RèGLES ET DES SANCTIONS breve-1-196x300

http://www.couleurlivres.be/html/nouveautes/ecolebrule.htm


 Date : mercredi 25 avril 2012 de 13h45 à 17h30

(accueil 13h30)

Lieu : Bruxelles Laïque,

18-20 avenue de Stalingrad – 1000 Brxuelles

Deux tables rondes : lors de la première, nous essaierons de comprendre comment, dans une société de droit, les opérateurs qui participent à l’éducation des jeunes s’accordent (ou pas) pour décider du cadre minimum non négociable de ce que l’on peut et ne peut pas faire. Lors de la seconde table ronde, nous analyserons les outils existant dans l’école et leur mise en pratique pour maintenir le cadre.
Chaque table ronde dure 1h15 à laquelle s’ajoute 20 mn de débat avec la salle. 

 Il y a des sujets qui fâchent : le rôle des règles et des sanctions à l’école est un de ceux-là. Pourtant, si l’école est avant tout un lieu de construction de savoirs, c’est également un lieu d’apprentissage du “vivre ensemble”. L’obligation scolaire jusqu’à 18 ans permet d’offrir à tous les enfants le même cadre social d’instruction et de sociabilisation, faisant ainsi de l’institution scolaire le principal moyen pour répondre à l’idéal démocratique d’égalité et de liberté.

Se sociabiliser, c’est expérimenter la vie en société, en s’appropriant les principes généraux et les règles communes, puis en apprenant à respecter les droits et les devoirs qui incombent à chacun. Se sociabiliser, c’est aussi apprendre à gérer les relations interpersonnelles qui se tissent dans tout groupe humain, affirmer sa personnalité en prenant position dans les rapports sociaux en jeu, dans le respect de tous et du bien commun. Se sociabiliser, c’est enfin apprendre à devenir un citoyen responsable et autonome, capable à la fois de s’assumer individuellement et de s’inscrire dans des projets collectifs.

Or, force est de constater que le cadre social que représente l’école est battu en brèche de toute part, signe du déclin de nos institutions publiques dans une société en crise économique et identitaire.

A l’extérieur de l’école,

  • les pouvoirs publics ont du mal à défendre, de façon cohérente et claire, les missions mais également les valeurs et le cadre social que l’institution scolaire représente dans une démocratie telle que la nôtre ;
  • de plus en plus de parents d’élèves remettent en question les décisions de l’école, usant de la voie formelle du recours mais également d’actions directes – et hors cadre – sur les profs et personnel d’encadrement (violences verbales ou physiques) ;
  • la société dans son ensemble développe volontiers une forme de scepticisme à l’égard de l’école discréditant, sans mesure parfois, l’autorité et les compétences des équipes pédagogiques (professeurs, directions, éducateurs…) qui tentent de mener leurs missions auprès des jeunes et de maintenir le respect du cadre scolaire.

A l’intérieur de l’école, et malgré l’existence d’un Règlement d’Ordre Intérieur,

  • le cadre ne semble pas toujours clairement défini ; trop de règles relèvent plus de l’implicite que de l’explicite ;
  • les modalités de leur application sont très lourdes à mettre en œuvre et varient selon les écoles, les contextes et les profils de jeunes ;
  • les sanctions prévues sont souvent dénigrées et rarement suivies.

Qu’en résulte-t-il ? Au fil des années, une dégradation des relations profs-élèves mais également élèves-élèves, avec la multiplication des marques d’irrespect et des violences, des échecs et décrochages scolaires des jeunes, un sentiment généralisé d’impuissance et la grogne des enseignants, une désaffection des métiers de l’enseignement et pénurie croissante de professeurs, etc.

Le colloque que le Centre régional du Libre Examen se propose d’organiser vise à questionner le cadre à l’école. Quelles sont les causes de sa détérioration ? Afin d’éviter de rejeter la responsabilité sur l’un ou l’autre acteur social, peut-on redéfinir les droits et les devoirs de chacun (l’Etat, la Fédération Wallonie-Bruxelles, l’école elle-même, l’enseignant, le parent ou l’élève) ? Faut-il réinstaurer des règles et des sanctions à l’école ? Si oui, lesquelles et à quelles conditions ?

 

Programme

13h30 : Accueil

13h45 : Introduction par Anne Bernard

13h55 : 1ère table ronde : l’environnement de l’école

Lors de cette première table ronde, nous aborderons l’environnement social qui enveloppe le cadre de l’école ainsi que les acteurs qui gravitent autour d’elle. Dans une société de droit, nous essaierons de comprendre comment s’accorder entre les opérateurs qui participent à l’éducation des jeunes, pour décider du cadre minimum non négociable.

Avec Daniel Simon, qui est à la fois écrivain, metteur en scène et animateur d’ateliers d’écriture, nous parlerons du phénomène porté par cette génération en colère qui met le feu aux écoles et aux centres de jeunesse.  Dans son ouvrage « L’Ecole à brûler », il nous raconte le péril d’une école sous haute tension aujourd’hui. (10 mn)

Joëlle Lacroix, de la Fapeo, s’est interrogée sur ces parents que l’on qualifie volontiers de démissionnaires par rapport à l’éducation de leurs enfants et que l’on tient pour responsables des écarts de conduite d’une jeunesse violente et irrespectueuse. Loin de vouloir justifier des manquements éducatifs, l’analyse pointe la complexité de notre société contemporaine culpabilisante et despotique qui place beaucoup de parents en porte-à-faux par rapport au modèle éducatif que ces derniers essaient de mettre en place : modèle économique qui fait des jeunes des consom-acteurs, inégalités sociales, logique de la performance qui fait des laissés-pour-compte, stress social, etc. (10 mn)

Un représentant du CIDJ (Vincent Roelandt?) fera un bref rappel des droits et des devoirs des parents et des enfants, dans lesquels se retrouve inscrite l’obligation scolaire jusqu’à 18 ans. Il présentera les outils mis en place pour accompagner parents et jeunes dans l’usage de leurs droits, mais aussi les difficultés rencontrées aujourd’hui pour faire respecter les lois et les règles dans le contexte social actuel. (15 mn)

Jean-François Guillaume, sociologue et juriste à l’ULg, apportera un éclairage sur des défis majeurs que doit affronter l’institution scolaire dans une société multiculturelle.  Comment le rappel de la norme et l’ouverture d’un espace de négociation doivent se rejoindre dans un même projet d’éducation citoyenne ? Comment dépasser l’essoufflement d’un paradigme pédagogique dans lequel les jeunes sont assignés à la condition de réceptacle des connaissances transmises et les enseignants conservent la figure d’autorité alors que la légitimité de cette autorité ne va plus de soi ? (20 mn)

Bruno Sedran, coordinateur à l’AMO TCC Accueil, donnera un éclairage de la réalité sociale à Bruxelles et abordera les problèmes de relation entre famille, jeune et école tels qu’il les identifie de l’extérieur en tant que travailleur social. (20 mn)

15h10 : Débat avec la salle et avis de Alain Maingain, représentant du Cabinet de la Ministre Marie-Dominique Simonet, sur les analyses développées par les participants.

15h40 : Pause café

15h55 : 2ème table ronde : le cadre réglementaire dans l’école

Lors de cette table ronde, nous essaierons de comprendre la manière dont cela se passe en pratique dans l’école, entre prof-élève, prof-parent, prof-direction, direction-pouvoir organisateur, etc.

Isabelle Gronowski, enseignante à l’AR de Koekelberg accompagnera quelques-uns de ses élèves qui apporteront leur témoignage et le fruit de leurs réflexions concernant leur représentation de l’autorité à l’école. Ils nous expliqueront ce qu’ils connaissent du ROI de leur école, la manière dont ils perçoivent les règles imposées par la direction, les éducateurs, les professeurs, ce qu’ils trouvent juste et injuste, ce qu’ils en acceptent ou refusent. (10 mn)

Un directeur d’établissement donnera son point de vue notamment lorsqu’il s’agit de faire respecter le Règlement d’ordre intérieur de son école. Cette expérience nous permettra de comprendre l’utilité et les difficultés qui se cachent derrière un tel document, notamment en termes d’objectifs opérationnels, de mise en pratique et de suivi. Il abordera les responsabilités qui incombent au personnel enseignant et de direction pour respecter et faire respecter le ROI, et présentera le cadre réglementaire qui supervise et contrôle le travail de ces professionnels. (10 mn)

Annick Bonnefond, du CGé, restituera les résultats d’une étude sur le thème Les sanctions à l’école et ailleurs. Partant de ce qui se fait et se vit, et notamment des expériences qui semblent porteuses d’un mieux vivre ensemble, elle explicitera certaines difficultés concernant les règles et les sanctions rencontrées par des enseignants dans l’exercice de leur métier ; puis exposera les bonnes pratiques qui soutiennent la socialisation et l’apprentissage. (20 mn)

Anne Floor, de l’UFAPEC, présentera le point de vue de parents qui préconisent une série de recommandations afin de faire respecter les règles de l’école. Elle abordera les notions telles que la sanction, la punition, la réparation et expliquera dans quelles mesures il est pertinent de les utiliser comme outils éducatifs à l’école. (15 mn)

Etienne Jockir, responsable des Centres PMS au Ministère de l’enseignement obligatoire de la Fédération Wallonie-Bruxelles, expliquera les moyens (réglementaire, organisationnel et financier) dont dispose la Fédération Wallonie-Bruxelles pour faire respecter le cadre légal et orchestrer les articulations entre ses instances propres, les établissements scolaires et les partenaires extérieurs. (15 mn)

17h10 : Débat

17h30 : Fin

 

 


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Premières annonces d’ateliers d’été

Posté par traverse le 18 mars 2012

fichier pdf ATELIERS DSIMON
RĖCIT BIOGRAPHIQUE, FICTION ET PHOTOGRAPHIE….
Du 6 au 11 août de 14 à 17h - Bibliothèque Sésame Schaerbeek

Des photographies familiales, privées qui servent de bases à des récits biographiques

ou de fiction…Faire de l’intime une histoire à transmettre…

Animation: Daniel Simon

PAF: 110 euros Compte: 068-2144376-24 de Traverse


Je fais mon cinéma"
Du 2 au 6 juillet 2012 de 10 à 17h

Après le succès de l’été dernier, nous proposons une nouvelle semaine « Je fais mon cinéma » : de l’écriture du scénario à la réalisation, au jeu et au montage.(Les films seront projetés en public dans le cadre de Curieux dimanches)

Avec trois animateurs et professionnels de l’écriture et du cinéma, offrez-vous un voyage dans l’image et dans votre rêve de cinéma. Des films courts seront produits durant la semaine sans aucune obligation de matériel. Tout est disponible sur place. Ecrire, jouer, réaliser et construire son rêve en son et en images, c’est possible dans le cadre de « Je fais mon cinéma ». Pour jeunes (ou moins jeunes) à partir de 15 ans.

Début de l’été: un stage ados et jeunes adultes « Je fais mon cinéma » : du 4 au 8 juillet, de 10 à 17h à Sésame

Ecrire du son, des images, faire des films à placer sur le Net Pour jeunes dès 13 ans et adultes..
Lieu : Bibliothèque Sésame :boulevard Lambermont 200, Schaerbeek
Animateurs:Jacques Deglas et Daniel Simon

(les films réalisés l’été dernier sur le site www. traverse.be  onglet: Multimédia)

10 personnes maximum

Prix : 150 EUR Payables en trois fois au compte 068-2144376-24 de Traverse asbl

Accès Handicap : oui


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« Dans le chaud des histoires »

Stage d’écriture de fictions (adultes)

Du 9 au 13 juillet de 14 à 17h à Mille et une pages (Schaerbeek)

Des textes de formes brèves ou plus longues, des fictions en contrepoint du monde, une semaine d’écriture et de lecture dans une bibliothèque comme un écrin au coeur de la ville…

Animation: Daniel Simon

PAF: 110 euros Compte: 068-2144376-24 de Traverse

Animation: Daniel Simon (Les textes écrits en atelier seront lus lors d’un futur Curieux dimanche
(Bibliothèque Sésame) et placés dans Biblio-textes de www.traverse.be

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Femme à la mer

Posté par traverse le 18 mars 2012




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Lancement du n° 4 des Feuillets de corde



"Femme à la mer"

gravure de Martine Souren et texte de Kenan Görgün 
ce dimanche 8 avril 2012, rendez-vous à partir 
de 16 h30 jusque 18h30),

à la Librairie 100 papiers,

23 avenue Louis Bertrand à 1030 Schaerbeek



Présences de Kenan Görgün 
et Martine Souren

  

Participation de Jacques Deglas...à la caméra.

  

Lectures ouvertes, n’hésitez pas à venir lire 
vos contributions sur le thème 
(elles seront déposées ensuite sur le Site 
http://www.traverse.be/feuillets-de-corde.php

  

Animation: Jack Keguenne et Daniel Simon



Verre de l'amitié offert et abonnements 
"amis" dès le printemps...



( F. de C. n°3, « L’amour vache » de Jack Keguenne, gravure Roger Dewint)


http://www.traverse.be/l-amour-vache.php



(F. de C. n°2, « Moutons cochons » de Vincent Tholomé, gravure Jean-Claude Salémi)


http://www.traverse.be/moutons-cochons.phpF



(Feuillets de corde, N°1 lu par l’auteur, « Les enfants chiants », Daniel Simon, gravure Jean-Pierre Lipit)


http://www.traverse.be/mp3/les-enfants-chiants.mp3



vidéo : http://traverse.be/kasba-expo-les-enfants-chiants.php


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Ne trouves-tu pas que le temps change ?

Posté par traverse le 8 mars 2012

 Ne trouves-tu pas que le temps change ?  5715.vignette

Dans ces textes courts, l’auteur nous livre ses impressions du monde, par touches brèves et mots choisis, et ces impressions sont loin d’être roses. La morosité est à la mode en ce début de siècle et Daniel Simon sacrifie bien à cette tendance. Il émane de ces récits volontairement touffus un sentiment de malaise et de tristesse latente, de vie lourde aux épaules. L’ambiance générale est sombre malgré le foisonnement d’images et de couleurs.

Ces tranches de vie à peine effleurées en quelques pages à travers une brume de mots, de bouts de phrases, comme des pensées fugitives traversant l’esprit des personnages presque à leur corps défendant, comme surgissant librement à la dérive, nous sapent un peu le moral…

La recherche littéraire est évidente, les phrases entourloupées tourbillonnent entre réalisme et surréalisme, entre rêve et raison, se complaisent à errer dans les délicieux aléas de la pensée humaine pour nous en faire savourer la moindre miette – souvenirs, avenir, devenir….

Ce ne sont pas des nouvelles à proprement parler, mais des bris de vie, des émotions, des ressentis longuement explorés, consciencieusement commentés, amoureusement analysés. Que penser de ceci :

Tout, autour, laiteux, visqueux, lisse et odorant, tout, autour, souple et enveloppant, gras et glissant tout le long, long des bras, des jambes, des fesses, du sexe et de la nuque, tout, autour, des grumeaux broyés, des couches mêlées, des ivoires réduits en poudre, tout, autour, des choses tombées dans la matière du gras, tout, autour, encrassé et déchiré, les nuages enfoncés dans la gorge des abîmes, le ciel retourné dans les rizières de plomb et le silence, le silence enfin, cette bizarre interruption des langages salaces, cette apnée gigantesque avant la grande irruption du brouillage final, la vague arrive, dressée comme une forteresse aux marches de l’Empire, le liquide reprend sa place, initiale et terrible, il soulève encore une fois le monde et la rue et le banc et l’appartement aux fenêtres circulaires, le calme des enfants, l’agitation des mères et la vertu hypocrite des vieillards…

Essoufflant, non ?

Daniel Simon aime faire de la littérature et ne s’en cache pas. Ne fait-il pas dire à l’un de ses personnages : Je ne sais pas pourquoi mais je ne peux vivre sans imaginer que ça va servir à quelque chose qui a à voir avec l’écriture. J’aime certains de mes échecs pour la matière qu’ils m’ont offerte. Je me soupçonne même de me compliquer la vie pour aiguiser mes outils (!)

Effectivement, tout peut servir de matière première à qui veut écrire.

Comme cette scène – cinq minutes, dix minutes ?- où un automobiliste sue de peur, coincé derrière une voiture à l’arrêt où se trament de sombres deals entre voyous de rue, sans qu’il ose klaxonner pour demander le passage ni même verrouiller ses portières car cela pourrait s’entendre… Je connais personnellement le cas d’une personne à qui c’est arrivé. Et ce n’est pas Daniel Simon. Ni moi ! C’est ça, le nouveau Bruxelles…

Il aurait bien raison, Daniel Simon, l’avenir n’est pas si rose !

Isabelle Fable

 

(dans Reflets Wallonie-Bruxelles N°31, mars 2012)

Daniel Simon – Ne trouves-tu pas que le temps change ? – Le Cri – 122 pages – 15 €

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Julia

Posté par traverse le 27 février 2012

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Julia s’est décidée un lundi. Elle venait de passer tout un week-end à répondre à des dizaines de mails en retard. A son lever, sa boîte de réception était à nouveau pleine et un sentiment d’inachèvement la gagna. Elle regardait son écran, hébétée et s’écoula en sanglots. Elle coupa l’ordinateur et en appuyant sur « Démarrer », elle ressentit une sorte de soulagement, comme si elle avait pris un calmant, mais en plus doux, en plus intime, elle ressentait une émotion qu’elle n’avait peut-être découverte qu’à la naissance de sa fille : les choses allaient comme elles devaient et elle ne pouvait rien faire. C’était ce sentiment qui l’envahissait, une houle qui l’emportait légère loin des pixels et des rayonnements baveux des écrans. Elle sentit en elle se rompre cette préoccupation tendue qui la tenait en alerte depuis le lever jusqu’aux heures pâles de la nuit. Elle avait vu la plupart de ses amis et connaissances rompre le cours naturel d’une vie pour la dévider en permanence dans des actions sans véritable intérêt, qui les occupaient et leur donnaient cette impression d’être encore vivants, c’est-à-dire visibles pour les autres. Ils se défendaient comme ils pouvaient et la minuscule part de virtualité qu’ils occupaient les renvoyait fugacement au sentiment de l’élevage en batterie. Ils étaient confinés, picoraient et avalaient ce qui coulaient en eux en permanence. Ils étaient grugés mais enfin gavés.

Elle pensa à un vieux livre qu’elle avait lu il y a très longtemps, « Lost horizon » et sa mélancolie accompagna la fermeture et le sauvetage de ses données pendant que la musique de fin d’opération tintinnabulait dans la pièce comme un traineau qui s’en va dans le lointain de la neige et qu’on entend encore légèrement alors qu’il a déjà disparu.

Elle s’habilla calmement et entreprit de se maquiller soigneusement. Elle devait se rendre  à une réunion professionnelle. Ca voulait dire que pendant deux heures, des femmes et des hommes d’importance allaient prendre leur violent mépris du monde pour de l’intelligence et leur veulerie pour du courage. Julia était responsable des outils technologiques de la conférence : des images, des sons, des graphiques, des liaisons Internet, des effets faciles.

Elle quitta son domicile vers huit heures trente et n’est jamais arrivée à la réunion.

Quelque dix jours plus tard, je reçus une lettre recommandée. Le facteur sonna et je ressentis le même frisson que je ressens à chaque fois que le téléphone se fait entendre ou qu’on frappe chez moi. Je suis saisi d’une vertigineuse angoisse, je me vois projeté dans le désastre le plus immédiat et je vais alors ouvrir ou décrocher en retenant ma respiration comme si avec un bref expir, je pouvais masquer le son du malheur qui tente d’entrer chez moi. Le facteur me fit signer le bordereau de réception et je remontai les escaliers en manipulant cette rare enveloppe.

C’était un touché à peu près oublié aujourd’hui, un touché d’un autre temps et que je tentais encore, rarement d’entretenir avec l’un ou l’autre mais ça ne durait jamais longtemps. Trop d’opérations étaient nécessaires, trop de matière était en jeu et aussi probablement,  trop de corporalité. Il fallait mettre en mouvement de nombreux muscles, ressentir le grain d’un papier, avoir le nez piqué par les encres de différentes natures et lécher le rabat de l’enveloppe avec suffisamment de salive pour un encollement réussi. Ensuite, adresses et timbres. Encore de la salive et enfin, dépôt dans une boîte : frôlement des autres passants, risques d’accidents de la circulation, obligation de respecter certaines heures de levées de la Poste,…Bref, l’envoi d’une lettre faisait partie des opérations à risque d’une personne normale dans des temps encore proches mais qui paraissaient aux plus jeunes aussi anciens que l’usage guerrier des pigeons voyageurs.

La lettre dans ma paume était lourde de plusieurs feuillets. Enveloppe et timbres m’étaient familiers, seule l’écriture ne me disait rien. Je soupesais la chose comme pour y découvrir une faille avant l’ouverture fatale et la porte de mon appartement franchie, j’allai m’asseoir dans un  fauteuil en tenant la lettre bien à plat sur mes genoux.

L’écriture était d’encre noire et les déliés de la graphie me donnaient à penser que l’auteur était une femme. J’aimais, il y a longtemps, parier sur le sexe de mes correspondants et j’avais acquis une réelle maîtrise dans l’observation des signes voluptueux ou des retenues piquantes de certaines écritures. Celle-ci était la façon d’une femme décidée, j’en étais convaincu, d’une femme emportée même, d’une femme passionnée peut-être. Je glissai la lame de mon coupe-papier dans le coin qui bâillait légèrement et je poussai lentement le métal dans la matière grise. Ca crissait dans le temps régulier de la coupure. Je retirai deux feuillets de l’enveloppe et les parcourus recto-verso d’un regard rapide, en biais, comme pour saisir l’ombre qui risquait de s’en détacher. Rien de suspect, pas de mot souligné rageusement, pas de grasses, ni de capitales appuyées, tout était normal.

Je lissai la première feuille sur ma cuisse et me mis à lire. Elle commençait par ces trois mots qui me rassurèrent : « Très cher Daniel ». Je n’aimais pas particulièrement mon prénom mais je le savais assez rassurant, plus coulant que Marc, Luc ou Pierre, que j’aimais pour leur résonance de légionnaire, pour cette vivacité dans l’énoncé qui sonnait comme un coup de glaive ou un aboiement de chef de meute. Daniel évoquait le miel et je n’appréciais pas ces douceurs pronominales…Mais l’emploi du prénom soulignait une connivence qui me mettait à l’abri des surgissements néfastes. J’étais en terrain presque sûr, je me détendis. « Très cher Daniel »…

C’était Julia qui m’écrivait. Elle me disait sa désespérance, son incertitude, sa passion trop longtemps oubliée pour les aventures polaires, les marches dans la neige et la glace, et, probablement au bout, une mort presqu’insensible dans le froid, adossée à un glacis, dans la conviction que son passage sur Terre n’aurait été qu’une supercherie, une sorte d’entourloupe que ses parents avaient osé un soir d’enivrement amoureux. Elle me disait qu’un matin, après s’être habillée et maquillée pour la circonstance d’une réunion particulièrement inepte de sa boîte, elle avait démarré lentement sa voiture et roulé tranquillement dans la direction du bureau. Le printemps se faisait déjà sentir et des rayons de soleil crépitaient sur le pare-brise. L’air était tiède, la pollution assez basse et on respirait facilement. Elle rappelait que cette souplesse de la respiration dans la circulation du matin était tellement rare qu’elle avait pointé ce moment comme une parenthèse d’exception dans cette matinée qui se préparait à être infecte.

Elle avait regardé le ciel moucheté de blanc et avait pris la première sortie de l’autoroute en suivant un vol d’oies sauvages qui revenaient dans le coin. Elle regardait les rangs serrés des lourds oiseaux dans le lointain et elle se mit à pleurer. Elle écrivait qu’elle avait déjà pleuré le matin mais que ses pleurs à la vue des oies étaient légers, des larmes de joie, des secousses bienheureuses. Elle écrivait aussi qu’elle était consciente de ce qu’elle faisait et qu’elle me demandait de ne pas la juger mais simplement de la lire. Qu’une lecture suffisait parfois à remplir une vie et que la sienne était vide de ces activités apaisantes devant la mort qui vient. Elle me racontait combien elle n’aimait plus celle qu’elle était devenue, toujours reliée aux bondieuseries de l’époque, aux zélateurs de la pire espèce, de la pertinence et du bon droit.

Elle s’était souvent surprise dans les dîners, les soirées culturelles auxquelles elle participait comme à l’héritage génétique de sa classe, à se détourner de celles et ceux qui parlaient pour masquer son dégoût de cette joie apparente de l’acquiescement collectif. Elle voyait ces femmes et ces hommes pérorer dans des postures morales intenables à propos de la pauvreté et des gens… Elle avait honte. Honte de cet exotisme nouveau que certains découvraient dans la galaxie pauvreté.

Elle était impressionnée par la lenteur des pauvres, par leur résistance au pire et par l’évidence de notre commune humanité qu’ils nous martelaient en silence à la face. Et comme l’époque confondait allègrement pauvreté et misère, comme elle confondait tout, de peur de devoir connaître le réel et donc la désaffection des idées toutes faites, des émotions précuites et des passions lights, on parlait de la pauvreté comme d’une maladie infectieuse, une peste ancienne remise à jour, une fatalité du temps.

Elle m’écrivait cela et bien d’autres choses : ses amants magnifiques et son mari évaporé, sa fille et son fils déjà grands et aussi aveugles qu’elle mais plus cruels. Elle insistait sur cette cruauté, sur cette façon que ses enfants et leur génération avaient d’aller à l‘abattoir avec un tel renoncement ! Les casseurs étaient de ceux qui avaient tout perdu depuis longtemps et que la méchanceté avaient rendus mauvais, mais ses chers enfants manifestaient, dans la créativité et l’étourderie, ils disaient leur indignation avec un tel goût de la Fête que ça en devenait triste.

Elle me parlait de son amour pour eux et de son impuissance, que ça n’avait plus beaucoup d’importance, qu’ils étaient en âge de vivre loin d’elle. Que des lettres leur avaient aussi été envoyées et qu’elle espérait qu’ils les garderaient car c’étaient probablement les dernières.

Julia m’écrivait aussi qu’elle avait enfin pris l’avion pour ce Grand Nord auquel elle rêvait et qu’elle avait revendu tout ce qu’elle possédait, suffisamment que pour encore rester parmi nous pendant un bon moment. Elle se disait heureuse et consciente que cet abandon des obsessions vides de la cinquantaine était la seule chose à faire vraiment. C’était une répétition confortable de la vieillesse, une façon de se défaire des lourdeurs d’ici.

J’ai lu sa lettre plusieurs fois avant de me rendre compte que moi aussi je pleurais, calmement, dans mon fauteuil, en regardant distraitement les moineaux se disperser dans le faîte des arbres de l’avenue. Julia avait résilié tous ses abonnements, elle insistait sur le « tous » et elle m’annonçait que nous nous verrions peut-être une fois encore si nos vies avaient besoin l’une de l’autre pour se parfaire. Elle m’embrassait, longuement, dans le cou, car c’était l’endroit de toutes mes capitulations, écrivait-elle. Et elle ajoutait qu’elle riait en pensant à ma façon de me tortiller pour échapper à ces baisers qui tuent…

Je n’ai jamais revu Julia. Je la cherche dans le vol des oies sauvages, dans le printemps qui revient, dans le facteur qui passe de plus en plus rarement. Je ne sais ce qu’elle est devenue, mais je devine que cette douloureuse et ridicule liberté qu’elle s’est offerte un matin m’a aidé à vivre jusqu’ici.

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Mes dédicaces à la Foire du livre Bruxelles 2012

Posté par traverse le 19 février 2012

Mes dédicaces à la Foire du livre Bruxelles 2012 images-11
Une info première, avec le plaisir anticipé de vous y rencontrer...Bienvenue!

A chaque fois, un N° Les Feuillets de corde sera offert pour achat de deux livres chez l'éditeur...
Daniel Simon lit Lesenfantschiants.mp3 
Foire du livre 2012 du 1er au 5 mars Bruxelles
Tours et taxis 
Les éditions M.E.O. (Stand 121)
« Dans le parc » (textes brefs)
Samedi 3 mars de 14h30 à 16h
Dimanche 4 mars de 14h30 à 16h

Exposant : Interforum Benelux Stand : 302
« Ne trouves-tu pas que le temps change ? » aux éditions Le Cri, nouvelles, 2011
Le jeudi 1er mars de 14 h 00 à 16 h 00

Et au Stand Couleur livres (Stand 124)
Le nouveau titre de la collection JE : « Le rire de Schéhérazade et autres récits » de Marie BRYUNS
Le dimanche 4 mars de 12 h 00 à 14 h 00
avec Daniel SIMON pour « La Troisième séance » (à propos des ateliers d’écriture)

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Marie Bruyns et Daniel Simon à 100 Papiers

Posté par traverse le 16 février 2012

Dimanche 26 février    16h30- 18h30

MERCI à la  Librairie 100 Papiers- Schaerbeek

23, Avenue Louis Bertrand

http://www.100papiers.be/Site_3/Home.html 

                                      Un N° des Feuillets de corde offert à l’achat de deux livres….                                       

Marie Bruyns écrit des récits de vie, des témoignages à partir de son expérience sur des terrains violents et souvent douloureux… La fiction l’aide à « mettre en scène » les bouleversements d’un monde à haute tension…D’Afghanistan, du Libéria, du Soudan, du Congo et d’ailleurs, l’auteur nous fait mesurer l’abîme qui sépare les mondes développés de ceux qui se débattent pour survivre. …L’auteur ausculte dans l’écriture des situations et des personnages qui renvoient le lecteur à ce grand écart du monde contemporain…

Marie Bruyns et Daniel Simon à 100 Papiers IMG_NEW-199x300

 

http://www.traverse.be/marie_et_daniel.php

 

Entretiens entre Marie Bruyns et Daniel Simon, lectures

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http://www.traverse.be/daniel_simon%20_interview.php

Les nouvelles de Daniel Simon sont comme des prises de température régulières du monde, des façons de se remettre sur pied alors que le ciel emporte le temps au-dessus de nos têtes. Nous restons parfois dans cette immobilité qui fait de notre fin une provisoire éternité : nous regardons la lumière tomber en nous et nous en diffusons, le temps d’une vie, quelques rayonnements.

        Nouvelles, 124 pp, 2011     ISBN 978-2-8710-6571-5     15,00 € 

                                                   Entretiens entre Brigitte Morue et l’auteur, lectures…                                            

  Daniel Simon lit Lesenfantschiants.mp3

                     Entrée libre- Verre de l’amitié

                www.traverse.be  et    www.couleurlivres.be

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ENTRE LES LIGNES

Posté par traverse le 15 février 2012

http://www.entreleslignes.be/entre-les-lignes.html

D’abord, ces livres, on les feuillette distraitement. Ensuite on s’attarde à l’une ou l’autre page. Enfin, on s’aperçoit qu’on les a entièrement lus, ces recueils de Daniel Simon. Dans l’ordre ou dans le désordre.

ENTRE LES LIGNES DanielSimon

Il s’agit de deux livres : Dans le Parc, le premier recueil, annonce des textes brefs. Plus ou moins courts, du reste. Les uns se déroulent en une seule phrase secouée de mots percutants. D’autres s’offrent une respiration différente. Certains y sont jetés en manière d’aphorisme. Mais toujours, semble-t-il, sont écrits d’un seul jet, dans une sorte d’urgence qui n’autorise pas les haltes, ni pour l’auteur, ni pour le lecteur.

Ce parc, zone de nature domestiquée, aménagée par l’homme, avec ses massifs taillés et ses allées aux arbres remarquables. Ce parc est aussi un lieu dans lequel piaillent les enfants, un enclos où, en grappes ou solitaires, se déplacent hommes et femmes. Il y a ceux qui s’y hasardent pour une bouffée d’air semi-frais, ceux qui, quasi, y demeurent, selon les possibilités qu’offrent les saisons.

Dans un autre esprit, Ne trouves-tu pas que le temps change, est précisé comme recueil de nouvelles. Histoires du temps qui passe, récits étroitement liés à la vie. Ainsi l’animation nocturne de la rue, une ambiance de chambre où l’on traîne avant le lever, une soirée où l’on s’attarde à la terrasse d’un café, un trajet en train.

Couchés sur papier, tous ces moments happés dans le creux de l’existence même ne deviennent pas littérature. D’évidence, ils acquièrent une réalité différente, chargée de la sensibilité de l’écrivain et dégagée, quel bonheur, de tout stéréotype.

En cours d’élaboration et bientôt sous presse, un nouveau livre de Daniel Simon et dont le titre Quand je serai est parfaitement énigmatique.

« Ne trouves-tu pas que le temps change ? » Daniel Simon, Editions Le Cri/Nouvelles
« Dans le Parc », Daniel Simon, Editions M.E.O.

Autres informations : www.traverse.be 

 

Instantanés

Mardi, 14 Février 2012 21:59

Lucie Van de Walle

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Quand vous serez dans les bras d’une femme

Posté par traverse le 14 février 2012

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Quand vous serez dans les bras d’une femme, aimée souvent et désirée toujours, que vous briserez des liens encore neufs, que vos langues nouvelles iront en des endroits où maraude et marelle sont de simples ressorts, que vous prendrez les larmes pour essence d’un aimable voyage, que vos souffles seront des haltes dans le cours des sillages à venir, que vous saurez que ce temps soudain vient comme il s’en va, quand vous serez.

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Quand vous serez passé sous l’arche d’une vie ancienne

Posté par traverse le 13 février 2012

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Quand vous serez passé sous l’arche d’une vie ancienne, que des papillons bleus feront dans le ciel un manège souverain, que des distances nouvelles inventeront de petits infinis, que la manière sera votre matière, que des instruments neufs garniront vos sacoches, que des enfants trop graves vous céderont le passage et que la nuit enfin viendra au bout du jour, vous irez dans des équipages neufs, célébrés de longtemps, fourbis de tant d’allures qui sont encore de mise, quand vous serez.

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Quand vous serez lentement désertés

Posté par traverse le 8 février 2012

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Quand vous serez lentement désertés par l’amour des lunes infinies et trouverez le calme charroi des nuits sans apostrophes, que vous serez maçon d’une maison légère que vous tiendrez dans le creux du bas-ventre, que vous aurez des cuillers pleines des sucs anciens tout au bout de vos doigts, que la fée endormie ne pourra plus vous atteindre, que des baies de pollen glisseront sous la langue que vos aisselles chaudes ne pourront plus couver, quand vous serez dans cet endroit si calme que vous n’ouvrez les yeux une fois sans le craindre, quand vous irez dans des marches agiles pour mieux vous approcher des villages princiers des enfances  fragiles et ne plus abonder aux chansons des gredins, quand vous serez.

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Quand vous serez dans des élans de grâce

Posté par traverse le 7 février 2012

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Quand vous serez dans des élans de grâce consumés par tant d’apprentissage, que vous vous souviendrez de l’odeur des chambres closes et des jardins fleuris, des distances nouvelles que vos yeux apprivoisent, de ces valses anciennes qui se jettent dans les draps à sécher au lointain des prairies, quand vous serez à frapper les gouttes de pluie de vos ailes de matins froids, à rouler dans les rivières vos belles dorsales bleues, quand vous serez empêtrés dans le langage pur d’une femme ordinaire et que vous irez peu à peu dans des impasses rhétoriques par impuissance majeure, que vous serez de ces bœufs un illustre arrogant et que l’amour soudain, comme une étoupe sèche s’enflammera d’un seul coup en vous brûlant les yeux, que vos bras trop étroits se refermeront sur vous à défaut de celle-là, mordue déjà par les flammes intimes, qui vous feront longtemps rêver de ce qu’elle ne fût pas, quand vous serez.

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Quand vous serez dans d’innombrables pertes

Posté par traverse le 6 février 2012

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Quand vous serez dans d’innombrables pertes à peine reconnues de vous, que vous serez rejoint par la grâce oublieuse qui vous saisit la veine où battit le désir des conquêtes, que vous irez dans des joies tristes et sourdes jusqu’au cœur des énigmes qui sont de se voir en-dehors du dedans si plein et si bruyant d’un vocabulaire adoubé de grammaire et de style, empoté que se donnent les vainqueurs au centre de la piste, le nez tendu vers l’incertain et l’œil qui tombe sur le nez, quand vous serez élevé au rang des impatiences éteintes et que vous donnerez de vos nouvelles sans attendre des nôtres, quand vous serez.

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Quand vous serez hors de vous

Posté par traverse le 5 février 2012

 

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Quand vous serez hors de vous, dans cet intervalle entre le monde et vous, dans ce lieu disparu où vous allez souvent pour ne pas être ici et sembler y paraître, quand, vous serez effacé de la photographie, du groupe sans mémoire et que cela sera sans nouveauté pour vous, une juste revanche de ceux qui vont dans la force des troupeaux et la riche complaisance des colloques, quand vous serez plus nu que vous ne pouviez y croire et que vos plumes seront enfermées dans de sombres sacs pour la tête des pauvres, vous emporterez une partie de vous dans l’amical réduit des lectures silencieuse et des complots reportés à jamais. Quand vous serez.

 

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L’amour vache

Posté par traverse le 24 janvier 2012

Lancement du N°3 des Feuillets de corde

(Février-mars 2012)

le dimanche 5 février à laLibrairie 100 papiers,

23 avenue Louis Bertrand 1030 Bruxelles de 16h30 à 18h30…

L’amour vache

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(Gravure Roger Dewint – Texte Jack Keguenne)

Lancement officiel et mondial le 5 février – 16h30 – 18h30

Lectures-performances, contributions libres

(Venez avec vos textes …)

Entrée libre

Verre de lancement offert…

www.traverse.be

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